Faire des métiers de la création et des industries culturelles plus qu’un espace d’expression culturelle. L’un des enjeux du Salon Haika 2026, prévu du 9 au 11 octobre à la Cité des Cultures à Antaninarenina est de constituer un véritable secteur économique avec les industries culturelles et créatives. Mode, cinéma, musique, jeux vidéo, édition, arts visuels et design, artisanat seront réunis à cette occasion autour des questions de professionnalisation, de structuration et d’accès aux opportunités économiques.
Pendant trois jours, artistes, créateurs, entreprises culturelles, institutions, opérateurs économiques, acheteurs, médias et grand public sont attendus autour de conférences, ateliers, masterclass et rencontres professionnelles. L’événement vise principalement à favoriser les échanges entre les différents acteurs et à rapprocher les créateurs des entreprises, des institutions et des dispositifs d’accompagnement. Il s’agira de mieux structurer des activités déjà présentes dans l’économie, de renforcer les compétences des professionnels et de créer des passerelles entre créativité, entrepreneuriat, emploi, innovation et marchés.
La professionnalisation des acteurs constitue un autre enjeu que le salon entend aborder. Parce qu’au-delà de la valorisation des talents, les ICC sont confrontées à des problématiques qui relèvent directement de l’activité économique. Cela concerne le modèle économique, la gestion financière, le marketing, la formalisation des entreprises, la fiscalité ou encore la protection de la propriété intellectuelle.
Un programme d’accompagnement lancé en juillet 2026 réunit déjà 25 entrepreneurs culturels et créatifs de Madagascar et des Comores. À Madagascar, les bénéficiaires sont notamment accompagnés sur la construction de leur modèle économique, la gestion financière, le marketing, la formalisation de leurs activités et la propriété intellectuelle. Le dispositif est porté par la Commission de l’océan Indien (COI), avec le financement de l’Agence française de développement (AFD), dans le cadre du projet régional de développement des industries culturelles et créatives.
“Haika doit prolonger cette démarche avec sept secteurs représentés, de la mode et du textile à l’artisanat, en passant par le cinéma, la musique, les jeux vidéo, l’édition et les arts visuels et le design. Conférences, ateliers, masterclass et rencontres professionnelles doivent permettre aux différents acteurs de se rencontrer et d’échanger sur leurs pratiques”, explique Hery-Ntsoa Nazareh, project manager au sein de Hay Ahy Yay et membre du comité d’organisation du salon.
La dimension économique doit également se traduire par la recherche de débouchés et de collaborations. Haika prévoit ainsi un espace de rencontres entre créateurs, entreprises, institutions et opérateurs économiques, avec l’ambition de faire émerger de nouveaux partenariats et de faciliter l’accès aux marchés.
La COI doit par ailleurs présenter lors du salon un guide consacré aux industries culturelles et créatives à Madagascar, notamment à destination des entrepreneurs souhaitant accéder aux marchés internationaux. La participation d’une délégation comorienne doit également donner une dimension régionale à l’événement.










