Les priorités économiques des régions devraient occuper une place importante dans la préparation du projet de loi de finances 2027. À travers les conférences budgétaires régionales (CBR), le ministère de l’Économie et des finances (MEF) entend mieux adapter la programmation budgétaire aux réalités des régions et orienter les ressources publiques vers des investissements susceptibles de soutenir la production, l’emploi et la croissance.
Le lancement officiel des CBR 2026 s’est tenu vendredi 21 août à Miarinarivo, dans la région Itasy. Cette première étape marque le début d’une série de consultations qui se dérouleront dans les 24 régions de Madagascar. Les priorités identifiées au niveau local seront ensuite consolidées et prises en compte dans la préparation du projet de loi de finances 2027, selon un communiqué du MEF. Le ministère va faire le suivi de ce processus à travers la direction générale du budget et des finances (DGBF).
Lors de l’ouverture des travaux, le ministre Herinjatovo Aimé Ramiarison, a souligné l’importance de la déconcentration et de la décentralisation budgétaires. Selon lui, celles-ci doivent s’accompagner d’une gouvernance efficace et d’une meilleure coordination entre les services techniques déconcentrés (STD) et les collectivités territoriales décentralisées (CTD).
L’un des principaux objectifs consiste à faire de la dépense publique un véritable levier économique. L’action de l’État dans les régions doit notamment contribuer à créer un environnement favorable à la production et à l’investissement. Le secteur privé, considéré comme un moteur de la création d’emplois et de la production, doit pouvoir bénéficier d’infrastructures et de services publics adaptés.
Les infrastructures économiques figurent ainsi parmi les principales priorités. Les routes et l’énergie constituent notamment des facteurs déterminants pour la compétitivité des entreprises et l’accès aux marchés. Selon les données présentées lors de la rencontre, les insuffisances dans ces domaines représenteraient une perte estimée à 2 % du Produit intérieur brut (PIB), soit environ 350 millions de dollars par an.
Le gouvernement souhaite ainsi privilégier une “dépense qui produit des résultats”, en orientant les crédits vers des projets ayant un impact concret sur l’économie et les conditions de vie. Une meilleure mobilisation des ressources propres des régions et des communes est également encouragée, ainsi que la recherche de financements complémentaires.
Le renforcement du civisme fiscal constitue un autre levier. L’amélioration du recouvrement des recettes doit permettre de disposer de davantage de ressources pour financer les infrastructures et les services publics.
À travers les CBR, l’enjeu sera donc de transformer les besoins exprimés dans les territoires en programmes et projets prioritaires. La réussite du processus dépendra notamment de la capacité à sélectionner des investissements productifs, capables de stimuler durablement l’activité économique, l’emploi et la croissance dans les différentes régions de Madagascar.











