Antananarivo, 17 Novembre, 9h50 – Une mission précise. Le président de la République Andry Rajoelina invite le ministre des Travaux publics, Richard Rafidison, à s’assurer que la route nationale 2 soit réhabilitée et que la circulation y soit encore plus fluide. Il rappelle que s’il a nommé l’ancien gouverneur de l’Atsinanana au ministère des Travaux publics, “la réhabilitation de la RN2 est l’une des raisons”.
A en croire le chef de l’Etat, des améliorations ont d’ailleurs déjà pu être faites sur la circulation sur la RN2. “Si avant, on devait rouler jusqu’à 12 heures, aujourd’hui, cela ne prend plus que huit heures. Maintenant, je demande au ministre de faire des efforts pour que cela ne se fasse plus qu’en six heures comme cela a été le cas avant”, souligne-t-il durant la cérémonie de lancement de la réhabilitation de la rue Plaque Relaxe.
Cours d’eau à sec, rizières en manque d’eau, l’agriculture endommagée. Le changement climatique frappe fort dans plusieurs zones de l’Alaotra. Alors que la campagne agricole a débuté ce samedi 9 novembre dans cette région qui était le grenier à riz de Madagascar, de nombreux cultivateurs ne peuvent pas encore commencer à travailler leurs terres.
“L’année sera bien mauvaise” quand viendra la période des récoltes dans l’Alaotra. Ceux qui ont pratiqué des cultures de contre-saison n’espèrent pas de bonnes moissons. Certains agriculteurs constatent que leurs terres se craquellent par manque d’eau.
La partie supérieure des tallages commence à jaunir faute d’humidité.
Mais le riz n’est pas la seule culture à souffrir des conditions climatiques et de la pénurie d’eau.
Ce champ de tomates sis à Ambalavato, commune d’Ilafy-Ambatondrazaka, ne donnera quasiment rien.
Des insectes ravagent la culture, les pieds de tomates ne supportent pas la chaleur et le manque d’eau.
Son propriétaire, Charles Randriambola est désabusé. « Vous voyez ce qui arrive à nos récoltes. Nous n’avons fait que quatre cueillettes dans ce champ de tomates, et maintenant les pertes sont énormes. Nous sommes obligés de les récolter vertes. Il n’y a pas d’eau à cause de cette sécheresse, pour pouvoir préserver les plants le plus longtemps possible. Nous avons besoin de pluie. La pluie ne tombe pas. Avec cette chaleur, les insectes sont plus ravageurs. », confie-t-il.
Les agriculteurs d’Alaotra attendent fortement la pluie pour commencer à travailler la terre.
Beaucoup d’entre eux ne peuvent même pas se mettre à préparer le sol en vue du repiquage quand l’eau arrivera.
Au PC 15 vallée Marianina, les vannes du barrage sont encore fermées. Les responsables attendent que la pluie tombe avant de libérer l’eau retenue, pour que toutes les parcelles puissent en bénéficier.
« Cette saison agricole 2024-2025 est très en retard par rapport à la saison 2023-2024. En 2023-2024, durant le mois de novembre, on avait déjà commencé à labourer sur ce périmètre. Pour cette saison 2024-2025, il n’y a pas encore de pluie jusqu’au moment où l’on parle. », déclare Nantenaina Rakotondrasoa, un agriculteur à Ilafy – Ambatondrazaka
Au niveau du service de la météorologie, les prévisions de précipitations ne sont pourtant pas favorables.
Il n’y aura pas beaucoup de pluies cette année. Des mesures doivent être prises avant que les choses ne s’aggravent. La direction régionale de l’Agriculture et de l’élevage entend mettre en place une politique de gestion de l’eau.
« La pluie sera très faible par rapport à l’année dernière. Ce sera comme pendant la saison 2021-2022, d’après ce qui a été discuté. La production a été très faible à cause d’une mauvaise météo. Pour cette raison, nous encourageons les agriculteurs de la région à utiliser raisonnablement l’eau afin d’en limiter les pertes. Nous devons penser aux autres dans la gestion de l’eau pour que tout le monde puisse en profiter. », indique pour sa part Zaka Randriampeno, directeur régional de l’Agriculture et de l’élevage dans l’Alaotra-Mangoro
Le changement climatique se ressent déjà depuis quelques années dans l’Alaotra. Les agriculteurs ne savent plus comment gérer la variation de l’eau. Quand il y en a trop comme quand il y en a peu. Les impacts se font ressentir sur le rendement. « Avant, on pouvait obtenir 60 à 70 sacs de riz par hectare. Mais maintenant, on n’a plus que 20 sacs à cause de l’eau. La production n’est plus comme avant. », confie Michel Randriamiarinosy
un agriculteur à Ilafy – Ambatondrazaka
Au niveau du pouvoir central, l’Etat veut aider les agriculteurs malgaches à accroître leur rendement. L’objectif consiste à atteindre l’autosuffisance alimentaire dans les prochaines années. Cela devra donc passer par la réhabilitation des infrastructures déjà existantes, ou encre l’irrigation des nouvelles zones exploitables,
Sans oublier l’aide aux agriculteurs pour faire face au changement climatique.
Antananarivo, 13 Novembre, 12h10- L’Alaotra veut redevenir le grenier à riz de Madagascar. Afin d’atteindre cet objectif, le projet RizPlus accompagne des agriculteurs dans cette région en les dotant d’intrants et de kits agricoles. Le défi est pour que ces agriculteurs puissent doubler leur rendement.
Pour marquer le début, 100 agriculteurs choisis dans le périmètre PC15 vallée Marianina ont bénéficié de 15 kg de semences Tsemaka, de 500kg d’engrais comprenant d’engrais chimique et organique pour qu’ils puissent augmenter leur productivité.
“Ce sont des agriculteurs ciblés. Il y aura de suivi régulier”, indique Guy Ramarosandratana, gouverneur d’Alaotra Mangoro, lors du lancement de la campagne agricole à Soaravo, dans la commune d’Ilafy, Ambatondrazaka, samedi. “Je ne veux pas voir ces intrants et matériels aux marchés. Il faut les utiliser”, lance le gouverneur aux agriculteurs.
Dans la région Alaotra Mangoro, leur zone d’intervention est limitée sur une superficie de 30 000 ha réparti dans le district d’Ambatondrazaka, d’Amparafaravola et de Moramanga. Piloté par le ministère de l’Agriculture et de l’élevage, le projet RizPlus est financé par la Banque mondiale à hauteur de 200 millions de dollars et de l’AFD à hauteur de 27 millions de dollars. RizPlus vise à soutenir 150 000 foyers dans l’Alaotra Mangoro et le Sofia.
Antananarivo, 11 Novembre, 18h15 – Ça y est, la date est fixée pour la deuxième édition du Festival Marokintana. Ce festival lancé en 2022 et dédié aux requin-baleines va se tenir à Nosy Be le 22 et le 23 novembre prochain. “Nous allons convier les passionnés de nature et de biodiversité pour observer ces animaux qui sont inoffensifs, étonnants, et rares”, indique Viviane Dewa en conférence de presse à Tsimbazaza ce lundi. “On pourra en observer jusqu’à 300 facilement”, ajoute la ministre du Tourisme et de l’artisanat.
De nombreuses activités marqueront le festival cette année. La plus importante reste bien évidemment le safari requin-baleine. Cette activité permettra aux visiteurs d’aller au plus proche de ce géant des mers. Les requins-baleines sont des poissons cartilagineux qui peuvent mesurer jusqu’à 20 mètres. “Il atteint l’âge adulte à 30 ans et peut vivre jusqu’à 130 ans”, note la ministre. “C’est une richesse qui peut attirer les touristes. À Sainte Marie, il y a le festival des baleines, et à Nosy be il y a le Marokintana”, ajoute la membre du gouvernement. D’autres activités sont également programmées telles que des conférences sur la préservation des méga faunes marines, des carnavals, des concerts et diverses animations.
Le festival ambitionne de booster le tourisme de Nosy Be. Ce festival fait partie de la diversification des produits touristiques que veut proposer la Grande île, explique le ministère. Selon la ministre, la première édition qui s’est tenue en 2022 a permis de booster le tourisme local de 30%. “Ce festival arrive également à point nommé pour marquer nos atouts touristiques et renforcer la position de Nosy Be comme site d’observation responsable de ce géant de mer dans son habitat naturel”, explique-t-elle.
Mais le festival veut également mobiliser la communauté locale de Nosy Be afin d’avoir un impact durable sur l’économie de l’île. “Avec Marokintana on ne veut pas simplement mettre en avant les atouts de Nosy Be mais aussi rassembler les parties prenantes, les autorités locales, acteurs de l’écotourisme et habitant de l’île autour d’une mission commune, ensemble, nous souhaitons faire de ce festival un moteur de développement socio économique en valorisant les compétences locales et en encourageant la création d’emploi autour d’un tourisme éthique”, indique encore la ministre. “Nous espérons impliquer la population locale pour générer les meilleures retombées économiques tout en augmentant la visibilité de Nosy Be en tant que destination éco touristique de référence”, ajoute-t-elle.
Antananarivo, 11 Novembre, 10h05 – “Nous devons savoir gérer l’eau”. Zaka Randriampeno, directeur régional de l’Agriculture et de l’élevage dans l’Alaotra Mangoro, lance un appel aux agriculteurs de cette région à ne pas gaspiller l’eau. Lors du lancement officiel de la campagne agricole qui s’est tenue à Ambohiboromanga, dans le district d’Ambatondrazaka, samedi, ce responsable a cité la prévision du service de la météorologie qui a évoqué le manque de pluie pour cette année.
“La pluie ne sera pas abondante. Il faut bien utiliser l’eau pour que tout le monde en profite”, poursuit-il dans son discours. Il a mis en avant l’effort du gouvernement pour la réparation des barrages et des digues pour bien répartir l’eau.
Pour ce début du mois de novembre, la plupart des riziculteurs attendent encore la pluie pour démarrer les semailles et le repiquage . “Le démarrage de la campagne, c’est juste l’annonce officielle de la saison agricole. Mais chaque périmètre a sa date de début de campagne”, souligne le DRAE. “Pour le PC 23 par exemple, l’eau est déjà disponible. Par contre, dans le PC 15 vallée Marianne, le barrage ne sera ouvert qu’en début décembre”, explique-t-il.
A en croire le directeur régional, “ceux qui ont déjà préparé leur sol attendent juste la pluie”. Il n’en signale pas moins que “de nombreux paysans ne peuvent pas encore faire cette préparation puisque le sol est très dur. Il y a même ceux qui présentent des fissures”, déplore-t-il.
Au niveau du gouvernorat, l’ambition est élevée. “Avant, nous étions le grenier à riz de Madagascar. Aujourd’hui, nous sommes la troisième région producteur du riz à Madagascar. Pour cette année, nous envisageons de redevenir le premier”, souligne Guy Ramarosandratana, gouverneur d’Alaotra Mangoro.
L’Alaotra Mangoro est parmi les deux régions choisies par le programme Rizplus pour son projet de productivité et de résilience des moyens de subsistance ruraux. Ce projet est financé par le Banque mondiale à hauteur de 200 millions de dollars et par l’Agence française de développement (AFD) pour un montant de 27 millions d’euros pour cinq ans.
Antananarivo, 31 Octobre, 8h20 – Des travaux réalisés à 50%. Deux des plus grands chantiers routiers financés par l’Europe devraient être achevés dans moins d’un an. Si l’on en croit le ministère des Travaux publics, la réhabilitation de la portion de la route nationale 6 (RN6) entre Ambanja et Antsiranana, longue de 234km devrait être terminée en août 2025. Le tronçon Ambovombe-Tolagnaro de la RN13, long de 107km, pour sa part, devrait être bouclé en mai 2025.
Selon le ministère, 43km de chaussée sont déjà bitumés sur la RN13. Outre le bitumage des tronçons restants, la réhabilitation de trois ponts, ceux de Ranomainty, d’Ankerana et de Ranopiso est également prévue. Sur la RN6, la mise en place d’une station de pesage à Ambanja, prévue dans la liste des travaux, est déjà faite, indique encore le ministère.
Les deux chantiers entrent dans le cadre du projet de modernisation du réseau routier de Madagascar financé par l’Union européenne et sa banque, la Banque européenne d’investissement. Le projet, s’élevant à 235,5 millions d’euros, est financé par un don de 116 millions d’euros de l’Union européenne, un prêt de la 110 millions d’euros de la BEI, une assistance technique de 4,7 millions de la BEI ainsi qu’un financement de 4,8 millions d’euros de l’Etat malgache.
Antananarivo, 29 Octobre, 7h38 – Après la RN2, le ministère des Travaux publics s’attaque à nouveau à la RN7. En déplacement à Ambatolampy puis à Antsirabe ce week-end, Richard Rafidison, ministre des Travaux publics annonce le début des travaux d’entretien de la route nationale 7 dans le cadre du projet Projet de développement durable des routes (PDDR) financé par la Banque mondiale. Les travaux de réhabilitation vont débuter par l’axe Antananarivo – Ambatolampy – Antsirabe dont les points noirs devront être traités avant la saison des pluies.
“La RN7 est longue entre Antananarivo et Toliara. On a un financement de la Banque mondiale pour l’entretien de cet axe entre Antananarivo et Antsirabe. En attendant les grands travaux, on a ordonné à l’entreprise de tout faire pour fluidifier la circulation et intervenir sur les points les plus endommagés et qui fait souffrir les transporteurs”, indique le ministre.
Outre la réhabilitation de la RN7, les routes d’Antsirabe ville, en très mauvais état vont également faire l’objet d’une réhabilitation. Ces travaux financés par le Fonds Routier vont débuter au mois de Novembre. Sont concernées par ces travaux, les rues au niveau Ambohimena, d’Ambavahady Mangatsiaka, de Zaodahy et d’Atsinanantsena.
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Antananarivo, 18 Octobre, 13h45 – Les autorités de la région Boeny ont pris des mesures fermes ce vendredi à l’égard des navires en provenance des Comores. Trois bateaux ont accosté jeudi à Mahajanga, dont un pavillon malgache avec 17 personnes à bord, et deux pavillons comoriens transportant plus de 200 passagers.
Les autorités malgaches, sous l’égide du gouverneur de la région de Boeny, Mokhtar Salim Andriantomanga, ont ordonné la mise en quarantaine immédiate des ressortissants malgaches présents sur le navire local. Quant aux bateaux comoriens, ils ont reçu l’ordre de rebrousser chemin. Cependant, des étapes de ravitaillement en eau, nourriture et carburant sont en cours avant leur renvoi, sous la supervision des responsables comoriens.
Ces décisions interviennent après une réunion d’urgence des responsables locaux tenue ce vendredi. Elles suivent une nouvelle montée de l’épidémie de choléra dans l’archipel comorien, d’où la fermeture temporaire des liaisons maritimes avec Madagascar, malgré une réouverture récente en août dernier. Le Conseil des ministres a également souligné que les mesures sanitaires renforcées demeurent en vigueur dans les aéroports, notamment à Mahajanga, avec des traitements préventifs administrés aux voyageurs en provenance des zones à risque.
Antananarivo, 17 Octobre, 14h40 – Fin de l’aventure pour des ressortissants étrangers. La gendarmerie annonce l’arrestation d’une quinzaine de Somaliens à Maromandia dans le district d’Analalava. Tous ont tenté de quitter clandestinement Madagascar en direction de Mayotte, selon les informations obtenues auprès de la gendarmerie locale. Cette arrestation a eu lieu mercredi vers 21h.
Des gens de bonne volonté ont fourni des informations sur la présence de ces ressortissants étrangers. Ce qui a permis à la gendarmerie de mettre la main sur cette tentative de migration clandestine. “Des villageois nous ont signalé la présence des individus qui ne parlent pas la langue malgache dans le village de Marovato Sud. Aussitôt avisé, nos éléments de sont rendus sur place”, nous confie une source auprès de la gendarmerie. A l’entendre, les étrangers ont pris la route en direction d’Angalagnabe à bord d’une voiture. “Nos éléments les ont appréhendés dans ce village”, poursuit-elle encore.
Au total, 15 ressortissants étrangers dont quatre femmes sont arrêtés. Deux d’entre eux ne disposent pas de passeport entre leurs mains. “Ils ont attendu des vedettes pour les embarquer vers Mayotte”, précise la gendarmerie. Ils sont placés au bureau de la brigade de la gendarmerie à Maromandia avant d’être transférés à Antsohihy pour être enquêtés, indique encorela gendarmerie.
Cette migration clandestine dans cette région n’est pas un fait nouveau. Au mois d’août, une vingtaine de candidats à la migration clandestine aux Comores ont été placés en détention à Antsohihy. 12 d’entre eux sont des ressortissants somaliens.
Antananarivo, 8 Octobre, 10h15 – La réponse à la malnutrition a également été au centre du programme d’Appui au financement de l’agriculture et aux filières inclusives (Afafi) dans le Sud et Sud-Est de Madagascar financé par l’Union Européenne. En tout, depuis la mise en œuvre du projet en 2020, ce sont 22 centres d’accueil enfant-mère (CAEM) qui ont été mis en place pour lutter contre la malnutrition chez les enfants de 6 à 24 mois.
Ces centres ont été mis en place dans des zones reculées de la région de l’Androy. Ils ont été réalisés en collaboration avec l’Office régional de la nutrition et les centres de santé de base. Outre l’octroi d’aide alimentaire, les agents communautaires au sein des CAEM sensibilisent également les mères aux bonnes pratiques alimentaires, aux soins et à l’hygiène.
Grâce aux soutiens des CAEM, de nombreux enfants sont moins susceptibles de contracter des maladies chroniques et présentent un poids adéquat. La situation nutritionnelle des populations vulnérables, notamment des enfants de moins de cinq ans, a ainsi pu être améliorée via la sensibilisation et à la distribution d’une farine infantile fortifiée produite localement surtout lors des grandes périodes de sécheresse en 2021.
Afin d’en finir avec la détresse alimentaire et nutritionnelle intensifiée par les sécheresses récurrentes et de l’enclavement de la région, le projet Afafi Sud a mis en avant des approches innovantes en matière d’agriculture notamment en adoptant les techniques d’agroécologie. Actuellement ce sont sur 3 877 hectares de terres qu’est appliquée la technique. Près de 151 500 personnes bénéficient déjà des retombées de ces actions.