Entre les mains de Chloé Soafaniry, les objets se tressent, s’enroulent et ondulent. Inspirés du végétal, des fleurs, mais surtout des tresses capillaires traditionnelles malgaches, ses créations racontent la mémoire, l’identité, et l’intime. À tout juste 23 ans, la designer malgache formée à Lyon, lauréate du Prix Paritana 2025, présentait ses deux premières pièces lors de la Malagasy Design Gaze. Deux vases en papier de raphia, à la frontière du design, de l’artisanat et du souvenir, où la forme n’est jamais déconnectée du sens.
Catégorie : Reportages
-

DESIGN – Chloé Soafaniry ou la designer qui tresse la mémoire
-

APÉRITIFS – Le goût du terroir et la fierté locale dans le cheese and wine à la malgache
Le cheese and wine, c’est un peu le classique des apéros européens, ou même français, chic et feutrés. Mais à Madagascar, on lui donne un nouveau souffle. Avec du fromage et du vin plus ancré, plus épicé, plus “gasy”. À Betafo ou à Befeta, des artisans réinventent le fromage et le vin pour les adapter aux goûts locaux tout en valorisant les savoir-faire malgaches. Reportage. -

FANO ANDRIAMAHEFAZAFY, DOYEN DE LA FACULTE D’ECONOMIE, DE GESTION ET DE SOCIOLOGIE – “Consommer localement dépend des habitudes et de la confiance inspirée par nos produits locaux”
L’amélioration du positionnement des produits « Vita Malagasy » sur le marché local repose sur plusieurs facteurs. Elle demande davantage l’engagement des consommateurs, et nécessite plus qu’une campagne de sensibilisation. Le Doyen de la Faculté d’Économie, de gestion et de la sociologie, Fano Andriamahefazafy, s’est exprimé sur le sujet. Extrait. -

EKLOU KODJOVI : “Nos actions préalables étaient essentiellement sur la Jirama et les carburants”
La deuxième revue des programmes de Facilité élargie de crédit (FEC) et de Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) en faveur de Madagascar a été bouclée par le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) le jeudi 3 juillet. Le représentant résident de cette institution de Bretton Woods, Eklou Kodjovi, apporte des explications sur cet examen qui a permis à Madagascar d’obtenir un décaissement immédiat d’environ 107 millions de dollars au titre de ces deux programmes. Interview.
Madagascar a passé avec succès la deuxième revue de ces programmes en cours avec le FMI.
Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international s’est penché sur son dossier le 3 juillet.
La revue du programme de Facilité élargie de crédit (FEC) a permis le décaissement de 50 millions USD.
Celle du programme de Facilité pour la résilience et la durabilité a permis de décaisser 56 millions USD.
Le déblocage de ces fonds a toutefois nécessité le respect de certains critères de performance.
Eklou Kodjovi est le représentant résident du FMI à Madagascar.Comment devons-nous interpréter la décision du Conseil d’administration du FMI ?
“Tout d’abord, je voudrais commencer par féliciter les autorités à Madagascar suite à la conclusion des deuxièmes revues dans le compte de la FEC et de la FRD. Comme vous le savez, ceci donne lieu immédiatement à un décaissement de 107 millions de dollars. Dans le contexte du programme, la performance ou les résultats de Madagascar sont jugés satisfaisants”.
Sur quels critères se base cette performance que le FMI juge satisfaisante?
“Spécifiquement, dans le cadre de cette revue, la plupart des repères structurels ont été satisfaits. Nous avons eu essentiellement deux actions préalables. Comme vous le savez, à Madagascar, la loi sur la concurrence veut que l’administration des prix soit faite de façon semestrielle. Donc, on avait une première action préalable sur l’administration des prix des produits pétroliers et le décret de mise en œuvre qui l’accompagne. Et on avait une deuxième action préalable sur l’adoption du plan de redressement de la Jirama qui, nous pensons, est un très bon pas dans la bonne direction”.Que pensez-vous justement du plan de redressement financier de la Jirama qui est adopté?
“C’est vraiment important, cette réforme. Dans la mise en œuvre de cette action préalable, dans la mise en place de ce plan de redressement, les autorités ont bénéficié d’un appui de la Banque mondiale. Nous avons eu les experts sectoriels de la Banque mondiale qui ont appuyé ce plan en donnant des recommandations. Nous espérons encore une fois que mettre en place ce plan rapidement va permettre de mettre la compagnie sur une trajectoire de soutenabilité ou de viabilité financière.Ce plan reflète-t-il les réformes que vous attendez ?
“Comme je viens de l’expliquer, le plan a bénéficié vraiment de l’appui des experts sectoriels de la Banque mondiale, prenant en compte différents facteurs tels que comment créer les incitations pour que les IPPs (les producteurs indépendants d’énergie), puissent continuer à investir. Vous savez, les autorités ont même aussi pris des engagements dans le contexte du budget de 2025 d’investir un peu plus dans le solaire, d’appuyer un peu dans sa transition dans le mix énergétique pour pouvoir produire de l’énergie à un coût beaucoup plus raisonnable que là où il est maintenant”.Qu’en est-il du mécanisme d’ajustement des prix des carburants ?
“L’idée ici, c’est d’essayer au mieux que les prix à la pompe reflètent un peu les fluctuations sur les marchés internationaux. Évidemment, dans la formation du prix à la pompe, on a plusieurs éléments. On a des éléments de taxation, on a le taux de change. Tous ces éléments-là sont pris en compte. Pour Madagascar, le mécanisme qui est mis en place a quand même ce qu’on peut appeler des filets de sécurité pour éviter qu’il y ait des changements trop brusques dans les prix, permettant un peu de protéger les consommateurs. Donc on a mis des bornes de plus ou moins de 200 ariary par litre et les changements ne vont pas dépasser ces mesures-là et donc limiter les fluctuations qu’on peut avoir d’un mois à l’autre”.Des hausses successives du prix du pétrole lampant avaient été constatées. N’est-ce pas finalement les ménages vulnérables qui utilisent ce produit qui sont principalement impactés par cette mesure ?
“Pour que ces réformes soient un succès, on a trois principaux critères. Le premier critère, c’est le mécanisme lui-même. Comment est-ce que le mécanisme lui-même est designé ? Comment il est mis en place ? Et donc je viens de mettre en lumière en fait cette marge qu’on a. Deuxièmement, il y a la communication, donc l’explication de pourquoi est-ce qu’on fait la réforme, pour que les consommateurs commencent à comprendre un peu mieux le lien entre le développement sur les marchés internationaux et les prix à la pompe. Troisièmement, il y a les mécanismes de compensation. C’est à ça que vous faites allusion en ce moment. Et pour les ménages vulnérables, notre compréhension, c’est que le pétrole lampant est beaucoup utilisé pour l’éclairage, surtout en milieu rural. Et donc nous avons été rassurés de savoir que les autorités ont déployé en plus des kits solaires, justement pour l’éclairage, en combinaison avec des mécanismes de transfert monétaire avec l’appui de la Banque mondiale”.
Donc au final, qu’est-ce qui est attendu avec ces deux mesures ?
“Sur le plan de redressement de la Jirama, il va falloir rapidement avoir un plan de mise en œuvre qui, nous espérons aussi, va permettre de réduire sa dépendance vis-à-vis du budget général et créer un peu plus d’espace budgétaire. Il s’agit de la même chose pour le mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants. Nous pensons que la mise en œuvre continue de ce mécanisme permettra aussi de dégager des marges dans le budget pour justement les réallouer vers les dépenses de développement qui sont importantes, mais aussi de réduire les risques budgétaires qui sont associés à ces subventions”.
Vous avez par ailleurs toujours insisté sur l’importance de mesures crédibles pour améliorer le recouvrement des recettes intérieures. Est-ce que Madagascar a avancé dans ce sens ?
“Mobiliser des recettes fiscales domestiques, c’est important. Mais en plus, nous sommes dans un contexte, comme je l’ai mentionné tout à l’heure, où nous avons un contexte extérieur qui renforce l’urgence de continuer à faire des efforts en matière de recettes fiscales.
“Et donc, dans le contexte de Madagascar, les autorités ont commencé à faire des efforts que nous pensons qu’il est important de continuer à soutenir, notamment les efforts qui ont été faits en matière de rationalisation des dépenses fiscales. Et donc, dans le contexte du programme, on a un objectif d’augmenter les recettes fiscales en pourcentage du PIB de 2,4 points de pourcentage d’ici les 3 ans du programme. Et donc, ces efforts-là, nous espérons pouvoir contribuer à atteindre cet objectif. -

DIPLÔMÉS DE L’INSCAE – “Ces valeurs que l’on nous a transmises …”
Ils sont jeunes, brillants, passionnés. À l’Inscae, ils n’ont pas seulement suivi des cours, ils ont forgé leur caractère. Dans les couloirs de l’excellence, comme bon nombre de leurs aînés, les étudiants de la promotion Soamiary ont appris à se relever, à collaborer, à oser. Résilience, audace, leadership : voilà ce qu’ils emportent avec eux en quittant les bancs de cet institut. Témoignages de Ny Antsa Fandresena Kanto Oliherilala, de Fifaliana Louisah Andriamosa et de Jean Philippe Christian Mbolanantenaina. -

OLIVIER JEAN-BAPTISTE, MINISTRE DE L’ENERGIE ET DES HYDROCARBURES – “Même à pleine capacité, le dépôt d’Analamanga peine à atteindre 15 jours d’autonomie”
La chaîne d’approvisionnement des produits pétroliers ne se limite pas à leur importation ou leur distribution. La capacité de stockage de façon à sécuriser et à assurer la continuité de l’approvisionnement est tout aussi importante. Les dispositions réglementaires prévoient un stock de sécurité de 21 jours, mais c’est une obligation que les acteurs peinent à suivre si l’on en croit le ministre de l’Energie et des hydrocarbures, Olivier Jean-Baptiste. Il explique cette difficulté par la croissance de la consommation en produits pétroliers, mais également avec la capacité actuelle des dépôts pétroliers. Le ministre de l’Energie et des hydrocarbures, Olivier Jean-Baptiste, a exposé la situation du stockage de carburants, lors d’une conférence de presse le 25 juin. Extraits. -

HANITRA RAZAKABOANA, MINISTRE DU TRAVAIL, DE L’EMPLOI ET DE LA FONCTION PUBLIQUE – “Nous devons promouvoir la migration professionnelle qui est un des grands leviers du développement de Madagascar”
La migration professionnelle présente des avantages comme des inconvénients. Elle pourrait en tout cas constituer un levier de développement pour Madagascar, estime la ministre du Travail, de l’emploi et de la fonction publique, Hanitra Razakaboana. Et c’est un domaine à promouvoir, lance-t-elle. Extraits. -

KARTING – Matheo Rajomarison, 12 ans, pilote à grande vitesse
À seulement 12 ans, Matheo Rajomarison enchaîne déjà les trophées.Champion chez les poussins, puis chez les minimes, il s’attaque désormais à la catégorie junior. Et pour sa première saison dans cette catégorie, il ne fait pas de la figuration.Dimanche dernier, lors de la deuxième manche du championnat national, Matheo a décroché une deuxième place prometteur. -

RÉSEAUX SOCIAUX – Comprendre Tik Tok et ses impacts sur la psychologie des enfants pour mieux les protéger avec le Dr Fabrice Lollia
Les réseaux sociaux ne se contentent pas de divertir. Ils structurent l’attention, modèlent l’identité et orientent les émotions. Le Dr Fabrice Lollia estime qu’il est urgent d’agir plus largement sur l’usage que les jeunes font de ces plateformes. Chercheur français résidant à Madagascar, Fabrice Lollia est docteur en Sciences de l’information et de la communication. Il est également associé au laboratoire DICEN Île-de-France. Auteur d’articles de référence et de livre sur l’impact de TikTok sur la psychologie et la santé des enfants, il donne des pistes sur la manière de protéger les enfants de ce réseau social.
