CARBURANT – Le prix du gasoil à la pompe de 600 ariary moins cher que le prix de référence frontière, selon l’Office malgache des hydrocarbures, rencontre entre le président de la République et le groupement des pétroliers ce dimanche

Antananarivo, 10 Juillet, 7h00 – L’Office malgache des hydrocarbures lâche les chiffres. Il compare, non les prix réels des carburants à leurs prix à la pompe, mais plutôt le prix FOB du gasoil au départ de son pays d’origine à son prix dans les stations services. Et il indique, sur la base de ses données, que « le prix du gasoil à la pompe est inférieur au prix FOB appliqué à son départ de son pays d’origine ».
Alors que le prix affiché à la pompe pour le gasoil est de 3.400 ariary par litre, le prix du produit à son départ du golf arabique est de 4.041 ariary par litre. Le gap entre le prix à la pompe et le prix FOB est donc de plus de 600 ariary pour le gasoil, 641 ariary plus précisément.
Le prix réel du gasoil qui inclut les marges de transport et logistique, les marges de distribution ainsi que les taxes et redevances devrait ainsi beaucoup plus élevé le prix à la pompe. Selon la dernière structure de prix du gasoil en vigueur depuis Juin 2019, au moment où les prix ont baissé, les marges sont de 290 ariary pour le transport et le stockage, et de 431 ariary pour la distribution. Les taxes et redevances elles, s’élèvent à 956 ariary, soit 28% du prix à la pompe.
Si l’on se base sur les chiffres de l’OMH, le prix réel du gasoil devrait ainsi tourner autour de 5.718 ariary le litre. Le prix affiché à la pompe actuellement étant de 3.400 ariary le litre, le gap calculé sur la base de la structure de prix adoptée en Juin 2019 est donc de 2.318 ariary par litre.
Pour minimiser la hausse reconnue comme « inévitable », les autorités ont travaillé sur une nouvelle structure depuis quelques mois. Un audit de l’ancienne structure adoptée en Juin 2019 afin de faire baisser les prix avait ainsi été mené sous la houlette du ministère de l’Energie et des hydrocarbures. Les résultats de cette étude devaient permettre au Conseil des ministres de trancher sur un nouveau prix maximum référence à la pompe mais pour l’instant, aucune décision n’est prise.
« Augmenter les prix des carburants est une décision qui nous fait mal mais comme c’est inévitable vu le contexte international, nous devons nous y résoudre », a soutenu le chef de l’Etat devant les représentants des groupements économiques et des organisations de la société civile dont des associations de défense des consommateurs samedi.
Une énième rencontre entre l’Etat et le groupement des pétroliers devrait encore avoir lieu ce dimanche. Après les réunions dirigées par le ministre en charge des hydrocarbures puis par le Premier ministre, c’est le président de la République qui devrait présider la rencontre ce dimanche. Cette réunion fait suite à la rencontre de samedi au cours de laquelle les autorités ont recueilli les avis des représentants des groupements économiques et des organisations de la société civile sur les prix des carburants.
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