Catégorie : Reportages

  • Mamitiana Rajaonarison : « Je crois qu’aucun Malgache ne s’oppose à la refondation »

    Mamitiana Rajaonarison : « Je crois qu’aucun Malgache ne s’oppose à la refondation »

    Fraîchement nommé à la tête du gouvernement, le nouveau Premier ministre Mamitiana Jeannot Ruffin Rajaonarison s’est adressé pour la première fois à la presse ce jour, au lendemain de la cérémonie de passation organisée au Palais de Mahazoarivo. Lors de cette première déclaration publique, il a évoqué les priorités de son mandat et insisté sur la nécessité d’une unité nationale autour du projet de refondation du pays.

    Le nouveau chef du gouvernement affirme que sa mission principale sera de mettre en œuvre la Politique générale de l’État pour la Refondation de Madagascar. Mais il affirme également vouloir oeuvrer pour l’unité des Malgaches, et mettre en place dans les meilleurs délais le gouvernement.

    « La priorité, selon ce qu’a déclaré le président hier, est la réalisation de la PGE (Politique générale de l’Etat) pour la Refondation de Madagascar. Les détails ne peuvent pas encore être abordés pour l’instant car je dois encore en discuter avec le président concernant les véritables attentes qu’il a envers moi. Mais en tout cas, parmi les priorités figure le fait d’unir à nouveau les Malgaches. La prochaine étape sera la composition du gouvernement. Ce n’est pas pour la politique mais c’est juste la prochaine étape. Le fait de présenter les nouveaux ministres dépendra de la politique de réalisation du programme de l’État. Rien ne change par rapport à ce qui a été fait jusqu’à présent et cela ne changera pas, car c’est ce qui a été décidé. Nous ne sommes pas venus ici pour démanteler mais pour réaliser. Ainsi, tout sera fait pour accélérer la mise en œuvre. Le premier critère pour la nomination du gouvernement est avant tout la droiture. Le deuxième critère est le courage. Pour moi, ce sont également les premiers critères pour choisir les personnes qui composeront le futur gouvernement. Mais cela ne prendra vraiment pas beaucoup de temps. Il travaille déjà depuis longtemps, il a de l’expérience et il sait ce qu’il doit faire. Il existe déjà un PGE ; nous ferons peut-être seulement quelques ajustements. Une fois que ce sera complètement finalisé, il sera présenté au Parlement, et c’est à ce moment-là que nous pourrons vraiment en discuter clairement. Nous avançons vers le renouveau et certains disent : nous sommes l’opposition. Je pense qu’il ne s’agit pas de parler d’ouverture ou de non-ouverture, car nous sommes tous Malgaches. Nous gouvernons ensemble ce pays. Ce que nous voulons ensemble, c’est la Refondation totale de Madagascar« , a déclaré le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison

     

  • Josiane Yaguibou : “Actuellement, 49 % de la population en âge de procréer ont accès à des contraceptifs et à des méthodes modernes”

    Josiane Yaguibou : “Actuellement, 49 % de la population en âge de procréer ont accès à des contraceptifs et à des méthodes modernes”

    La planification familiale n’est pas seulement une question de santé. C’est un véritable levier de développement pour Madagascar. Lors d’une table ronde réunissant des hautes autorités du pays et les partenaires techniques et financiers, la mobilisation des fonds domestiques était au cœur des échanges. Josiane Yaguibou, représentante résidente de l’UNFPA à Madagascar, rappelle que l’investissement dans la planification familiale n’est pas une dépense, mais une économie qui peut sauver des milliers de vies et renforcer le capital humain du pays.

    Pourquoi cette table ronde sur la planification familiale est importante ?

    Je trouve que c’est une excellente opportunité qui a mobilisé l’engagement aussi bien du ministère de la Population et des solidarités que du ministère de la Santé. Cette mobilisation a été faite au plus haut niveau, avec les deux ministres, ce qui démontre un engagement très fort pour ce type d’activité et de mobilisation de fonds.

    Quels sont les avantages de mobiliser des fonds domestiques pour la planification familiale ?
    L’un des avantages, c’est vraiment les économies que cela peut générer. Il faut considérer que l’investissement dans la planification familiale n’est pas une dépense, mais plutôt une économie qui correspond à plusieurs millions d’ariary si cette mobilisation de fonds domestiques est réalisée correctement. »

    Quel impact cet investissement peut-il avoir sur la vie des Malgaches ?
    « En termes de vie humaine, nous pouvons estimer à 44 000 le nombre de décès maternels qui seront évités et à 590 000 le nombre de décès infantiles qui seront évités. Cela correspond à des personnes qui pourront contribuer activement à l’économie et au développement du pays. C’est donc un véritable investissement dans le capital humain de Madagascar.

    Comment évaluez-vous l’engagement du gouvernement malgache dans ce domaine ?

    Il est extrêmement important que le gouvernement malgache puisse continuer à investir des fonds domestiques. C’est l’occasion de féliciter le gouvernement, car depuis plusieurs années, la mobilisation des fonds domestiques a été faite à des niveaux très importants. »
    « Près de 15 millions de dollars ont été mobilisés au cours des deux dernières années pour l’achat de contraceptifs. Cette mobilisation a été saluée par les plus hautes autorités du fond des Nations Unis pour la population (UNFPA), car Madagascar fait partie des rares pays ayant atteint ce niveau de mobilisation. »

    Quel rôle jouent les partenaires internationaux dans cet effort ?

    C’est vraiment important que le gouvernement puisse continuer à mobiliser les partenaires, dont l’UNFPA, chef de file en matière de planification familiale, mais aussi d’autres institutions financières comme la Banque mondiale, qui contribuent à travers leurs appuis au pays à l’achat de contraceptifs à travers leurs mécanismes de financement.

    Où en est-on en matière d’accès aux contraceptifs ?
    « Actuellement, 49 % de la population en âge de procréer, c’est-à-dire de 15 à 49 ans, ont accès à des contraceptifs et à des méthodes modernes. L’objectif est d’atteindre 60 %. Pour qu’il soit atteint, il faut que cet investissement soit maintenu, que le gouvernement continue à être mobilisé et qu’il continue à nous mobiliser, en tant que partenaires pour les appuis pour atteindre cet objectif extrêmement important. »

  • Mamitiana Rajaonarison : « Nous devons travailler vite »

    Mamitiana Rajaonarison : « Nous devons travailler vite »

    Mamitiana Rajaonarison, nouveau Premier de la Refondation, fait part de sa détermination à se mettre au service de Madagascar et des Malgaches.
    Il se dit prêt à s’engager et à ne pas décevoir les Malgaches qui, à l’entendre, comptent sur lui. Co-promotionnaire du président de la Refondation à l’Académie militaire d’Antsirabe, cet ancien officier de la gendarmerie, veut travailler vite.

    “Mes premiers mots sont des remerciements au président de la Refondation de la République de Madagascar pour la confiance qu’il a placée en moi. Je remercie également l’Assemblée nationale. Si j’ai été nommé, c’est aussi parce que la coopération entre la présidence de la Refondation et l’Assemblée nationale a été respectée Ensuite, j’ai été nommé aujourd’hui, je rencontrerai le Président afin de travailler à la formation du gouvernement. Cela ne devrait pas tarder, car nous devons travailler rapidement, nous devons bien travailler, car le peuple malgache attend, et le peuple malgache n’attend plus. Je m’engage et je ne décevrai pas les Malgaches. », a déclaré  Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre de la Refondation.

  • DÉVELOPPEMENT – La transversalité du secteur foncier en question

    DÉVELOPPEMENT – La transversalité du secteur foncier en question

    La direction générale des Services fonciers à Madagascar avait organisé une conférence sur la transversalité du secteur foncier. Une rencontre qui avait réuni un panel d’experts de haut niveau pour confronter les réalités du terrain aux enjeux stratégiques nationaux. Ils ont apporté un éclairage pragmatique sur la question. Ils ont surtout démontré comment la sécurité juridique de la terre agit comme le curseur principal de l’investissement, un levier pour le développement du pays. Reportage.

    La transversalité du foncier à Madagascar forme le pivot central du développement économique. Elle conditionne aussi bien la décision d’investir que la capacité des entrepreneurs à mobiliser des financements et à se projeter sur le long terme. Dans le secteur agricole, et particulièrement pour la filière rizicole, la sécurisation des terres s’impose comme le levier indispensable de la productivité et de la souveraineté alimentaire en stabilisant les exploitations.
    Cette question foncière influence également de manière critique le cycle des projets financés par les bailleurs internationaux, agissant soit comme un frein majeur, soit comme un accélérateur pour les investissements publics. Face à ces défis, la modernisation de la politique foncière nationale vise désormais à sécuriser les investissements et à réduire les risques juridiques par des réformes structurelles et une meilleure adaptation aux réalités du terrain.

    « En l’absence d’un titre de propriété ou d’un certificat foncier, toute forme d’investissement devient extrêmement complexe, quel que soit l’opérateur concerné. Pour nous qui évoluons dans le secteur agricole, et qui accompagnons les producteurs à travers Madagascar en assurant la collecte et la transformation de leurs récoltes, le constat est sans appel. Lorsqu’un agriculteur souhaite cultiver du maïs et sollicite un financement, qu’il s’agisse d’un prêt bancaire ou d’un appui financier classique, la première exigence demeure la présentation d’un titre ou d’un certificat foncier pour servir de garantie hypothécaire. Si la situation foncière n’est pas assainie, le producteur se voit systématiquement refuser le financement nécessaire à l’exploitation de ses terres ou à son élevage, ce qui bloque tout développement. C’est ce qui arrive du côté des exploitants agricoles. Du côté des investisseurs privés, le critère déterminant avant d’engager des capitaux est le niveau de sécurisation foncière du projet. Sans cette garantie, l’investissement ne peut avoir lieu. Or, nous savons que l’État n’est pas le principal créateur d’emplois ; ce rôle incombe au secteur privé, qu’il s’agisse d’entreprises, d’exploitations familiales ou d’initiatives individuelles », explique Danil Ismaël
    Président directeur général de Inviso GROUP.

    Si le manque de garanties freine les investisseurs, il pèse encore plus lourdement sur les épaules des agriculteurs. Dans la filière rizicole, pivot de la sécurité alimentaire, l’insécurité foncière a un coût réel, presque mathématique. Le secrétaire exécutif de la Plateforme nationale riz explique comment l’absence de propriété directe pèse sur la rentabilité des paysans.

    « En ce qui concerne la production, il n’existe que deux voies nous permettant de l’accroître. Soit l’extension des superficies, ce qui implique une nécessaire consolidation des droits fonciers. Soit l’intensification sur les terres existantes, c’est-à-dire l’augmentation des intrants et l’application de techniques plus évoluées que les méthodes traditionnelles afin d’accroître les rendements. Or, même ce second volet dépend intrinsèquement de la situation de la terre exploitée Au moment où nous parlons, un exploitant titulaire de sa terre peut investir jusqu’à environ 4 millions d’ariary par hectare de rizière pour obtenir un rendement supérieur à 5 tonnes à l’hectare. Pour celui qui n’est pas propriétaire mais qui souhaite produire sereinement, il est contraint de louer des terres. S’il opte pour la location, le montant minimal de ses charges, par comparaison au premier cas, s’élève à environ 5 millions d’ariary. Cela signifie qu’il existe un surcoût d’un million d’ariary représentant uniquement le « prix de la sérénité » foncière dans le cycle de production. » , explique pour sa part Masezamana Ny Hasinambinintsoa, Secrétaire exécutif de la Plateforme nationale riz.

    Entre le coût de la sérénité pour les exploitants et la difficulté d’accès aux terres pour les grands projets, l’administration est face à un défi de taille : transformer un obstacle en levier de croissance. Un constat partagé avec lucidité par le Directeur général des Services fonciers, qui mise aujourd’hui sur un accompagnement sur mesure des investisseurs.

    « À titre personnel, je constate que le foncier n’assure pas encore pleinement ce rôle de levier. La raison, comme l’a souligné le secteur privé précédemment et tel qu’on l’observe sur le terrain, est que des investisseurs, qu’ils soient nationaux ou internationaux, éprouvent encore des difficultés à identifier des assiettes foncières à Madagascar. Pourtant, nous affirmons que Madagascar dispose de vastes étendues. Il arrive même que certains investisseurs renoncent et repartent, faute d’avoir trouvé des terrains ou parce que les parcelles envisagées pour l’investissement n’ont pu être régularisées. Pour l’heure, le ministère s’efforce d’accompagner individuellement les investisseurs et toute personne exprimant un besoin foncier à des fins d’investissement, afin de satisfaire leurs demandes et de leur fournir l’ensemble des informations nécessaires pour qu’ils puissent concrétiser leurs projets d’investissement à Madagascar. » , déclare Vonjy Razafindrantsimba, Directeur général des Services fonciers.

     

    Mais au-delà de la régularisation des dossiers individuels, c’est toute la gestion de l’espace national qui doit être repensée. Car si la terre est sacrée dans la culture malgache, elle doit aussi devenir un moteur de richesse collective. La clé réside dans un cercle vertueux porté par une planification rigoureuse.

    « L’aménagement du territoire constitue le levier fondamental pour la création de valeur. Pour nous, Malgaches, la terre est un patrimoine sacré ; mais à l’échelle mondiale, elle est également un moteur de richesse. C’est précisément à travers les schémas d’aménagement que l’on parvient à générer de la richesse sur le foncier, par la mise en place d’infrastructures ou l’ouverture de diverses filières économiques. Une fois cette valeur créée, il appartient à l’État d’en capter une quote-part afin de réinvestir ces ressources dans le financement de nouveaux projets ou d’autres infrastructures structurantes. C’est là que s’établit ce cercle vertueux, une dynamique de développement pérenne. », indique Onisoa Felana Raharisoa, Directrice générale de l’Aménagement du territoire

  • SPECTACLE – Feon’Ny Ala, une comédie musicale pour donner aux enfants l’envie de lire et de protéger la forêt, accessible avec des tickets du coeur

    SPECTACLE – Feon’Ny Ala, une comédie musicale pour donner aux enfants l’envie de lire et de protéger la forêt, accessible avec des tickets du coeur

    Et si les entreprises pouvaient, elles aussi, donner une voix à la forêt. Mais surtout offrir un moment de rêve à des enfants qui n’ont pas toujours accès à ce type de spectacle. À travers les tickets du cœur, les entreprises ont la possibilité de soutenir cette initiative culturelle et éducative tout en permettant à des enfants issus d’associations ou d’orphelinats d’assister à la comédie musicale Feon’ny Ala prévue le 21 mars au CCI Ivato à 14h30. Elles pourront alors transformer une après-midi en souvenir inoubliable pour ces enfants. En offrant un ticket du cœur, les entreprises participent à une double action, celle de permettre à des enfants de découvrir un spectacle vivant, et celle de soutenir la création de livres destinés à encourager la lecture dans les écoles primaires publiques. Un engagement solidaire qui donne du sens à la culture, à l’éducation et à la protection de l’environnement.

    « Ce dont nous allons parler aujourd’hui est la comédie musicale organisée par Okalou le 21 mars au CCI Ivato à 14h30. Une comédie musicale qui combine le chant, la danse et l’enseignement dans l’univers de la forêt. Comme c’est également la Journée mondiale de la forêt ce jour-là, l’occasion a été saisie pour organiser cette comédie musicale à cette date« , a indiqué Seheno Rasoanarivo, Directrice générale – Okalou

    La Voix de la Forêt ou Feon’Ny Ala, c’est une comédie musicale signée Okalou. Une adaptation de la troisième série de Diary Nofy. Une initiative de l’ONG Teach For Madagascar qui en assure l’édition. Des livres pour enfant écrits par Rolling Pen et illustrés par Catmouse James. Et cela parle de forêt, d’environnement, et d’enfants. Une collaboration qui entend donner aux enfants encore plus envie de lire.
    « Ce qui distingue un peu cette comédie musicale, intitulée « Feon’ny ala », c’est qu’elle parle de la forêt. La particularité est qu’il y a trois éléments importants que nous abordons dans cette comédie musicale. Le premier concerne l’environnement, car à travers ce spectacle nous sensibilisons les enfants à l’importance de la protection de l’environnement et des forêts. Le deuxième concerne l’éducation. En effet, une grande partie des recettes de ce spectacle servira à produire des livres. Des livres qui seront utilisés pour enseigner aux enfants dans les EPP. Je rappelle que Teach For Madagascar a de nombreux collaborateurs bénévoles dans ces EPP. Ils apprennent aux enfants à lire et à aimer les livres. Ainsi, la majorité des recettes de ce spectacle servira à financer la création de nouveaux livres pour ces enfants« , continue d’expliquer notre interlocutrice.

    Imaginez un enfant qui découvre ce spectacle haut en couleurs organisé ce 21 mars au CCI Ivato. Puis imaginez-le encore si vous lui offrez les livres de la série.
    La magie du programme Let’s read, c’est de donner vie aux livres pour donner envie de livres. Si donc l’envie de faire plaisir aux enfants et de leur mettre des étoiles plein les yeux vous dit. Ils sont déjà quelque 200 enfants à avoir droit à ce ticket de coeur. Mais vous pouvez toujours en offrir car la grande salle du CCI est immense et pourra accueillir des centaines d’enfants.

    « Nous avons mis en place ce que nous appelons le « ticket du cœur ». Ce ticket du cœur peut être acheté par des entreprises ou des particuliers. Il coûte 25 000 ariary. Il est destiné à offrir l’accès au spectacle aux enfants qui n’ont pas les moyens d’acheter un billet. Il est réservé aux associations ou aux orphelinats déjà en collaboration avec une entreprise ou un particulier. Si une entreprise ne travaille pas encore avec un orphelinat ou une association, nous pouvons également nous en charger, car nous avons déjà plusieurs partenaires qui travaillent avec Okalou« , explique toujours, Seheno Rasoanarivo. « Au moment où nous parlons, plus de 200 enfants bénéficient déjà de ces tickets du cœur grâce à plusieurs entreprises et particuliers. Il reste encore des billets disponibles. Il est possible d’en acheter en se rendant sur le site Ticket by Lamako, où l’on peut voir les places encore disponibles et les prix« , ajoute-t-elle.

    Plus qu’un simple divertissement, Feon’ny ala se veut une expérience culturelle et éducative, destinée à sensibiliser les enfants, les familles et même les entreprises à la protection de l’environnement. Un spectacle qui mêle culture, solidarité et sensibilisation, pour donner une voix à la forêt… et inspirer toute une génération. « Ce qui rend vraiment cette comédie musicale particulière, c’est qu’elle n’est pas seulement un divertissement. Elle a aussi un impact important sur l’éducation des enfants, des familles et même des entreprises concernant la protection de l’environnement. Elle aide également les enfants qui n’ont pas la possibilité d’assister à des spectacles comme celui-ci à en profiter et à découvrir ce que les autres enfants spectateurs ont l’habitude de voir. C’est donc une invitation adressée à tout le monde. Venez nombreux, c’est vraiment très agréable. Les répétitions avancent déjà très bien. Ce que vous verrez sera vraiment magnifique, comme d’habitude avec les productions d’Okalou, avec simplement ces particularités dont je viens de parler« , conclut Seheno Rasoanarivo.

     

     

  • Essentiel de l’actu du 12 mars

    Essentiel de l’actu du 12 mars

    -Huit membres sur neuf du bureau permanent de la Ceni démissionnent
    -La mission des 41 sapeurs-sauveteurs français à Toamasina se termine
    -L’OIT et Madagascar renforcent leur coopération
    -Le Tsenaben’ny Fizahantany propose des offres accessibles pour booster le tourisme local
    -Les travaux sur la route Ambatofotsy–Andramasina démarrent officiellement

  • YANTO SIANIPAR, ADMINISTRATEUR GENERAL DE MADAGASCAR OIL – “L’investissement dans des champs techniquement complexes requiert de la prévisibilité et des infrastructures”

    YANTO SIANIPAR, ADMINISTRATEUR GENERAL DE MADAGASCAR OIL – “L’investissement dans des champs techniquement complexes requiert de la prévisibilité et des infrastructures”

    Relancer la production locale pour transformer le paysage énergétique malgache : c’est le pari de Madagascar Oil. Mais comment la compagnie compte-t-elle réussir là où les tentatives précédentes ont freiné ? Éléments de réponse avec son Administrateur Général, Yanto Sianipar, qui précise ici les contours techniques et financiers de ce redémarrage.

     

    Vous parlez de relance du projet Tsimiroro, en quoi diffère-t-elle des tentatives précédentes?
    Il ne s’agit plus d’un simple redémarrage. C’est une réactivation stratégique reposant sur des fondations techniques solides, une restructuration financière et des capacités opérationnelles renforcées. Tsimiroro est un champ dont le potentiel a été prouvé. Notre phase pilote a confirmé la faisabilité technique et la viabilité économique de l’exploitation de cette ressource. Nous passons désormais du stade pilote au développement du champ. La première phase comprend la remise en production des puits existants, le forage de puits additionnels et la mise à niveau des installations d’injection de vapeur et de production.

    Quels ont été les principaux facteurs qui ont influencé le calendrier de développement du projet ces dernières années ?
    Plusieurs facteurs expliquent ce délai. L’instabilité de notre situation locale, ainsi que la faiblesse des cours du pétrole à l’époque. Il y a trois ans, les prix étaient très bas. S’y est ajoutée la pandémie de COVID-19, qui a entravé les mouvements transfrontaliers, impactant le transport et la mobilité de notre personnel. Le cumul de ces problématiques a retardé notre mise en production jusqu’à ce jour.

    Qui sont les partenaires derrière Madagascar Oil et sur quel type d’expertise internationale le projet s’appuie-t-il ?

    Madagascar Oil est opérée par le Groupe Benchmark. Benchmark est une compagnie énergétique internationale soutenue par des actionnaires américains et indonésiens. Avec une vision d’investissement à long terme, ils possèdent une vaste expertise dans le développement de gisements complexes de pétrole lourd à travers le monde. Benchmark est reconnu comme l’un des rares spécialistes mondiaux de l’exploitation des huiles lourdes, alliant une expertise technique éprouvée à une solide capacité financière. Le groupe a développé avec succès trois actifs majeurs de pétrole lourd, comme illustré dans la vidéo : le premier au Kazakhstan, le deuxième en Azerbaïdjan et le troisième en Californie. La valeur combinée de ces trois actifs dépasse les 4 milliards de dollars US. Ainsi, l’expérience internationale et la profondeur technique de Madagascar Oil pour faire avancer ce développement durable sont en parfaite adéquation avec les standards de l’industrie mondiale.

    Où en est Madagascar Oil sur le plan de sa structure juridique et financière après les évolutions de début 2024 ?

    Madagascar Oil a finalisé avec succès sa restructuration financière au début de l’année 2024. Cette restructuration a été formellement approuvée par la Cour Suprême des Bahamas, suite à un processus rigoureux d’audit juridique et financier. Cette démarche a permis d’apurer intégralement l’endettement antérieur de la société et de renforcer sa structure de capital, offrant ainsi une assise financière solide pour la relance des opérations. Madagascar Oil avance désormais vers un nouveau plan de développement avec la reprise de la production et la première phase d’extension sur des périmètres similaires. »

    Quels sont les objectifs de volume de production visés à court et moyen terme sur le champ ?

    Permettez-moi de commencer par la remise en service de nos puits existants. Nous disposons de 25 puits sur le champ après la phase pilote. Nous allons exploiter ces 25 puits pour atteindre une production d’environ 300 à 500 barils par jour. Par la suite, nous forerons davantage de puits, jusqu’à 150 au cours des deux prochaines années. La production sera alors portée à 3 000 barils par jour.

    Au-delà de l’aspect technique, quelles sont les conditions cadres que vous jugez essentielles pour assurer la pérennité de l’exploitation ?

    Pour un succès à long terme, les conditions structurelles suivantes demeurent essentielles. Premièrement, la stabilité du Contrat de partage de production (CPP). Deuxièmement, la mise en œuvre des dispositions de l’Article 55 du Code pétrolier. Et troisièmement, la réhabilitation de la Route nationale 1 Bis, cruciale pour notre logistique. L’investissement dans des champs techniquement complexes requiert de la prévisibilité et des infrastructures. Nous sommes déterminés à travailler étroitement avec les autorités nationales, particulièrement le Ministère des Mines, pour garantir une production commerciale stable et durable.

    Quelle est votre stratégie pour gérer les contraintes logistiques actuelles sur le réseau routier ?

    Nous prévoyons des programmes de remise en état de la route, et non une reconstruction complète. L’objectif est de stabiliser la voie pour que notre flotte de camions puisse acheminer nos produits de Tsimiroro vers Tsiroanomandidy. Il s’agit d’un tronçon de 220 kilomètres de pistes secondaires. Au-delà, nous disposons d’un réseau routier de qualité de Tsiroanomandidy vers les autres destinations. Notre priorité est donc d’identifier le programme de remise en état le plus efficient. Réhabiliter, pas reconstruire. C’est notre plan d’action. Parallèlement, nous sollicitons naturellement l’attention du gouvernement sur ces nouvelles conditions. Nous savons que l’État dispose d’un plan stratégique pour les infrastructures routières à Madagascar, et nous espérons que ce tronçon pourra être amélioré. »

    Quel impact l’arrivée de votre production locale pourrait-elle avoir sur le marché énergétique malgache ?

    Notre production locale de pétrole malgache sera extrêmement compétitive pour nos clients, car son prix sera plus avantageux que celui du pétrole importé. Nous savons que des industries locales sont aujourd’hui demandeuses de notre fuel lourd (HFO). Nous souhaiterions que la Jirama utilise notre produit. Actuellement, la consommation de la Jirama se situe entre 3 000 et 4 000 barils par jour. Si nous produisons 3 000 barils par jour, nous aiderons la Jirama à obtenir un prix très compétitif pour ses centrales thermiques.