Antananarivo, 24 Septembre, 12h15 – Un fléau à gérer. 60% des arachides dans le Sud de la Grande île sont contaminés par l’aflatoxine, une toxine produite par des moisissures. Cette situation touche les productions dans les régions Anosy, Androy et Atsimo Andrefana, selon le coordonnateur interrégional du Programme de développement de filières agricoles inclusives (Défis), Bertrand Randriamanarivo, durant le séminaire sur cette toxine, vendredi.
La présence d’aflatoxine constitue un énorme problème pour la qualité des arachides produites dans cette partie de l’île, mais elle reste peu connue des cultivateurs. Cette toxine qui contamine les arachides les rend moins bonnes à la consommation et constitue même un grand risque pour la santé publique, explique le directeur des opérations de la Fondation Mérieux, Pascal Vincelot. La secrétaire générale du ministère de l’Agriculture (Minae) soutient qu’en plus de compromettre les productions et de constituer une menace pour les consommateurs, l’aflatoxine est également source de blocage pour les exportations.
Des experts internationaux se réunissent avec les producteurs d’arachides du district de Bekily pour mettre au point un plan d’actions permettant d’améliorer la qualité de leur production, en diminuant notamment le taux résiduel d’aflatoxine. Ce projet est financé par le projet Mitombo II de la Fondation Mérieux et la coopération internationale de la principauté de Monaco. Il est mené en synergie avec les actions déjà menées sur le terrain par le programme Défis du Minae et les autres acteurs tels que le programme Fihariana, la GIZ et le Programme alimentaire mondial.
L’arachide à faible taux résiduel d’aflatoxine produite dans le Sud devrait permettre de pérenniser la production du complément alimentaire « KapikNaka » produit par la société Nutrisud gérée par l’association Fitia à Taolagnaro et distribué dans des écoles de la région Androy et Anosy pour prévenir la malnutrition. Cette usine importe pour le moment les arachides qu’elle utilise.
Le Sud du pays dispose actuellement de 9.000 hectares de terrain qui peuvent être exploités pour la culture d’arachide. Seulement peuvent cependant être exploités, notamment à cause des impacts du changement climatique comme l’insuffisance des pluies ou encore la perturbation du calendrier cultural. Cette partie de l’île peut néanmoins produire jusqu’à 4.000 tonnes d’arachides. Une capacité qui le permet d’assurer le besoin sur place ainsi que celui des autres régions, d’après ce qu’a indiqué Bertrand Randriamanarivo du programme Défis.