Catégorie : À la une

  • SANTÉ : CONSULTATION CHU SERVICE ORL ANALAKELY

    SANTÉ : CONSULTATION CHU SERVICE ORL ANALAKELY

    Environ 50 % des patients fréquentant le service ORL du Centre Hospitalier Universitaire de Soins et de Santé Publique Analakely ont des problèmes auditifs. Ils consultent généralement un médecin soit pour un problème de cérumen, soit pour une otite.

  • FOOTBALL-CAN : L’État promet son soutien aux Barea

    FOOTBALL-CAN : L’État promet son soutien aux Barea

    Une affaire élevée au rang de priorité pour Madagascar. À entendre Tinoka Roberto Raharoarilala, ministre de la Jeunesse et des sports, les autorités promettent leur implication dans la préparation des Barea, l’équipe nationale de football, qui va participer à sa première Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en Égypte au mois de juin.

    « La participation historique des Barea à la CAN 2019 demeure une priorité pour l’État malgache (…) Le président de la République, Andry Rajoelina, veut connaître les détails sur notre participation avant de prendre la décision tant attendue, pour que Madagascar puisse être à la hauteur de l’évènement », a révélé Tinoka Roberto Raharoarilala, lundi à Mahamasina. Il venait de rentrer d’un déplacement à l’étranger et avait, entre autres, pu rencontrer Ahmad, président de la Confédération africaine de football ( CAF) et Faneva Ima Andriatsima, capitaine des Barea.

    Les contours et l’ampleur de la participation du gouvernement restent encore à clarifier. « Le budget n’est pas encore défini », souligne le ministre de la Jeunesse et des sports, concernant les préparatifs des Barea. Tinoka Roberto Raharoarilala indique seulement qu’un comité tripartite sera mis en place pour examiner le dossier. Il sera composé du ministère de la Jeunesse et des sports, du Comité de normalisation de la Fédération malgache de football (Fmf) et des sponsors.

    Pour l’heure, le membre du gouvernement confirme l’octroi de 200 000 dollars US de la part de la Confédération africaine de football (CAF) pour les Barea. Béatrice Atallah, présidente du Comite de normalisation, avait également évoqué une certaine somme dans l’escarcelle des Barea, promise par les sponsors. À cet instant, l’on ne sait cependant pas les tenants et aboutissants de ces initiatives. Les responsables ne précisent pas si tout cela est déjà comptabilisé pour financer les préparatifs des Barea ou englobe la campagne africaine elle-même.

    Le Comité de normalisation avait dévoilé le plan de la préparation de l’équipe nationale malgache. Deux rencontres internationales, face au Kenya et face au Luxembourg, sont bouclées autour du premier regroupement des Barea de Madagascar en Île-De-France, au complexe Leonard De Vinci du 31 mai au 6 juin. Un stage au Maroc est également programmé, du 11 au 16 Juin, avant que les Barea s’envolent pour l’Égypte.

    Un autre stage est concocté à Antananarivo, entre ces deux sorties à l’étranger. Le Comité de normalisation avait émis le souhait de voir un match amical international de l’équipe nationale, pour permettre aux férus du ballon rond malgaches de voir à l’œuvre ceux qui vont défendre nos couleurs en Égypte. Ce sera également l’occasion pour l’équipe d’obtenir la bénédiction ou « tso-drano » du président de la République, tout comme de recevoir des distinctions honorifiques de la part de l’État.

  • LE BAL DES DÉPUTÉS

    LE BAL DES DÉPUTÉS

    Des artistes, homme ou femme, se présentent à l’élection législative. Loin de nous de vouloir critiquer cette démarche citoyenne, mais l’objectif reste cependant assez difficile à comprendre… L’on peut imaginer facilement qu’un chanteur par exemple décide d’accompagner un candidat à l’élection présidentielle (même si c’est de l’infantilisation de la population), ce pour des raisons pécuniaires évidentes. En exploitant la popularité de l’artiste, le candidat avait ainsi plus de facilité à sortir loin du débat d’idées, mais améliorait considérablement sa communication. Oui, ça nous pouvons le comprendre, la triste réalité de la politique à Madagascar.

    Maintenant, si l’on revient aux fondamentaux, le député, dont le rôle est de défendre l’intérêt de la population, d’en être son porte-parole, dispose d’un rôle important dans la vie quotidienne du pays. Finalement toute décision stratégique de la Grande île passe entre ses mains, par le vote de lois, pour ne citer que la loi de finances par exemple. De plus, n’oublions pas que le député, s’il est animé de mauvaises intentions peut définitivement devenir un empêcheur de tourner en rond (un ancien Président doit encore en faire des cauchemars à cette heure).

    L’incompréhension reste donc entière quand un artiste se lance à la députation… Tous les ingrédients sont réunis pour le bal des députés, à savoir la musique, la popularité, le rêve, la protection, la manipulation. Si nous avions un seul conseil à donner aux artistes qui se lancent dans cette élection, c’est de demander une réduction significative de l’indemnités des députés (1ère dépense d’indemnités de ce pays), à moins que… ?

  • CONSOMMATION : Les normes sanitaires et d’hygiène des street-food peu respectées

    CONSOMMATION : Les normes sanitaires et d’hygiène des street-food peu respectées

    Midi trente à Antananarivo. Les clients se bousculent dans la petite gargote que Rina (prénom d’emprunt) tient dans un quartier d’affaires de la capitale. Des gens attendent dehors, pendant que d’autres terminent leur repas autour de longues tables de fortune érigées sous un chapiteau planté sur le trottoir.

    Quand un couple finit de manger, la vaisselle passe discrètement derrière le stand. La plongeuse essuie avec une éponge les assiettes pour évacuer les restes d’aliments dans un seau à ordures. Puis après avoir les plongées et frottées avec une autre éponge dans une eau savonneuse qui a dû servir pour beaucoup d’autres assiettes, elle les rince dans une eau qui n’est plus très claire. Entassées dans un coin de la cuisine de fortune, les assiettes sont essuyées par un autre serveur qui va servir d’autres clients avec celles qui ont déjà été utilisées.

    La vaisselle se fait très vite dans la gargote de Rina. Malgré une apparente propreté du coin à manger et des ustensiles de cuisine qu’il utilise, l’hygiène n’est pas toujours au rendez-vous. Des mouches volent autour des clients, et les eaux usées stagnent autour de la gargote. Le jeune homme sait cependant que la propreté est un critère qui attire les clients, mais si ses tables, étals et vitrines sont plus ou moins propres, les parties moins visibles et ce qui se passe dans les cuisines ne le sont pas tout à fait. « Je sais qu’il faut respecter la propreté du local et celle des aliments. Mais parfois, il faut faire vite parce que les clients sont nombreux et nous n’avons pas beaucoup de temps pour se préoccuper de toutes ces questions. Nous devons surtout engranger des bénéfices », explique le gargotier.

    Il sait aussi que des contrôles inopinés peuvent survenir pour la vérification du respect des règles d’hygiène. Mais comme aucun inspecteur n’est venu le contrôler depuis qu’il fait ce travail, il semble serein, presque indifférent. « Jusqu’ici, personne n’est venu me contrôler et je n’ai jamais été sanctionné », lance-t-il. L’ Agence de contrôle sanitaire et de qualité des denrées alimentaires (ACSQDA) avait récemment rappelé que « les règles d’hygiène et la qualité des aliments ainsi que les normes dans la production des denrées alimentaires jusqu’au bout de la chaîne, à savoir, la mise à disposition des consommateurs, doivent être respectées ». Des contrôles ont même été annoncés, mais beaucoup de gargotiers n’ont toujours pas vu les agents et les inspecteurs les inspecter.

    À Madagascar, le Code de la Santé exige que « les emplacements où sont fabriquées, manipulées, entreposées ou mises en vente des denrées alimentaires soient tenus dans un parfait état de propreté à l’abri des rongeurs, des insectes et de tous animaux vecteurs de germes pathogènes ». Des normes d’hygiène et des règles de salubrité très peu respectées et rarement contrôlées.

  • ENVIRONNEMENT : Restaurer la forêt en reboisant 40 000 ha de terrain par an

    ENVIRONNEMENT : Restaurer la forêt en reboisant 40 000 ha de terrain par an

    Les autorités annoncent la plantation annuelle de 40 millions de pieds d’arbres pour que Madagascar soit à nouveau couverte de forêt. La campagne officielle de reboisement a été lancée le 2 mars dernier.

    « Recouvrir Madagascar de forêt ». C’est le thème retenu par le gouvernement cette année pour lancer sa campagne de restauration des forêts malgaches. L’objectif des autorités serait alors de reboiser une superficie annuelle de 40 000 ha par an en plantant 40 millions de pieds d’arbres.
    Les actions concernent tous les écosystèmes forestiers du pays : les forêts humides de l’Est, les forêts sèches de l’Ouest, les forêts épineuses du Sud, les forêts littorales, les forêts de Tapia, les mangroves et même les forêts de plantation. « Ceux qui se soucient de l’avenir plantent des arbres aujourd’hui et donnent aux générations futures des endroits où s’abriter » avait annoncé le Président de la République, Andry Rajoelina, lors du lancement officiel de la campagne de reboisement, le 2 mars à Moramanga, sur les terrains de Fanalamanga.

    Dans un pays où des dizaines de milliers d’hectares d’arbres et de forêts partent en fumée chaque année à cause des feux de forêts et de la fabrication de charbon de bois et de bois de chauffe, le reboisement est plus qu’une nécessité. « La décision de reboiser 40 000 ha de forêt par an est une très bonne décision », réagit le Pr Jonah Ratsimbazafy, primatologue très actif dans la protection de l’environnement. « Si la destruction annuelle de 30 000 ha de forêts se poursuit, il n’y aura plus de forêts à Madagascar dans 35 ans », poursuit-il. Selon le Dr Mamy Rakotoarijaona, directeur des opérations techniques auprès de Madagascar National Parks (MNP), « chaque année, il existe à Madagascar 19 000 points de feu, dont 1 900 se passent dans des aires protégées ».

    Afin d’optimiser les actions de reboisement, les spécialistes proposent alors que les reboisements soient effectués sur des terrains ou les plantations pourront être protégées. « Sans bonne protection, les pieds nouvellement plantés risquent très vite de disparaître », souligne le Pr Jonah Ratsimbazafy. « C’est facile de planter, mais c’est plus difficile de protéger les jeunes plants qui sont très vulnérables face aux aléas », ajoute-t-il. Le primatologue parle ainsi de l’importance des mesures d’accompagnement et de suivi pour s’assurer que les plants soient bien protégés.

  • CAMPAGNE DE VACCINATION : DES RÉSULTATS POSITIFS POUR CETTE DEUXIÈME ACTION

    CAMPAGNE DE VACCINATION : DES RÉSULTATS POSITIFS POUR CETTE DEUXIÈME ACTION

    1 180 000 enfants ont pu être vaccinés lors de la deuxième campagne de vaccination contre la rougeole, organisée du 18 au 22 février dernier. Dressant le bilan de cette action, le Directeur de la Vaccination du ministère de la Santé Publique, Bodo Ramamonjisoa a déclaré, ce 12 mars, que le taux de réalisation est supérieur à l’objectif. Reportage.

  • PRIX EN TENAILLE

    PRIX EN TENAILLE

    Carburants. L’on n’a cesse d’entendre depuis des lustres que le prix à la pompe du super et du gasoil, sont subventionnés pour des raisons sociales, et que la vérité des prix n’est pas appliquée. Selon les déclarations officielles, les pétroliers seraient victimes de cette stratégie car générant un manque à gagner énorme, toute comme pour l’État, ce qui a carrément le don de déplaire aux bailleurs de fonds. N’oublions pas aussi le côté politique de l’histoire, appliquer la vérité des prix pouvaient s’avérer être une mesure impopulaire surtout en période électorale, à l’approche de la présidentielle de 2018…

    Le gouvernement de Ntsay Christian, doit cependant aller dans le sens de la vérité des prix, propos confirmé par le ministre de tutelle, Andriamanga Vonjy. En à croire les déclarations des dernières semaines, les prix devront dans cette démarche, préserver l’intérêt de tous, à savoir les pétroliers, l’État, la population. Mais si l’on reste juste un instant réaliste et pragmatique, le vainqueur sur le podium en haut de la première marche sera forcément l’État. Pourquoi ? Simplement parce que c’est la logique fiscale de taxation internationale qui est appliquée à Madagascar, et que pour fonctionner l’État a besoin d’argent.

    En décembre 2018, pour le Super carburant à 4200 Ar, selon les chiffres de l’OMH, avec un Prix de Référence Frontière (PRF, le prix Toamasina) à 2111 Ar/litre, on ajoutait :
    – Transport et stockage : 358 Ar
    – Distribution : 515 Ar
    – Taxes et Redevances : 1511 Ar
    – moins l’ajustement prix à la pompe : -295 Ar
    Donc oui l’État est le grand gagnant de la répartition. Nous ne disons pas que les droits et taxes de douanes, la taxe de l’OMH, la taxe environnementale, ou la part dédiée au FER (Fond d’entretien routier) ne sont pas justifiés, mais on a quand même du mal à croire que d’un coup de baguette magique l’État deviendrait plus « honnête socialement », ce dans la nouvelle structure à venir et sous la pression du FMI.

    Bref, quoi qu’il arrive, il semblerait bien que les sociétés, la population, soient toujours pris (prix) en tenaille par les taxes à venir. En passant, pour les pétroliers qui criaient à l’aide pour appliquer la vérité des prix, justifiant leur manque à gagner, ils n’étaient pas fournisseurs de la Jirama pendant des années et années… définitivement dans le pétrole, l’utilisateur aura été pompé jusqu’à sa moelle…

  • LÉGISLATIVES : Les candidats attendent le dernier jour pour dépose leur dossier

    LÉGISLATIVES : Les candidats attendent le dernier jour pour dépose leur dossier

    La journée risque d’être longue du côté des Organes de vérification et d’enregistrement de candidature (OVEC). Pour une raison ou une autre, beaucoup de candidats attendent le dernier jour du dépôt des dossiers auprès de l’entité chargée de recevoir les dossiers en vue de la députation du 27 mai.

    « Jusqu’à 20 heures [ndlr : 11 mars], 239 dossiers de candidature ont été reçus auprès des OVEC dans tout Madagascar », indique Thierry Rakotonarivo, vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), lundi soir. « Aucune candidature n’a été enregistrée dans six des 119 districts », poursuit-il, pour évoquer, entre autres, le cas de Toamasina II, de Nosy Be, de Miarinarivo ou encore d’Anosibe An’Ala. Or, il ne reste plus que moins de 24 heures avant l’expiration de l’échéance fixée par la loi, à savoir mardi 12 mars à 17h.

    À cette allure, la situation des législatives de 2013 a des fortes chances de ne plus se reproduire. À l’époque, un peu plus de 2000 candidatures ont été enregistrées par les autorités. Ils étaient 38 à se présenter à la députation, rien qu’au deuxième arrondissement, à Antananarivo.

    La majorité de dossiers déposés proviennent des « indépendants », du moins jusqu’à lundi soir. Pour l’heure, les listes des supposées grandes formations politiques arrivent au compte-goutte auprès de l’OVEC. «Nous avons passé un à un pour un entretien avec le président Andry Rajoelina. Ceux dont la candidature est validée, peuvent procéder aux formalités administratives», confie un candidat de la plateforme qui soutient le président de la République, dans la région de la SAVA. Les candidats du Tiako i Madagasikara ( TIM) ont passé par des primaires avant d’avoir la bénédiction de la formation politique, tandis que les dossiers passent aux cribles de ses dirigeants pour la coalition autour de l’ancien président Hery Rajaonarimampiaina.

    Des cris et des grincements de dents se font pourtant entendre sur la mise à l’écart de certains prétendants, conduisant certains d’entre-eux à se présenter sous l’étiquette « indépendant ». À Ambatolampy, une source au courant du dossier affirme la réception de quatre candidatures dont deux dissidentes des partis ou coalitions de partis, IRD et TIM, et deux issues de la liste « indépendant ». La gestion des candidats « dissidents » n’est pas ainsi une mince affaire pour les formations politiques.

    L’attente pourrait aussi s’expliquer par une question stratégique. Ratovo Fano Hery Rabetrano, responsable de l’OVEC de Manjakandriana, affirme que « les prétendants ont choisi le dernier jour pour déposer leur candidature». Dans ce district, seuls deux candidatures ont déposé leur dossier jusqu’à midi ce lundi 11 mars. Il s’attend à la ruée d’autres candidats mardi.

    Certains candidats annoncés dénoncent une « caution dissuasive», pour évoquer les cinq millions d’ariary. « Mais ce n’est pas la vraie raison de l’hésitation des prétendants. La collecte de tous les documents exigés constitue un vrai parcours de combattants », glisse une source autorisée.

  • ACTION CONTRE LA FAIM : ATELIER CONTRE LA MALNUTRITION À ANTANANARIVO

    ACTION CONTRE LA FAIM : ATELIER CONTRE LA MALNUTRITION À ANTANANARIVO

    Renforcer les capacités des responsables de santé, intervenant au niveau de certains quartiers défavorisés, en matière de lutte contre la malnutrition. C’était l’objectif de l’atelier organisé ce 11 mars à Antaninarenina, par l’ONG Action Contre la Faim.

  • COMMERCE : Madagascar, le pays où on ne rend pas la monnaie

    COMMERCE : Madagascar, le pays où on ne rend pas la monnaie

    À Madagascar les « gros » billets sont rois. Bien que les pièces de monnaie soient encore en circulation, celles-ci sont très peu manipulées par la population, et ce, pour différentes raisons. Une situation qui conduit à des contraintes sociales auxquelles les Malgaches doivent faire face au quotidien.

    Quand on veut acheter quelque chose, on dit « ohatrinona », soit « l’équivalent de quoi ? » en français. Ce terme qui a été utilisé durant la période du troc est encore utilisé dans son sens littéral au XXIème siècle. Aujourd’hui, une pièce de 50 Ariary équivaut à un bonbon, une pièce de 20 Ariary équivaut à un mini-bonbon. Et c’est ce que l’épicier rend quand il n’a pas de monnaie.

    Dans les grands magasins, la situation est souvent différente. Certains articles sont vendus à un prix se terminant par 90 ariary, mais les caissiers ne se sentent pas toujours obligés de rendre les 10 ariary ou les 20 ariary de monnaie, au grand dam de certains clients. « Où sont tous les 20 ariary que vous m’avez pris », s’est un jour plaint un client qui s’est rendu compte qu’il manquait cette somme à ce que le caissier lui a donné après une course. Toutefois, quand les achats excèdent de quelques dizaines de milliers d’ariary, les caissiers arrondissent vers le bas le montant à payer par les clients. Un responsable auprès d’une institution financière affirme cependant que « chaque jour, un grand magasin s’approvisionne en pièces d’une valeur de 100 000 Ariary auprès de notre banque ».

    Les pièces de monnaie existent bel et bien, mais ne circulent pas au niveau de la population. Si les bus ne les acceptent pas toujours, l’épicier préfère le troquer par une friandise. Certaines grandes entreprises, elles, choisissent tout simplement de ne pas rendre la monnaie en pièces, même si pour compenser, elles arrondissent parfois vers le bas les montants pour ne pas exiger des pièces aux clients. Quand les monnaies qui ne sont pas rendues s’accumulent, elles peuvent néanmoins atteindre une somme considérable.

    Casse-tête

    « Il existe plusieurs explications à ce phénomène social. Premièrement, cela est dû à la dévalorisation de l’Ariary. Ensuite, l’arrivée des gros billets, notamment celui de 20 000 Ariary, a accentué cette dépréciation », affirme Victor Andriamihajanirina, économiste. Rendre la monnaie est devenue un véritable casse-tête, entraînant souvent des bagarres sur les transports en commun. « Tsy misy madinika » (pas de petites coupures ou pas de pièces de monnaie) est devenu le refrain préféré des vendeurs. Certains préviennent en amont : « ataovy madinika ny volanao » (préparez des petites coupures ou des pièces).

    Pour ne pas avoir à rendre la monnaie, faite de pièces, ou même de billets en petite coupure, les commerçants, notamment les petits commerçants arrondissent les prix. Si un article coûte 350 Ariary, le marchand le vend à 400 Ariary. Pour un produit de 400 ariary, il propose trois pièces à 1 000 ariary.

    Adieu les petites monnaies qui vont à la tirelire. « Il m’arrive de dire au vendeur de garder la monnaie. Je préfère cela que de perdre mon temps à attendre qu’il en trouve », témoigne Seheno. Dans la société, nombreux sont comme Seheno, qui ne revendiquent pas leur argent pour ne pas se trouver dans la frustration. Une situation qui profite probablement surtout aux grands magasins ou aux sociétés, qui accumulent les petites sommes.