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  • TANORA GARAN’TEEN

    TANORA GARAN’TEEN

    MATERNITÉ ET RUGBY – Tsiaritra Rakoto-Rabevazaha, coordonnatrice nationale de Tanora Garan’Teen, une association de jeunes pour les jeunes, composée d’éducateurs, regrette que la plupart des joueuses de rugby soient mères avant 18 ans. Si ces dernières sont sexuellement actives, l’association les accompagne, pour apprendre à se protéger et continuer ainsi leur carrière.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Plaidoyer pour Ranavalona 1ère (1828-1861)

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Plaidoyer pour Ranavalona 1ère (1828-1861)

    Ranavalona 1ère, 28 juillet 1828 – 16 août 1861. Il y a 158 ans disparaissait une souveraine caricaturée par la littérature occidentale et diabolisée par la tradition chrétienne. Les deux tiers de son long règne, de juillet 1836, date du départ des derniers missionnaires britanniques, à sa mort en août 1861, furent caricaturés en «Tany Maizina», période obscure, temps de deuil.

    Et pourtant ses 33 ans de règne ne furent pas que hécatombes de zébus et persécutions des Chrétiens. Il faut situer ses décisions dans le contexte malgacho-malgache de cette époque ainsi qu’à la lecture du choc frontal de la société traditionnelle avec les innovations apportées par les missionnaires britanniques en particulier, et les visiteurs européens en général.

    Le 18 juillet 1857, aux Laborde, Lambert, Finaz, Webber, Pfeiffer, la Reine reprochera notamment : «Vous avez voulu établir la république, affranchir les esclaves, établir l’égalité de tous sans distinction de nobles», «Vous autres, vous n’avez pas de rois, mais vous êtes des républicains, vous entraînez les gens à penser comme vous, vous cherchez à changer le gouvernement et à supprimer les esclaves» (Adrien Boudou, Le complot de 1857, Imprimerie moderne de l’Emyrne, 1943, p. 48 et 68).

    Dans sa thèse de doctorat, Bakoly Domenichini-Ramiaramanana souligna que «la collecte des hainteny sous cette reine, et, sans aucun doute, à son initiative, semble avoir été un point d’un vaste programme politique de sauvegarde et de promotion de la société et de la culture malgaches traditionnelles» (Du Ohabolana au Hainteny, Karthala 1983, p.233). La cohérence de cette politique générale de sauvegarde du fonds authentiquement national l’obligeait à cette hostilité envers les doctrines chrétiennes dont le discours égalitaire était proprement révolutionnaire et menaçait les fondements mêmes de la société féodale de cette époque.

    Sur le plan intellectuel, Bakoly Domenichini-Ramiaramanana fut une des premières à avoir réhabilité la contribution essentielle de Ranavalona 1ère qui fit procéder à une collecte des hainteny : «Ranavalona I et les hainteny ou la valeur exemplaire d’une collecte de textes traditionnels» (Annales de l’Université de Madagascar, série Lettres et sciences humaines, n°9, 1968) et «Hainteny d’autrefois, Poèmes traditionnels malgaches recueillis au début du règne de Ranavalona I» (Librairie Mixte, 1968).

    Ranavalona avait autorisé la venue et le séjour de Baker (octobre 1828) et de Freeman (juin 1830), inaugurant une collaboration intellectuelle avec les Malgaches Raharolahy, Ramarotafika et Rasatranabo, qui durera de décembre 1829 à juin 1835. C’est notamment grâce à la contribution de ces derniers que put paraître, avec la caution de Ranavalona, le dictionnaire bilingue de 1835.

    Certes préparés de longue date, plusieurs ouvrages fondamentaux n’en appartiennent pas moins à l’ère de Ranavalona 1ère : les dictionnaires malgache-anglais et anglais-malgache de David Johns avec la collaboration de Raharolahy (1835), le dictionnaire de Joseph John Freeman avec la collaboration de Ramarotafika et Rasatranabo (1835), l’Histoire de Madagascar de William Ellis (1838), la grammaire d’Edward Baker (1845), le dictionnaire de Joseph Webber (1853 et 1855), la grammaire de David Griffiths (1854). Sans oublier l’impression du Nouveau Testament (1830) et l’achèvement de la Bible (21 juin 1835).

    Ranavalona avait inauguré son règne en liquidant les proches parents de son époux et prédécesseur : rien de révolutionnaire puisque ce dernier, dont la mère était du Marovatana, avait fait assassiner plusieurs Avaradrano de la proche famille de celle qui était encore la princesse Imavo. Ranavalona n’était pas non plus ce puits sans fond d’ingratitude : quand, le 23 juin 1830, après dix ans de séjour et de labeur, David Jones, le parrain de l’alphabet-abidia, quitte Antananarivo, Ranavalona 1ère ordonna qu’il fût salué au son du canon. En juillet 1857, faisant expulser Jean Laborde, compromis dans le complot Lambert, elle lui accorda la permission exceptionnelle d’emporter ses biens meubles et de rester un jour de plus contrairement à ses complices, expulsés dans l’heure : Ranavalona n’avait pas oublié que la cité industrielle, de celui qu’elle fit naturaliser andriamasinavalona, avait fabriqué les armes que les soldats merina opposèrent au débarquement français de 1845 à Tamatave.

    Radama a certainement permis l’arrivée des premiers missionnaires qui s’employèrent à fixer l’abidia (l’alphabet) malgache et formèrent les Roambinifololahy (les douze premiers élèves). Mais, les Reines Ranavalona 1ère et Rasoherina (1864-1868) surent reconnaître leurs compétences et les envoyèrent comme ambassadeurs à Londres : Raharolahy et Rasatranabo en mars 1837 ; Rasatranabo-Rainandrianandraina et Ralehimaholy-Rainifiringa en mars 1864.

    Cette ambassade de 1837 avait proposé que les Britanniques fournissent une assistance technique mais sans prosélytisme religieux. Malentendu dont Ranavalona ne porte pas la seule responsabilité. Deux ans auparavant, le 1er mars 1835, Ranavalona avait fait interdire le christianisme et les deux derniers missionnaires, Johns et Baker, avaient déjà quitté Antananarivo en juillet 1836.

    Ranavalona ne fut pas Catherine II de Russie (impératrice de 1762 à 1796), surnommée «La Grande» ou «La Minerve des Arts». Née dans une Europe en effervescence culturelle et baignant au confluent des courants intellectuels les plus brillants, Catherine II parlait l’allemand (sa langue maternelle), le français (des Lumières, ses protégés : Voltaire, Diderot, d’Alembert) outre le russe (de ses millions de sujets). Avec Catherine II, Ranavalona partagerait peut-être le surnom de «Messaline», pour les nombreux amants qu’on leur prêta, ou d’avoir succédé difficilement à leur époux : coup d’État en Russie, légitimité questionnée à Anatirova.

    Mais, Ranavalona n’avait pas été envoûtée par un Raspoutine, âme damnée d’une autre Romanov, Alexandra Feodorovna. Les décisions de Ranavalona avaient la cohérence d’un objectif clair : la spécificité de sa culture et de sa société héritée de la dynastie des Roambinifolomanjaka. Son identité, dirait-on plus tard. Une attitude qui n’était pas plus condamnable que celle d’un Bismarck ou d’un de Gaulle. Certes, sans les correctifs de l’instruction et la culture générale de l’Histoire majuscule.

    POST-SCRIPTUM :

    Discours du porteur de la lance «Tsi-tia-lainga», huissier des décisions de justice, lors de la seconde et définitive expulsion de David Griffiths en septembre 1840, alors qu’il s’adonnait à l’exfiltration clandestine de Chrétiens vers l’île Maurice : «Meloka ianao. Raha mba terak’ity tany ity ianao, dia maty mihitsy ny ainao, natao tsy tratry ny masoandro milentika akory. Saingy vahiny ary ianao, sady nahavita soa tamin’ity tany ity tany aloha, ka noho izany, tsy matin’Itompokovavy ny ainao. Koa izao no tenin-dRanavalomanjaka : saziko dimampolo amby zato vidin-doha ianao, ary mialà eto Antananarivo miaraka amin’izay, ndeha mody any amin’izay mba tanindrazanao, ka aza miverina eto Madagasikara intsony mandrakizay» (Si seulement vous aviez été un enfant de ce pays, vous y auriez laissé votre vie et l’on n’aurait même pas attendu que le soleil se fût couché ; mais, vous êtes un hôte-étranger et vous avez autrefois rendu des services appréciés à ce pays, et c’est pourquoi la Reine vous laisse la vie sauve. Voici donc la sentence de Ranavalomanjaka : je vous inflige une amende de 150 piastres pour rançon de votre tête, et je vous ordonne de quitter aussitôt Antananarivo. Rentrez dans ce qui est d’ailleurs votre patrie, et ne revenez plus jamais à Madagascar), in Du Ohabolana au Hainteny, p.238.

  • ANTANANARIVO VERYRANO

    ANTANANARIVO VERYRANO

    Est-ce que le manque de vision sur la gestion de l’eau depuis des décennies à Antananarivo serait-elle possible à faire oublier, uniquement par le débarquement du DG de la Jirama ? Il fallait un fusible, et dans le cas présent Olivier Jaomiary, qui n’aura donc tenu que 2 ans. À moins que cela ne soit qu’un hasard du calendrier, mais peu de chance…

    Oui il y a le feu sur la gestion de l’eau à Antananarivo, et pas d’eau pour l’éteindre. Un sujet d’autant plus brûlant d’ailleurs à l’approche des élections communales, surtout après la psychose généralisée de 2017, où à l’époque, les habitants de la capitale se sont réveillés sonnés en voyant le risque de ne plus avoir d’eau. Oui, Antananarivo peut aussi connaître la sécheresse d’eau potable.

    Autant il reste assez facile de cacher les problèmes de l’accès à l’eau dans différentes zones de Madagascar, mais pas dans la Ville des Mille… Il est fort à parier qu’on aura pas une révolution version gilets jaunes, mais une révolution bidons jaunes, le cas échéant. N’oublions pas que la majorité ne sera pas cette fois-ci silencieuse, car la majorité est vulnérable directement de l’absence d’eau à la pompe.

    Car il y a tant à faire et si peu de temps… mais probablement les solutions vont pulluler pendant la propagande à briguer la Mairie d’Antananarivo… Comme d’habitude, elles vont couler à flots, mais jamais comme l’eau qui commence à nous faire défaut.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Quand l’eau manquera

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Quand l’eau manquera

    J’ai grandi en buvant l’eau du robinet de la JIRAMA (qui n’était plus Eau et Électricité de Madagascar à partir de 1975). Elle était limpide, cristalline, fraîche. Inodore et incolore, elle n’en était que meilleure. Elle était «si pure si nature» avant ses concurrentes eaux minérales embouteillées qui, alors, ne faisaient partie, ni du paysage ni du vocabulaire.

    Aujourd’hui, quarante-cinq ans après la nationalisation des Eaux et Électricité, l’eau du robinet est trouble, effervescente, suspecte. Les bouteilles d’eau minérale envahissent les rayons des supermarchés et encombrent les étagères domestiques. Le geste simple d’ouvrir le robinet et de s’y désaltérer s’est compliqué d’une succession de précautions : il faut la laisser se décanter, il faut la filtrer, il faut la bouillir.

    Au Moyen-âge européen, les curés avaient inventé les bières d’abbaye qui étaient le plus sûr moyen de ne pas boire de l’eau croupie et d’échapper au choléra qui ravageait des populations entières. Sans doute pour les mêmes raisons, les Ntaolo malagasy avaient inventé le «ranonampango» ou «ranovola», cette décoction de la croûte grillée, «manitra», après cuisson du riz.

    L’eau, de trouble, viendra à manquer. Elle ne coule déjà plus aux robinets de nombreux quartiers de la Capitale, la ville la mieux équipée de tout Madagascar. Le vocabulaire récemment découvert, «étiage», nous deviendra de plus en plus familier, et de plus en plus tôt dans la saison. Il pleut de novembre à mars et il en pleut 60% sur les mois de décembre, janvier et février : jusqu’à quand ?

    Une étude «Approvisionnement en Eau et Assainissement de Tananarive» (confiée par l’Organisation mondiale de la santé à l’Omnium Technique OTH et qui s’est déroulée pendant 25 mois, entre le 1er juin 1973 et le 30 juin 1975) évoquait une amenée depuis Tsiazompaniry qui s’effectuerait naturellement par le biais de l’Ikopa, car la véritable ressource provient de la retenue de Tsiazompaniry qui régularise l’Ikopa, laquelle recharge la nappe, et que les meilleurs points d’exploitation des eaux superficielles de l’Ikopa et des eaux souterraines de l’Ikopa se situent à l’amont de la Ville, dans le secteur d’Alasora, dont les ingénieurs avaient pensé pouvoir refouler sur Mandroseza les eaux souterraines.

    Cette étude d’il y a 44 ans passait en revue la réalité à laquelle nous sommes définitivement confrontés en 2019 : la tuberculinisation interne des conduites de fonte grise du réseau par incrustation de fer, les 250.000 m3 d’eau en besoin quotidien du Grand Tana, l’alimentation autonome de la commune d’Ambohitrimanjaka à partir de la nappe alluviale de l’Ikopa…

    Certaines questions seront de moins en moins taboues : la limitation des naissances vient d’être soulevées par le Ministre de l’Économie et des Finances. La régulation des migrations intérieures se posera un jour ou l’autre : les ressources en eau d’Antananarivo ne sont pas indéfiniment extensibles. En 1975, on pouvait encore écrire qu’il pleut en moyenne 1.360 millimètres d’eau par an à Antananarivo tandis que l’évaporation moyenne est de 1.170 mm par an : ces valeurs doivent avoir été mises à mal par le réchauffement climatique. On a également oublié ce grand lac de retenue, réservoir des eaux de pluie qui ne se perdraient plus inutilement à la mer et plan nautique écologique, qui apporterait une fraîcheur bienvenue.

    Antananarivo n’a ni vocation ni capacité à abriter tout Madagascar. La pertinence d’une nouvelle Ville n’est pas en cause, mais elle pourrait se situer au-delà du premier cercle du Grand Tana : un Grand Arivonimamo, par exemple, autour de l’ancien aérodrome international. Pour sauver Antananarivo, il faudra multiplier Antananarivo : des villes aussi bien équipées en hôpitaux, en écoles et universités, en centres culturels, en usines pourvoyeuses d’emplois, en services publics. En eau potable. En tout ce qui attire les populations à Antananarivo parce qu’elles ne les trouvent pas chez elles. On a trop longtemps oublié la décentralisation : la périphérie s’anémia, le centre s’asphyxia.

  • ANDRAISORO – TSY AMPY RANO

    ANDRAISORO – TSY AMPY RANO

    TSY AMPY RANO – Anisan’ny toerana tena mijaly rano eto Antananarivo ny fokontanin’Andraisoro. Tsy matory ny mponina amin’ny alina fa mivoaka eny ivelany manovo rano. Ireo mpanasa lamba kosa dia miasa amin’ny alina ary amin’ny maraina no manaha lamba. Tezitra tanteraka izy ireo manoloana ny toe-java miseho.

    Efa nandefa tompon’andraikitra eny an-toerana anefa ny JIRAMA, mba hizarana rano hoan’ireo mponina ao Andraisoro, saingy tsy ampy izany.

  • ANTOKO MPANOHITRA

    ANTOKO MPANOHITRA

    Manoloana ny tolo-dalàna momban’ny satan’ny mpanohitra eny anivon’ny Antenimieram-pirenena, dia naneho ny heviny, ny 16 aogositra, tetsy Anosy ny Rodoben’ny Mpanohitra ho an’ny Demokrasia eto Madagasikara na RMDM.

  • PRÉ-SÉLECTION MISS TOURISME MADAGASCAR

    PRÉ-SÉLECTION MISS TOURISME MADAGASCAR

    MISS TOURISME MADAGASCAR – Les participantes au Concours Miss Tourisme Madagascar ont défilé ce 16 août à Anosy pour le début des pré-sélections, qui s’étalent sur deux jours. Les candidates – elles étaient plus d’une cinquantaine – ont été jugées selon plusieurs critères : leur physique, leur beauté, tout comme leur niveau de culture générale. La connaissance de Madagascar au niveau touristique constituera un atout pour la future Miss.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : JIRAMA Sisyphe

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : JIRAMA Sisyphe

    Ce petit trou de la JIRAMA à Ankadilalana-Mahamasina est une belle illustration de la malédiction de Sisyphe (cf. Chronique VANF, Les douze travaux publics, L’Express de Madagascar 30.07.2019).

    En l’espace de deux mois, cela va faire trois fois que la JIRAMA creuse et colmate, un peu au-dessus de l’École Normale, anciennement Le Myre de Vilers. En cause : une conduite d’eau probablement défectueuse par l’usure du temps. Le geyser caractéristique avait dû signaler le péril au voisinage qui se serait empressé (ce n’est pas toujours le cas, surtout si le Fokontany est amorphe) d’en référer à la compagnie nationale d’électricité et d’eau.

    Sauf que la JIRAMA sait déterrer et rafistoler des conduites d’eau, mais que ses agents ne sont pas formés aux travaux publics. Défoncer la chaussée à la pioche, ce n’est rien. Le plus important, et surtout du point de vue des usagers de cette rue très fréquentée, c’est la remise en son état normal initial du revêtement.

    Récapitulons. Une fuite souterraine se signale en surface par un début de nappe. La JIRAMA, qui dispose encore des anciens plans de raccordement, ferme le robinet en amont (Ankadilalana-Tsimbazaza) et entame ses travaux en aval (Ankadilalana-Mahamasina). Après 36 heures de coupure d’eau dans le quartier, la JIRAMA colmate le trou sans le savoir-faire d’une société dont c’est le métier de construire des routes. Les tuyauteries souterraines vont bientôt, et inexorablement, subir la pression du poids des milliers de voitures qui empruntent quotidiennement cet axe. Pression, affaissement, rupture, fuite.

    On ne demande pas à COLAS de réparer une fuite d’eau. On n’exige pas de la JIRAMA de remettre en état, ni dans les règles d’un art qu’elle ne maîtrise pas, une chaussée. La malédiction de Sisyphe d’avoir à revenir indéfiniment sur le même chantier ne sera conjurée que par l’association des deux savoir-faire dans leur domaine respectif spécialisé.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Œuvre parlementaire utile

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Œuvre parlementaire utile

    En cette période de session parlementaire extraordinaire, et parce que la plupart des élus, comme on a pu le constater dans leurs discours démagogiques de propagande, n’ont qu’une idée vague de la fonction parlementaire, c’est faire œuvre démocratique utile que de leur partager certains fondamentaux. Si nul n’est censé ignorer la loi, aucun député ni sénateur ne devrait ignorer l’histoire de leur institution et les développements constitutionnels qui suivirent.

    «La fonction première des assemblées parlementaires est de contrôler l’action gouvernementale. Historiquement, c’est pour cela qu’elles ont d’abord été créées. Quand, lors de leur révolte contre Jean Sans Terre qui devait aboutir à l’acceptation par celui-ci de la Grande Charte de 1215, les Anglais ont exigé qu’aucun impôt nouveau ne soit levé sans le consentement du Magnum concilium, lointaine ébauche de ce qui deviendra le Parlement d’Angleterre» (Bernard Chantebout, Documents d’‘études, n°1.14).

    À Madagascar, cette fonction de contrôle est énoncée par l’article 102 de la Constitution de 2010 : «Les moyens d’information du Parlement à l’égard de l’action gouvernementale sont la question orale, la question écrite, l’interpellation, et la commission d’enquête».

    Select committees en Grande-Bretagne, Investigating Committees du Congrès américain, Untersuchungsausschüsse en Allemagne, une commission d’enquête aura la crédibilité de son rapport final qui devrait être publié, aussi bien pour la prise à témoin de l’opinion publique que pour juger du sérieux des parlementaires.

    Plutôt que de chercher à accaparer l’attention de leurs lointains électeurs par un coup d’éclat à la télévision nationale, les députés (et les sénateurs) seraient avisés de diligenter de multiples enquêtes : sur les entrées massives à nos frontières et le séjour indéfini des étrangers à Madagascar, sur les importations sauvages qui tuent dans l’œuf l’industrie locale, sur les «écolages» à l’entrée des écoles nationales (administration, magistrature, armée, gendarmerie, police), etc.

    Il y a tant de sujets qui devraient pouvoir occuper un mandat législatif autrement qu’en alimentant en scandales la rubrique des faits divers. Ce vrai travail de contrôle réhabiliterait une Assemblée nationale surtout connue pour offrir le refuge de son immunité parlementaire ou le feuilleton des 4×4 aux frais du contribuable.

    La fonction de voter les lois n’est qu’une fonction dérivée de celle de contrôle. La Constitution française de 1958, dont toutes les constitutions malgaches depuis soixante ans allaient s’inspirer, énumère limitativement les matières du domaine de la loi (article 34) tandis qu’elle ouvre largement le champ des actes du Gouvernement : «Les matières autres que celles du domaine de la loi ont un caractère réglementaire» (article 37).

    L’épaisseur d’un projet de loi des finances est une arme de dissuasion suffisante qui décourage toute velléité de l’étudier sérieusement. Le Parlement n’exerce qu’une fiction législative en sa deuxième session ordinaire consacrée à cette loi du «consentement à l’impôt» : «La complexité de la législation qui résulte de l’intervention croissante de l’administration dans la vie des États modernes (a) progressivement transformé le rôle législatif du Parlement en celui d’une chambre d’enregistrement. L’essentiel de la législation est d’origine gouvernementale» (Documents d’études, n°1.14, La Documentation française).

    Faire œuvre parlementaire utile, à moins de porter une proposition de loi forte (restauration de la peine de mort, légalisation de l’avortement, libéralisation de la loi sur le mariage en instituant le divorce amiable par consentement mutuel), c’est moins s’illusionner sur des amendements que de contrôler et d’enquêter.

  • LA VIE D’UN CONDUCTEUR DE TUC TUC À MAHAJANGA

    LA VIE D’UN CONDUCTEUR DE TUC TUC À MAHAJANGA

    PORTRAIT – Arsène, un habitant de Mahajanga, gagne sa vie en conduisant un tuc tuc. « Tout travail peut nourrir son homme à condition de le faire bien et avec du sérieux », dit-il très convaincu. Malgré des journées souvent chargées, celui-ci estime qu’il pratique un travail décent. Il entend même enclencher la « vitesse supérieure », car celui-ci rêve de conduire un jour son propre véhicule. Reportage.