1,2 million d’hectares de forêts primaires humides auraient disparu entre 2002 et 2025. À Nosy Hara, 38 % des coraux observés présentaient des signes de blanchissement en mars 2025. Et 41 % des espèces répertoriées à Madagascar seraient menacées d’extinction. Le Rapport Planète Vivante 2026 publié ce jeudi par WWF fait un constat particulièrement préoccupant pour les habitats naturels et les espèces emblématiques de la Grande île.
Selon le rapport, les forêts naturelles subissent les effets de l’exploitation minière, de la conversion des terres et de l’exploitation illégale du bois. Le WWF indique que la perte enregistrée entre 2002 et 2025 représente environ 25 % de la superficie des forêts primaires humides de Madagascar.
La pression se retrouve également en mer. Dans l’archipel de Nosy Hara, dans le nord de Madagascar, les récifs coralliens abritent 344 des 369 espèces de coraux recensées dans l’océan Indien occidental. Mais ces écosystèmes sont soumis à plusieurs facteurs de dégradation, notamment le réchauffement des eaux, la surpêche, la pollution et les pratiques de pêche destructrices. En mars 2025, 38 % des coraux observés étaient affectés par le blanchissement.
La situation des espèces est tout aussi préoccupante. Le WWF indique que 41 % des espèces répertoriées à Madagascar seraient menacées d’extinction selon la Liste rouge de l’UICN, dont 98 % des espèces de lémuriens. La perte d’habitat, le braconnage et le trafic figurent parmi les principaux facteurs de ce déclin.
Le Simpona figure parmi les espèces les plus menacées. Ce lémurien endémique des forêts humides du nord de Madagascar est classé en danger critique d’extinction, avec moins de 300 individus matures recensés. Le suivi réalisé en 2022 avait toutefois permis d’identifier 20 groupes sur 13 sites. Le WWF y voit un signe encourageant, notamment grâce aux actions menées avec les communautés locales.
La tortue radiée, elle aussi classée en danger critique d’extinction, continue de subir la perte de son habitat, le braconnage et le trafic. Les inventaires réalisés en 2023 par le WWF estimaient sa densité à 0,53 individu par hectare dans les forêts épineuses du Sud.
Le maki catta a, de son côté, vu sa population diminuer de moitié en 36 ans. Le défrichement, l’exploitation forestière illégale, le charbonnage et certaines activités minières contribuent à la dégradation de son habitat. Des populations importantes sont toutefois encore observées sur plusieurs sites prioritaires suivis par le WWF.
Ces données nationales s’inscrivent dans une tendance mondiale. Le Rapport Planète Vivante 2026, établi à partir de près de 35 803 tendances de populations couvrant 5 790 espèces de vertébrés, fait état d’une baisse moyenne de 73 % de la taille des populations suivies entre 1970 et 2022. En Afrique, cette baisse atteint 80 %.
Le WWF souligne néanmoins que ce déclin n’est pas irréversible. Environ la moitié des populations incluses dans l’Indice Planète Vivante sont stables ou en augmentation. Le rapport met en avant plusieurs exemples de rétablissement lorsque les mesures de conservation sont conduites dans la durée et avec l’implication des communautés locales.
À Madagascar, le WWF estime que cette mobilisation doit se poursuivre, mais aussi s’accompagner d’une évolution des systèmes qui alimentent la pression sur la nature. L’organisation cite notamment l’agroforesterie, les activités économiques durables, les foyers améliorés et les alternatives au bois de chauffe parmi les pistes à renforcer.
Pour Dresy Lovasoa, Conservation Manager de WWF Madagascar, la participation des communautés reste déterminante. « La contribution de chacun est nécessaire, aussi petite soit-elle », souligne-t-elle, appelant à maintenir les efforts de conservation de manière continue et soutenue.











