CARBURANTS – « Les prix à la pompe se situent au-dessous de la vérité des prix », annonce l’Office malgache des hydrocarbures qui estime que l’éventualité d’un ajustement des prix des carburants devrait ainsi être envisagée
Antananarivo, 29 Juin, 9h50 – L’Office malgache des hydrocarbures (OMH) tire la sonnette d’alarme. L’écart commence de nouveau à creuser entre les prix affichés des carburants et les coûts des facteurs. « Les prix à la pompe se situent au-dessous de la vérité des prix », alerte Olivier Jean-Baptiste, directeur général de l’OMH dans une interview-communiqué publiée sur la page Facebook de l’office lundi. Il invite donc à réfléchir à « l’éventualité d’un ajustement des prix à la pompe suivant la même tendance que les coûts des facteurs ».
La semaine dernière, l’OMH a déjà publié une graphique montrant une hausse du cours international du pétrole brut mais aussi du cours du dollar. « Les coûts des facteurs des prix des carburants dépassent leurs niveaux d’avant le début de la crise sanitaire », souligne le DG de l’OMH, comparant le prix du pétrole brut en Avril 2021 à celui de Décembre 2019, et le cours du dollar actuel à celui de 2019.
Selon le tableau de l’OMH, le baril était à 67 dollars en Décembre 2019, il est à 68,75 dollars en Mai 2021. Et « avant le début de la crise sanitaire, le dollar s’échangeait sur le marché interbancaire de devises à 3.618 ariary en moyenne », alors que depuis Janvier 2021, un dollar oscille entre 3.751 ariary er 3.780 ariary, soit une moyenne de 3.764,62 ariary. Or, à l’époque, le prix à la pompe, inchangé depuis 2018, était déjà largement inférieur au prix réel. L’OMH parle d’un écart de -707 ariary/litre en 2018 et d’un écrat de -154 ariary/litre en 2019.
Cette situation avait généré des milliards d’ariary de dettes de l’Etat envers les pétroliers. Ces dettes ont néanmoins pu être épongées en 2020 alors que le prix du baril a chuté sur le marché international en raison du contexte sanitaire. La logique aurait voulu que les prix des carburants suivent cette tendance à la baisse, mais les autorités ont choisi de maintenir les prix à la pompe afin d’honorer ses dettes envers les compagnies de distribution pétrolière.
Le passif des pétroliers enfin apuré, une nouvelle spirale d’endettement risque cependant de se mettre en place si les prix des carburants restent encore inchangés alors que la tendance des coûts des facteurs ne montre pas des signes de rééquilibrage automatique des prix. « Il est nécessaire d’éviter d’appliquer une variation des prix à la pompe en contradiction avec la tendance de ses coûts des facteurs ».
« Le système de lissage des prix ne devrait pas constituer un outil pour creuser davantage l’écart entre le prix à la pompe et la vérité des prix au risque de fragiliser le système d’approvisionnement du pays », avertit l’OMH. Ce système de lissage consiste à reporter ultérieurement une partie des variations de la vérité des prix afin de préserver les trop fortes et fréquentes variations sur les prix à la pompe.