L’ariary a connu une dépréciation de 12% par rapport à l’euro de janvier à Octobre 2020, une hausse qui ne devrait pourtant pas avoir d’impact sur l’économie réelle explique le patron de la Banky Foiben’ny Madagasikara.

L’ariary a connu une dépréciation de 12% par rapport à l’euro de janvier à Octobre 2020, une hausse qui ne devrait pourtant pas avoir d’impact sur l’économie réelle explique le patron de la Banky Foiben’ny Madagasikara.



Antananarivo, 2 Novembre, 17h10 – Les aides promises par les bailleurs de fonds en vue de soutenir Madagascar dans sa lutte contre la Covid-19 ne sont pas toutes décaissées. Selon le troisième rapport provisoire publié ce lundi par le ministère de l’Economie et des finances, des appuis budgétaires d’urgence d’un montant total de 134 millions de dollars ne sont pas encore décaissés. Il s’agit de fonds censés provenir de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement (BAD) et de l’Agence française du développement (AFD).
⭕️Les appuis de la BAD et de l’AFD étaient dans le pipe du gouvernement depuis le dernier rapport provisoire de Juillet 2020. D’un montant de 42 millions de dollars, l’aide de la BAD consistait en un appui en réponse à la Covid 19. Elle avait été approuvée par le Conseil d’administration de la Banque le 22 Juillet 2020, et l’accord de financement a été signé le 5 Août 2020. L’appui de l’AFD, pour sa part, s’élève à 17,08 millions de dollars. Il s’agit d’un financement complémentaire au prêt de contingence pour la gestion des risques et des catastrophes, approuvé le 19 Mai 2020 et dont la convention a été signée le 6 Août 2020.
⭕️En négociation en Juillet 2020, l’appui budgétaire de la Banque mondiale avait été approuvé par son Conseil d’administration le 27 Août 2020. L’accord de financement avait été signé le 8 Septembre 2020. Les engagements du gouvernement malgache pour en obtenir le décaissement comprenaient, entre autres, la mise en place d’un fonds de réponse Covid-19 dédié pour gérer de manière transparente les dépenses d’urgence, d’un plan de réponse pour soutenir le secteur privé et préserver les emplois et de mesures pour renforcer la transparence de la dette.
?L’adoption d’une nouvelle politique de raccordement électrique et de tarification au profit des populations vulnérables, ainsi que la prise de mesures pour maintenir la liquidité et l’accès au crédit pour les entreprises viables font également partie des engagements du gouvernement dans le cadre de cet appui.
?Selon un communiqué de la Banque mondiale publiée dans la foulée de la signature de l’accord de financement, son appui vient en complément de la facilité de crédit rapide du Fonds monétaire international (FMI) qui avait déjà été décaissé en Juillet, ainsi que des appuis budgétaires supplémentaires de l’AFD et de la BAD encore en attente de décaissement, donc.

Antananarivo, 1er Novembre, 12h38 – La Banque centrale de Madagascar rassure les opérateurs aurifères. Bien qu’elle va commencer à acheter de l’or sur le marché local pour constituer sa réserve d’or, elle assure qu’elle ne sera pas la seule à avoir le droit d’en acheter. Son gouverneur Henri Rabarijohn a rappelé que « BFM (Banky Foiben’i Madagasikara) n’entend pas détenir le monopole de l’achat des produits aurifères nationaux », indique la Banque centrale dans un communiqué publié à l’occasion de la signature des conventions de partenariat avec les opérateurs aurifères auprès desquels il va acheter de l’or, vendredi. « Les autres opérateurs et exploitants peuvent toujours continuer à pratiquer leurs activités dans le cadre formel », poursuit le gouverneur cité par le communiqué.
?L’entrée de la Banque centrale sur le marché de l’or ne manquera pourtant pas d’apporter du changement dans le secteur aurifère. « Ce partenariat est un signal fort démontrant qu’il est possible d’opérer dans le secteur aurifère dans un cadre formel, transparent et respectueux de l’environnement », indique BFM.
?L’idée est aussi d’assainir le secteur en mettant un coup d’arrêt aux exportations illicites et en tentant de couper à la source l’approvisionnement des exportateurs illicites. Cela passera, entre autres, par la « mise en place d’une ligne de crédit spécifique auprès des banques commerciales de la place permettant aux opérateurs partenaires de s’affranchir des réseaux de financement informel soutenant les exportations illicites d’or », souligne-t-elle.
?20 opérateurs ont répondu à l’appel à manifestation d’intérêt lancé en Septembre par la Banque centrale. Seize d’entre eux « ont pu satisfaire aux exigences et sont donc sélectionnées pour être les premiers partenaires de BFM dans cette initiative ». Les conventions de partenariat entre ces sociétés et BFM ont été signées vendredi « afin de formaliser les engagements réciproques des parties ».
Photo : Banky Foiben’i Madagasikara

Antananarivo, 31 Octobre, 23h42 – Un nouveau projet pour renforcer le secteur industriel. La Banque africaine de développement a approuvé mercredi un prêt d’environ 14,52 millions d’euros pour financer le projet d’appui à l’industrialisation et au secteur financier (PAISF). Visant à « transformer le secteur industriel de Madagascar pour en faire le principal moteur de la croissance et de la création d’emplois décents », le PAISF vient « en appui direct au Plan émergence de Madagascar », souligne le communiqué de la BAD.
?Les fonds octroyés dans le cadre du projet seront essentiellement destinés à « favoriser les conditions de l’investissement privé dans le secteur manufacturier » et à « accélérer le développement des zones d’émergence industrielle (ZEI) ». Il s’agira, plus concrètement, « d’appuyer l’industrialisation régionale sur le modèle ‘un district, une usine’ » et de faciliter « la création d’un fonds de partenariat public-privé pour mieux inciter le secteur privé à s’impliquer dans le développement des infrastructures ».
?Mais le projet entend aussi, à travers un appui au Fonds national de développement industriel (FNDI), « fournir une aide financière aux petites et moyennes entreprises (PME) malgaches tout en accompagnant leur intégration dans la chaîne de valeur industrielle ». Il devrait également « faciliter l’intégration régionale en favorisant les investissements régionaux dans les ZEI malgaches, notamment depuis Maurice et l’Afrique du Sud dans les secteurs textile et agroalimentaire ».
Photo d’illustration : Présidence de la République de Madagascar