Près d’une centaine de mineurs ont péri en moins d’une semaine dans deux effondrements de mines d’or au Soudan. Dix personnes ont été tuées samedi dans une mine située dans le Nord du pays, près de la frontière égyptienne, alors que le mardi 16 septembre, au moins 82 personnes sont mortes dans l’effondrement d’une autre mine artisanale dans la région du Kordofan, dans le Sud du pays.
Dans ce deuxième accident, survenu samedi, les opérations de secours se sont poursuivies toute la nuit. Dix corps avaient été retrouvés dimanche matin et 21 mineurs blessés extraits des galeries, selon deux survivants interrogés par l’AFP. Les recherches se poursuivaient pour retrouver d’éventuelles autres victimes.
Pour le premier accident qui s’était produit mardi dans une mine artisanale d’Al-Zaraa, dans la région du Kordofan, le bilan initial de 60 morts a été porté à 82 après l’extraction de 22 autres corps des décombres. Une cinquantaine de blessés avaient également été signalés, tandis qu’un nombre indéterminé de mineurs étaient encore portés disparus au début des opérations de secours.
Opérations de secours avec des moyens limités
Dans les deux accidents, les opérations de sauvetage ont été compliquées par le manque d’équipements adaptés. À Al-Zaraa, des mineurs et des habitants ont participé aux recherches avec des moyens rudimentaires. “Tout le monde travaille dur pour récupérer les corps et chercher d’éventuels survivants mais c’est compliqué. Nous avons besoin d’engins pour dégager la roche et la terre”, a témoigné auprès de l’AFP Khair al-Sayyed Jabara, un rescapé.
Dans la mine du nord du pays, un autre survivant a également indiqué que les mineurs avaient eux-mêmes participé aux opérations de secours, avec les équipements disponibles sur place.
Ces accidents mettent en lumière les risques liés à l’exploitation artisanale de l’or au Soudan. La majorité de la production provient de mines informelles, où les installations sont souvent précaires et les mesures de sécurité limitées. Dans le Kordofan, les puits sont parfois creusés à proximité les uns des autres, ce qui peut favoriser des effondrements en chaîne.
Une ruée vers l’or dans un pays en guerre
Depuis le début de la guerre en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), l’or occupe une place importante dans l’économie du conflit. Les deux camps tirent profit des ressources du pays, notamment du commerce de l’or, dont la valeur se chiffre en milliards de dollars.
La crise économique et humanitaire pousse également de nombreux Soudanais vers l’exploitation minière artisanale. Selon l’ONU, près de 20 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë dans le pays.
Les conditions de travail dans ces exploitations sont particulièrement difficiles. Les mineurs utilisent souvent des outils rudimentaires et peuvent être exposés à des produits toxiques, notamment le cyanure utilisé dans certains procédés d’extraction de l’or.
Une ressource stratégique pour le Soudan
Le Soudan figure parmi les principaux producteurs d’or du continent africain. La Sudanese Mineral Resources Company, société minière publique, avait annoncé en 2025 une production de 70 tonnes, présentée comme un niveau record sur cinq ans.
Une part importante de l’or soudanais est exportée vers les Émirats arabes unis, selon des responsables soudanais et des sources de l’industrie minière citées par l’AFP. Abou Dhabi est par ailleurs accusé de soutenir les paramilitaires des FSR, ce que les autorités émiraties démentent.
En juillet, le Royaume-Uni et l’Union européenne avaient annoncé des sanctions visant le commerce de l’or soudanais, avec l’objectif de limiter les revenus susceptibles de contribuer au financement du conflit. Londres avait alors estimé que ce commerce, évalué à plusieurs milliards de dollars, contribuait au financement de l’acquisition d’armes et des activités de groupes armés.
Avec AFP











