DROITS DE L’HOMME – Le ministre de la Sécurité publique invoque “l’atrocité du mode opératoire des malfaiteurs” et un “climat de terreur” pour justifier le recours aux armes par les forces de l’ordre

Antananarivo, 27 Janvier, 18h10 – “Quatre femmes malgaches kidnappées, exécutées froidement et avec barbarie par leurs ravisseurs”. “Des cas de violence urbaine par des bandits armés créant un climat de terreur permanente et d’insécurité dans la Capitale”. “Des cambrioleurs armés défiant les forces de l’ordre en assassinant sauvagement leurs victimes”. “Des villages entiers incendiés, engendrant des pertes de vie humaine, dans le cadre des attaques de dahalo”. “Des viols d’enfants suivis d’assassinat et de prélèvement d’organes ou laissant des séquelles à vie”.
Le ministre de la Sécurité publique, le contrôleur général de police Herilala Rakotoarimanana, a dressé un sombre tableau de la situation de l’insécurité sur la Grande île à Genève durant l’examen périodique universel de Madagascar devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unis ce lundi. Une situation qu’il a tenu à mettre en avant pour justifier le recours des éléments des forces de défense et de sécurité aux armes dans le cadre de certaines de leurs missions. “A Madagascar, il est important de relever l’atrocité du mode opératoire des malfaiteurs et de mettre en exergue la nécessité de protéger les droits des victimes”, souligne-t-il dans son intervention, alors qu’il répondait à des observations et des commentaires sur la prévention de l’exécution extra-judiciaire, sommaire ou arbitraire.
Le ministre assure cependant que si “cet usage de la force publique est autorisé, il est strictement encadré par la loi selon des situations bien définies”. Il évoque, entre autres, la nécessité d’un “usage proportionnel à la menace à laquelle font face les victimes et les forces de l’ordre”. A l’entendre, “l’utilisation des armes est une solution de dernier recours si toutes les possibilités sont épuisées” dans le cadre d’une mission de “défense de toute personne contre les violences illégales”. Pour lui, cet “ultime recours” aux armes “ne doit viser que la protection contre l’atteinte à la vie ou l’intégrité physique des personnes sous leur responsabilité”.
A en croire le ministre, les forces de défense et de sécurité ont également été formées pour prévenir les cas d’exécution sommaire et arbitraire ou extrajudiciaire dans le pays. “Afin de renforcer les compétences des militaires, policiers et gendarmes sur l’importance du droit des personnes et prévenir tout acte d’exécution sommaire et d’arrestation arbitraire, des formations en droit de l’homme et en droit international humanitaire ont été dispensées en leur faveur”, assure-t-il.
Photo : Capture d’écran du webtv.un.org
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