Catégorie : Tribune libre

  • MICA : MINE INNOMABLE CONTRE ARGENT

    MICA : MINE INNOMABLE CONTRE ARGENT

    Plus de 10.000 enfants travaillent, comme des esclaves d’un autre temps, dans des mines artisanales de mica dans le sud de Madagascar, des enfants dont les plus petits doivent avoir entre 3 et 5 ans. Une maman, dénommée Solange, avec son enfant de 4 ans sur le dos, est obligée de descendre sous terre, au fond de la mine, pour une misère, ce au péril de sa vie. Une image qui choque, qui marque à vie. Solange de déclarer « On a pas d’argent, on a pas le choix », le triste constat d’une population abandonnée à elle même. Un scandale humanitaire, révélé il y a quelques semaine maintenant par NBC NEWS, en collaboration avec l’association Terre des Hommes [Nous vous invitons à consulter ce lien https://www.nbcnews.com/news/all/army-children-toil-african-mica-mines-n1082916], qui a ému le monde entier, soulevé l’indignation aux États-Unis, où des grandes marques sont pointées du doigt pour manque de suivi, sur la traçabilité de leurs achats en Chine. Un scandale repris par de nombreuses rédactions francophones ou anglophones dans le monde, démontrant la défaillance des contrôles, l’absence d’alternative dans cette zone minée par la pauvreté extrême, l’avidité des acheteurs chinois qui imposent leur loi.

    Ce spectacle désolant, innomable, se déroule à Andranondambo, où les enfants et leurs familles peuvent passer 7 jours sur 7, plus de 10 heures par jour, à descendre dans les mines de mica, à séparer le précieux minerai, mais il ne sera précieux qu’après avoir quitté les mines. 46.000 tonnes de mica ont été exportées par la Grande île en 2018, dont 91% envoyés en Chine. Un volume qui a permis à Madagascar de concurrencer progressivement l’Inde, pays dans lequel également 22.000 enfants travaillaient pour le mica en 2016. Une situation similaire dénoncée par l’association Terre des Hommes, obligeant les dirigeants de ce pays, et les acheteurs des produits transformés, à prendre des mesures. Cette mise sous les feux des projecteurs de l’Inde, entre autres, semble avoir déplacé en partie le problème à Madagascar… Pendant que le volume exporté de l’Inde pour le minerai commençait à baisser, avec un prix à la hausse qui a triplé, Madagascar commençait à exporter plus, en divisant ces prix par deux, en une dizaine d’années [Voir le rapport https://www.terredeshommes.nl/sites/tdh/files/visual_select_file/tdh_mica_madagascar_rapport.pdf]. Est-ce là le secret de notre compétitivité ?

    Le compte rendu de l’association Terre des Hommes stipule « Il est urgent que les entreprises internationales, s’approvisionnant en mica, et en produits à base de mica, ainsi que le gouvernement malgache assument la responsabilité des conditions problématiques dans le secteur du mica et contribuent à améliorer le respect des droits des enfants ». Oui, nous souhaitons voir Madagascar attirer les investisseurs internationaux, devenir un pays attractif pour les miniers, développer nos exportations de minerais en milliards de dollars dans tout le pays, mais la situation à Andranondambo n’a rien d’une mine, si ce n’est les trous adaptés à la taille des enfants. Le MICA à Madagascar : MINE INNOMABLE CONTRE ARGENT.

    Illustrations : Nino, copies d’écran de NBC News

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Mauvais débats

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Mauvais débats

    Ce 29 mai 2019, la question des îles malgaches devenait une affaire présidentielle. À l’issue de leur rencontre, les présidents français et malgache tinrent une conférence de presse commune dont le contenu mérite d’être rappelé.

    Le président malgache a ainsi, et pour la première fois, formulé publiquement et dans un face-à-face qui ne fut pas un tête-à-tête, une demande qui a toujours été exprimée dans la discrétion d’un tour de table (révision des accords de coopération en juin 1973), par le silence très officiel d’un télégramme diplomatique (du Ministre des Affaires étrangères au Secrétaire général des Nations Unies, février 1976), via la procédure désincarnée à l’Assemblée Générale de l’ONU (résolution 34/91 du 12 décembre 1979 nommant les îles malgaches), ou dans les apartés plus ou moins officiels entre techniciens et hauts fonctionnaires.

    Andry Rajoelina a parlé à son homologue français, et tous les Malgaches en furent témoins : «Pour le peuple malagasy, l’appartenance des îles éparses est une question d’identité nationale. En mon personnel et au nom des 25 millions de Malagasy, je demande solennellement et officiellement de trouver une solution pour la gestion ou la restitution des îles éparses à Madagascar».

    De son côté, le président français a reconnu que sur ce sujet («des îles éparses»), «on a eu une discussion très franche et très directe : ma volonté est que nous ayons de manière partenariale, un vrai dialogue et un travail politique pour aboutir à une solution commune (…) Un sujet qui méritait mieux que les recours juridictionnels, les contentieux et les mauvais débats».

    Emmanuel Macron a ensuite annoncé une date, le 26 juin 2020, commémoration du retour de l’indépendance de Madagascar, pour l’aboutissement de ce «travail conjoint (vers des) perspectives communes de développement». Là, aussi, tout le monde a entendu.

    Au-delà des «halako bika tsy tiako tarehy», si on a envie que la question des îles malgaches (terminologie onusienne que fait sienne Madagascar) devienne véritablement une question d’identité nationale, il faut considérer cet échange entre les deux présidents de la République comme la meilleure «base légale» possible. La virulence de certains propos comme l’extrémisme de certaines postures sans oublier le manichéisme de certaines subjectivités, nourrissent de «mauvais débats». En matière d’opinion publique, on peut craindre que tout ce qui est excessif ne devienne pas toujours insignifiant.

  • VACANCES PARISIENNES

    VACANCES PARISIENNES

    Rencontre romantico-politique entre Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina à Paris, mais pour quel motif, pour ce réchauffer mutuellement durant le rude hiver de la capitale française, et partager ainsi les souvenirs d’une belle époque révolue ? Vacances parisiennes pour deux ex-présidents en manque de sensations et de pouvoir ? Mais par miracle ces deux là pourraient s’embrasser fraternellement [quand on sait leurs différents] ? Franchement à Madagascar, quand cela concerne la politique, même le meilleur scénariste de télénovelas, ou d’histoires à l’eau de rose, ne pourrait inventer de tels rebondissements…

    Car il est plus qu’évident que sur la Grande île, en politique, les meilleurs ennemis d’hier deviennent souvent l’idylle d’aujourd’hui, avant que l’un d’eux ne passe pour le cocu de demain. Messieurs ! Nous ne croyons pas au hasard, et en avons marre du cinéma, surtout si la crédibilité des auteurs peut être remise en doute ! Mais laissez nous vous dire, preuve en est le taux de participation aux urnes, que la majorité silencieuse est devenue aujourd’hui le premier pouvoir démocratique de Madagascar. Une épée de Damoclès, pour tous les politiciens, au pouvoir ou non, quelle que soit leur couleur (bleu, orange, bleu dégradé en vert, rouge, nouvelle, ancienne, ou modifiée par des couches successives à en perdre son latin).

    À l’aube de 60 années d’Indépendance, notre pays, notre terre, n’a que trop vécu dans la manipulation, la politique d’un autre temps, l’infantilisation de masse, sans pour autant que ce ne soit en majorité la faute d’une puissance étrangère [trop facile de leur jeter la première pierre]. Pitié ! Arrêtons de déformer la « Démocratie » [Forme de gouvernement dans laquelle la souveraineté appartient au peuple], comme bon nous semble, et au détriment des nôtres, que l’on soit au pouvoir ou non d’ailleurs. Messieurs ! « Dans une guerre il n’y a ni vainqueurs ni vaincus: il n’y a que des victimes », si l’on rapporte cette phrase de Michel del Castillo dans le contexte malagasy de la politique, il n’y a qu’une certitude, les victimes c’est nous, et jamais les dirigeants…

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Nommer un pays, c’est écrire son histoire

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Nommer un pays, c’est écrire son histoire

    En 1891, devant l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Grandidier de l’Académie des Sciences lisait une note qu’on peut résumer en cinq points : 1.Madagascar n’est pas le nom sous lequel les habitants désignaient leur île ; 2.Marco Polo, racontant son voyage en Asie de l’année 1290, désigna sous le nom de Madagascar une région sur la côte orientale africaine ; 3.Martin Behaim mit, au Nord de Zanzibar, sur son globe de 1492, une île sous le nom de Madagascar ; 4.le Portugais Diogo Diaz «découvrit» la Grande île le 10 août 1500 et la marqua sous le nom de «Sao Lourenço» ; 5.Oronce Finé fondit en une seule île le Saint-Laurent des Portugais et le Madagascar imaginaire de Behaim. On était en 1531.

    Ceux qui écrivent l’histoire et dessinent les cartes, font l’histoire. Un récit légendaire ici, une approximation là, le mythe des «grandes découvertes» partout : et c’est un malentendu originel qui finit par désigner leur île à l’insu de ses habitants et donner à ceux-ci, sans qu’ils le sachent d’abord, un nom finalement d’emprunt : Madagas (Waldseemüller, 1516), Madagaskarsche (Frederick Van Houtman, 1595), Malégass (J.R. Forster, 1772)…

    Buki en swahili, Komr pour les Arabes, Wak-Wak (de l’Ouest) chez Ibn al-Faquih écrivant au 10ème siècle, Kouen-louen (de l’Ouest) dans des textes chinois : l’archipel des Foko peuplant l’île ne faisaient pas encore nation et chaque ethnie n’avait baptisé que la région de son établissement. Il y avait des Merina, des Betsileo, des Sihanaka, des Antemoro, des Sakalava, des Antankarana, des Antandroy, des Antanosy, des Betsimisaraka, des Tanala, des Antesaka, des Mahafaly, des Tsimihety, des Bara, des Vezo, des Antefasy, des Bezanozano, des Antambahoaka, mais pas de Malgaches unis. Antanandro, Antandrano, Ampatrana, Anala, Antsiraka : mais toujours pas de Malgaches. Dix-huit ? La première carte ethnique, établie par Alfred Grandidier et publiée en 1908, en dénombrait vingt-cinq…

    Qui dénombre, qui détaille, qui classifie, qui catégorise, qui nomme. Plusieurs toponymes de la Grande île et ses dépendances sont clairement portugais : Joao de Noua, capitaine du navire «Flor de la mar», laissa son nom à l’île Juan de Nova (janvier 1506) ; la déformation de la graphie d’Antonio Gonçalves donna le nom de la baie d’Antongil (février 1506) ; la baie de Diégo-Suarez porte le nom de Diogo Soares qui y fut envoyé en 1543. Signalons le tracé de la «Ilha de Sam Lourenço» (Madagascar), «extraordinairement exact pour son époque», qui est l’œuvre de Francisco Rodrigues (1513-1515).

    Pour la petite histoire, longtemps, les géographes s’étaient demandés si Juan de Nova n’était pas Nosy-Vao, que fréquentaient les pêcheurs sakalava, mais que l’histoire retiendra comme ayant été «découverte» par le grand Alfonso Albuquerque (1453-1515), futur vice-roi des Indes.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Une allégation pour la peine de mort

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Une allégation pour la peine de mort

    6 décembre 2019, une dépêche de l’AFP annonçant l’exécution par la police indienne de quatre violeurs fait le tour des rédactions. Les violeurs avaient été arrêtés la semaine dernière après le viol collectif d’une vétérinaire de 27 ans qu’ils avaient enlevée, après avoir crevé un pneu de son scooter. Leur forfait accompli, ils l’avaient tuée et brûlé son corps. La foule en colère avait failli les lyncher dans le commissariat où les violeurs étaient détenus : une parlementaire aurait justement voulu les voir «lynchés en public» ; un autre parlementaire avait réclamé leur castration ; la sœur de la victime a fait part de sa joie. À l’annonce de leur exécution sommaire par la police, une partie de la population de Hyderabad a publiquement applaudi à cette justice faite.

    Le 16 décembre 2012, à bord d’un bus de New Dehli, une étudiante de 26 ans était violée par six individus qui l’achevèrent en l’empalant avec une barre de fer. Le 29 décembre, Jyoti Singh, mourra d’une hémorragie interne dans un hôpital de Singapour, où le Gouvernement indien l’avait envoyée pour soins. Sur les six accusés, quatre sont condamnés à mort. Un, mineur au moment des faits, est condamné à trois ans de prison. Le chauffeur du bus se suicide dans sa cellule avant le procès.

    Il était 21 h 30 dans cette métropole moderne, et qu’on pensait civilisée, de New Dehli. Jyoti Singh rentrait chez elle après avoir été au cinéma. Elle travaillait dans un call-center d’IBM pour financer ses études de physiothérapie. L’opinion publique indienne s’était émue de son cas et de vives protestations s’ensuivirent que la police avait brutalement réprimées.

    Le 3 décembre 2017, le journal anglais The Guardian demandait : «Cinq ans après le viol collectif et l’assassinat de Jyoti Singh, qu’est-ce qui a changé pour les femmes en Inde» : 33.000 viols étaient encore recensés en 2017. Les parents de Jyoti Singh ne comprenaient pas, que cinq ans après leur condamnation à mort, et sept mois après la confirmation de la peine capitale par la Cour suprême, les agresseurs de leur fille n’avaient toujours pas été exécutés.

    POST-SCRIPTUM : Le 10 décembre, la photographe espagnole, Sofia Moro, exposera au Cercle Germano-Malagasy/Goethe Institut et un débat s’ensuivra sur le thème de «Who deserves to die : an allegation against the death penalty». Qui mérite de mourir et qui mérite la peine de mort ? Les violeurs de Jyoti Singh et les violeurs des 33.000 victimes indiennes. Pour ne citer qu’elles. Les droits de l’homme et de la femme, constamment convoqués au chevet des assassins, des violeurs et des kidnappeurs, sont faits également pour les gens normaux qui ne pensent ni à assassiner ni à violer ni à kidnapper.

     

     

     

     

     

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Le foot, c’est du sérieux.

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Le foot, c’est du sérieux.

    Le site de France-Football, le journal qui a inventé le Ballon d’Or, renseigne qu’ils étaient 176 jurés pour désigner le Ballon d’Or 2019.

    Ceux qui prétendent que le Sénégalais Sadio Mané (Liverpool) n’a pas reçu le Ballon d’Or parce qu’il est Africain, découvriront que les journalistes africains ont voté Messi devant Sané. Plutôt que de penser à un vote raciste ou souhaiter un quota de discrimination positive qui ne stigmatise que ceux qui en ont besoin, pourquoi ne pas accepter que les journalistes africains savent (désormais*) voter simplement pour les meilleurs : 1.Messi (Argentine, 187 points), 2.Sané (Sénégal, 170), 3.van Dijk (Pays-Bas, 154), 4.Ronaldo (Portugal, 111), 5.Salah (Égypte, 68).

    *Désormais, parce que, de mémoire, un journaliste malgache avait eu l’idée saugrenue de glisser le nom d’un compatriote parmi les meilleurs joueurs du monde. Allons, un peu de sérieux. Quoique : le journaliste sénégalais avait quelques raisons objectives de penser que son «pays» méritait le Ballon d’Or 2019…tout comme le journaliste argentin qui a voté Messi…ou le panéliste portugais qui a voté pour Ronaldo… Au moins, ces trois joueurs évoluent-ils chez la Confédération la mieux organisée (UEFA), dans trois des quatre meilleurs championnats du monde (Angleterre, Espagne, Italie) et au sein de trois clubs historiques (Liverpool, Barcelone, Juventus) régulièrement sociétaires de la (vraie) Ligue des Champions, la compétition inter-clubs la plus relevée au monde.

    Cette année, un trophée Lev Yachine, du nom du seul gardien de buts à avoir remporté le Ballon d’Or en 1963, a été inventé pour «consoler» les goalkeepers dont les multiples parades ne seront jamais aussi spectaculaires qu’un improbable retourné acrobatique dès 40 mètres à la Zlatan Ibrahimovic ou un somptueux coup-franc dans la lucarne de Lionel Messi. Le gardien brésilien Alisson Becker (7ème au général) en fut le premier lauréat et, n’était-ce le handicap de son poste particulier, il devance ses coéquipiers van Dijk (2ème), Sané (4ème), Salah (5ème), au niveau palmarès 2019 avec la Ligue des Champions et la Copa America.

    Entre 2010 et 2015, le jury avait été étendu aux membres de la Commission de football de la FIFA ainsi qu’aux sélectionneurs des 208 pays membres de la Fédération internationale. Depuis, France-Football a repris la propriété du Ballon d’Or et restauré le vote du seul panel de journalistes. L’an dernier, le trophée Kopa est venu récompenser le meilleur joueur de moins de 21 ans : en hommage à Raymond Kopa, Ballon d’Or 1958, ce prix est décerné par un jury composé des anciens Ballon d’Or. Des gens censés bien connaître le football.

    Coïncidence ou compétence ? Les jurés des Seychelles et de Nouvelle-Zélande, deux pays qui ne brillent pas particulièrement pour leur football, sont les deux seuls à avoir placé le top 5 du Ballon d’Or dans l’ordre : 1. Lionel Messi (Argentine, Barcelone), 2. Virgil van Dijk (Pays-Bas, Liverpool), 3. Cristiano Ronaldo (Portugal, Juventus Turin), 4. Sadio Mané (Sénégal, Liverpool), 5. Mohamed Salah (Égypte, Liverpool).

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Tout-plastique

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Tout-plastique

    Saluons l’initiative «Kopakelatra». Les mots «écoresponsabilité» et «préservation de l’environnement» faisaient partie du «discours» courant. Il manquait un autre mot, exemplarité, à l’œuvre.

    Les anciennes brasseries, désormais STAR tout court, ont pris l’initiative de la collecte des bouteilles plastiques vides auprès de 24 points, en supermarchés (Jumbo Score, Supermaki, Leader Price, Shoprite, Shop Liantsoa) et stations-service (la liste sur kopakelatra.star.mg).

    La démarche est vertueuse rien que par le peu d’éducation qu’elle induit : être sensibilisé au problème, en prendre conscience, faire l’effort en conséquence. Nous avons tous déjà vu ces bouteilles en plastique que charrient les égouts à ciel ouvert : leur voyage dans les eaux huileuses et glauques d’Andriantany est une pollution absolue qui n’a rien de la poésie d’une bouteille à la mer; un mot confié au courant ou aux vagues et qui s’en va rencontrer le hasard. Certaines bouteilles ont été trouvées au bout de 50 ans d’errance. D’autres après avoir parcouru la moitié de la Terre, en l’occurrence les océans. Et un petite détail qui fait la grande différence de sympathie : ce sont des bouteilles en verre.

    Le degré de dégradation associé au temps de dégradation serait plus favorable à une bouteille de bière, qui peut certes encombrer le paysage jusqu’à 4000 ans mais se décomposer en portant moins préjudice à la nature grâce aux matières premières «naturelles» (sable et calcaire) qui sont les ingrédients du verre ; en revanche, la bouteille d’eau minérale en plastique, très majoritairement à base de pétrole, se dégrade dix fois plus rapidement mais laisse une empreinte moins naturelle.

    Pour acquérir une bonne conscience écolo, on pourra toujours énumérer les produits en plastique, qu’on se promet d’éviter, mais dont on se passe cependant difficilement au quotidien, et dès le réveil : rasoir jetable qui n’a de métallique que ses lames multiples, tube de dentifrice, gel douche, shampooing, boîte de coton-tiges, capuchon de déodorant. Ma fiole de Noni, mon sachet de sésame noir, mon gingembre en poudre conditionné en multiples sachets de 7500 mg… Le tout-plastique conspire à nuire à la nature.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Lionel Messi Ballon d’Or absolu

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Lionel Messi Ballon d’Or absolu

    Lionel Messi, Ballon d’Or pour la sixième fois (2009, 2010, 2011, 2012, 2015, 2019) : il n’y a là aucun scandale à sacrer définitivement le meilleur joueur de sa génération et l’un des trois meilleurs footballeurs de tous les temps.

    Sa conduite de balle est d’une rare élégance, ses dribbles étourdissants, sa précision chirurgicale, son ratio de buts phénoménal, son impact sur le jeu exceptionnel. Buteur prolifique, passeur décisif. Gaucher de génie, ambidextre à l’occasion, Lionel Messi sait également marquer de la tête du haut de son mètre soixante-huit.

    Que Lionel Messi n’ait pas gagné la Ligue des Champions en devient presque accessoire. On ne peut décemment pas laisser le génie à son apogée être devancé par des joueurs, certainement excellents footballeurs mais guère plus.

    Sud-Américain, Africain, Arabe, Asiatique, voire Européen, c’est le meilleur joueur évoluant en Europe que le Ballon d’Or récompense. Premier League anglaise, Liga espagnole, Calcio italien, Bundesliga allemand attirent les meilleurs joueurs venus des quatre coins du monde avec l’espoir de se distinguer dans la compétition phare : la Ligue des Champions de l’UEFA (Confédération européenne de football). Que Lionel Messi surpasse régulièrement, depuis dix ans, cet aréopage n’est pas le moindre de ses exploits.

    Post-scriptum : Oliver Kahn, qui a gagné aux tirs aux buts la Ligue des Champions 2001, mais seulement troisième du Ballon d’Or décerné à un Michael Owen feu de paille du foot anglais ; Gianluigi Buffon, magistral en finale de la Coupe du Monde 2006, mais seulement deuxième du Ballon d’Or derrière Fabio Cannavaro ; Manuel Neuer, champion du monde 2014, mais seulement troisième du Ballon d’Or derrière Cristiano Ronaldo et Lionel Messi : les gardiens de buts peuvent parler d’injustice quand un seul but (parfois) de raccroc fait oublier dix arrêts de classe mondiale. Cette année 2019, on leur a créé un trophée à part qui porte le nom du seul goalkeeper gagnant du Ballon d’Or en 1963, Lev Yachine : et c’est Alisson Becker qui en est le premier récipiendaire. Vainqueur de la Copa America avec le Brésil, vainqueur de la Ligue des Champions avec Liverpool, il était finalement le joueur d’Anfield le plus titré en 2019.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Des élections 3.0 du Troisième Millénaire

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Des élections 3.0 du Troisième Millénaire

    En décembre 2001, c’était déjà le problème. Novembre 2019, c’est encore le problème. En 2050, les élections poseront le même problème tant que les divers financements ne seront pas dédiés au tout-informatique, au tout-numérique, au tout-biométrique. Au tout 3.0 du Troisième Millénaire.

    Écrit, redit, répété, ici et ailleurs, tant et tant de fois, à propos de l’organisation des élections : une liste électorale indigne du 21ème siècle, avec des oubliés et des doublons. De vrais électeurs devenus fantômes. De bel et bien morts, ressuscités. Chaque fois, et à tour de rôle, mais uniquement quand ils se retrouvent dans l’opposition, les acteurs politiques hurlent au scandale tout en oubliant consciencieusement de remédier aux anomalies une fois au pouvoir : le recensement général de la population, la tenue de l’état-civil et l’établissement de la liste électorale à informatiser. La carte électorale et la carte d’identité nationale à biométriser. Le vote à électroniser avec proclamation immédiate des résultats dès la fin du scrutin.

    Il y a vingt ans, quand le numérique et le biométrique pouvaient encore relever de la science-fiction, le Ministère de l’Intérieur, au sein de sa célèbre «Coupole», avait déjà réussi à publier les résultats complets des municipaux tananariviens la nuit même du scrutin. Vingt ans plus tard, qu’on suppose d’avancée technologique plutôt que recul vers la préhistoire des élections, c’est une aberration que les résultats du millier de bureaux de vote de la Capitale ne soient pas, immédiatement et intégralement, disponibles.

    Ce délai, incompréhensible, devient dangereux quand il laisse place aux rumeurs et ouvre la voie aux suspicions. Des résultats partiels abondamment relayés peuvent induire en erreur l’opinion publique. La passion, soigneusement exacerbée, autour desdits résultats partiels peut dégénérer.

    Parmi toutes les anomalies, il y a l’anomalie en chef : la CENI (commission électorale) elle-même qui, en plusieurs scrutins successifs depuis sa création en 2012, n’a jamais donné satisfaction. La CENI, c’est du copier-coller qui voit tous les pays francophones se doter de la même institution. Paresse intellectuelle ou conditionnalités des bailleurs de fonds ? Comme on nous avait imposé le phénomène PAS (programme d’ajustement structurel), il y eut la série «conférence nationale», la nouvelle série «commission de réconciliation», et maintenant la série CENI. Autant d’acronymes ou de fausses institutions budgétivores et sans réelle utilité.

    La souveraineté nationale, ce sont des institutions d’invention locale sans copier-coller d’importation. La souveraineté nationale, ce sont des élections que ne financent pas les dons étrangers. La souveraineté nationale, ce sont des élections que ne supervisent pas des observateurs internationaux, lesquels d’ailleurs n’ont jamais trouvé à redire à des «élections globalement libres, justes et transparentes». La souveraineté nationale, c’est une bête cohérence à trouver.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE  : L’abstention est déjà le message

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE  : L’abstention est déjà le message

    Rien de ce qui est abstention ne m’est étranger. Je viens de l’abstention.

    Pas plus tard que le 3 juillet 2019, dans une Chronique à L’Express de Madagascar («Boycott citoyen»), j’avais envisagé «la situation extrême d’un candidat unique à un scrutin snobé par neuf autres électeurs : taux de participation 10% ; suffrage exprimé 10% des inscrits mais 100% des votants ; et plébiscite 100% par l’addition à elle-même d’une voix unique. Comment décemment accepter que ce candidat unique, doublé d’un électeur solitaire, puisse représenter les neuf autres ?»

    Je suis absolument opposé à toute forme de vote obligatoire. Le choix démocratique commence bien avant le bureau de vote. Avoir le choix, c’est déjà décider d’y aller ou refuser de s’y rendre. Les suffrages exprimés devraient englober les suffrages non exprimés, aussi paradoxal que cela puisse paraître.

    Pourquoi l’administration fiscale sait envoyer des mails au contribuable alors que l’administration électorale néglige de contacter les citoyens ? Si la participation ne vient pas à elle, c’est à l’administration d’aller à l’abstention. Les nombreuses et successives défaillances dans l’organisation des élections (état-civil, recensement, liste électorale) auraient dû être corrigées depuis au moins quinze ans : un ID d’état-civil unique et définitif associé à chaque Malgache, dès sa naissance et jusqu’à sa mort ; une liste électorale en mise à jour permanente qui radierait automatiquement les ID désactivés ; un vote électronique qui évite la querelle moyenâgeuse des CIN (carte d’identité nationale) plus ou moins authentiques et la pratique préhistorique de l’encre honteuse et indélébile.

    Le vote est un droit, il n’est pas obligation. L’obligation, c’est au système et à ses acteurs de retrouver la crédibilité. Une crédibilité suffisante pour «faire bouger les lignes». Une crédibilité qui ne se décrète pas, qui ne se convoque pas, qui ne s’obligatoirise pas. Une crédibilité qui se construit, qui se prouve.