Catégorie : Reportages
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VOYAGE – Quand le tourisme met les artisans à l’honneur sur la Route de l’artisanat
La « Route de l’artisanat » sur la RN1 et la RN43 est un circuit qui nous amène à la découverte de bien de secrets que l’Itasy conserve jalousement. Outre la beauté des sites de villégiature que propose la région, elle révèle des talents et des savoir-faire que l’on a envie de ramener chez soi. La “Route de l’artisanat”, un nouveau produit touristique concocté par le ministère du Tourisme et de l’artisanat, est le circuit à faire après un weekend au bord du Lac Itasy. -

VICTORIA TOLOJANAHARY GOEMAN PARSON, VOLONTAIRE AUX JEUX OLYMPIQUES – “C’est une grande fierté de contribuer pour faire gagner les médailles”
Si les Jeux Olympiques de Paris se déroulent aussi bien que même les Français eux-mêmes n’en ont pas trop eu à redire, c’est aussi grâce aux 45 000 volontaires venus prêter main forte à l’organisation. Parmi eux, une Malgache, Victoria Tolojanahary Goeman Parson qui travaille au sein des équipes médicales. Fière de contribuer à la réussite des Jeux, elle ne cache pas sa fierté d’avoir côtoyé les plus grands champions et d’avoir pu les aider. -

NICOLE RAMALALANIRINA : “Il n’y a pas de hasard dans le sport de haut niveau”
Dans notre série sur les légendes malgaches des Jeux Olympiques, nous avons rencontré Nicole Ramalalanirina, spécialiste du 100m haies et finaliste aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000. Cette performance, elle l’a pourtant obtenue sous les couleurs de la France dont elle a acquis la nationalité en 1998, après avoir obtenu, avec l’équipe nationale malgache, de nombreux titres et participé aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 et d’Atlanta en 1996. Au pied du stade de France où elle vient d’assister à la course du sprinter Rija Vatomanga Gardiner au 100m, elle a rencontré l’équipe de www.2424.mg. Elle se confie sur son parcours olympique, mais aussi sur les raisons qui l’ont amenée à choisir le pavillon français. Interview sans filtre.
Nicole Ramalalanirina est spécialiste du 100m haies. Elle est sans doute l’une des plus grands athlètes malgaches de tous les temps.
Son palmarès est impressionnant : elle est championne d’Afrique en 1993. Elle remporte la médaille d’or aux Jeux de la Francophonie de 1994 et de 1997.
En 1995, elle remporte le titre de Championne du Monde Universitaire aux Universiades de Fukuoka, Japon. Elle a participé à quatre Jeux Olympiques : Barcelone 1992, Atlanta 1996, Sydney 2000 et Athènes 2004. A Atlanta, elle atteint les demi-finales. Mais pour aller encore plus loin que les demi-finales, elle change de pays en 1998. C’est sous les couleurs de la France qu’elle court la finale de sa spécialité à Sydney 2000.“Personnellement, j’ai participé à quatre Jeux Olympiques. En 1992, j’étais à Barcelone avec [la délégation de] Madagascar. En 1996 à Atlanta, j’étais demi-finaliste sous les couleurs malgaches. Ensuite, en 2000, à Sydney et à Athènes [en 2004] j’ai couru pour la France. Ma meilleure place à Sydney, c’était celle de finaliste. Mon objectif, à l’époque, c’était la médaille, vu que j’avais gagné ma demi-finale mon ambition était donc élevée.
Pourquoi avez-vous demandé à être naturalisée française?
*Le choix était simple : sans détours, je dis que si j’ai quitté Madagascar c’est parce que je me suis rendue compte que c’était le maximum que je pouvais faire, parce que les aides faisaient défaut, je ne pouvais pas aller plus loin. C’était le maximum, car on a tous vu ce que l’on a vécu à Atlanta, à Barcelone. En matière d’ambition sportive c’était le maximum, alors il fallait changer.
Quelles étaient vos ambitions en quittant l’équipe nationale malgache?
*Lorsque j’avais pris la décision de ne plus faire partie de l’équipe nationale malgache, mon objectif était d’aller plus loin. Comme j’étais demi-finaliste à Atlanta, mon objectif était d’être finaliste voire médaillée. Je savais que cela était possible car mon entraîneur avait affirmé à l’époque que j’avais les capacités de faire un bon chrono pour aller en finale. Quand j’avais gagné ma demi-finale à Sydney, ma confiance était très élevée car mes adversaires étaient toutes très fortes. Nous étions 16 athlètes demi-finalistes, très compétitrices et de niveaux similaires. Je me suis dit que si j’étais sortie vainqueur d’une telle demi-finale c’est que tout était alors possible en finale.
Vous n’avez pourtant pas gagné la médaille après laquelle vous couriez…
*A 20 mètres de l’arrivée, une athlète jamaïcaine a commis une faute. Elle m’a frôlé et ce choc a ralenti ma course. Or, mon entraîneur m’a toujours dit que la médaille se joue dans les 15 derniers mètres. C’est-à-dire que j’étais sur le point d’accélérer [pour le sprint final] mais je ne pouvais pas car j’ai été déséquilibrée. Mais cela ne comptait pas, mon objectif était d’aller en finale au minimum. Je suis effectivement arrivée en finale, et j’étais contente. Quoi qu’il en soit, le sang malgache coule dans mes veines. J’ai gardé ma nationalité malgache. On peut donc toujours dire que j’étais la première Malgache à participer à une finale olympique. Et cela est très important.
Qu’est-ce qui différencie les deux équipes, malgache et française?
*Mentalement, je n’avais aucune inquiétude. La raison en était simple. Je suis bien placée pour comparer la préparation malgache et la préparation française. Là où je veux en venir, c’est que la préparation pour une grande compétition n’est pas seulement le fruit du hasard ni du bricolage. C’est quelque chose d’énorme. Cela passe par les infrastructures. Il faut aider les athlètes, financièrement et matériellement. Il en est de même des cadres, dirigeants et entraîneurs. Ils doivent tous être compétents. Il y a bien de choses qu’on peut critiquer chez les Français mais en tout cas les bases sont installées. Ce qui est important, c’est une préparation de très haut niveau. Dès lors que votre préparation se déroule normalement, viser une finale olympique ne constitue plus un problème. Je voudrais attirer l’attention des Malgaches sur l’aspect suivant. Quand vous parlez de haut niveau, vous devez savoir que vous êtes capable d’affronter des athlètes de valeur mondiale. Qu’est-ce que cela signifie ? Au minimum vous devez aller en demi-finale. Et c’est le critère chez les Français : ils ne sélectionnent pas des athlètes incapables d’atteindre la demi-finale au minimum. Arrivé en demi-finale, vous décidez de la suite. Mais là où je veux en venir, c’est notre préparation à nous Malgaches. Elle n’existe même pas parfois, on concourt de manière archaïque. Le hasard n’existe pas dans le sport de haut niveau, il faut une préparation sérieuse. Et même si vous vous êtes bien préparé, quelquefois vous ne vous en sortez pas, alors avec une préparation primaire … Il n’y a pas de place pour une préparation hasardeuse dans le haut niveau.
Comment avez-vous vécu votre vie d’athlète française?
C’est simple. Une fois que vous êtes inscrit dans la liste des athlètes français de haut niveau au niveau du ministère, vous recevez des aides financières et en termes d’infrastructures. C’est-à-dire vous pouvez profiter des biens que détient la Fédération, car ce ne sont pas tous les athlètes qui bénéficient des infrastructures et du matériel. De même il y a les sponsors. En tant que citoyen français, la ville et la région sont derrière vous et vous aident. Des équipementiers vous soutiennent également car ils savent que vous avez le niveau. Tout cela considéré dans son ensemble vous permet d’acquérir de la tranquillité d’esprit pour préparer les Jeux olympiques. Côté finance, vous n’avez plus à vous soucier de votre nourriture de demain, ni comment vous allez payer votre loyer. Je n’avais pas de tels soucis quand j’étais en équipe de France. Tout était réglé d’avance, et j’étais donc concentrée sur mon entraînement. Puis, c’est une personne compétente qui m’a prise en charge à l’entraînement. Elle connaissait déjà mes performances et savait jusqu’à quel niveau je pouvais arriver. L’entraineur avait confiance en moi, et vous avez vu les résultats. Aux Jeux Olympiques vous devez participer à quatre courses avant d’atteindre la finale. Et ces quatre courses, ce sont toutes des sortes de finale : le premier tour c’est déjà une finale, au deuxième tour vous courez une finale, en demi-finale c’est comme courir une finale, et la finale c’est vraiment une finale. Et ce que les gens ne savent pas au sujet des coulisses du haut niveau, c’est que plus vous passez du premier tour au deuxième tour, plus l’intensité de la course devient plus vive. Autrement dit, un athlète sans préparation n’a aucune chance d’aller loin.
Comment trouvez-vous l’évolution de la situation des athlètes malgaches aujourd’hui?
Je vais être sévère à l’encontre des dirigeants, car ce que j’avais vécu, les athlètes actuels l’endurent encore. Je l’ai vécu il y a déjà 32 ans. J’ai commencé l’athlétisme à Madagascar. J’ai été championne d’Afrique, j’ai gagné aux Jeux de la Francophonie, et le titre de championne du monde aux Universiades. C’est tout cela ce que je valais quand j’étais à Madagascar, et j’avoue que je n’avais obtenu aucune aide. Et c’est une des raisons qui m’avait amené à prendre la décision de me tirer de la situation : elle ne peut pas continuer si je voulais poursuivre dans le haut niveau. Cette décision m’a beaucoup aidé et je l’assume. Et vous les avez constatés sur mes résultats. J’ai vraiment joui de tous ces avantages: quand j’entrais dans la chambre d’appel, j’étais gonflée à bloc, je savais que je pouvais aller loin, à l’inverse de nou s Malgaches : vous êtes complexé car vous connaissez ce que vous aviez fait avec un entraînement qui n’est pas aux normes, et vous n’avez obtenu que très peu d’aides. Je voudrais dire tellement de choses. De nombreux athlètes malgaches possèdent des qualités mais il manque le soutien, la vision des dirigeants, l’ambition sportive chez les dirigeants … Quelle est donc l’ambition sportive, quel est notre objectif dans ces Jeux olympiques ? Contentons-nous d’être présents à titre représentatif ? Ou bien allons-nous faire comme la Jamaïque ? La Jamaïque est un pays pauvre, mais dès que ses athlètes foulent la piste, l’objectif c’est une médaille c’est-à-dire un objectif élevé.
Mais les athlètes eux-mêmes ne semblent pas avoir cette ambition d’aller loin, de viser haut…
*Personnellement, je préfère prendre la défense de l’athlète, car j’ai déjà vécu ce qu’il endure. Il m’est difficile de critiquer l’athlète, car il subit la situation. Si l’athlète arrive à ce stade, c’est à cause de responsables du sport. Il faut quatre ans au minimum pour préparer les Jeux olympiques. Quid de la préparation des Malgaches ? Je n’en ai pas entendu parler. Si une telle préparation n’a pas eu lieu, cela revient à ce que nous avons dit plus tôt, cela ne se fait pas de façon bâclée. Il faut de la volonté politique, pas des paroles en l’air. Il faut de l’action. Le côté positif pour certains athlètes, le fait de participer [aux Jeux olympiques] est déjà de l’expérience gagnée. Ce n’est pas mentalement facile de participer aux Jeux olympiques. Car dès que vous entrez dans le stade, ou alors ça dépend de la discipline, dès que vous foulez le tatami ou le terrain, il faut avoir une force mentale prodigieuse car c’est 50% mental et 50% physique. Même si votre entraînement a été très dur mais mentalement vous n’êtes pas préparé, votre préparation sera vaine. Il est donc bon que l’athlète découvre l’expérience des Jeux olympiques. Toutefois ce n’est pas suffisant. Je suis moi-même une athlète. On me connaissait comme étant “la petite Malgache”. Quand je suis sur la piste, les gens me craignaient car les gens savent l’entraînement que j’ai fait et le temps ainsi que le résultat que j’ai réalisés. J’ai gagné une médaille au championnat du monde, j’ai participé à de nombreuses finales de championnats du monde. Je sais que si j’avais atteint ces résultats c’est que je m’étais bien préparée aux entraînements, ce n’était pas négligé. Donc ce n’est pas la faute des athlètes malgaches. Il faut plutôt tirer des leçons. Nous sommes présents aux Jeux olympiques. Pour les grands pays, la course aux médailles est âpre. J’observe que même les Français rencontrent des difficultés bien qu’ils aient mis beaucoup de choses en place, mais il existe encore des aspects susceptibles d’être améliorés. Nous Malgaches, nous devons chercher les bonnes leçons à prendre. Il faut de l’investissement, les athlètes ont besoin d’aides financières et du matériel. C’est la base sinon il vaut mieux abandonner. Autrement vous n’obtiendrez rien.
Que diriez-vous aux jeunes athlètes qui sont aujourd’hui aux Jeux Olympiques ?
*Ce qui est essentiel, je vous encourage, vous les athlètes, tant que vous le restez, l’espoir existe toujours. Si vous travaillez dur, si les dirigeants vous appuient, si tout est bien en place, il y a encore de l’espoir. Vous réussirez. Les gens comme moi en sont des exemples concrets et vivants, je le dis en toute humilité. Je ne peux pas taire le fait que je suis finaliste olympique. Dans mon parcours, je suis finaliste olympique parce que derrière il y a eu un entraînement très dur, beaucoup de soutiens et d’aides. De tout cela, je suis reconnaissante envers la Fédération française [d’athlétisme] et le ministère [français]. Car tout avait été mis en place….
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CONCERT – Un plongeon vers le passé pour vibrer au rythme des hits des années 2000 avec »Génération 2000’s »
Le 28 Juillet dernier, le palais des Sports et de la culture Mahamasina accueillait »Génération 2000’s ». Un concert, un événement, qui avait offert un après-midi de festivités rétro ayant ravi grands et petits, nostalgiques et curieux. »Génération 2000’s » ce fut un retour dans le temps avec un bouquet d’artistes emblématiques, dont Spydee, Titi, Tovo J’Hay, Joy K, Raboussa, Zay et Unik. Extrait de la deuxième édition du concert »Génération 2000’s ». -

BAKO RATSIFANDRIHAMANANA, NAGEUSE, OLYMPIENNE – “Nous atteindrons le niveau des autres pays quand nous aurons les mêmes infrastructures qu’eux”
Dans notre série sur les légendes malgaches des Jeux Olympiques, nous avons rencontré Bako Ratsifandrihamanana, détentrice du record de Madagascar toutes catégories pendant plus de 40 ans. Ayant participé aux Jeux Olympiques de 1980 à Moscou, elle a pu y battre son propre record qui était, à l’époque, le record de Madagascar. Elle a même failli battre le record d’Afrique. Ce qu’elle ne fera que sept ans plus tard aux Jeux Africains de 1987. Ce vieux record de Madagascar, détenu par Bako Ratsifandrihamanana, n’a été battu qu’aux Jeux des îles 2023 par Holy Antsa Rabejaona, aujourd’hui aux JO de Paris. Notre championne évoque d’ailleurs la pression que subissent les nageurs d’aujourd’hui. Des difficultés qui viennent s’ajouter au manque d’infrastructures et à l’insuffisance des compétitions internationales auxquelles les jeunes nageurs malgaches font face. Interview.
Parlez-nous de votre parcours aux Jeux Olympiques?
J’ai eu 16 ans quand j’ai participé aux Jeux Olympiques de Moscou. Cela fait partie des plus jeunes ayant participé ou participant aux Jeux Olympiques. J’avais 16 ans. Mais mon histoire, j’avais 13 ans quand j’ai gagné le record de Madagascar toutes catégories. Depuis mes 13 ans, j’ai été en tête de liste des nageurs. C’est pourquoi, j’ai fait partie des représentants de Madagascar à Moscou à seulement 16 ans.
Pour tous les nageurs, c’est le cycle olympique qui compte. Pendant quatre ans, vous savez que votre objectif ultime, ce sont les Jeux Olympiques. Donc, en quatre ans, vous agissez avec une idée en tête : ce sera vous qui serez qualifié pour les Jeux olympiques. A notre époque, c’était un peu différent parce qu’il y a eu des boycotts des Jeux Olympiques en 1980. En raison des questions entre les Occidentaux et les Gens de l’Est, les Américains ont boycotté les Jeux Olympiques auxquels j’ai participé à Moscou. En fait, après les Jeux Olympiques de Moscou, j’aurais dû me fixer comme objectif d’aller aux Jeux Olympiques suivants qui avaient eu lieu à Los Angeles. Mais je n’ai pas pu y aller parce qu’il y a eu cette histoire de boycott.
Comment êtes-vous arrivée dans la natation?
Pourquoi j’ai nagé ? Nous sommes une famille de nageurs. Ma mère aimait beaucoup nager. Dans notre fratrie, nous sommes huit frères et soeurs, nous sommes tous nageurs. Nous avons tous fait de la natation. J’ai commencé au club de l’Esca quand j’avais 10 ans. Puis je suis allée au club AKA pour suivre mes aînés. Puis j’ai évolué très vite. C’est pourquoi à 13 ans, j’ai battu tous mes aînés.
Mais personne ne s’attendait à ce que je batte le record de Madagascar à 13 ans. Mais depuis, j’ai gardé ce record pendant très longtemps. Il n’a été battu qu’il y a quatre ans par Estella (Fils Rabetsara).
A l’époque, on nageait dans des bassins de 25m. Le rêve à l’époque, c’était de nager dans des bassins de 50m. Mais en natation, nous avons un siècle de retard.
C’est la réalité. Comme les choses qui ne marchent pas, on fait avec. Mais on savait à l’époque qu’on n’irait pas loin. On savait tout cela. Mais nous devions aussi savoir où est notre limite. Quand vous savez où est votre limite, vous allez essayer de l’atteindre et de rattraper les autres. Je peux vous dire comment rattraper les autres. A une époque, j’avais participé aux Universiades. Quand j’y étais, j’étais étonnée que les gens viennent avec leur entraîneur. Cela, c’est quelque chose à laquelle on ne pensait pas forcément. On envoyait juste le nageur sans entraîneur. Donc, ce que j’avais fait, comme j’étais maligne, je m’incrustais là où il y avait un entraîneur. Je leur disais, “je vais m’entraîner avec vous”. Voilà. C’est tout. Mais cela ne se fait pas. Mais c’est ce qu’on avait fait. Et cela a permis d’avoir de l’expérience.Parlez-nous de votre performance à Moscou…
En fait, beaucoup de gens pensent que les gens qui ont effectué un chrono continueront d’avoir ce chrono à chaque fois.
Et ce n’est pas parce qu’on a battu un record de Madagascar que cela va se faire à l’infini. A l’époque, j’ai eu de la chance d’avoir pu nager sur deux distances. Les nageurs d’aujourd’hui ne peuvent courir que sur une distance imposée par l’international. Comme eux, j’ai participé via une wild-card, et on n’avait pas le choix. On nous imposait une distance et c’est la seule course qu’on faisait. J’ai eu de la chance d’avoir pu en faire deux. Ce sont ceux qui ont atteint le minima qui peuvent courir de nombreuses distances.
Et comme j’ai couru sur deux distances, j’ai battu le record de Madagascar sur une distance, pas sur l’autre. A l’époque, je me suis fixée un principe, et c’est encore une valeur que je respecte: seul le temps compte. Quel est mon temps.
Donc, je me disais, ce temps, ce record de Madagascar, je vais le battre. Moi, je planifie. Et quand j’ai battu le record de Madagascar, j’ai été étonnée : j’ai aussi failli battre le record d’Afrique.
J’avais nagé avec la détentrice du record du monde. Elle était juste à côté moi. Elle, elle avait battu le record du monde, moi j’ai failli battre [le record d’Afrique]. Une personne dans les tribunes a crié parce qu’elle savait que j’ai failli battre le record d’Afrique. Puis après avoir failli battre le record d’Afrique, aux Jeux africains, j’ai vraiment battu le record d’Afrique. Sept ans plus tard. Cela traduit l’importance de la continuité dans la carrière sportive d’un athlète. Il n’y avait pas de Jeux africains quatre ans après [les JO], mais sept ans plus tard. J’ai attendu sept ans. Mais depuis les Jeux Olympiques, je savais qu’il n’y avait plus qu’une dixième de seconde à battre.Vous avez presque battu le record d’Afrique aux Jeux Olympiques. Comment expliquer que plus de quarante ans plus tard, Madagascar n’ait pas de meilleures performances?
Nous n’avons pas la même manière de mesurer la performance. Pour nous, c’est une question de points. A l’époque, j’avais obtenu 500 points, par rapport au quota actuel. La personne que vous accusez de ne pas avoir de bonnes performances, sur la quotation de la Fina, elle tourne autour de 600 – 700. C’est difficile pour moi de dire qu’ils n’ont pas de bonnes performances. Parce que même moi, j’ai moins de points qu’eux.
Mais aurons-nous un jour la possibilité d’égaler le niveau des autres pays? De gagner des médailles olympiques?
Nous avons le gabarit. Quand je dis gabarit, je parle des gens qui font une taille de 2m, de 1m90 au minimum. Il y en a chez nous. Si vous en connaissez, si vous savez qu’une personne de quatre ans mesurera un jour 1m90, je les invite. Sauf que gens-là ne font pas de la natation. Ils vont jouer au basket. Pourquoi? Parce qu’en basket, on ne mouille pas son corps. C’est une question de culture. Est-ce que j’ai envie de mouiller mon corps ou pas. C’est vraiment une question de culture. Est ce qu’on a des gens qui soient prêts à mouiller son corps matin et soir. Et cela, c’est un obstacle. Puis, quand il se mouille, est-ce qu’il va supporter d’avoir froid? Quelle est la température qu’il va supporter? Quand on ne supporte pas le froid, c’est aussi un obstacle. Troisièmement, la piscine, on le dit toujours, elle a besoin d’être chauffée. Sans piscine chauffée, il est impossible d’atteindre le niveau [international]. Ils vont plus rester au même niveau que nous tant qu’ils s’entraînent dans des bassins de moins de 26°. Donc, pour l’instant, il n’y en a pas.
Ce sont des investissements. De gros investissements. Si dans quatre ans, on veut aller en Amérique, c’est ce qu’il faut. C’est ce qui a fait Léon Marchand. Il est arrivé en France cinq jours avant les compétitions. C’est le prix à payer. Mais on peut le faire. Si on veut gagner des médailles d’or, c’est ce qu’il faut. Il faut commencer à quatre ans. Ne pas attendre d’avoir 15 ans puis d’avoir envie de nager.
Moi, je sais combien de temps on peut tenir dans un bassin de 23°. Mais on ne pas tuer les gens. Parce que c’est vraiment les tuer de les laisser là deux heures. Quand on les voit souffrir, on ne peut pas les forcer à rester là. Des fois, on les maintient dans l’eau pendant 30 minutes pour s’entraîner.
La natation, c’est un moyen de prouver la puissance d’un pays. Si vous avez vu la finale d’hier. Vous auriez vu des Américains, des Français, des Japonais, des Italiens, des Chinois, des Australiens. Qui sont-ils? Ce sont les pays les plus riches en infrastructures.
Quand nous serons prêts à nous mesurer à eux en termes d’infrastructures, nous aurons atteint leur niveau”Que faudrait-il aujourd’hui, d’après vous, pour avancer en natation?
J’avais 13 ans quand j’ai commencé à nager. Je ne demanderai plus rien. Plus rien. Suffisamment de voix se sont élevées.
Mais je vis ma vie d’olympienne. L’année dernière, j’ai eu la chance de faire partie de 28 olympiennes dans le monde à bénéficier d’un projet post-carrière. Donc, je suis en train de réaliser ce projet post-carrière. Un projet personnel et professionnel.
Chez nous, même la sélection, les compétitions sont insuffisantes. Si on en trouve deux, trois, de compétitions internationales. C’est le maximum. Quand on voit, on se dit, “c’est tout”? Chez nous, seuls Holy Antsa [Rabejaona] et Jonathan [Raharvel] ont peut-être participé à des compétitions internationales leur ayant permis d’atteindre leur performance, les résultats qu’ils ont.Une partie du public remet en cause la présence de Jonathan Raharvel aux Jeux Olympiques de Paris.
“Si vous êtes là-bas, c’est parce que vous êtes champions. Et le fair-play, c’est le fait que quand on a désigné qui nous représente, il faut être derrière lui, on doit tous le soutenir. Beaucoup disent que ce ne sont pas les meilleurs, qu’ils ont les bras longs. Mais c’est faux. Vous verrez sur le site worldaquatics.com leur nom. Tous les chronos sont inscrits là. Toutes les preuves sont là. C’est là que vous verrez si d’autres ont fait mieux qu’eux. Je vous invite à vous référer à ce site. Dans ce site, vous trouvez le nom d’un Malgache qui a été fortement dénigré, mais son temps est inscrit là. 30 ans plus tard, son nom est toujours là.
Les nageurs d’aujourd’hui ont tous le même niveau. Ils ne peuvent pas se concentrer parce qu’ils ne sont pas sûrs d’aller aux Jeux Olympiques. Parce que la concurrence est très rude. Cette année, ils n’ont su qu’un mois avant l’échéance qui irait aux Jeux Olympiques. C’est une pression qui est très forte. Puis à notre époque, il n’y avait pas de Facebook, ni de réseaux. Rien. Donc, je n’avais rien qui me gênait à l’époque. Personne ne me dénigrait. Aujourd’hui, malheureusement, depuis l’existence de Facebook, on dénigre les nageurs. Je suis triste pour eux vraiment. A mon époque, j’avais une stabilité qu’ils n’ont plus aujourd’hui. Parce que la pression est trop forte.
Ces gens que vous accusez de partir en vadrouille, ce sont des jeunes qui sont habitués à sortir. Partir en vadrouille à l’étranger n’est pas dans leur programme. Ou plutôt, ils savent ce que c’est. La plupart d’entre eux ne résident pas à Madagascar. Ils vont à l’étranger tout le temps.Si nous ne pouvons pas atteindre le niveau des nageurs des autres pays, pourquoi aller aux Jeux Olympiques?
C’est Antsa qui a battu mon record. Le record que l’on pensait imbattable. Je l’avais obtenu il y a 40 ans. C’est Antsa qui l’a battu durant les Jeux des îles. Elle a mis toutes ses forces pour battre ce record. Mais surtout pour gagner la wild-card de ces Jeux Olympiques. Donc, ce que je lui dis aujourd’hui, c’est de battre son propre record. Le record qui a battu le mien.
Antsa n’a pas obtenu le minima sur la distance de 50m. Son objectif aujourd’hui, c’est d’approcher ce minima, d’atteindre ce minima des Jeux Olympiques. C’est important pour le pays. C’est une grande avancée. Parce que jamais aucun nageur malgache n’a atteint le minima aux Jeux Olympiques.
Sinon, à part cela, nous pensons toujours où en sommes-nous par rapport à l’Afrique. -

DROIT – La pension alimentaire en droit malgache
« L’enfant ne devrait pas être victime de la séparation de ses parents ». C’est que nous a déclaré Anne Raymonde, magistrate auprès du ministère de la Justice lorsqu’on lui a sollicité des explications concernant la pension alimentaire en droit malgache, lors des journées portes ouvertes du ministère de la Justice qui se sont déroulées la semaine dernière. Il s’agit du symbole de la continuité de l’obligation du père ou de la mère dans l’entretien de l’enfant mineur, après le divorce ou parfois même dans le cas où les géniteurs n’ont jamais été mariés légalement. Interview. -

ENVIRONNEMENT – Apprendre aux enfants le tri des déchets pour sensibiliser les adultes
Avec le projet Fresque, l’association Maeva, une organisation de défense de l’environnement, a formé 180 élèves des classes de 8ème et de 7ème de l’école primaire publique d’Ivato à la gestion des déchets et au leadership environnemental. Avec ses partenaires, Ravinala Airports et SCTV, l’association a ensuite remis des bacs de tri à l’EPP pour que les enfants et leur communauté mettent en pratique les éco-gestes transmis aux enfants. Les déchets jetés dans les bacs de tri deviendront des matières premières pour fabriquer de nouveaux objets. Reportage. -

CUISINE – Le tilapia frit et la salade de cresson, les incontournables d’Ampefy
Le repas de bienvenue pour les « vahiny ». De sortie à Ampefy Itasy, vous ne pouvez pas manquer ce mets délicieux concocté par les locaux qui en font leur spécialité culinaire pour accueillir leurs visiteurs : du poisson frais et frit d’Itasy. Du poisson qui se différencie par son goût, en ce qu’il est frais à vous lécher les lèvres, mais que vous pouvez tout aussi bien le remitonner chez vous. Nous avons rencontré Ando Fanantenana Ratanjona, du centre agroécologique d’Itasy, en pleine préparation du festin qu’elle va présenter à la table de ses convives : du tilapia frais et frit au feu de bois accompagné de salade de cresson d’Ampefy avec des tomates. D’après elle, « le poisson d’Itasy est un signe de respect pour accueillir les étrangers qui viennent de loin ». Appréciez.

