Catégorie : Actualité

  • ART ORATOIRE – L’Université d’Antananarivo rejoint les quarts de finale après avoir disposé de l’Université de Lille

    ART ORATOIRE – L’Université d’Antananarivo rejoint les quarts de finale après avoir disposé de l’Université de Lille

     

     

    Antananarivo, 9 Mai, 6h05 – Ils sont désormais deux en quarts de finale. Invaincus depuis le début du tournoi, les représentants malgaches font un sans faute au concours inter-universitaire de La Haye. Cette fois-ci, avec un score de 250, la brillante équipe de l’Université d’Antananarivo s’impose face à l’Université Catholique de Lille, 232 points, à l’issue d’un affrontement verbal sans merci.

     

    Le débat a pourtant été difficile. « On doit avouer qu’au départ il y a eu beaucoup d’hésitations pour interpréter le thème », déclare Hasina Gaël Rafidison, président de la fédération malgache des clubs d’art oratoire. L’équipe d’Ankatso a alors « décidé de trancher le noeud au lieu de le démêler et impose dans le débat sa compréhension », continue notre interlocuteur. Tout au long du débat, la réactivité de l’équipe, ainsi que la qualité des raisonnements ont été appréciées par les juges et ont eu raison des adversaires.

     

    Invaincue, l’équipe de l’Université d’Antananarivo ne se repose pas sur ses lauriers. Elle s’entraîne régulièrement et de façon plus poussée pour ne jamais être surpris, et maîtriser le débat. En quarts de finale, elle affrontera l’Université Libre de Bruxelles.

  • Les vacataires de l’Ecole supérieure polytechnique d’Antananarivo annonce la suspension des cours

    Les vacataires de l’Ecole supérieure polytechnique d’Antananarivo annonce la suspension des cours

     

    Antananarivo, 8 Mai, 21h30 – Situation à nouveau tendue à l’Université d’Antananarivo. Les enseignants vacataires de l’Ecole supérieure polytechnique de Vontovorona annoncent qu’ils ne dispenseront pas des cours à partir du mardi 9 mai faute du paiement de leur vacation depuis l’année universitaire 2018-2019. “Ce n’est pas une grève que nous faisons mais une cessation de l’enseignement car notre statut n’est pas clair”, indique à la presse ce lundi Miranto Zakaria Rakotomanana, enseignant vacataire de l’ESPA.

     

    ⭕Les enseignants vacataires confient n’avoir reçu que 25% de leur vacation de l’année universitaire 2018-2019. Ils réclament aujourd’hui le paiement des 75% restants. Outre le paiement des vacations, ils réclament aussi une transparence dans le processus de recrutement des fonctionnaires et la clarification de leur statut. “Nous appelons les vacataires à travers toute l’île à se joindre à nos revendications”, ajoute-t-il.

     

    ⭕D’après la section Antananarivo du syndicat des enseignants chercheurs, les vacataires représentent 64 % des enseignants auprès de l’Université d’Antananarivo. “Si ceux-ci se mettent en grève, l’arrêt des cours sera automatique dans toute l’Université”, soulève Sammy Grégoire Ravelonirina, président du Seces Tana. “L’enseignement ne peut être assuré par les titulaires uniquement”, ajoute-t-il.

     

    ⭕De son côté, le ministère indique le début du paiement du reste des vacations 2018-2019 dès l’achèvement du processus du paiement des « vacations baccalauréat » encore impayé et après la mise à jour des renseignements sur les vacataires toujours en activités. Le ministère indique s’atteler à régler les arriérés de vacations et heures complémentaires des enseignants chercheurs depuis 2020, un effort qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Le ministère indique être en contact permanent avec le Seces sur ce sujet.

     

    ⭕Concernant la volonté de certains vacataires à arreter les cours, le ministère rappelle que la direction des universités et des instituts supérieurs de la technologie (IST) sont les seuls habilités par la Loi à prendre ce genre de décision validé par le conseil d’établissement et le conseil scientifique. Le ministère enjoint ainsi les vacataires qui souhaitent rompre leur contrat avec le ministère à approcher les universités et IST auxquels ils sont attachés.

     

  • ART ORATOIRE – L’UCM en quarts de finale du concours interuniversitaire de débats de La Haye

    ART ORATOIRE – L’UCM en quarts de finale du concours interuniversitaire de débats de La Haye

    Antananarivo, 8 Mai, 18h50 – L’aventure continue pour l’Université catholique de Madagascar (UCM). Avec un score de 254 à 210, elle a remporté son match de huitièmes de finale face à l’Université de Paris-Saclay. Elle accède ainsi en quart de finale.

    Selon Hasina Gaël Rafidison, président de la fédération malgache des clubs d’art oratoire, le débat de haut niveau n’a pas empêché l’équipe de l’UCM de relever le défi. Les adversaires ont résolument monté de niveau, continue-t-il, parlant d’une joute digne d’une phase finale.

    Face à l’équipe parisienne, l’équipe d’Ambatoroka a fait preuve d’ une plus grande variété d’arguments pertinents. A l’origine de cette victoire des étudiants malgaches, notre source évoque « une bonne maîtrise du contexte, des théories étoffées et bien cadencées ainsi qu’une maîtrise de l’art de la réfutation ».

    Le débat, réputé difficile, a eu pour thème « l’insertion professionnelle des jeunes passe par des subventions et des projets cadre ciblant des entreprises et collaboration ayant du personnel francophone ». Durant les 45 mn d’échanges, l’équipe de l’UCM formée par Tandrify Fialofana Randriamaromanana, Joseph Rambinintsoa, Elcène Corélia Botoube, a su défendre sans concession la position contre. Elle a su montrer le rôle que les projets cadres et les subventions jouent dans l’insertion professionnelle de la jeunesse francophone.

    L’UCM affrontera l’Université de Tours en quarts de finale du débat interuniversitaire de La Haye. Invaincu depuis sa première résidence, elle affronte cette fois-ci le tenant du titre mais indique avoir hâte pour la confrontation. La date du quart de finale est encore inconnue mais ne saurait tarder, conclut notre interlocuteur.

  • ECONOMIE BLEUE – La signature officielle de l’accord de pêche entre Madagascar et l’Union européenne prévue en juillet

    ECONOMIE BLEUE – La signature officielle de l’accord de pêche entre Madagascar et l’Union européenne prévue en juillet

    Antananarivo, 8 Mai, 16h00 – Le gros du travail bouclé. D’autres restent néanmoins encore à entreprendre pour que l’accord de pêche qui liera Madagascar et l’Union Européenne (UE) pour les quatre prochaines années entre en vigueur. Il reste par exemple, pour les deux parties, de s’accorder sur les mesures qui seront considérées dans l’appui sectoriel convenu dans cet accord, ainsi que leur financement a expliqué l’ambassadrice de l’Union Européenne Isabelle Delattre Burger, durant une conférence de presse ce lundi.

    Les deux parties avaient indiqué vers la fin du mois d’octobre 2022 avoir déjà engagé les procédures législatives nécessaires à la signature de ce nouvel accord et de son protocole de mise en œuvre. Le ministère malgache de la Pêche avait également avancé à l’époque la nécessité de traduire l’accord dans les 22 langues des 27 pays de l’UE. « L’ambition reste en tout cas de signer officiellement le nouvel accord de pêche en juillet quand les négociations sur les annexes seront terminées », avance la diplomate européenne.

    Madagascar et l’Union européenne se sont déjà entendus sur plusieurs points dans cet accord, à commencer par le volet financier. Pour des contreparties et contributions financières totalisant 12,88 millions d’euros durant la durée du protocole, l’accord permettra à des navires européens de pêcher des thons dans les eaux malgaches. A celles-ci s’ajouteront une contribution de 1,4 million d’euros par an versé par les armateurs européens, qui inclut une contribution spécifique destinée à la protection de l’environnement marin et la protection des écosystèmes.

    Dans le nouvel accord qui attend sa mise en vigueur, 65 navires européens sont autorisés à pêcher du thon et les espèces qui lui sont associées. Les pêcheurs européens opèreront avec 32 thoniers senneurs, 13 palangriers de surface d’une jauge brute de plus de 100, et 20 autres palangriers avec une capacité inférieure. Pour le tonnage de référence, le protocole l’a fixé à 14 000 tonnes.

    Le ministère de la Pêche et de l’économie bleue (MPEB) avait considéré celui de Madagascar comme étant « le meilleur accord de pêche avec l’Union Européenne dans l’Océan Indien ». L’UE pour sa part avait souligné précédemment que cet accord conforte la volonté des parties d’améliorer la gouvernance des pêches, la gestion durable des ressources biologiques marines et la lutte contre les pêches illicites.

    Cet accord n’est pour le moment pas en vigueur puisqu’il n’est pas officiellement signé. Aussi, aucun bateau européen n’est censé pêcher dans les eaux malgaches. « Pas dans le cadre du nouvel accord en tout cas », a rassuré l’ambassadrice de l’Union Européenne, Isabelle Delattre Burger.

     

  • BASKETBALL – GNBC sacrée champion de la Coupe de la ligue Boeny N1A hommes

    BASKETBALL – GNBC sacrée champion de la Coupe de la ligue Boeny N1A hommes

    Antananarivo, 8 Mai, 15h07 – La Gendarmerie nationale basketball club (GNBC) tient sa revanche. Les gendarmes ont battu l’équipe de la commune urbaine de Toamasina, l’Ascut, 79 à 77, lors de la finale de la coupe de la ligue Boeny N1A hommes, ce dimanche au gymnase Ampisikina Mahajanga.

    ⭕Lors de la première journée du championnat de Madagascar Conférence Ouest, les deux équipes se sont déjà affrontées. C’est l’équipe de la capitale de la région Atsinanana qui était devant au score 56 à 53, mercredi dernier.

    ⭕C’est l’équipe de l’AS Fanalamanga qui obtient la troisième place de cette coupe de la ligue Boeny, en battant le Madapro basketball club (MBC) par un petit point 75 à 74.

    ⭕Ces quatre équipes représenteront la Conférence Ouest lors de l’« Elite 8 » du championnat N1A hommes prévu se tenir 28 septembre au 8 octobre à Antananarivo.

    Photo : FMBB

  • TENNIS DE TABLE – Antoine Razafinarivo médaillé de bronze aux championnats d’Afrique

    TENNIS DE TABLE – Antoine Razafinarivo médaillé de bronze aux championnats d’Afrique

    Antananarivo, 8 Mai, 14h20 – Antoine Razafinarivo sur le podium. Le pongiste malgache termine à la quatrième place du championnat d’Afrique de tennis de table qui s’est déroulé à Nairobi Kenya, et obtient une médaille de bronze.

    ⭕Le jeune pongiste a effectué un bon parcours individuel à Nairobi et se hisse parmi l’élite africaine en se qualifiant en demi-finale. C’est le futur champion, l’Egyptien Omar Assar, 32e mondial, qui a barré sa route en demi-finale et ne lui a pas permis de participer à une première finale d’une compétition continentale. Il a pourtant mené au score, 2 à 1 face au numéro deux en Afrique, avant de s’incliner 2 à 6.

    ⭕Pour ce championnat d’Afrique, Antoine Razafinarivo est sorti deuxième lors de la phase de groupe, juste derrière l’Egyptien Mohamed El-Beilali. Il a ensuite créé la sensation en effaçant sur son passage l’Ivoirien Kizito Oba en huitièmes de finale. Puis, il s’est offert du Nigérien Taiwo Mati en quarts de finale. Avant de trébucher en demi-finale.

    Photo : ITTF Africa

  • SPORTS – La FMF accorde 50% de la dotation de la CAF aux joueurs des Barea A’

    SPORTS – La FMF accorde 50% de la dotation de la CAF aux joueurs des Barea A’

    Antananarivo, 8 Mai, 12h58 – La Fédération malgache de football (FMF) sous pression. Devant des interpellations et différentes attaques dont elle fait l’objet, elle dévoile la part des joueurs des Barea A’ et des autres entités bénéficiaires sur la dotation de la Confédération africaine de football (CAF) lors du Championnat d’Afrique des nations (Chan) en Algérie en début d’année.
    ⭕La Fédération octroie 50% des 500 000 dollars aux joueurs. Elle reverse 10% aux clubs, 5% chacun pour les ligues et le pro-League. Elle garde les 30% de la dotation, selon sa publication sur Faceboook du lundi matin. Vendredi, elle s’est contentée d’expliquer pourquoi octroyer une part de la dotation à d’autres entités comme les clubs et les ligues.
    ⭕Juste après l’annonce de vendredi, Arohasina Dax Andrianarimanana avait fustigé un virement de près de 25 millions d’ariary sur son compte qu’il estime ne représenter « que » 30% de la totalité du gain. « Ce n’est pas à nous de prendre en charge les ligues », avait-il fulminé, interprétant l’annonce des bénéficiaires dont les ligues comme une décision électoraliste en vue des élections fédérales prévues en septembre. Une journée plus tôt, plusieurs autres joueurs des Barea A’ et anciens joueurs sont montés au créneau pour exiger, le « prix de nos efforts », et donc une part plus importante pour les sélectionnés « qui ont sué sur le terrain ».
    ⭕Le président Andry Rajoelina touche un mot sur le sujet dimanche. Il s’est dit « étonné d’avoir entendu que la fédération ne semble pas avoir donné aux joueurs leurs primes », au cours d’un événement avec des athlètes, à Iavoloha. Il lance un appel à la FMF pour « donner aux entraîneurs et aux joueurs les primes qu’ils méritent ». « Voyez cela de près monsieur le ministre [Haja Resampa, ministre de la Jeunesse et des sports] », indique-t-il. « Quand les athlètes font des efforts, ils sont récompensés, ils gagnent des primes (…) Ce sont les athlètes qui ont gagné la médaille. Ce sont eux qui ont transpiré, qui ont fait des efforts », ajoute-t-il.
    ⭕Selon certaines indiscrétions, Haja Resampa a discuté ce week-end avec certains acteurs concernés après l’instruction donnée par le chef de l’Etat. « Les joueurs réclament 70% de la dotation », confie une source ayant pris par aux échanges. « D’ailleurs, certains d’entre nous n’avons pas encore reçu de virement annoncé », glisse-t-elle. Outre le « prize money », les joueurs ont reçu des primes de la part de la Présidence, 4 millions d’ariary chacun de la part d’une société sponsor et 150 millions d’ariary de la part de la FMF sur son propre budget pour l’ensemble de l’équipe.
    Photo : FMF
  • BASKETBALL – L’Australie, La République Tchèque et l’Israël qualifiés pour le Mondial 3×3 en Autriche

    BASKETBALL – L’Australie, La République Tchèque et l’Israël qualifiés pour le Mondial 3×3 en Autriche

    Antananarivo, 8 Mai, 10h00 – Les trois nations qualifiées pour le Mondial 3×3 dames en Autriche connues. L’Australie et la République Tchèque et l’Israël ont obtenu leur ticket pour rejoindre les 17 autres nations déjà qualifiées pour cette Coupe du monde, après le tournoi « FIBA 3×3 world qualifier » qui s’est tenu en Israël ce week-end.

    ⭕L’Australie et la République Tchèque étaient dans le groupe A avec Madagascar. Ces deux équipes étaient les deux premiers du groupe après avoir battu successivement les Ankoay dames avec le même score, 21 à 9 lors de la phase de poule.

    ⭕En terminant dernier de son groupe Madagascar n’a pas pu accéder aux demi-finales de ce tournoi qualificatif au Mondial autrichien.

    ⭕Chez les hommes, ce sont la Hongrie, la Slovénie et l’Israël qui ont obtenu leur ticket pour rejoindre les 17 autres nations déjà qualifiées pour ce sommet mondial, dont Madagascar.

  • ÉNERGIE –   La nouvelle centrale thermique de 105 mégawatts à Ambohimanambola operationnelle avant la fin de l’année

    ÉNERGIE –   La nouvelle centrale thermique de 105 mégawatts à Ambohimanambola operationnelle avant la fin de l’année

     

    Antananarivo, 8 Mai, 7h15 – Un chantier qui avance. La majeure partie des gros œuvres permettant d’installer une nouvelle centrale thermique d’une capacité de 105 MW dans le complexe électrique d’Ambohimanambola est déjà prête. A l’allure que prend l’exécution des travaux sur place, l’opérationnalisation de cette centrale est prévue avant la fin de cette année, indique le ministère de l’Energie et des hydrocarbures (MEH) dimanche.

     

    Les travaux menés à Ambohimanambola concernent des installations que le Jirama avait exploitées auparavant, ainsi que celles exploitées par des prestataires privées dont les contrats ont été résiliés, précise le communiqué du ministère. Il est prévu la mise en place de sept groupes de 15 MW, chacun fonctionnant avec du fuel, permettant d’avoir une centrale thermique de production d’électricité d’une puissance de 105 MW.

     

    L’actuel ministre de l’Energie, Solo Andriamanampisoa, avait déjà rassuré au mois de septembre 2022 que cette centrale appartient à l’Etat. Ainsi, comme l’avance le ministère, le coût de production du kWh avec cette infrastructure énergétique « sera inférieur à ceux des autres centrales gérées par des prestataires privés ».

     

    La mise en place de cette nouvelle centrale permettra également d’augmenter la capacité de production de la Jirama pour combler le gap dû à l’augmentation de la consommation d’énergie du Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA). C’est d’ailleurs compte tenu de l’urgence de la situation qu’il est prévu l’opérationnalisation de cette centrale de manière progressive. « La centrale fonctionnera par tranche. Nous allons utiliser deux groupes au départ, pour l’augmenter à trois et ainsi de suite selon l’évolution des travaux » souligne Marco Spotti, le directeur de projet de Trigo Energy, la société qui se charge des travaux de mise en place de cette centrale. Celui-ci estime que l’énergie produite par cette nouvelle centrale est amplement suffisante pour stopper les problèmes de délestage dont sont victimes les abonnés raccordés sur le RIA.

     

    Ces deux dernières semaines, la Jirama avait évoqué le manque de fuel pour faire tourner les centrales thermiques existantes expliquer sa décision de procéder au délestage. Une rencontre entre les représentants du MEH et ceux du Groupement des pétroliers de Madagascar (GPM) avait eu lieu jeudi pour trouver un compromis concernant l’approvisionnement en carburant du pays, dont la Jirama. Le MEH avait annoncé la fin du délestage tournant vendredi.

     

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  • LIBERTE DE LA PRESSE – Lalatiana Rakotondrazafy dénonce le classement 2023 de RSF et évoque un « travail bâclé et infondé »

    LIBERTE DE LA PRESSE – Lalatiana Rakotondrazafy dénonce le classement 2023 de RSF et évoque un « travail bâclé et infondé »

    Antananarivo, 8 Mai, 6h30 – Un travail « tendancieux ». « Un classement bâclé et infondé ». La ministre de la Communication et de la culture, Lalatiana Rakotondrazafy, a dénoncé vendredi le classement mondial de la liberté de la presse 2023 publié par Reporters sans frontières (RSF). Elle a même parlé de « mauvaise foi » de l’organisation qui, selon elle, n’a pas pris en compte les révisions de la loi sur la communication apportées en 2020. « Il s’agit d’un vrai déni de la loi 2020-006 qui a supprimé toutes les dispositions considérées comme liberticides contenues dans la loi 2016-029 », soutient-elle dans son émission hebdomadaire « Tsy ho tompon-trano mihono » sur les chaînes audiovisuelles publiques.

     

    La ministre regrette que « RSF et son correspondant à Madagascar n’aient pas fait le travail de recoupement et d’investigation suffisant pour établir le classement ». Elle déplore que son nom et celui du président de la République aient été particulièrement cités dans les explications du classement en tant que propriétaires de médias et contribuant à la concentration des médias sur la Grande île. « Nous n’avons qu’un seul organe de presse, et RSF nous reprochent de dominer le secteur », soulève-t-elle en rappelant que « beaucoup d’hommes politiques de l’opposition, dont des candidats éventuels à la présidentielle ont aussi leur organe de presse ». Pour la ministre, le classement de RSF ne peut s’expliquer que par sa « tendance à ne pas aimer les détenteurs actuels du pouvoir ».

     

    Dans son classement annuel de 2023, RSF classe Madagascar 101ème avec une note de 56,6 sur 100. Ce classement représente un recul de trois places par rapport à celui de 2022 où la Grande île était classée 98ème avec une note de 58,02 sur 100. Pour l’indicateur législatif soulevé par la ministre, le classement de Madagascar est passé de 93 en 2022 à 94 en 2023, et la note a régressé de 64,47 en 2022 à 60,69 en 2023.

     

    Même si RSF reconnaît que « depuis la dépénalisation, en 2016, des délits de presse, il est assez rare qu’un journaliste se retrouve en prison pour des faits relevant de l’exercice de ses fonctions », il souligne que « la réforme de 2020 du Code de la communication prévoit des amendes en cas de “diffusion de fausses nouvelles”, d’“outrage” et de “diffamation ». Il rappelle également que « le code donne la possibilité aux autorités de fermer des médias ou d’arrêter des programmes susceptibles de troubler l’ordre public ».

     

    RSF a aussi pris en compte la non-effectivité de nouvelle Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée (ANRCM), ou encore la non-adoption de la loi sur l’accès à l’information public et de la loi sur les défenseurs des droits de l’homme et les lanceurs d’alerte. Mais « ces deux textes n’ont rien à avoir avec l’exercice de la fonction de journaliste », réplique la ministre.

     

    Outre l’indicateur législatif, le classement RSF prend aussi en compte les indicateurs politique, économique, social et sécuritaire. La plus mauvaise note est attribuée à l’indicateur économique (36,71) et la meilleure note à l’indicateur sécuritaire (78,39). L’indicateur législatif est en deuxième position, tandis que l’indicateur politique, en quatrième position, n’obtient pas la moyenne (49,03). L’indicateur social, lui, est crédité d’une note de 58,46.

     

    Le contrôle des médias publics par l’Etat et la mainmise des hommes politiques sur les médias sont considérés par RSF comme autant de facteurs plombant le pluralisme et la liberté des journalistes. RSF évoque également « la précarité de la presse malgache qui a des conséquences désastreuses sur la qualité de l’information et l’indépendance des médias », ainsi que « la tendance à l’autocensure due principalement aux lignes éditoriales imposées par les hommes politiques propriétaires de médias, et à l’interdiction de critiquer les annonceurs ».

     

    Pour établir son classement, RSF se base sur un « relevé quantitatif des exactions commises envers les journalistes et les médias » et effectue « une étude qualitative fondée sur les réponses de centaines d’experts de la liberté de la presse sélectionnés par RSF (journalistes, universitaires, défenseurs des droits humains) à une centaine de questions.

     

    Photo : Capture d’écran TVM