A la tête d’une ferme d’élevage de porcs, Hugues Rakotomanana, 28 ans, diplômé en production agricole, envisage d’étendre ses activités dans d’autres régions de Madagascar.
Être son propre patron n’est pas toujours facile. Mais Hugues Rakotomanana a relevé le défi. Sa licence professionnelle en production agricole en poche, il prend la tête de l’exploitation familiale et n’a qu’une ambition : étendre les activités démarrées en 2009. « Et cela ne saurait tarder », avance-t-il avec assurance.
Pour l’instant, la ferme qu’il dirige du côté de Ifarihy, Commune rurale de Tanjombato comprend une vingtaine de porcs et quelques têtes de coqs de combat. Avec ce qu’il compte mettre de côté grâce aux bénéfices qu’il tire actuellement de la ferme, il envisage de lancer d’autres activités agricoles à Ambatolampy et à Brickaville. « Ce n’est pas la terre qui manque à Madagascar. Nous avons d’immenses terrains qui peuvent être exploités », souligne-t-il.
En choisissant de devenir agripreneur, Hugues Rakotomanana n’a pourtant pas choisi la facilité. Son activité principale, l’élevage de porc, n’est pas épargnée par les menaces, pour ne citer que les diverses maladies qui guettent le secteur. A cela s’ajoute d’autres difficultés, tels que les questions foncières ou encore les problèmes classiques liés à toute démarche entrepreneuriale.
Sa propre formule
« Cela exige beaucoup d’entretiens et la maîtrise de beaucoup de techniques »
Mais le jeune homme ne compte pas s’attarder sur ces difficultés. Battant, il s’efforce lui-même de trouver des solutions aux difficultés qui se mettent sur son chemin. « L’élevage porcin n’est pas aussi facile qu’on le croit », souligne-t-il. « Cela exige beaucoup d’entretiens et la maîtrise de beaucoup de techniques », explique-t-il. Les normes de construction des étables selon le type d’élevage, naisseur ou engraisseur, ou encore leur maintien à la bonne température sont autant d’exigences qu’il est important de suivre pour réussir son élevage.
Ambitieux et débrouillard, Hugues Rakotomanana a conçu sa propre formule pour nourrir ses bêtes. « J’ai mis au point une technique de nutrition basée sur le maïs, qui est un aliment riche en substances énergétiques », lance-t-il fièrement. « Il y a une diversité de techniques, mais je trouve que la mienne convient parfaitement à mes animaux », poursuit-il.
Grâce aux techniques qu’il a développées, ce jeune sortant de l’école professionnelle supérieure agricole de Bevalala peut se targuer d’avoir une bonne production. En huit ans, le cheptel familial est passé d’une truie à 17 têtes. L’achat récent de cinq porcs devrait améliorer la race. « Pour dénicher les plus belles et les meilleures bêtes, il faut aller du côté de Bevalala », conseille-t-il.
De nombreux jeunes souhaitant intégrer le secteur industriel ont tenu à s’assurer sur ce qui les attend dans le monde de l’industrie avant de se lancer dans l’entrepreneuriat. Le président du Syndicat des industries de Madagascar leur a donné des conseils.
Le SIM depuis 60 ans défend l’industrie locale
« Comment placer nos produits sur le marché alors que la concurrence est rude ? » « Comment faire face à l’arrivée des investisseurs étrangers qui vont bénéficier de nombreux avantages avec la loi sur les Zones économiques spéciales (ZES) ? » « Par où commencer quand on veut exporter ces produits ? » « Où trouver les financements pour démarrer une activité ? » « Qu’est-ce qui est proposé pour la protection des jeunes créateurs d’entreprises ? »
La conférence débat organisée le 16 août dernier au Centre d’excellence en entrepreneuriat (CEENTRE) a été l’occasion pour les jeunes de poser des questions sur les différentes démarches à entreprendre pour lancer une entreprise, mais aussi sur les éventuels obstacles qui pourraient se dresser sur le chemin. Le conférencier, Fredy Rajaonera, président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM), a tenté de les rassurer, sans pour autant leur cacher les réalités.
Les principales inquiétudes des jeunes venus nombreux à la conférence ont porté sur le financement, les débouchés, la concurrence mais aussi sur la lourdeur des taxes et des impôts qu’il faut payer à l’Etat. « Comment peut-on concurrencer les produits importés des pays avec lesquels l’État a conclu des accords commerciaux alors que nos produits sont lourdement imposés ? » s’insurge un étudiant en management des industries. « Cette politique fiscale peut rendre frileux les plus déterminés », poursuit-il.
Dépasser les obstacles
« Les taxes à l’exportation des produits transformés à Madagascar doivent également être diminuées »
Les jeunes ayant assisté à la conférence ont mis en avant leur volonté de s’engager dans le secteur de l’industrie, et ont montré qu’ils avaient des idées et des produits à transformer. Pour eux, il est important que l’État baisse les impôts réclamés aux jeunes entreprises afin de les aider à se lancer puis à s’épanouir. « Les taxes à l’exportation des produits transformés à Madagascar doivent également être diminuées », suggèrent-ils, « tandis que les taxes sur les produits importés doivent être augmentés ».
Reconnaissant que « les taxes pèsent sur les entreprises malgaches », Fredy Rajaonera a souligné les combats menés par son organisation dans ce sens. Il a notamment soulevé la mise en place de la Loi sur le développement industriel de Madagascar (LDIM) qui devrait « ouvrir une nouvelle ère pour le secteur de l’industrie ».
Cette loi, initiée par le SIM, prévoit pour les industriels des avantages fiscaux ainsi que divers appuis, comme l’Agence nationale pour le développement de l’Industrie ou le Fonds national pour le développement de l’industrie. « Nous sommes en attente des décrets d’application et la loi peut entrer en vigueur », a indiqué le président du SIM.
Malgré ce texte, Fredy Rajaonera, invite les jeunes à aller de l’avant et à ne pas toujours attendre l’État. « Il ne faut pas se décourager face aux démarches et procédures administratives », a-t-il recommandé à son auditoire. « Soyez convaincus de ce que vous faites, enfoncez les portes et ne restez pas bloqués sur les problèmes financiers », a-t-il martelé. « Vous êtes de futurs entrepreneurs, vous êtes de nouveaux talents », a-t-il conclu.
Les panneaux solaires à usage individuel commencent à se faire une place dans le domaine de l’électrification à Madagascar. L’énergie solaire, ressource naturelle renouvelable, est de plus en plus utilisée dans les zones rurales et enclavées du pays.
Les panneaux solaires sont vendus un peu partout à Madagascar. Il est possible de s’en procurer aussi bien en magasin que dans les marchés, ou tout simplement au bord de la route, auprès des marchands informels. Ces matériels d’électrification qui fonctionnent avec le soleil que le pays reçoit en moyenne 7,6 heures par jour, selon les chiffres officiels, ont la cote auprès des consommateurs. Les chiffres officiels indiquent également que « 5% des ménages sont actuellement électrifiés grâce à des systèmes utilisant l’énergie solaire ».
Ce système est surtout exploité dans les zones rurales qui n’ont pas accès au réseau électrique. Il est également utilisé dans les grandes villes pour remédier à la défaillance du réseau officiel. Leur usage reste principalement domestique.
Revendeurs
Avec un panneau de 24 volts, un foyer peut cuire ses repas au réchaud électrique, charger des appareils électroniques et s’éclairer avec cinq ampoules. Pour les citadins, le recours à l’énergie solaire constitue une solution de secours face aux services parfois insuffisants de la compagnie nationale de distribution d’eau et d’électricité (Jirama).
« Nous vendons surtout nos produits auprès de revendeurs venant des provinces et des différents coins du pays »
Zaka, vendeur de panneaux solaires à Analakely, écoule principalement ses marchandises auprès de particuliers et de revendeurs. « Nous vendons surtout nos produits auprès de revendeurs venant des provinces et des différents coins du pays », confie-t-il. « Ces acheteurs viennent toutes les semaines ou tous les mois pour s’approvisionner », poursuit-il.
Le prix des panneaux solaires varie selon la dimension, mais aussi selon la puissance et la tension qu’ils peuvent supporter. Pour un panneau solaire de grande taille et de performance élevée, le kit complet, comprenant un régulateur et deux batteries, s’élève à un million d’ariary au minimum.
La réduction de la déforestation passe par la réduction de l’utilisation du bois énergie, et notamment du charbon. Un certain nombre de techniques ont été développés pour ce faire.
Madagascar n’a plus d’autre choix. La Grande île doit réduire sa consommation de bois énergie pour ralentir sa déforestation. Les chiffres révélés lors de l’atelier de présentation de la stratégie nationale d’approvisionnement en bois énergie font état d’une demande annuelle de 18 millions de m3 de ce combustible alors que l’offre nationale est de 9 millions de m3.
La cuisson par le bois énergie ou le charbon – source Wikipédia Steve Evans
Les prévisions sont encore plus éloquentes. Selon le ministre de l’Énergie et des hydrocarbures, Lantoniaina Rasoloelison, « avec la demande effrénée en ressources en bois énergie, conjuguée avec la croissance démographique, il est estimé que d’ici à 2030, les besoins seront de deux fois plus élevés que leur niveau actuel alors que la tendance est à la baisse des ressources ».
Déforestation à Madagascar – source Wikipédia Diorit
Une étude sur l’évolution de la couverture de forêts naturelle à Madagascar entre 2005 et 2010, publiée en 2013, indique, par ailleurs que, en cinq ans, la Grande île a perdu 180 000 ha de forêt, soit près de 36 000 ha de perte annuelle. Cette déforestation est principalement due à la surconsommation du bois énergie qui, à entendre le ministre chargé de l’Énergie, « assure la cuisson alimentaire d’une bonne partie, sinon de la quasi-totalité de la population malgache ».
Les chiffres avancés par le ministère chargé de l’Environnement précisent que 92% des ménages malgaches utilisent soit le bois de chauffe soit le charbon de bois pour leur énergie domestique. « Ces ménages risquent de faire face à une pénurie grave de bois énergie, notamment du charbon de bois », soulève encore Lantoniaina Rasoloelison.
Afin de réduire la consommation de bois énergie, le ministère de l’Énergie et des hydrocarbures préconise le recours aux énergies de substitution et de complément comme le gaz, l’éthanol ou l’électricité. Mais la principale stratégie consiste à économiser le charbon de bois à travers une diversité de techniques qui en permettent l’utilisation tout en la diminuant.
Moitié moins
fatana mitsitsy, ou des foyers à cuisson économique
De nombreuses initiatives se sont ainsi développées ces dernières années pour fabriquer des « fatana mitsitsy », ou des foyers à cuisson économique. A base de terre cuite, ces foyers améliorés conservent davantage la chaleur et permettent de cuire les aliments tout en économisant les combustibles utilisés. Des formations à la fabrication artisanale de ce type de foyers ont été organisées par diverses organisations nationales et internationales afin d’en faciliter la distribution auprès des communautés.
« Les utilisateurs de nos foyers utilisent moitié moins de charbon », glisse un responsable de la société Bionerr, entreprise de fabrication plus « industrielle » de fours et de foyers améliorés. Le responsable précise par ailleurs que les foyers issus de leurs ateliers peuvent utiliser des combustibles autres que le charbon. C’est ainsi que l’on trouve, aux côtés d’une diversité de fours et de foyers modernes en argile et en fer, des pommes de pin, des copeaux de bois ou encore des rafles de maïs.
Dans le but de réduire la perte de la couverture forestière, des actions sont également menées pour augmenter la production de charbon de bois sans augmenter le volume de bois à carboniser. Les techniques de carbonisation ont ainsi été améliorées. Un charbonnier de Manjakandriana explique que pour avoir une production plus efficace et pour réduire les déchets de charbon, « la meule ainsi que son aération doivent être constamment surveillées et le feu bien maitrisé ».
« Il y a plus de travail mais le résultat en vaut la peine », poursuit-il. Avec les techniques améliorées, le même volume de bois peut donner le double de sa production habituelle. Il assure également que « le charbon cuit de manière plus moderne met plus de temps à se consumer ».
Des jeunes chercheurs ont également mis au point des charbons fabriqués à partir des débris et des cendres de charbon déjà utilisés. Vendu par pièce ou en sachet en fonction de leurs tailles, ces combustibles sont très économes.
Les prix des carburants sont censés varier mensuellement en fonction des prix internationaux et du cours de l’ariary. Les autres composantes de structure des prix sont généralement invariables.
Enième hausse des prix des carburants en août. Le litre du supercarburant est passé de 4 050 ariary à 4 100 ariary, tandis que celui du gasoil est actuellement de 3 450 ariary en août contre 3 400 ariary en juillet. Depuis que l’État a décidé d’appliquer la vérité des prix des carburants en mars 2016, ceux-ci devraient, en principe, changer tous les mois, en fonction des prix internationaux du pétrole.
Incidence élevée des prix internationaux sur les prix à la pompe
Une formule d’ajustement automatique mensuel des prix a ainsi été adoptée. Cette formule se base sur quatre composantes dont le prix de référence frontière (PRF) constitue l’élément le plus variable d’un mois à l’autre. S’agissant du prix des carburants à leur arrivée au port, ce PRF est composé du prix d’achat du carburant, du prix de transport maritime et des frais divers de port. S’élevant à 2 047 ariary par litre en août aussi bien pour le supercarburant que pour le diesel, il a pourtant été de 1 903 ariary par litre de carburant et de 1 936 ariary par litre de gasoil en juin, soit des différences respectives de prix de 144 ariary et de 111 ariary.
Les autres éléments constitutifs, comme les frais de transport et de stockage, les frais de distribution ainsi que les taxes et les redevances, ont un taux quasiment fixe. Cependant, afin d’influer sur les prix à la pompe, l’Etat peut parfois négocier avec les pétroliers pour que ces derniers diminuent leurs marges sur ces différents frais. Ils ne changent généralement qu’à l’issue des négociations entre les pétroliers et l’État sur les bénéfices des distributeurs.
Le transport des carburants jusque dans les cuves des dépôts de la Logistique Pétrolière ainsi que leur stockage coûtent environ 360 ariary par litre pour le supercarburant et de 340 par litre pour le gasoil. La distribution auprès des consommateurs, quant à elle, incluant la livraison des carburants auprès des stations-services, ainsi que les marges des gérants est de 507 ariary par litre.
Arriérés
Enfin, depuis leur hausse en janvier 2018, les taxes et les redevances sur les carburants s’élèvent actuellement à 1484 ariary pour le supercarburant et à 982 ariary pour le gasoil.
Enfin, depuis leur hausse en janvier 2018, les taxes et les redevances sur les carburants s’élèvent actuellement à 1484 ariary pour le supercarburant et à 982 ariary pour le gasoil. Ces taxes et redevances représentent les droits de douane, les taxes sur les produits pétroliers, les redevances destinées à l’Office malgache des hydrocarbures (OMH) et à l’Autorité portuaire, maritime et fluviale (APMF), les taxes environnementales, les redevances pour l’entretien routier ainsi que les prélèvements sur les prix des produits pétroliers.
Le montant total de ces quatre éléments qui structurent le prix des carburants constitue le prix réel des carburants qui devrait, en fonction des prix de référence frontière, changer tous les mois. Pour éviter les trop grandes fluctuations sur les prix affichés à la pompe, surtout les hausses trop importantes, les autorités ont mis en place un système d’ajustement des prix.
C’est ainsi que les prix à la pompe peuvent ne pas augmenter alors que les prix internationaux sont en hausse. En août, le prix du supercarburant à la pompe est, par exemple, de 306 ariary moins cher que le prix de référence calculé. Cet écart est de 393 ariary pour le gasoil. L’État ayant pris l’engagement de ne plus verser des subventions aux compagnies de distribution pétrolière, les arriérés qui sont dus à ces dernières se sont accumulés ces derniers mois. Les derniers chiffres font état d’un gap de près de 100 milliards d’ariary.
Vendues dans les marchés, dans les rues ou en magasin, les fripes font le bonheur des amateurs de shopping. Des articles de luxe et de marque sont accessibles à petit prix dans les friperies.
S’habiller avec des vêtements de marque sans se ruiner est tout à fait possible à Madagascar. Il suffit juste de trouver les bons plans, et d’avoir de la patience pour dénicher les plus belles pièces. Les meilleurs plans, ce sont encore les friperies que l’on peut retrouver un peu partout. Vendant des vêtements d’occasion en provenance d’Europe ou d’Asie, ces commerces ont de plus en plus la cote auprès des consommateurs.
Marchands de friperies à Antananarivo
À Antananarivo, presque tous les quartiers ont leurs friperies. Pour les connaisseurs, les meilleurs endroits pour chercher les meilleures affaires sont les marchés hebdomadaires d’Andravoahangy (mercredi), de Mahamasina (jeudi), des 67 ha (vendredi) et d’Ambodin’Isotry (samedi). Les ventes se font évidemment en plein air.
Les stands des fripiers sont parfois érigés au cœur des places de marché, mais ils sont souvent aussi installés sur les trottoirs, ou carrément sur une partie de la chaussée. Les articles sont alors étalés à même le sol, lorsqu’ils ne sont pas présentés sur un établi de fortune ou accrochés à des cintres sur des stands en bois ou en fer.
Elles sont de toutes les marques, et on y trouve même les plus luxueuses telles que Louis Vuitton, Ralph Lauren ou Lacoste.
Dans ces marchés, on peut trouver de tout, et il y en a pour tous les goûts, pour toutes les tailles, pour tous les besoins et pour toutes les bourses. Les pièces stars sont les vêtements et les chaussures, mais il y est aussi proposé différents types de sacs, des peluches, ou même des articles de lingerie. Elles sont de toutes les marques, et on y trouve même les plus luxueuses telles que Louis Vuitton, Ralph Lauren ou Lacoste.
Boutiques
Les prix varient d’un marchand à un autre, et d’un article à un autre, allant de 300 ariary à 100 000 ariary. Chez les fripiers d’Andravoahangy, on peut avoir une chemise avec la modique somme de 300 ariary, alors qu’en boutique, celle-ci peut coûter 25 000 ariary. Un sac de marque peut être acquis à 100 000 ariary alors que dans les boutiques spécialisées, le même sac mais neuf ne serait pas à moins de 250 000 ariary.
La qualité des articles et leur état comptent également dans la fixation des prix. Même si elles ont déjà servi, les pièces des fripes sont encore en très bon état. Quelques-unes ont des défauts, mais ceux-ci sont souvent réparables et ne sont pas toujours visibles au premier coup d’œil. Autre avantage des friperies de plein air : le marchandage reste possible, ce qui n’est pas toujours le cas dans les magasins de friperies.
Car les friperies ne sont pas toutes installées en plein air. Certaines boutiques se sont spécialisées dans la vente d’articles d’occasion, comme celles qui ont récemment ouvert leurs portes à Ankadifotsy, à Analakely ou à Ankorahotra. D’autres les vendent uniquement en ligne, sur Facebook, en plus des frais de livraison à 2000 Ar ou 3000 Ar selon la distance commerçant-client.
Les marchandises qui y sont proposées sont souvent de première qualité et en très bon état. Elles subissent également des traitements spécifiques, tel que le lavage et le repassage ou même le passage en teinturerie, avant d’être mises en étal. Les prix, enfin, y sont un peu plus élevés que ceux des friperies de plein air, mais restent abordables par rapport à ceux des boutiques vendant des articles neufs des mêmes marques.
Les démarches pour créer une entreprise constituent toujours un parcours du combattant. Des mesures ont pourtant été prises pour faciliter les procédures.
Il n’est pas toujours aisé de lancer sa propre entreprise. Des mesures de facilitation ont été prises par les autorités, mais les démarches restent lourdes. Comme toute procédure administrative, celle relative à la création d’entreprise nécessite des dépenses, aussi bien en temps qu’en argent.
Pour alléger les procédures de création d’entreprise, les autorités ont mis en place le bureau de développement économique de Madagascar (EDBM – Economic development board of Madagascar). Toute personne, physique ou morale, souhaitant lancer une entreprise peut s’adresser à ce bureau où un guichet unique a été mis en place.
Ce guichet est, entre autres, chargé de recevoir et de traiter des dossiers de demande de création d’entreprises ainsi que de s’occuper de leur fiscalité et de tous les aspects juridiques. Les demandeurs n’ont donc plus à faire le tour des différents services administratifs pour constituer leur société. Selon l’EDBM, les documents prouvant la création de la société devraient ensuite être délivrés en quatre jours.
Ando, startuper de 20 ans, a, par exemple, « mis trois semaines » pour lancer son entreprise.
Ce délai n’est pourtant respecté que si tous les dossiers demandés pour la constitution de l’entreprise sont respectés. Les principales difficultés soulevées par les entrepreneurs résident justement dans les procédures pour réunir les documents à soumettre au guichet unique. Ando, startuper de 20 ans, a, par exemple, « mis trois semaines » pour lancer son entreprise.
Enregistrement
Treize documents, au total, doivent composer le dossier de demande de création d’entreprise. Aux statuts et déclarations d’existence, doivent entre autres s’ajouter d’autres papiers comme les autorisations ministérielles, l’état de situation fiscale des actionnaires ou encore le contrat de bail visé et épinglé avec une copie du titre foncier.
Les statuts, par ailleurs, doivent être enregistrés et légalisés auprès de la mairie dont dépend le siège social de l’entreprise, tout comme le procès-verbal de procuration nommant le mandataire chargé de représenter la société dans le suivi des dossiers de création. Autant de démarches en amont qui nécessitent du temps et de l’argent.
De longues démarches pour créer sa société
Aux démarches de réunion des dossiers s’ajoutent les frais nécessaires à la constitution de l’entreprise. En dehors du capital social, les droits et taxes à prévoir pour la constitution d’une société varient entre 132 000 ariary et 436 000 ariary en moyenne. Outre les impôts qui changent selon le type d’activités, ce coût inclut le droit d’enregistrement qui est de 0,5% du capital social avec un minimum de perception de 10 000 ariary, le droit d’immatriculation au registre de commerce et des sociétés (RCS) qui s’élève à 16 000 ariary, et le droit d’immatriculation statistique qui coûte 40 000 ariary. « Le coût peut encore augmenter si l’on veut s’enregistrer auprès de l’Office malgache de la propriété industrielle (OMAPI) », glisse Agnès, startuper en pleine démarche de création d’entreprise.
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Les documents nécessaires à la création d’entreprise
– 6 exemplaires des statuts de la société, signés et paraphés par tous les associés,
– 3 copies de la carte d’identité nationale du gérant ou 4 copies du passeport si le gérant est un étranger,
– 2 certificats de résidence originaux du gérant datant de moins de 3 mois,
– 5 documents de jouissance du local (contrat de bail ou contrat de sous-location) accompagnés, soit de la copie intégrale du titre foncier, soit d’un acte de notoriété du propriétaire inscrit avec autorisation de louer par les cohéritiers, soit d’une procuration donnée par le bailleur, soit d’un acte de vente soit du contrat de bail original en cas de sous-location ;
– 2 plans de repérage visés par le fokontany,
– 2 procurations et 2 copies de la Carte d’identité nationale du mandataire,
– 1 déclaration relative aux dirigeants sociaux (gérant et co-gérant)
– Éventuellement, quatre exemplaires de l’autorisation des ministères concernés pour les activités réglementées.
Des documents complémentaires, comme un extrait du registre du commerce et des sociétés datant de moins de trois mois sont exigés si parmi les associés figurent des sociétés anonymes, ou si l’entreprise à créer choisit le statut d’une société anonyme.
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Le montant des impôts à payer par type d’activité
L’impôt est une obligation de toute personne physique ou morale envers l’État. Le tarif dépend en principe du chiffre d’affaires de chaque société nouvellement créée mais le taux, à la base, est de 21%.
Une société qui a un chiffre d’affaires supérieur ou égal à 200 millions d’ariary est assujettie à l’impôt sur les revenus et aux taxes sur la valeur ajoutée (TVA). Une société possédant un chiffre d’affaires compris entre 20 millions d’ariary et 200 millions d’ariary est soumise l’impôt sur les revenus et la TVA reste une option. Une société dont le chiffre d’affaires est en dessous de 20 millions d’ariary est, pour sa part, soumise à l’impôt Synthétique (IS) qui s’élève à 5% du chiffre d’affaires.
Si option IR
Si option IS
Impôts sur les revenus (IR) [cf. Art 01.01.14 du Code Général des Impôts]
ou Impôt Synthétique (IS) [cf. Art 01.02.05 du Code Général des Impôts]
100.000 Ar pour les personnes imposables exerçant des activités agricole, artisanale, industrielle, minière, hôtelière, touristique ou de transport
16.000 Ar pour les agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, petits exploitants miniers, transporteurs utilisant des véhicules non motorisés (charrette, pousse-pousse, pirogue etc.)
320.000 Ar pour les autres entreprises
50.000 Ar pour les artisans, gargotiers, petits producteurs
100.000 Ar pour les artisans miniers, artistes et assimilés, commerçants, hôteliers, prestataires, restaurateurs
150 000 Ar pour professions libérales et autres, activités multiples, Autres
Depuis le 1er Janvier 2018, tout téléphone mobile avec un numéro d’identification (IMEI) non-valide est interdit d’importation à Madagascar. L’utilisation de ces terminaux sera également bannie par les autorités à partir du 30 juin 2019.
Les autorités prennent des mesures contre les téléphones mobiles contrefaits ou non conformes aux normes internationales. Un arrêté pris en janvier 2018 par le ministère des Postes, des télécommunications et du développement numérique (MPTDN) prévoit, entre autres, des restrictions sur l’utilisation des terminaux non identifiés et non identifiables. « Tout téléphone ne disposant pas de numéro d’identification internationale d’équipement mobile (IMEI) valide ne pourra pas être utilisé », indique Frank Rabanoson responsable au sein de l’Autorité de régulation des technologies de communication (ARTEC).
Les téléphones sans numéro d’identification interdits
L’arrêté en question indique que « tout terminal mobile sans numéro IMEI valide ne peut plus être introduit sur le territoire de la République de Madagascar pour compter du 18 janvier 2018 ». Aucune autorisation d’importation ne sera délivrée pour ce type de terminal à partir de cette date par l’ARTEC, l’autorité de régulation qui est chargée de protéger les intérêts des consommateurs et des citoyens en tant qu’usagers individuels, professionnels, collectifs et résidentiels des services de la télécommunication et des technologies pour l’information et la communication (TIC).
Ces terminaux ne doivent pas être connectés au réseau des télécommunications des opérations en téléphonie mobile à Madagascar. Selon l’arrêté du ministère chargé des Télécommunications, « pour compter du 30 juin 2019, tout terminal dont l’IMEI n’est pas enregistré ou répertorié ne pourra pas être utilisé, commercialisé ou cédé à titre onéreux ou gratuit, et ne doit pas être connecté au réseau des télécommunications des opérateurs en téléphonie mobile ».
Sensibilisation
« Les éléments constitutifs des téléphones contrefaits ne sont pas supportés par le tissu humain »
Pour l’ARTEC, ces décisions ont été prises pour assurer la sécurité du public et pour améliorer les services qui leur sont proposés. Frank Rabanoson rappelle notamment que les téléphones contrefaits présentent des dangers pour la santé et l’environnement. « Les éléments constitutifs des téléphones contrefaits ne sont pas supportés par le tissu humain », souligne le responsable. Il précise également que « ces terminaux contrefaits peuvent aussi causer des éventuelles perturbations des télécommunications et dégradent la qualité de service des réseaux ».
Les responsables auprès de l’ARTEC indiquent avoir déjà commencé les sensibilisations auprès des petits revendeurs de terminaux sans numéro d’identification. Pour l’instant, aucune mesure n’a encore été prise à l’encontre de ces revendeurs, et la commercialisation des appareils interdits se poursuit. « Les petits vendeurs comme nous avons déjà entendu cette information mais nous continuerons encore à vendre ces produits tant qu’il y a des acheteurs », déclare Andry, un revendeur de téléphone sans identification.
Le texte sur la restriction d’utilisation des téléphones contrefaits ordonne que tout téléphone ne respectant pas ces règlements soit confisqué, mais les sanctions ne seront prises qu’en 2019. « A partir du juin 2019, nous allons confisquer les téléphones contrefaits. Nous allons les sceller et les détruire après », précise le responsable de l’ARTEC. « C’est pareil pour l’importation des téléphones, les importateurs doivent obtenir notre autorisation avant d’importer les téléphones, et en cas d’infraction, les appareils interdits seront renvoyés à l’étranger », poursuit-il encore. L’ARTEC pour ce faire collabore étroitement avec les services des douanes qui refuseront l’entrée sur le territoire malgache de tout terminal n’ayant pas l’autorisation de l’ARTEC.
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Comment vérifier son numéro IMEI ?
Chaque usager peut examiner le code IMEI de son téléphone en composant le *#06#. Une fois ces chiffres tapés, le numéro d’identification du téléphone apparaitra aussitôt sur l’écran du téléphone. Il existe également des applications à télécharger comme IMEI Analyzer. Il suffit de l’installer dans le smartphone pour détecter les chiffres constitutifs du numéro. Si les usagers n’arrivent pas à identifier leurs numéros, ils peuvent venir auprès des responsables de l’ARTEC pour vérification.
L’International Mobil Equipment Identity est le numéro d’identification d’un téléphone portable. Il est constitué de 15 chiffres consignés sous la batterie du téléphone ou sur la boîte obtenue lors de son achat. Ces chiffres permettent à l’opérateur d’un réseau mobile d’identifier un téléphone et de l’autoriser ou non de se connecter à son réseau. Son rôle le plus connu permet de bloquer le téléphone surtout en cas de vol ou en cas de perte. Grâce à ces chiffres, le propriétaire peut venir dans un opérateur réseau et de fournir les informations nécessaires pour bloquer le téléphone.