Antananarivo, 14 Décembre, 8h55 – Ce 14 décembre, un séisme dans le rap malgache. « Tsy ho bado » , le nouveau cypher du collectif Zaza Rap Taiza, succédant à « Repoblika », est enfin disponible sur Youtube. Cette année, la portée est toujours critique, mais le thème choisi est l’éducation. Une manière pour les divers rappeurs de ce cypher de dénoncer la situation de l’éducation nationale malgache en musique et d’en tirer les conséquences directes et indirectes sur la vie du Malgache.
La douzaine d’artistes issus du milieu hip-hop ou encore du reggae old et new-school, sur un beat plus moderne cette fois, enchaînent les propos incisifs décrivant une réalité malgache sans concession. Parmi eux, c’est Eklyps qui ouvre le bal. Dans un de ses punchlines, il décrit alors la situation d’une jeunesse réduite à fuir le pays pour espérer un avenir meilleur, malgré diplômes et autres compétences. Les artistes se succèdent, de Big Jimda à Mashmanjaka en passant par Bolo et Ratsilahy, mais un seul propos, l’importance de l’éducation pour le développement de la société.
Avec ce nouveau cypher, Zaza Rap Taiza démontre une nouvelle fois que le rap peut être porteur d’un message constructif. En choisissant le thème de l’éducation et en parlant de tout ce qu’un système éducatif peut impliquer en matière de démocratie et de pouvoir, ce titre « Tsy ho bado », sonne comme un appel à ouvrir les yeux et à reprendre le chemin de l’école et les bancs des universités.
Antananarivo, 14 Décembre, 8h20 – « Rendez-vous à 15h, sans faute ». C’est ainsi que Hajazz du groupe Solomiral clôt son invitation au public, dans une vidéo sur son profil Facebook, vendredi 13 décembre. Une invitation à un concert du groupe Solomiral, ce 14 décembre, à l’Institut français de Madagascar.
Dans la même vidéo, Hajazz, guitariste et chanteur, parle de la musique que les Solomiral vont partager au public ce samedi. « Une musique arc en ciel », selon lui, « sans distinction d’origine ». Des mots dans lesquels l’on reconnaît bien la musique des Solomiral où les influences sont diverses mais où la signature du pays est bien présente.
D’après Hajazz toujours, pour cette fois le groupe Solomiral sera composé des musiciens avec lesquels on a connu le groupe et d’autres. Sur la scène de l’IFM il y aura ainsi Ray Fanaiky à la basse, Tahinavibe au Saxophone, NyOny à la guitares et au chant, Mendrika à la batterie et au chant, Hajazz en lead guitare et lead vocal, Rivo Kely au clavier, Andry Kely à la percussion et au chant et Fety à la basse. De quoi faire un grand concert.
Elle vient de sortir son premier album, « Lumière », en novembre dernier. Entre la musique et elle, c’est une grande histoire d’amour depuis son enfance. Elle a participé et a gagné l’émission de télévision française Star Academy en 2022. Une participation qui a suscité l’engouement des Malgaches à travers le monde. Depuis sa victoire, elle ne rêvait que d’une rencontre, celle avec son public malgache. Elle s’appelle Anisha Jo et ce dimanche, 15 décembre, elle va réaliser ce rêve au CCI Ivato.
Vous l’avez découverte, en 2022, à l’occasion du retour de la Star Academy, une émission de télévision française de téléréalité musicale et de télécrochet.
Une émission qui a changé sa vie. Car Anisha Jo a remporté la Star Academy cette année-là.
Comment aviez-vous atterri à la Star Academy ?
« On m’a repérée dans une scène ouverte. Un casteur de l’émission [Star Academy] m’a demandée si ça m’intéresserait de participer à l’émission Star Academy. Sur le papier, je trouvais que ça ne m’allait pas à l’époque. J’étais très timide à l’époque. Je ne savais pas comment vivre en communauté. D’autant plus que je ne rêvais pas trop de devenir chanteuse. Mais j’ai accepté en me disant que c’est une destinée. J’ai saisi l’opportunité. Je voulais découvrir et acquérir des expériences aussi peut-être. »
Vous êtes de nature timide, réservée et discrète. La notoriété et l’exposition après la Star Academy vous ont-elles changé ?
« Ta nature reste ta nature. Je suis peut-être encore discrète. Mais, je sais maintenant m’y prendre avec les gens. Auparavant, je ne savais pas comment aborder quelqu’un. Je n’étais pas le genre d’élève-étudiante à lever sa main pour demander la parole. Maintenant, j’ai un peu d’audace. Je fais l’effort de me sociabiliser. Je n’ai plus trop peur d’aborder les gens. La peur est encore là. Mais j’accepté que dans la vie, il ne faut pas supprimer cette peur-là. Il faut l’utiliser et la transformer. C’est ce qui a changé en moi.
Vous avez gagné la Star Academy en 2022. Et vous remportez un album. Comment s’est passée la préparation de cet album ?
« Automatiquement celle ou celui qui est déclaré vainqueur sort un album. J’avais déjà ma vision artistique, à savoir je ferai une musique organique, des chansons à texte, qui parlent et qui portent les messages que je voudrais partager. A l’origine ce sont des messages d’amour, d’espoir et de courage. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’ADN de ma musique : je veux faire passer ce message. Il y a eu des discussions en compagnie de mon manager, de la maison de disque, du label, de l’équipe. Nous parlions entre nous. Avec le producteur exécutif, on a discuté de la direction à suivre pour mener l’album à terme. A partir de là, je leur ai exposé ce que j’aimerais faire et ils ont aussi donné leurs visions. Bien sûr ce sont des discussions car au sein d’une équipe il faut se parler, et ne pas imposer ses idées. Par humilité, vous commencez à apprendre et vous ne savez pas le b a ba du sujet. Vous devez aussi avoir confiance à vos collaborateurs, et ils sont à l’écoute car dans cet album il y a eu des collaborations avec des auteurs. Avant je n’avais pas tellement écrit des textes en français, mais plutôt en anglais ou malgache. C’était vraiment un défi pour moi d’écrire des chansons en français pour l’album. Je ne me contentais pas à ce qu’un autre écrivait pour moi ou qu’il y ait déjà des chansons prêtes à être interprétées. Je voulais donner ce que j’avais dans le coeur. J’avais appris l’élaboration d’un album et le processus de création, autrement dit : apprendre ! La plupart des chansons de l’album sont mes compositions, mais il y a également des collaborations, des chansons composées avec d’autres artistes. Il faut toujours apprendre, surtout avec ceux ont déjà du talent afin d’acquérir de l’expérience. En tout cas, je suis ravie d’avoir réaliser cet album. »
Vous avez tenu à ce qu’un titre malgache figure dans l’album…
« Comme vous êtes en France, vous participez à une émission en français, c’est-à-dire vous devez réaliser un album en français. Néanmoins j’ai sollicité pour que des chansons en anglais y figurent, conformément à ma personnalité. J’ai l’habitude de composer en anglais. J’ai aussi demandé à y introduire une chanson en malgache, afin de mettre en exergue le fait d’être Malgache, et ils ont accepté, c’est le résultat du bienfait de la concertation. Ils ont accepté et il y a une chanson en malgache qui s’intitule « Irery ». Elle parle du sentiment que vous éprouvez quand vous quittez votre pays pour vous installer dans un autre pays. Vous avez la nostalgie de votre pays, de vos proches, de vos amis et de vos intimes. C’est également pour montrer que je suis Malgache. Lors des concerts je la transpose un peu en l’interprétant dans un rythme plus entraînant, du genre beko beko afin de prouver que je suis Malgache et que cela est ma langue nationale, cela est mon drapeau national, tout ce qui représente ma malgachitude. Il s’agit de montrer aux étrangers la culture malgache, par l’animation à partir du « lamako », par la danse des épaules, par le port du lamba de soie. Je m’efforce et je m’efforcerai toujours de porter haut et le plus loin possible ce qui est malgache et l’art malgache, si cela est le véritable chemin, je le ferai impérativement. »
Vous donnerez votre premier concert à Madagascar ce dimanche au CCI Ivato. Pourquoi avoir attendu deux ans pour revenir au pays ?
« Je voulais rentrer à Madagascar depuis longtemps. Je voulais rentrer juste après ma victoire. Mais l’engouement était tel aussi là-bas. On devait gérer beaucoup de choses. Il y avait aussi l’album. Ce n’était pas obligatoire mais les gens t’ont suivi. Ils veulent savoir ce que tu proposes artistiquement. J’ai préparé ce projet artistique pendant toute l’année 2023. J’ai aussi repris mes études. J’avais deux, trois choses à faire en même temps. Ce qui ne m’a pas permis de venir même si l’envie était grande. D’autant plus que venir à Madagascar demande énormément d’organisations. Je ne suis plus seule. J’ai toute une équipe qui gère ma carrière. Tout doit être discuté, toujours. Après la sortie de l’album, il y avait la tournée avec la Star Academy. C’était en France, en Belgique et en Suisse. J’étais tout le temps sur la route pour la tournée. Il n’y avait aucune pause. Mais je voulais toujours me produire en concert à Madagascar, rencontrer et remercier le public malgache. Je me suis dit qu’après la tournée, je dois aller à Madagascar, au moins pour terminer l’année. Je ferai tout pour rencontrer mon public. Je me disais que beaucoup ne connaissaient pas encore ma musique. Je voulais leur faire découvrir ma musique et mes nouveaux titres. »
Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?
Quand vous recevez de la lumière, partagez-la. Quand vous recevez du bien, partagez-le. La plus grande preuve d’amour c’est le fait de donner et partager. Nous allons partager beaucoup d’amour au CCI Ivato le 15 décembre. C’est à partir de 15h. On vous a préparé des surprises. Tous les ingrédients pour vous faire vivre de merveilleux moments ont été réunis. Des musiciens talentueux, des choristes performants, il y aura des invités et des titres surprises. Venez nombreux, nous allons nous amuser ensemble. Nous allons partager de l’Amour. Je vous aime. »
Elle vient de sortir son premier album, « Lumière », en novembre dernier. Entre la musique et elle, c’est une grande histoire d’amour depuis son enfance. Elle a participé et a gagné l’émission de télévision française Star Academy en 2022. Une participation qui a suscité l’engouement des Malgaches à travers le monde. Depuis sa victoire, elle ne rêvait que d’une rencontre, celle avec son public malgache. Elle s’appelle Anisha Jo et ce dimanche, 15 décembre, elle va réaliser ce rêve au CCI Ivato.
Un réchaud à huile de vidange pour en finir avec la prolifération de cette huile usée dans la ville de Toamasina. C’est l’idée qui est venu à l’association de femme Soamadio basé à Toamasina. Ayant découvert le concept sur internet, l’association a mis son idée à exécution et s’associe aujourd’hui à la Malagasy Clean Cooking Initiative pour vulgariser son utilisation.
Antananarivo, 12 Décembre, 13h55 – C’est un événement pour l’histoire de l’art à Madagascar. Ce 12 décembre a été annoncé à la presse la réédition de l’ouvrage « La peinture malgache, Construction d’une identité picturale malgache » de l’historien de l’art Hemerson Andrianetrazafy, qui paraît chez les éditions Foi et Justice. Une réédition importante dans la mesure où il s’agit du premier écrit sur l’histoire de l’art et de la peinture à Madagascar. Épuisé depuis sa première publication en 1991, il sera à nouveau disponible dans les librairies d’Antananarivo.
L’ouvrage qui fait près de 200 pages a eu une gestation difficile selon les propos de Hemerson Andrianetrazafy, à Hakanto Contemporary ce jeudi. « Si j’ai pensé le faire en trois mois, il nous a fallu plus d’un an pour l’achever”, déclare-t-il. A l’entendre, il a fallu rajouter un chapitre pour traiter les nouvelles données, chercher d’autres collections pour étayer l’histoire et ajuster, avec beaucoup de rigueur, la rédaction.
Une rigueur qui a été garantie par le comité scientifique autour de l’ouvrage. Un comité composé de Rafolo Andrianaivoarivony, de Bako Rasoarifetra et de Faranirina Rajaonah. Un comité dont le rôle a été de « mettre l’ouvrage dans le cadre des exigences scientifiques », souligne Rafolo Andrianaivoarivony.
Rappelons que cet ouvrage intitulé « La peinture malgache » est né de la conviction du père Sylvain Urfer devant le mémoire de Hemerson Andrianetrazafy soutenu en 1989. Un ouvrage unique et pionnier qui a été par la suite publié aux éditions Foi et Justice en 1991, avant d’être augmenté et réédité cette année avec l’appui du Fonds Yavarhoussen.
Antananarivo, 11 Décembre, 12h25 – 2025 s’annonce bonne pour Aina Zo Raberanto. Contactée ce mercredi, la journaliste qui est aussi photographe annonce participer en 2025 à deux festivals au Bresil. “Ayant postulé sur appel à candidatures sur womenstreetphotographers pour deux expositions, je suis parmi les finalistes, nous sommes 54 de différentes nationalités”, confie Aina Zo Raberanto.
Elle verra l’une de ses photos prises à Antsiranana en octobre 2023 exposée au Festival Fotografia de Sao Paulo (FFSP) du 25 au 27 avril, et au Festival de Fotografia de Paranapiacaba (FFP) du 4 au 7 septembre. Elle fait partie des 54 finalistes de différentes nationalités à avoir été retenues pour ces deux événements..
Depuis son exposition individuelle intitulée « Spectrum » à Is’art Galerie cette année, Aina Zo Raberanto voit ses photos exposées à Amsterdam. Le voyage continue pour les photos de cette artiste en 2025, direction le Brésil.
Antananarivo, 10 Décembre, 17h00 – La photographe malgache Viviane Haingoniony Rakotoarivony vient de remporter ce 10 décembre le prix de la Humanity Justice Photo Competition. Doté d’un cash prize de 5000 dollars, il s’agit d’un prix promu par photography4humanity en collaboration avec les Nations Unies. Un prix que Viviane Haingoniony Rakotoarivony a remporté grâce notamment à une photo relatant les réalités des aléas climatiques dans le sud-est de Madagascar.
La photo qui a séduit le jury de cette année, devant les autres finalistes, est un cliché pris par Viviane Haingoniony Rakotoarivony à Mananjary. Contacté au téléphone, l’artiste photographe décrit la réalité derrière l’image. « J’ai pris cette photo lors d’une mission photo après le passage de Freddy. C’était triste car tous les arbres fruitiers ont été détruits par le vent, les rizières détruites par l’eau. Les villageois n’avaient rien à manger », confie-t-elle.
Cette photo, soulignant les ravages des changements climatiques, nous parle également de résilience et d’humanité. Les émotions fortes qui s’en dégagent ont convaincu le jury et pour l’artiste lauréate, « ce prix représente l’ouverture à l’international et démontre que des photographes malgaches peuvent représenter fièrement leur pays”.
Antananarivo, 10 Décembre, 15h35 – Top départ du vote public pour le Creashort Festival. Les 11 courts métrages produits durant le festival et retenus pour la compétition officielle sont officiellement diffusés en ligne depuis lundi à 18h. Les films seront visionnables sur la page facebook officielle du festival jusqu’au 13 décembre à la même heure. Les votes seront clôturés un peu plus tôt à midi.
Pour voter, rien de plus simple, il faudra réagir sur le film de son choix. Le festival le précise, le prix ne sera pas déterminé uniquement par le nombre de réactions mais sera calculé grâce à un ratio combinant les réactions et le taux de rétention fourni par Facebook. Il faudra ainsi regarder le film jusqu’à la fin.
Le Creashort Festival a officiellement débuté vendredi. Les 11 films retenus ont été projeté devant le Jury composé de grosse pointure du cinéma et de l’audiovisuel malgache, Kevin Deris, CEO de DL Visual, Koloina Andriamanantsoa, réalisatrice et fondatrice du Viavy Film Festival et Mamihasina Raminosoa, réalisateur et directeur de DDC.
Le festival s’est poursuivi samedi ou se sont tenues au Cinepax la projection publique des œuvres. Le public est venu en masse durant ces projections, confie David Mirado Roby Gérard, fondateur du studio Cinévore, porteur du festival Creashort.
Le Creashort Festival est soutenu par le Projet Ony, l’association fondée par Ahélya Randriambolaina & Orelsan qui ambitionne de développer des projets dans la musique, le cinéma, l’animation 3D et les jeux vidéo à Madagascar. Pour ce festival, après une séance d’initiation et de formation, les participants ont produit en deux semaines des films de cinq à sept minutes en respectant un thème imposé. 11 films ont été retenus sur les 45 projets soumis. La remise des prix se tiendra le 14 décembre.
Antananarivo, 08 Décembre, 10h30 – C’est un mélange improbable, pourtant l’album « Blakaz Antandroy” est là pour le confirmer. Loya en collaboration avec le groupe Remanindry vient de sortir son nouvel album le 3 décembre et a performé en live le 4 décembre sur RFI-musique du monde, cet album qui allie musique traditionnelle Antandroy et musique électronique.
Loya indique sur sa page officielle avoir découvert la musique de Remanindry en confectionnant une bande son pour une exposition commanditée par le Musée du Quai Branly. « Je me suis senti appelé par cette musique”, déclare l’artiste qui viendra dès lors à Madagascar dès 2019 pour travailler avec l’un des pionniers de la musique antandroy, dans la ville de Toliara.
« Blakaz Antandroy », comme le décrit Loya, allie « le mystique et l’électronique ». En effet, l’un des aspects qui a intéressé l’artiste et ce côté spirituel de la musique antandroy notamment « l’invocation des kokolampy pour guérir ». Ce qui fait de cet album un mix culturel entre modernité et tradition.