OCÉAN INDIEN – La France arraisonne un pétrolier suspecté d’appartenir à la « flotte fantôme », Moscou dénonce une “violation flagrante” du droit international

Le pétrolier DF Peak, battant pavillon béninois, a été arraisonné lundi 12 octobre 2026 par la Marine française à plus de 450 milles nautiques au sud de La Réunion. Soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe et de transporter illégalement du carburant, le navire fait l’objet d’une enquête judiciaire. Moscou dénonce une “violation flagrante des normes du droit international”.

“Ce matin, à plus de 450 nautiques au sud de La Réunion, notre Marine nationale a arraisonné le pétrolier DF Peak”, annonce lundi le président français Emmanuel Macron sur X, affirmant que “la France est déterminée à lutter contre la flotte fantôme”. “Les agissements de la marine nationale française, qui a arraisonné le pétrolier DF Peak en haute mer, constituent une violation flagrante des normes du droit international”, réplique, à son tour, l’ambassade de Russie en France, dans une déclaration rapportée par l’agence de presse russe RIA Nivosti.

Pétrolier dérouté sous escorte militaire

Selon la préfecture de La Réunion, l’opération a été menée sur la base de l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer afin de vérifier la nationalité du navire. L’examen des documents à bord a confirmé les doutes des autorités françaises sur la régularité du pavillon béninois, selon l’état-major des armées françaises. Le pétrolier a été dérouté sous escorte militaire vers un point de mouillage au large de La Réunion, à la demande de la procureure de la République de Saint-Denis.

La mission diplomatique russe, elle, dénonce un acte de “piraterie et de brigandage”, qualifiant les sanctions invoquées par les autorités occidentales de “mesures unilatérales illégitimes”. Artem Studennikov, directeur du premier département européen du ministère russe des Affaires étrangères, qualifie les interceptions de pétroliers par la France de “piraterie et de vol en mer”, selon RIA Novosti.

Confiscation possible du navire

Une enquête judiciaire a été ouverte mardi contre le capitaine du DF Peak pour “non-justification de la nationalité” du navire lors d’un contrôle en mer, rapporte l’AFP. Cette infraction est passible de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. Une confiscation du navire est également possible.

Les investigations doivent notamment permettre “d’établir les conditions d’exploitation du navire et d’identifier son propriétaire et son armateur”, précise la procureure de la République de Saint-Denis. Les membres de l’équipage font l’objet de mesures de restriction et de privation de liberté pour une durée initiale de 48 heures, renouvelable par un juge, selon l’AFP. L’ambassade russe indique vérifier si des ressortissants russes figuraient parmi les 21 membres de l’équipage, de plusieurs nationalités.

Le DF Peak figure sur la liste des navires sanctionnés par l’Union européenne. Soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe depuis le 25 juin 2024, il s’appelait auparavant Kaliningrad. Dans un communiqué, l’ambassade de France inscrit cette opération dans le renforcement de la surveillance maritime dans le canal du Mozambique. Elle indique que le trafic maritime dans cette zone a augmenté de 30 % depuis l’escalade des tensions au Proche et au Moyen-Orient en février 2026, soulignant l’importance de la coopération entre les pays de la Commission de l’océan Indien (COI).

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