Quarante-sept cas de paludisme importé ont été signalés à La Réunion depuis janvier 2026, dépassant déjà le bilan enregistré sur l’ensemble de l’année 2025, avec 35 cas. Santé publique France fait état d’une “résurgence régionale” du paludisme, dans un contexte de hausse des signalements dans plusieurs pays voisins de l’océan Indien. Les Comores et Madagascar sont les principales zones de provenance des personnes diagnostiquées, selon le bulletin de surveillance de Santé publique France arrêté au 31 août.
Le nombre de cas recensés depuis le début de l’année dépasse également celui enregistré en 2024, qui s’élevait à 46 cas. L’agence sanitaire française relève par ailleurs la poursuite de l’augmentation des cas importés amorcée en 2023, après la levée des restrictions de voyage liées à la pandémie de Covid-19.
Neuf cas ont été recensés au mois d’août, un niveau qualifié de “hausse notable” par Santé publique France. Les mois de mai, juin et juillet avaient enregistré des niveaux relativement faibles. Jusqu’en avril, le nombre de cas était en revanche globalement supérieur à celui observé au cours des mêmes périodes des années précédentes.
La majorité des patients, soit 94%, ont présenté un “accès simple”, correspondant à une crise de paludisme sans complication grave. La proportion de patients pris en charge en réanimation ou dans des services de soins critiques a toutefois augmenté, passant de 13% en 2025 à 24% en 2026.
Les personnes touchées sont majoritairement des hommes adultes, avec un âge médian de 46 ans. Elles revenaient principalement de voyages familiaux aux Comores et à Madagascar. Les Comores représentent à elles seules 72% des cas recensés, soit 34 personnes. Un autre cas a été diagnostiqué après un retour de Mayotte.
Dans 98% des cas pour lesquels le parasite a pu être identifié, il s’agissait de Plasmodium falciparum, l’espèce de parasite responsable des formes les plus graves du paludisme et pouvant nécessiter une prise en charge en réanimation.
La prévention demeure un point de vigilance. Selon Santé publique France, la moitié des personnes diagnostiquées connaissait le risque de paludisme avant son départ, mais seulement 20% avaient commencé une chimioprophylaxie, un traitement préventif, avant leur voyage. Aucune ne l’avait poursuivie pendant toute la durée du séjour.
Avec AFP
