



Antananarivo, 23 Décembre, 7h05 – Les premières sanctions tombent après le naufrage du Francia qui a tué au moins 83 personnes. En attendant les résultats des enquêtes et la détermination des responsables à l’origine de l’accident, le Conseil des ministres de mercredi annonce des sanctions administratives.
« D’ores et déjà, le propriétaire et le capitaine de ce bateau qui sont recherchés ne sont plus autorisés à exercer dans le secteur du transport maritime », indique le compte-rendu de la réunion hebdomadaire du gouvernement dirigé par le président de la République. D’autres mesures seront prises en fonction de ce qui sortira des enquêtes, précise encore le communiqué.
Selon le Conseil des ministres, c’est la surcharge du navire qui était à l’origine de l’accident. « Au vu de la taille et de la puissance du navire, la capacité du bateau devait être limitée à trois membres de l’équipage et à une vingtaine de passagers au plus », souligne le compte-rendu du Conseil. Or, rappelle le communiqué, « le navire avait 138 personnes à bord ».
Le Conseil rappelle par ailleurs qu’il s’agit d’un « bateau de transport de marchandises et non de transport de passagers ». « Quand on regarde les papiers du navire, il n’a aucune autorisation de transport de personnes », poursuit-il encore.
Si les responsables sont particulièrement pointés du doigt par le Conseil des ministres, ce dernier n’exclut pas « des mesures contre ces nombreux bateaux qui transportent clandestinement des passagers ». Il prévoit une étude pour établir « un état des lieux du transport maritime clandestin pour connaître les réalités de ce secteur ».
Le dernier bilan publié mercredi en fin d’après-midi par l’Agence portuaire maritime et fluvial (APMF) fait état de 83 morts, cinq personnes encore portées disparues et 50 rescapés dans l’accident du Francia survenu dans la pointe d’Antsiraka, du côté de Soanierana Ivongo. Il s’agit de l’énième accident survenu sur cette partie orientale de Madagascar.
Photo : Ministère de la Défense nationale

Antananarivo, 22 Décembre, 22h55 – Les honneurs de la République pour les « héros ». Le Conseil des ministres de ce mercredi décide d’octroyer des distinctions aux deux survivants déjà retrouvés du crash de l’hélicoptère à Mahambo et à ceux qui les ont secourus. Selon le compte-rendu de la réunion hebdomadaire du gouvernement dirigé par le président de la République, « le général Serge Gellé, secrétaire d’Etat en charge de la Gendarmerie est promu général de corps d’armée ».
Le Conseil des ministres justifie la promotion par « le courage et la bravoure dont le SEG à fait preuve face aux épreuves qu’il a traversées » alors que l’hélicoptère qui le transportait venait de se crasher. Le nouveau grade lui est également octroyé pour le remercier de « son engagement au sein du gouvernement ». 24 heures à peine après avoir survécu à un accident d’hélicoptère, le général Serge Gellé est venu au travail et a participé au Conseil des ministres.
Mais le général ne sera pas le seul à qui le gouvernement veut exprimer sa reconnaissance. Le communiqué du Conseil annonce également le passage de l’adjudant-chef Jimmy Laitsara Andrianarison, mécanicien de bord, au grade de sous-lieutenant. Quant aux pêcheurs qui ont aidé les survivants à retrouver la terre ferme, le gouvernement prévoit de les inscrire à l’ordre du mérite. Le pêcheur Jambrone Ramaroson alias Zambi, ainsi que ceux qui l’ont aidé à secourir le SEG et ses compagnons devraient également recevoir des équipements et des outils de travail
Sur les quatre personnes à bord de l’hélicoptère accidenté, deux ont été retrouvés en vie. Un autre, le colonel Olivier Andrianambinina, directeur de la sécurité auprès du bureau Premier ministre, a été retrouvé décédé. Un dernier, le pilote, le colonel Hery Rakotomiliarison encore porté disparu.

Du vent. Des vagues. L’eau froide. La nuit. La fatigue. L’hypothermie.
Pendant 13h00, le secrétaire d’Etat en charge de la Gendarmerie a combattu les éléments.
La ville illuminée lui semblait accessible. Ainsi que la terre ferme.
Mais il a fini par se rendre compte qu’il aurait besoin d’aide pour s’en sortir.
Il a donc changé de stratégie : ne plus combatte les vagues, mais survivre et attendre les renforts. Et les renforts sont venus. Jambrone Ramaroson, alias Zambi, son fils et sa petite pirogue à voiles.


Antananarivo, 22 Décembre, 21h00 – Toutes les fêtes prévues dans des lieux publics jeudi, vont devoir être reportées. Les explications du ministère de la Communication et de la culture relatives au décret présidentiel publié mardi sont claires. La journée du jeudi 23 Décembre est décrétée journée de deuil national, en mémoire des victimes du naufrage du bateau Francia à Soanierana Ivongo. « Il ne devrait donc pas y avoir de baffles faisant du bruit ou diffusant de la musique qui fait bouger partout sur le territoire national, pas de bar ouvert à Madagascar », écrit Lalatiana Rakotondrazafy Andriatongarivo, porte-parole du gouvernement sur son compte Facebook.
⚫Joint au téléphone, Francis Rafiarison, directeur général de la culture confirme ces directives. En sus des drapeaux en berne, « il ne devrait pas y avoir de mariage. Peu importe, tout ce qui s’apparente à une fête publique est interdit », explique-t-il. Hormis les manifestations publiques de joie, et la mise en berne des drapeaux, la journée ne devrait pas être différente des journées ordinaires. Elle ne sera pas chômée et tous les bureaux devraient rester ouverts.
⚫Du côté de la sécurité publique, le préfet d’Antananarivo, le général Angelo Ravelonarivo prévient tout récalcitrant à ces directives. « Des éléments des forces de l’ordre circuleront en ville pour veiller au respect de la loi », précise-t-il. Tout bar ou karaoke ouvert lors de cette journée seront sanctionnés. Il peut même arriver que leur licence d’exploitation soit retirée en cas de non-respect des mesures présidentielles, insiste-t-il encore.

Vivo Energy Madagascar, la société qui distribue et commercialise les carburants et lubrifiants de la marque Shell à Madagascar a procédé aujourd’hui au tirage au sort des gagnants de la tombola Shell 2021 organisée dans le cadre de la campagne de fin d’année « Iantohan’ny Shell ny fiainanao mandritry ny herintaona ».

Antananarivo, 22 Décembre, 17h55 – Les pêcheurs et les sauveteurs ont continué à pêcher des corps sans vie dans les mers et sur les côtes de la région d’Analanjirofo, ce mercredi. Des côtes de l’île Sainte Marie à celles de Soanierana Ivongo, 44 personnes ont été retrouvées mortes ce mercredi, annonce l’Agence portuaire maritime et fluvial (APMF). Ce qui porte à 83 le nombre de morts à la suite du naufrage du navire Francia survenu du côté de la pointe d’Antsiraka, à environ 20km de Soanierana Ivongo.
⭕Selon le ministère de la Défense nationale, les funérailles sont prévues ce mercredi, et un enterrement collectif devait avoir lieu dans une fosse commune à Soanierana Ivongo. Rapportant les compte-rendu de l’Organe mixte de conception local, le ministère indique que les cadavres commencent à se décomposer, ce qui a amené à cette décision.
⭕Cinq personnes, par ailleurs, sont encore portées disparues, indique encore l’APMF. Les recherches sont néanmoins suspendues pour ce mercredi en raison du mauvais temps, poursuit-elle dans un communiqué. Elles vont reprendre jeudi. Par ailleurs, sur les 138 personnes transportées par le bateau, 50 ont été retrouvées en vie.
Photo : Agence portuaire maritime et fluvial (APMF)

Antananarivo, 22 Décembre, 16h05– Du nouveau dans les recherches. C’est à 15 km au nord de Fenerive Est, dans la commune d’Ampasina Maningory que les éléments de patrouille ont retrouvé le sac à dos du Colonel Hery Rakotomiliarison, pilote de l’hélicoptère qui a subi un crash à Mahambo. La Gendarmerie nationale a fait l’annonce de la découverte de ces objets dans un communiqué publié sur sa page Facebook.
Dans le sac retrouvé se trouvaient les pièces d’identité du colonel, des papiers administratifs de l’appareil, de l’argent ainsi que quelques affaires personnelles et intimes du pilote. Des dossiers des sièges de l’hélicoptère figurent également sur les images diffusées par la gendarmerie.
Jusqu’à ce mercredi après-midi, le Colonel Hery Rakotomiliarison n’est pas encore retrouvé, tout comme le colonel Olivier Andrianambinina. Mais la gendarmerie garde l’espoir que les deux officiers supérieurs soient retrouvés en vie. Sur la base des « indices » retrouvés, la gendarmerie indique que « les espoirs de sauver les deux hommes sont élevés ».
Les recherches s’intensifient, souligne-t-elle alors. Les plus hauts responsables des forces de défense et de sécurité, sous la direction du ministre de la Défense nationale, sont sur place pour coordonner les recherches, rapporte-t-elle.
Les communautés riveraines et les pêcheurs dans la zone sont mobilisés. Le commandant de la Gendarmerie nationale (COMG), le général Andry Rakotondrazaka a même octroyé une enveloppe de 1 million d’ariary au maire de Mahambo pour soutenir les populations et les pêcheurs qui aident dans les recherches.
Photos : Gendarmerie nationale

Antananarivo, 22 Décembre, 5h30 – Les drapeaux devraient être en berne jeudi. Le président de la République vient de signer un décret déclarant jour de deuil nationale la journée du 23 Décembre. Selon le décret présidentiel, cette journée sera dédiée à la mémoire des victimes du naufrage du bateau Francia à Soanierana Ivongo.
Les dernières informations officielles disponibles font état de la mort de 36 personnes au moins dans le naufrage. 45 autres ont pu survivre alors que les recherches se poursuivent pour retrouver les quelque 50 autres passagers du bateau Francia qui restent encore introuvables.
Le Francia, bateau de marchandises, a quitté la commune rurale d’Antanambe, district de Mananara Nord, avec 130 personnes à bord, indique l’Agence portuaire maritime et fluvial (APMF). La surcharge a entraîné l’entrée des eaux dans le moteur puis la panne de celui-ci. Ce qui a entraîné le naufrage, précisent les responsables de l’APMF. Ces derniers indiquent que le bateau, parti d’une zone rurale n’a pas pu être contrôlé.