Antananarivo, 6 Avril, 8h00 – Trois joutes, trois victoires pour l’Université catholique de Madagascar. Après avoir remporté tous ses matchs de groupes au concours inter-universitaire de débats de La Haye, l’équipe d’Ambatoroka se qualifie pour les huitièmes de finale du tournoi.
Pour la troisième et dernière journée de compétition, l’UCM triomphe de l’Université des sciences appliquées de La Haye, Pays Bas, sur un score de 250,5 à 217,5. Félicitée pour son expérience et sa détermination, l’UCM a confirmé son statut de favorite du groupe, indique la Corax Foundation, organisatrice du tournoi.
Francio Alan Chan Lone, Kantoniaina Ratrimomanana et Jeremy Rabarilala ont surtout impressionné les trois membres du jury lors de leur troisième match. Ceux-ci ont accordé à chacun des orateurs une note supérieure à 80. Ils devaient débattre si après l’introduction de la cassave dans le patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco en 2024, les traditions culinaires en Martinique sont un pilier du tourisme et de l’économie locale.
Lors des deux premières journées de débat, l’UCM a respectivement battu l’Université Mc Gill du Canada (255,5 – 235) et celle de la Polynésie française (219 – 193).
Antananarivo, 5 Avril, 17h55 – Le crâne du Roi Toera et ceux des deux guerriers sakalava ne seront finalement pas de retour à Madagascar en avril. Une rencontre entre le président de la République et les représentants de la famille princière sakalava vendredi a permis d’aboutir à une date consensuelle pour l’organisation des cérémonies de réception de ces biens patrimoniaux. Selon un communiqué du ministère de la Communication et de la culture, “il a été décidé d’un commun accord de reporter les cérémonies de restitution au mois d’août”.
Si l’on en croit le communiqué du ministère, c’est à cette période que la restitution peut se faire “dans le respect des us et coutumes sakalava”. L’idée est notamment “d’unir le corps de l’Ampanjaka puis de permettre à ses descendants de constituer ses reliques en vue des rituels du Fitampoha” qui se tiennent habituellement en août. Entre-temps, un “zomba” devrait être construit à Ambiky, ancienne capitale du Royaume sakalava du Menabe, située dans le district de Belo sur Tsiribihina.
Le report des cérémonies de remise et de restitution devrait également permettre aux autorités et aux descendants du Roi d’“organiser une cérémonie digne et à la hauteur des valeurs historiques et symboliques du retour du crâne de l’Ampanjaka Toera pour le peuple malgache en général, et pour la communauté sakalava en particulier”, souligne encore le communiqué du ministère.
Mais la nouvelle date répond surtout aux souhaits des descendants du Roi qui avaient demandé que le retour du crâne de leur aïeul se fasse à la période du Fitampoha. Or, “le président de la République a émis le souhait que ce retour en terre ancestrale de ces crânes sakalava dont celui de l’Ampanjaka Toera se tiennent dans un contexte de sérénité et d’unité pour tous les Malgaches”. Et comme le décret français du 3 avril prévoit “un délai de un an à compter de sa publication dans le journal officiel pour la remise et la récupération de ces restes humains au Musée de l’homme”, le gouvernement ne semble pas vouloir se précipiter.
Lors du Conseil des ministres de mercredi, l’Exécutif avait encore annoncé que la cérémonie de remise du crâne se ferait à Paris le 14 avril, et que jusqu’à son retour à Madagascar, les crânes seraient conservés à l’ambassade de Madagascar en France. Puis une fois arrivés au pays, une cérémonie avec tous les Ampanjaka était prévue à Antananarivo avant le transfert dans le Menabe. A l’exception du 14 avril, aucune date n’avait encore été annoncée.
Le « Fitampoha » ou bain des reliques royales est une cérémonie ancestrale pratiquée par le groupe ethnique des Sakalava issus de la région de Menabe. Il consiste à nettoyer les ossements des défunts rois sakalava autrefois et de les couvrir d’huile aromatisée et de miel. Ce rituel est effectué dans le but de respecter les ancêtres royaux et de demander leur bénédiction. Au XVIIème Siècle, ce rite se déroulait tous les ans et le créateur en fut le roi Andriandahifotsy. Depuis 1904, le « Fitampoha » a lieu tous les 10 ans et puis tous les 5 ans depuis 1988. La prochaine célébration du « Fitampoha » se tiendra en 2021.
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Antananarivo, 5 Avril, 16h05 – Ethiopian Airlines augmente ses opérations à Madagascar. Le nombre des rotations que cette compagnie effectuera au pays passera de 11 à 17 par semaine. Cette disposition sera effective à partir du mois de juillet de cette année, selon ce qu’avait annoncé, cette semaine, le ministre des Transports et de la météorologie, Valery Ramonjavelo.
Cette annonce avait été faite par ce membre du Gouvernement le jour où la compagnie Emirates avait également entamé sa desserte sur Madagascar qui est désormais de six vols par semaine. Le ministre Valery Ramonjavelo estime que ce sixième vol, en l’espace de moins d’un an de la première opération de cette compagnie dans la Grande île, est non seulement un signe de confiance mais démontre aussi que la destination Madagascar est très prisée.
Mais d’autres compagnies pourraient déjà rejoindre celles qui opèrent déjà sur Madagascar. Valery Ramonjavelo confie avoir fait des approches avec l’Inde, le Rwanda ou encore la Chine. « Tous ces gens-là démontrent une certaine volonté de vouloir prendre des ailes sur Madagascar », a-t-il rapporté.
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Le prix à la pompe du pétrole lampant avait fait l’objet d’un ajustement à la hausse ce samedi. Ce produit est actuellement vendu à 3 030 ariary par litre auprès des stations-services. Mais ce prix appliqué à la pompe ne reflète encore pas la vérité de prix. L’Office malgache des hydrocarbures (OMH) fait part, à la presse, d’un écart de plus de 600 ariary sur le pétrole lampant.
Depuis l’application du mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants, celui du pétrole lampant avait commencé à augmenter au mois de février de cette année. La tendance qui s’en suivait restait haussière et les trois augmentations effectuées jusque-là s’élevaient toutes à 200 ariary. Le prix de ce produit qui était encore à 2 430 au mois de janvier est actuellement à 3 030 ariary par litre.
L’écart entre le prix appliqué à la pompe et la vérité du prix du pétrole lampant s’est déjà réduit. Au mois de janvier, le ministre de l’Energie et des hydrocarbures, Olivier Jean-Baptiste, indiquait que cet écart tournait encore entre 1 200 et 1 400 ariary par litre.
Le président de la République, Andry Rajoelina, avait déjà exposé cette mesure d’ajuster progressivement le prix de ce produit pétrolier jusqu’à parvenir à l’aligner à son prix réel à la fin de cette année. L’objectif de l’Etat est de mettre fin à la subvention versée annuellement aux compagnies pétrolières pour la compensation de l’écart entre les prix proposés aux consommateurs et la vérité des prix de ce produit. Pour 2024, la subvention que l’Etat a dû verser aux distributeurs pétroliers pour maintenir les prix à la pompe du pétrole lampant s’élevait à 95 milliards d’ariary.
L’ajustement du prix du pétrole lampant, qualifié de produit social notamment pour l’éclairage dans les zones rurales, nécessite toutefois des mesures d’accompagnement. La distribution de kits solaires pour s’y substituer est une de ces mesures déjà prises par l’Etat.
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Antananarivo, 5 Avril, 10h40 – Plutôt “corrective” que “punitive”. Selon l’ambassade des Etats-Unis à Madagascar, la décision d’imposer un droit de douane à 47% sur les exportations malgaches à destination du marché américain ne viserait pas à pénaliser la Grande île. C’est plutôt une des “mesures nécessaires et correctives” que l’Amérique devait prendre face à ses déficits commerciaux avec les autres pays du monde. C’est une des raisons avancées par cette ambassade pour justifier cette disposition qui touche Madagascar.
L’ambassade des Etats-Unis à Madagascar évoque une “disparité commerciale” entre les “deux pays”. Selon le chiffre du Bureau du recensement américain, les Etats-Unis avaient enregistré une balance commerciale déficitaire de 679,8 millions de dollars dans ses échanges commerciaux avec Madagascar en 2024. Un déficit qui résulte de ses importations en provenance de la Grande île qui s’élève à 733,2 millions de dollars contre une exportation vers Madagascar à hauteur de 53,4 millions de dollars.
C’est compte tenu de cette disparité commerciale que ce taux tarifaire pour les exportations malgaches vers le marché américain avait été fixé à 47%, soutient l’ambassade des Eatts-Unis. Comme tous les autres pays concernés par cette mesure, la portée de ce droit de douane pour Madagascar peut être réduite ou limitée. Ceci demande néanmoins des mesures significatives pour remédier aux accords commerciaux non réciproques et s’aligner suffisamment sur les États-Unis en matière d’économie et de sécurité nationale.
L’ambassade des Etats-Unis ajoute même que ces droits de douane peuvent être réduits ou éliminés. Il faut toutefois “que les conditions économiques préjudiciables créées par le commerce non réciproque ont été suffisamment atténuées ou résolues”, indique cette institution.
Le gouvernement malgache aura donc à trouver les moyens dont il dispose pour réduire le déficit commercial des Etats-Unis dans les échanges entre les deux pays, comme souligné dans le communiqué de l’ambassade américain. Celui-ci salue en tout cas “les efforts visant à garantir que nos deux pays puissent réaliser des échanges commerciaux réciproques”.
Antananarivo, 5 Avril, 8h20 – Une nouvelle programmation au Musée de la Photographie de Madagascar. Cette fois, le musée d’Anjohy nous invite à explorer « le rôle essentiel de l’eau dans l’histoire et la culture du pays ». Baptisée « Eau », cette exposition est aussi une invitation à découvrir ou redécouvrir le musée, et la richesse de ses collections. Ce sont plus de 300 clichés, allant de la deuxième moitié du XIXème siècle aux années 1970, qui révèlent la relation entre le Malgache et l’eau.
L’exposition s’articule autour de plusieurs thématiques. Toutes invitent à une réflexion sur la richesse, la générosité mais aussi la vulnérabilité de l’eau. On y découvre par exemple une vingtaine de poteries, le contenant traditionnel de l’eau à Madagascar, pour « montrer que l’eau peut aussi se mettre en dialogue avec la terre ». Outre les photographies, l’eau sera aussi abordée en conférence et en film pendant les six mois à venir au Musée de la photo.
Comme à chaque lancement de nouvelle programmation, le Musée organise une journée portes ouvertes le samedi 05 avril. Le Musée sera ainsi ouvert au grand public, gratuitement pour l’occasion. Le public pourrait visiter à la fois l’exposition, les stands d’artisans dans le jardin, assister à la conférence inaugurale de l’expo, et aussi découvrir les coulisses de la création de l’expo.
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Antananarivo, 5 Avril, 6h15 – Prix inchangés pour le sans plomb et le gasoil. Comme chaque mois depuis février, la révision mensuelle des prix des carburants a bien eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi. Les prix du sans plomb et du gasoil sont restés inchangés. Les tarifs à la pompe du mois dernier sont maintenus, avec le litre de sans plomb à 5 320 ariary et le gasoil à 4 970 ariary.
En revanche, le prix du pétrole lampant poursuit sa hausse. Désormais, le litre de ce produit s’élève à 3 030 ariary contre 2839 ariary lors de la da derrière révision du 5 mars dernier. Ce qui représente une hausse de 200 ariary, le plafond autorisé par le mécanisme d’ajustement de prix de carburant.
La hausse du prix du pétrole lampant était attendue. Dès le début de l’année, les autorités avaient annoncé une hausse progressive du prix de ce produit jusqu’à atteindre son coût réel d’ici la fin de l’année. L’objectif est de supprimer les subventions qui pèsent lourdement sur le budget de l’État. Selon les données fournies, ces subventions atteignent jusqu’à 95 milliards d’ariary en un an, représentant un fardeau considérable pour les finances publiques.
Les automobilistes, notamment ceux du secteur du transport en commun comme les taxibe, peuvent souffler un peu. Ces véhicules fonctionnent principalement au gasoil, un carburant qui a connu une hausse continue depuis la mise en place du mécanisme d’ajustement des prix des carburants, sauf en janvier.
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L’annonce par l’administration Trump d’imposer des droits de douane de 47 % sur les produits malgaches exportés vers les États-Unis a secoué le monde économique de Madagascar. Cette décision est d’autant plus alarmante que le marché américain est l’un des principaux débouchés pour les exportations de la Grande Île. Face à cette situation, le directeur général des douanes, Ernest Zafivanona Lainkana, a répondu à la sollicitation de www.2424.mg pour apporter des éclaircissements. Interview
Comment devons-nous comprendre cette décision de l’administration Trump d’imposer une taxe de 47% sur les exportations malgaches vers les États-Unis ?
La manière dont il faut comprendre cela est sans équivoque. Si le taux appliqué à Madagascar est effectivement de 47%, la méthode de calcul, telle que nous l’avons constatée à travers les médias étrangers ou à travers les échanges avec les responsables concernés, repose sur notre déficit commercial. En d’autres termes, il y a des marchandises que nous exportons vers les États-Unis, et d’autres que nous importons des États-Unis vers Madagascar. En 2024, Madagascar a exporté pour environ 733 millions de dollars vers les États-Unis, tandis que les importations en provenance des États-Unis n’étaient que de 53 millions de dollars. Cela crée un excédent commercial pour Madagascar, à hauteur de 679 millions de dollars. C’est ce chiffre qui représente notre excédent commercial. »
Comment expliquez-vous également ce droit de douane de 93% que Madagascar aurait imposé aux États-Unis ?
Si nous nous référons à ce taux de 93%, il est à peu près équivalent au ratio du déficit commercial évoqué. Il s’agit d’un déficit commercial de 679,8 millions de dollars par rapport à un volume d’importation total de 733 millions de dollars [du côté américain], ce qui donne un taux de 92,7%, arrondi ensuite à 93%.
Comment l’administration douanière malgache taxe-t-elle alors les produits américains entrant à Madagascar ?
En réalité, la taxation appliquée par Madagascar n’atteint pas du tout ce taux de 93%. Pour les produits en provenance des États-Unis importés à Madagascar, la moyenne de taxation tourne autour de 12%. Nous savons que les États-Unis appliquent une taxation uniforme à tous les produits. C’est la même taxe pour tous les produits. Pour nous, la politique tarifaire est structurée de la manière suivante : 5% pour les équipements et les matières premières, afin de promouvoir la production locale, 10% pour les produits intermédiaires, et 20% pour les produits finis. Ce sont les taxes qui existent chez nous. Ainsi, si l’on considère les droits de douane perçus sur les marchandises importées des États-Unis en fonction de leur valeur, cela nous donne une moyenne d’environ 12%. Cela nous permet de dire, si l’on part du tarif, que cela n’atteint pas 93%. En fait, la décision prise [par les États-Unis] n’est pas liée à notre politique tarifaire, mais plutôt à un « tarif d’urgence », comme ils l’appellent, décrété dans un contexte d’état d’urgence. En tant que tarif d’urgence, ils ont imposé ce taux, sans rapport avec nos propres pratiques douanières. »
On parle actuellement de cette taxation à 47% des produits malgaches vers les États-Unis. Comment les échanges s’effectuaient-ils auparavant, avant l’application de cette mesure ?
Les États-Unis font partie des pays qui appliquent les taux de droits de douane les plus faibles. Si je ne me trompe pas, le taux moyen appliqué aux marchandises importées aux États-Unis est d’environ 3,3%. En outre, ils ont établi avec certains partenaires des accords commerciaux appelés Trade Facility Agreements, comme le Système Généralisé de Préférences (SGP) et l’Agoa (African Growth and Opportunity Act). La majorité de nos exportations bénéficient de ces régimes préférentiels. Sur les 733 millions de dollars de marchandises exportées vers les États-Unis en 2024, seuls 18 millions de dollars n’étaient pas couverts par le SGP ou l’Agoa, soit 2% qui ont donc été soumis à une taxe douanière standard de 3%. Le reste, est entré sur le territoire américain avec un taux préférentiel de 0% grâce au SGP et à l’Agoa. »
Qu’advient-il de ces régimes préférentiels suite à l’instauration de cette nouvelle tarification ?
Étant donné qu’il s’agit d’une mesure d’urgence, elle n’a pas suivi le processus législatif classique, comme c’est le cas chez nous. Dès la signature de l’executive order, son application est immédiate. Cette mesure entrera en vigueur ce mardi 9 avril, à partir de minuit, comme détaillé dans le décret. Pour les marchandises déjà entreposées, l’application se fera à partir de 12h. En ce qui concerne les régimes préférentiels liés à l’Agoa et au SGP, nous sommes encore dans l’attente de clarifications de la part des autorités américaines avant de pouvoir nous prononcer officiellement. »
Quels pourraient être, selon vous, les impacts de cette décision sur les activités économiques à Madagascar ?
Du point de vue de l’administration douanière, nous savons que la compétitivité économique et les déséquilibres de la balance commerciale dépendent de plusieurs facteurs, et pas uniquement des politiques tarifaires. Tous les produits ne sont pas touchés de la même manière. Certains produits bénéficient d’un avantage absolu, d’autres d’un avantage comparatif ou différenciatif. Concernant le secteur minier par exemple, certains produits sont exclus de cette nouvelle tarification. Une liste d’exclusion a été établie, et les produits concernés ne seront donc pas impactés. Ce qui nous préoccupe, c’est la compétitivité globale de nos produits sur le marché américain. Mais il convient de souligner que cette mesure d’urgence reste provisoire. Son évolution dépendra de la manière dont la situation sera gérée. C’est à l’État de mener les négociations bilatérales nécessaires et de suivre toutes les étapes pour y faire face. Ce genre de situation s’est déjà présenté, comme ce fut le cas avec le Mexique, où un executive order similaire avait été adopté mais fut par la suite suspendu, permettant un retour à la normale.
Les Etats-Unis ouvrent la porte aux négociations. Dans un communiqué publié ce vendredi après-midi, l’ambassade des Etats-Unis à Madagascar évoque la possibilité de réduire et de limiter la portée des droits de douane, et même de les réduire ou de les éliminer. Les décisions relèvent évidemment du président des Etats-Unis, précise le communiqué.
Selon le document transmis à la presse par le bureau d’Andranoro, “le président peut réduire ou limiter la portée des droits de douane s’il estime qu’un partenaire commercial a pris des mesures significatives pour remédier aux accords commerciaux non réciproques et s’aligner suffisamment sur les États-Unis en matière d’économie et de sécurité nationale”. Mais il est également souligné que “il peut décider de réduire ou d’éliminer les droits de douane s’il estime que les conditions économiques préjudiciables créées par le commerce non réciproque ont été suffisamment atténuées ou résolues”.
Dans son communiqué, l’ambassade rappelle qu’il y a, entre Madagascar et les Etats-Unis, une disparité commerciale. Ce qui explique que “le taux tarifaire a été fixé à 47 % pour Madagascar”. L’ambassade de ne précise cependant pas le mode de calcul du taux. Elle insiste toutefois sur le fait qu’il “ne s’agit pas d’une mesure punitive”. Pour l’ambassade il s’agit plutôt de “mesures nécessaires et correctives” prises par les États-Unis qui ont un “déficit commercial mondial”.
Antananarivo, 4 Avril, 10h50 – Le projet de valorisation de la monazite dans l’exploitation minière de Ranobe est un des éléments clés qui avait permis à l’État de monter les enchères dans le cadre de ses négociations avec Base Resources. C’est un des points soulevés par le ministre des Mines, Herindrainy Rakotomalala, lors de son passage sur la chaîne de télévision publique TVM, jeudi soir.
Bien que la monazite ne représente qu’environ 2% de la production totale prévue dans le projet Base Toliara, ce minerai critique est très recherché. Et avec le besoin croissant de ce produit sur le marché international, son prix a déjà atteint plus de 6 000 dollars la tonne et pourra encore augmenter jusqu’à 8 000 dollars. Le cours de l’ilménite n’est que de 200 dollars la tonne, indique le ministre Herindrainy Rakotomalala, en guise de comparaison.
Le ministre en charge des mines poursuit encore, en indiquant que sur les 18 milliards de dollars de chiffre d’affaires attendu par Base Toliara de ses exploitations minières à Ranobe, 7 milliards d’ariary proviendraient de la valorisation de la monazite. C’est compte tenu de ce qu’apporterait cet élément de terre rare que l’Etat a pu gagner davantage dans les négociations d’après ces explications.
Pour l’heure, le permis minier obtenu par Base Toliara ne couvre que l’ilménite, le zircon et le rutile. La valorisation de la monazite lui nécessite des autorisations supplémentaires afin d’être ajoutée à son permis d’exploitation, et celles-ci devront être accordées par le Gouvernement avant toute production. Le ministre Herindrainy Rakotomalala parle de mise à jour de tous les paramètres, dont le cahier de charge de la compagnie.
Par ailleurs, Madagascar avait déjà indiqué en février vouloir mettre en avant les minerais critiques pour négocier le renouvellement de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa). “Madagascar a l’avantage de pouvoir mettre en exergue ses minerais critiques, utilisés dans la fabrication des matériels de nouvelle technologie et des équipements de production d’énergie renouvelable, pour attirer les investisseurs américains”, avait indiqué le compte-rendu du Conseil des ministres du 19 février. Energy Fuels, maison mère de Base Toliara, avait fait partie de la délégation de Madagascar présente aux Etats-Unis pour négocier le renouvellement de l’Agoa.
Base Toliara avait déjà estimé qu’en obtenant les autorisations nécessaires au traitement de la monazite, le développement de Ranobe fera de Madagascar un acteur de premier plan sur la chaîne de valeur de la transition énergétique.