Près de 2,5 millions de dollars issus de la liquidation d’une propriété de l’ancien président gambien Yahya Jammeh aux Etats-Unis vont être restitués à la Gambie pour indemniser les victimes de son régime, a annoncé vendredi 18 septembre le département américain de la Justice. Le montant net s’élève à 2 507 911,73 dollars.
La somme provient de la vente d’une propriété située à Potomac, dans le Maryland, près de Washington. Selon le département américain de la Justice, Yahya Jammeh et son épouse, Zineb Jammeh, avaient utilisé des produits issus d’activités criminelles et des fonds publics gambiens détournés pour acquérir cette demeure à titre personnel. La propriété a ensuite été saisie puis liquidée dans le cadre d’une procédure de confiscation menée par la justice américaine.
“Le département de la Justice restitue environ 2,5 millions de dollars provenant de faits de corruption à la République de Gambie afin qu’ils servent à indemniser les victimes du régime Jammeh”, indique le communiqué du Department of Justice (DOJ).
L’accord conclu avec les autorités gambiennes prévoit que les fonds récupérés servent à indemniser les victimes éligibles du régime Jammeh. Les réparations seront effectuées conformément à la Victims Reparations Act de 2023, la loi gambienne consacrée à l’indemnisation des personnes affectées par les actes de corruption et les abus de pouvoir de l’ancien président.
Le DOJ souligne que la restitution a été rendue possible grâce à la coopération des autorités gambiennes. Pour A. Tysen Duva, procureur général adjoint de la division criminelle du département américain de la Justice, cette opération constitue “un exemple important de coopération internationale” pour empêcher que le système financier américain soit utilisé pour dissimuler des produits illicites.
Dans sa plainte, la justice américaine affirme que Yahya Jammeh avait obtenu des millions de dollars grâce au détournement de fonds publics et à la sollicitation de pots-de-vin auprès d’entreprises cherchant à obtenir des droits de monopole dans différents secteurs de l’économie gambienne.
Le DOJ affirme également que l’ancien président, avec des membres de sa famille et des proches, avait recours à “un ensemble de sociétés-écrans et de trusts à l’étranger” pour transférer et blanchir les fonds issus de ces activités.
L’enquête a été menée par Homeland Security Investigations (HSI), avec l’appui de ses services de Baltimore et de son bureau à Dakar. Les autorités gambiennes ainsi que les départements américains d’Etat et du Trésor ont également contribué à la procédure.
Yahya Jammeh était arrivé au pouvoir en 1994 après un coup d’Etat sans effusion de sang. Il avait ensuite remporté plusieurs élections avant d’être battu en décembre 2016 par Adama Barrow. Après avoir refusé de reconnaître sa défaite, il avait finalement quitté la Gambie en janvier 2017 pour s’exiler en Guinée équatoriale, à l’issue de plusieurs semaines de crise et d’une intervention militaire de la Cédéao.
Les Etats-Unis avaient interdit en 2018 l’entrée sur leur territoire à Yahya Jammeh, son épouse et leurs enfants. En 2020, Washington avait également imposé des sanctions à Zineb Jammeh, soupçonnée de contrôler plusieurs avoirs à l’étranger liés à son mari. La restitution des 2,5 millions de dollars constitue une nouvelle étape dans la récupération d’avoirs associés à l’ancien régime et leur affectation aux réparations en faveur des victimes.
Avec AFP











