Antananarivo, 7 Avril, 6h15 – Après Ambositra, c’est à Toamasina que le Premier ministre Christian Ntsay a dirigé sa deuxième réunion délocalisée de l’Organe mixte de conception à l’échelle nationale (OMC Nat). Il s’est donc rendu dans la capitale de la région d’Atsinanana avec les cinq ministres en charge de la sécurité, ainsi que de celui de la décentralisation et le ministre coach de la région, vendredi. Des élus de la région et les responsables locaux ont participé à la réunion où il était question de “restaurer à Toamasina la paix et la sécurité dans les meilleurs délais”.
Outre l’intolérance face aux délinquants et aux criminals pour lutter contre l’insécurité, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de “soutenir les milliers de jeunes livrés à eux-mêmes dans les quartiers de façon à améliorer leur avenir”. Il a ainsi annoncé une “prise de responsabilité des ministères concernés par le sujet à travers des projets et des formations”. “L’objectif est d’instaurer une paix et une sécurité durables dans la région d’Atsinanana”, rapporte le communiqué du Bureau du Premier ministre.
La Réunion de l’OMC Nat a permis d’évoquer les différentes causes de l’insécurité dans la région. Et les messages du Premier ministre étaient clairs. “Il n’y aurait aucune tolérance à l’égard des responsables, désignés, élus ou appartenant aux forces de l’ordre, qui se rendraient complices des malfaiteurs ou qui feraient preuve de négligence dans leur travail”.
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Antananarivo, 6 Avril, 11h05 – Et si Base Toliara devenait un fournisseur local de matières premières ? C’est envisageable, d’après le directeur général de cette compagnie minière, Jean Bruno Ramahefarivo. Il avait exposé cette éventualité, cette semaine, en réponse à la question : pourquoi Base Toliara ne transforme-t-elle pas localement ses produits?
Ce responsable explique que la transformation n’est pas vraiment la spécialité de Base Toliara, ni même d’Energy Fuels. “Il faut savoir que nous allons exploiter et valoriser plus d’un produit. Il y a quelques produits dérivés de l’ilménite. Il nous sera alors difficile de produire en même temps de la dentifrice, des prothèses dentaires ou des lunettes à partir de ces matières premières”, lance-t-il.
Par contre, si des sociétés venaient s’implanter au pays, et monteront des usines qui auront besoin de ces matières premières, “nous pourrons leur vendre nos produits”, a-t-il avancé. L’ilménite est un minerai utilisé dans la production de dioxyde de titane, et elle est une matière première clé dans les industries des pigments, de la céramique, du verre, des électrodes de soudage et de la métallurgie.
Actuellement, l’ilménite, le zircon et la rutile que va exploiter Base Toliara sont classés parmi les minéraux critiques, dont la demande sur le marché international devrait être importante à moyen et long terme. Cette compagnie estime aussi que la valorisation de la monazite qu’elle prévoit devra renforcer l’importance stratégique du gisement de Ranobe et accroître significativement la valeur de ce projet minier et ses retombées positives pour Madagascar.
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Antananarivo, 6 Avril, 8h00 – Trois joutes, trois victoires pour l’Université catholique de Madagascar. Après avoir remporté tous ses matchs de groupes au concours inter-universitaire de débats de La Haye, l’équipe d’Ambatoroka se qualifie pour les huitièmes de finale du tournoi.
Pour la troisième et dernière journée de compétition, l’UCM triomphe de l’Université des sciences appliquées de La Haye, Pays Bas, sur un score de 250,5 à 217,5. Félicitée pour son expérience et sa détermination, l’UCM a confirmé son statut de favorite du groupe, indique la Corax Foundation, organisatrice du tournoi.
Francio Alan Chan Lone, Kantoniaina Ratrimomanana et Jeremy Rabarilala ont surtout impressionné les trois membres du jury lors de leur troisième match. Ceux-ci ont accordé à chacun des orateurs une note supérieure à 80. Ils devaient débattre si après l’introduction de la cassave dans le patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco en 2024, les traditions culinaires en Martinique sont un pilier du tourisme et de l’économie locale.
Lors des deux premières journées de débat, l’UCM a respectivement battu l’Université Mc Gill du Canada (255,5 – 235) et celle de la Polynésie française (219 – 193).
Antananarivo, 5 Avril, 17h55 – Le crâne du Roi Toera et ceux des deux guerriers sakalava ne seront finalement pas de retour à Madagascar en avril. Une rencontre entre le président de la République et les représentants de la famille princière sakalava vendredi a permis d’aboutir à une date consensuelle pour l’organisation des cérémonies de réception de ces biens patrimoniaux. Selon un communiqué du ministère de la Communication et de la culture, “il a été décidé d’un commun accord de reporter les cérémonies de restitution au mois d’août”.
Si l’on en croit le communiqué du ministère, c’est à cette période que la restitution peut se faire “dans le respect des us et coutumes sakalava”. L’idée est notamment “d’unir le corps de l’Ampanjaka puis de permettre à ses descendants de constituer ses reliques en vue des rituels du Fitampoha” qui se tiennent habituellement en août. Entre-temps, un “zomba” devrait être construit à Ambiky, ancienne capitale du Royaume sakalava du Menabe, située dans le district de Belo sur Tsiribihina.
Le report des cérémonies de remise et de restitution devrait également permettre aux autorités et aux descendants du Roi d’“organiser une cérémonie digne et à la hauteur des valeurs historiques et symboliques du retour du crâne de l’Ampanjaka Toera pour le peuple malgache en général, et pour la communauté sakalava en particulier”, souligne encore le communiqué du ministère.
Mais la nouvelle date répond surtout aux souhaits des descendants du Roi qui avaient demandé que le retour du crâne de leur aïeul se fasse à la période du Fitampoha. Or, “le président de la République a émis le souhait que ce retour en terre ancestrale de ces crânes sakalava dont celui de l’Ampanjaka Toera se tiennent dans un contexte de sérénité et d’unité pour tous les Malgaches”. Et comme le décret français du 3 avril prévoit “un délai de un an à compter de sa publication dans le journal officiel pour la remise et la récupération de ces restes humains au Musée de l’homme”, le gouvernement ne semble pas vouloir se précipiter.
Lors du Conseil des ministres de mercredi, l’Exécutif avait encore annoncé que la cérémonie de remise du crâne se ferait à Paris le 14 avril, et que jusqu’à son retour à Madagascar, les crânes seraient conservés à l’ambassade de Madagascar en France. Puis une fois arrivés au pays, une cérémonie avec tous les Ampanjaka était prévue à Antananarivo avant le transfert dans le Menabe. A l’exception du 14 avril, aucune date n’avait encore été annoncée.
Le « Fitampoha » ou bain des reliques royales est une cérémonie ancestrale pratiquée par le groupe ethnique des Sakalava issus de la région de Menabe. Il consiste à nettoyer les ossements des défunts rois sakalava autrefois et de les couvrir d’huile aromatisée et de miel. Ce rituel est effectué dans le but de respecter les ancêtres royaux et de demander leur bénédiction. Au XVIIème Siècle, ce rite se déroulait tous les ans et le créateur en fut le roi Andriandahifotsy. Depuis 1904, le « Fitampoha » a lieu tous les 10 ans et puis tous les 5 ans depuis 1988. La prochaine célébration du « Fitampoha » se tiendra en 2021.
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Antananarivo, 5 Avril, 10h40 – Plutôt “corrective” que “punitive”. Selon l’ambassade des Etats-Unis à Madagascar, la décision d’imposer un droit de douane à 47% sur les exportations malgaches à destination du marché américain ne viserait pas à pénaliser la Grande île. C’est plutôt une des “mesures nécessaires et correctives” que l’Amérique devait prendre face à ses déficits commerciaux avec les autres pays du monde. C’est une des raisons avancées par cette ambassade pour justifier cette disposition qui touche Madagascar.
L’ambassade des Etats-Unis à Madagascar évoque une “disparité commerciale” entre les “deux pays”. Selon le chiffre du Bureau du recensement américain, les Etats-Unis avaient enregistré une balance commerciale déficitaire de 679,8 millions de dollars dans ses échanges commerciaux avec Madagascar en 2024. Un déficit qui résulte de ses importations en provenance de la Grande île qui s’élève à 733,2 millions de dollars contre une exportation vers Madagascar à hauteur de 53,4 millions de dollars.
C’est compte tenu de cette disparité commerciale que ce taux tarifaire pour les exportations malgaches vers le marché américain avait été fixé à 47%, soutient l’ambassade des Eatts-Unis. Comme tous les autres pays concernés par cette mesure, la portée de ce droit de douane pour Madagascar peut être réduite ou limitée. Ceci demande néanmoins des mesures significatives pour remédier aux accords commerciaux non réciproques et s’aligner suffisamment sur les États-Unis en matière d’économie et de sécurité nationale.
L’ambassade des Etats-Unis ajoute même que ces droits de douane peuvent être réduits ou éliminés. Il faut toutefois “que les conditions économiques préjudiciables créées par le commerce non réciproque ont été suffisamment atténuées ou résolues”, indique cette institution.
Le gouvernement malgache aura donc à trouver les moyens dont il dispose pour réduire le déficit commercial des Etats-Unis dans les échanges entre les deux pays, comme souligné dans le communiqué de l’ambassade américain. Celui-ci salue en tout cas “les efforts visant à garantir que nos deux pays puissent réaliser des échanges commerciaux réciproques”.
Antananarivo, 5 Avril, 6h15 – Prix inchangés pour le sans plomb et le gasoil. Comme chaque mois depuis février, la révision mensuelle des prix des carburants a bien eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi. Les prix du sans plomb et du gasoil sont restés inchangés. Les tarifs à la pompe du mois dernier sont maintenus, avec le litre de sans plomb à 5 320 ariary et le gasoil à 4 970 ariary.
En revanche, le prix du pétrole lampant poursuit sa hausse. Désormais, le litre de ce produit s’élève à 3 030 ariary contre 2839 ariary lors de la da derrière révision du 5 mars dernier. Ce qui représente une hausse de 200 ariary, le plafond autorisé par le mécanisme d’ajustement de prix de carburant.
La hausse du prix du pétrole lampant était attendue. Dès le début de l’année, les autorités avaient annoncé une hausse progressive du prix de ce produit jusqu’à atteindre son coût réel d’ici la fin de l’année. L’objectif est de supprimer les subventions qui pèsent lourdement sur le budget de l’État. Selon les données fournies, ces subventions atteignent jusqu’à 95 milliards d’ariary en un an, représentant un fardeau considérable pour les finances publiques.
Les automobilistes, notamment ceux du secteur du transport en commun comme les taxibe, peuvent souffler un peu. Ces véhicules fonctionnent principalement au gasoil, un carburant qui a connu une hausse continue depuis la mise en place du mécanisme d’ajustement des prix des carburants, sauf en janvier.
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L’annonce par l’administration Trump d’imposer des droits de douane de 47 % sur les produits malgaches exportés vers les États-Unis a secoué le monde économique de Madagascar. Cette décision est d’autant plus alarmante que le marché américain est l’un des principaux débouchés pour les exportations de la Grande Île. Face à cette situation, le directeur général des douanes, Ernest Zafivanona Lainkana, a répondu à la sollicitation de www.2424.mg pour apporter des éclaircissements. Interview
Comment devons-nous comprendre cette décision de l’administration Trump d’imposer une taxe de 47% sur les exportations malgaches vers les États-Unis ?
La manière dont il faut comprendre cela est sans équivoque. Si le taux appliqué à Madagascar est effectivement de 47%, la méthode de calcul, telle que nous l’avons constatée à travers les médias étrangers ou à travers les échanges avec les responsables concernés, repose sur notre déficit commercial. En d’autres termes, il y a des marchandises que nous exportons vers les États-Unis, et d’autres que nous importons des États-Unis vers Madagascar. En 2024, Madagascar a exporté pour environ 733 millions de dollars vers les États-Unis, tandis que les importations en provenance des États-Unis n’étaient que de 53 millions de dollars. Cela crée un excédent commercial pour Madagascar, à hauteur de 679 millions de dollars. C’est ce chiffre qui représente notre excédent commercial. »
Comment expliquez-vous également ce droit de douane de 93% que Madagascar aurait imposé aux États-Unis ?
Si nous nous référons à ce taux de 93%, il est à peu près équivalent au ratio du déficit commercial évoqué. Il s’agit d’un déficit commercial de 679,8 millions de dollars par rapport à un volume d’importation total de 733 millions de dollars [du côté américain], ce qui donne un taux de 92,7%, arrondi ensuite à 93%.
Comment l’administration douanière malgache taxe-t-elle alors les produits américains entrant à Madagascar ?
En réalité, la taxation appliquée par Madagascar n’atteint pas du tout ce taux de 93%. Pour les produits en provenance des États-Unis importés à Madagascar, la moyenne de taxation tourne autour de 12%. Nous savons que les États-Unis appliquent une taxation uniforme à tous les produits. C’est la même taxe pour tous les produits. Pour nous, la politique tarifaire est structurée de la manière suivante : 5% pour les équipements et les matières premières, afin de promouvoir la production locale, 10% pour les produits intermédiaires, et 20% pour les produits finis. Ce sont les taxes qui existent chez nous. Ainsi, si l’on considère les droits de douane perçus sur les marchandises importées des États-Unis en fonction de leur valeur, cela nous donne une moyenne d’environ 12%. Cela nous permet de dire, si l’on part du tarif, que cela n’atteint pas 93%. En fait, la décision prise [par les États-Unis] n’est pas liée à notre politique tarifaire, mais plutôt à un « tarif d’urgence », comme ils l’appellent, décrété dans un contexte d’état d’urgence. En tant que tarif d’urgence, ils ont imposé ce taux, sans rapport avec nos propres pratiques douanières. »
On parle actuellement de cette taxation à 47% des produits malgaches vers les États-Unis. Comment les échanges s’effectuaient-ils auparavant, avant l’application de cette mesure ?
Les États-Unis font partie des pays qui appliquent les taux de droits de douane les plus faibles. Si je ne me trompe pas, le taux moyen appliqué aux marchandises importées aux États-Unis est d’environ 3,3%. En outre, ils ont établi avec certains partenaires des accords commerciaux appelés Trade Facility Agreements, comme le Système Généralisé de Préférences (SGP) et l’Agoa (African Growth and Opportunity Act). La majorité de nos exportations bénéficient de ces régimes préférentiels. Sur les 733 millions de dollars de marchandises exportées vers les États-Unis en 2024, seuls 18 millions de dollars n’étaient pas couverts par le SGP ou l’Agoa, soit 2% qui ont donc été soumis à une taxe douanière standard de 3%. Le reste, est entré sur le territoire américain avec un taux préférentiel de 0% grâce au SGP et à l’Agoa. »
Qu’advient-il de ces régimes préférentiels suite à l’instauration de cette nouvelle tarification ?
Étant donné qu’il s’agit d’une mesure d’urgence, elle n’a pas suivi le processus législatif classique, comme c’est le cas chez nous. Dès la signature de l’executive order, son application est immédiate. Cette mesure entrera en vigueur ce mardi 9 avril, à partir de minuit, comme détaillé dans le décret. Pour les marchandises déjà entreposées, l’application se fera à partir de 12h. En ce qui concerne les régimes préférentiels liés à l’Agoa et au SGP, nous sommes encore dans l’attente de clarifications de la part des autorités américaines avant de pouvoir nous prononcer officiellement. »
Quels pourraient être, selon vous, les impacts de cette décision sur les activités économiques à Madagascar ?
Du point de vue de l’administration douanière, nous savons que la compétitivité économique et les déséquilibres de la balance commerciale dépendent de plusieurs facteurs, et pas uniquement des politiques tarifaires. Tous les produits ne sont pas touchés de la même manière. Certains produits bénéficient d’un avantage absolu, d’autres d’un avantage comparatif ou différenciatif. Concernant le secteur minier par exemple, certains produits sont exclus de cette nouvelle tarification. Une liste d’exclusion a été établie, et les produits concernés ne seront donc pas impactés. Ce qui nous préoccupe, c’est la compétitivité globale de nos produits sur le marché américain. Mais il convient de souligner que cette mesure d’urgence reste provisoire. Son évolution dépendra de la manière dont la situation sera gérée. C’est à l’État de mener les négociations bilatérales nécessaires et de suivre toutes les étapes pour y faire face. Ce genre de situation s’est déjà présenté, comme ce fut le cas avec le Mexique, où un executive order similaire avait été adopté mais fut par la suite suspendu, permettant un retour à la normale.
Antananarivo, 4 Avril, 10h50 – Le projet de valorisation de la monazite dans l’exploitation minière de Ranobe est un des éléments clés qui avait permis à l’État de monter les enchères dans le cadre de ses négociations avec Base Resources. C’est un des points soulevés par le ministre des Mines, Herindrainy Rakotomalala, lors de son passage sur la chaîne de télévision publique TVM, jeudi soir.
Bien que la monazite ne représente qu’environ 2% de la production totale prévue dans le projet Base Toliara, ce minerai critique est très recherché. Et avec le besoin croissant de ce produit sur le marché international, son prix a déjà atteint plus de 6 000 dollars la tonne et pourra encore augmenter jusqu’à 8 000 dollars. Le cours de l’ilménite n’est que de 200 dollars la tonne, indique le ministre Herindrainy Rakotomalala, en guise de comparaison.
Le ministre en charge des mines poursuit encore, en indiquant que sur les 18 milliards de dollars de chiffre d’affaires attendu par Base Toliara de ses exploitations minières à Ranobe, 7 milliards d’ariary proviendraient de la valorisation de la monazite. C’est compte tenu de ce qu’apporterait cet élément de terre rare que l’Etat a pu gagner davantage dans les négociations d’après ces explications.
Pour l’heure, le permis minier obtenu par Base Toliara ne couvre que l’ilménite, le zircon et le rutile. La valorisation de la monazite lui nécessite des autorisations supplémentaires afin d’être ajoutée à son permis d’exploitation, et celles-ci devront être accordées par le Gouvernement avant toute production. Le ministre Herindrainy Rakotomalala parle de mise à jour de tous les paramètres, dont le cahier de charge de la compagnie.
Par ailleurs, Madagascar avait déjà indiqué en février vouloir mettre en avant les minerais critiques pour négocier le renouvellement de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa). “Madagascar a l’avantage de pouvoir mettre en exergue ses minerais critiques, utilisés dans la fabrication des matériels de nouvelle technologie et des équipements de production d’énergie renouvelable, pour attirer les investisseurs américains”, avait indiqué le compte-rendu du Conseil des ministres du 19 février. Energy Fuels, maison mère de Base Toliara, avait fait partie de la délégation de Madagascar présente aux Etats-Unis pour négocier le renouvellement de l’Agoa.
Base Toliara avait déjà estimé qu’en obtenant les autorisations nécessaires au traitement de la monazite, le développement de Ranobe fera de Madagascar un acteur de premier plan sur la chaîne de valeur de la transition énergétique.
Antananarivo, 4 Avril, 7h50 – Le gouvernement malgache se dit prêt à respecter “l’esprit de réciprocité souhaitée par les Etats-Unis d’Amérique” quand leur président a décidé de taxer jusqu’à 47% les produits en provenance de Madagascar à destination des Etats-Unis. Dans son communiqué publié jeudi, le gouvernement affirme sa “volonté de renforcer son partenariat économique avec les Etats-Unis dans un esprit de coopération mutuellement profitable”. L’idée est alors de “défendre les intérêts du pays” à travers “un accès équitable des produits malgaches au marché américain”, mais “dans le respect de la réciprocité souhaitée par le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique”.
Avant d’engager les actions, les autorités malgaches ont cependant encore demandé des clarifications sur les mesures annoncées par Donald Trump auprès de l’ambassade des Etats-Unis à Madagascar. Elles ont, par la même occasion, engagé des démarches pour “explorer les possibilités d’ajustement des nouvelles barrières tarifaires”, pour “obtenir une révision des mesures” plus précisément.
Dans son décret annonçant ces nouvelles mesures douanières, Donald Trump rappelle la politique des Etats-Unis qui vise à “rééquilibrer les flux commerciaux mondiaux”. Il explique sa décision d’imposer un droit ad valorem supplémentaire sur toutes les importations en provenance des partenaires commerciaux par la nécessité de corriger les déséquilibres qui sont souvent, selon le décret, en défaveur des Etats-Unis.
Dans la décision, Donald Trump met en avant “les déficits commerciaux annuels importants et persistants des Etats-Unis en matière de biens”. Pour le président des Etats-Unis, ce déficit commercial a non seulement “contribué à l’atrophie des capacités de production nationale des Etats-Unis”, il a également un “impact sur la capacité des producteurs américains à exporter, et par conséquent sur leur motivation à produire”. Il dénonce également “des différences non réciproques dans les taux des droits de douane entre les partenaires commerciaux étrangers mais aussi un recours important aux barrières non-tarifaires par ces partenaires”.
Dans les relations commerciales entre les Etats-Unis et Madagascar, la balance commerciale est largement déficitaire au détriment des Etats-Unis. Les derniers chiffres du Bureau du recensement américain indiquent que sur les échanges de 783,6 millions de dollars d’échanges commerciaux entre Madagascar et les Etats-Unis, les importations américaines en provenance de Madagascar s’élèvent à 622 millions de dollars alors que les exportations des Etats-Unis vers Madagascar sont de 61,6 millions. Un excédent de 660,4 millions de dollars en faveur de la Grande île est ainsi constaté.
Par ailleurs, le secrétariat de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dans le cadre du quatrième examen de la politique commerciale de Madagascar, estime que les relations commerciales entre la Grande île et les Etats-Unis au travers notamment de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa) méritent une description à part. L’Agoa avait par ailleurs élargi la gamme des produits visés par le Système généralisé de préférences (SGP) à 1 500 catégories de produits supplémentaires, notamment le textile et l’habillement.
Antananarivo, 4 Avril, 6h30 – Une décision définitive. Un décret publié mercredi par le gouvernement français officialise la restitution des crânes du Roi Toera et de deux chefs de guerre sakalava qui sont conservés au Museum d’histoire naturelle de France. Un mois et demi après la remise du rapport du comité scientifique conjoint chargé de l’identification et de la vérification de l’origine des restes humains demandés par Madagascar, la France accepte donc de remettre ces biens patrimoniaux à la Grande île.
Le décret se donne un délai d’un an au plus à compter de la publication du décret pour remettre les restes humains à Madagascar, mais ceux-ci devraient être transférés officiellement aux autorités malgaches dès le 14 avril. Le Conseil des ministres de mercredi a déjà indiqué qu’une cérémonie officielle en ce sens devrait avoir lieu à Paris ce lundi-là. Dès cette date de remise matérielle, comme le souligne le décret français, “les restes humains cessent de faire partie des collections publiques nationales” françaises.
Lorsque la propriété des restes humains seront définitivement transférés à Madagascar, ceux-ci seront d’abord conservés à l’ambassade de Madagascar en France avant leur embarquement vers Madagascar. Pour l’instant, les autorités ne donnent pas de date sur leur arrivée effective sur la Grande île. Il est juste annoncé par le Conseil des ministres une autre cérémonie officielle d’accueil en terre malgache en présence de tous les Ampanjaka malgaches avant leur transfert dans le Menabe.
La demande de restitution des crânes du Roi Toera et de deux de ses guerriers avait été officiellement formulée par Madagascar en mai 2022. Plusieurs démarches ont été faites depuis, et la France, en décembre 2023, adopte une loi qui prévoit la restitution des restes humains appartenant à ses collections publiques. Un comité scientifique conjoint a également été mis en place pour effectuer les travaux d’identification et de vérification de l’origine de ces restes humains.