Antananarivo, 15 Mai, 18h35 – Une première réussie pour Watch’entertainment studio et le réalisateur Zo Tahiana Hariminoson. Le public a répondu présent et en masse au rendez-vous qu’ils ont donné samedi pour la première diffusion en public du thriller fantastique Joe. Au-delà de son engouement, le public a eu des réactions globalement positives à la fin d’un peu moins de deux heures de film. « J’ai adoré et j’ai été agréablement surpris », indique un spectateur à la sortie de la salle. « Je vais recommander à mes amis », en ajoute un autre.
Et pour cause. Ce thriller fantastique, comme le définissent ses producteurs, coche presque toutes les cases d’une production cinématographique moderne et aux normes. « Joe » raconte l’histoire d’un chauffeur de Taxi qui, pour guérir sa fille gravement malade et après avoir épuisé toutes les autres options, va s’attacher les services d’une sorcière. Mais il comprendra vite que rien n’est gratuit. Les conséquences, pour lui et les autres protagonistes qui se retrouveront mêlés à sa quête, seront terribles.
Le pitch du film semble simple mais l’histoire est loin de l’être. Celle-ci est mise en valeur par un scénario maitrisé dans l’ensemble malgré quelques lenteurs et petites incohérences. Puis, elle est sublimée par de nombreux « plots twists », comprendre renversements de situation, et révélations aussi surprenantes les unes que les autres.
A part le scénario, « Joe » frappe aussi par sa qualité visuelle. Des images soignées, des compositions travaillées et une gestion des lumières et de la colorimétrie qui n’est pas là juste pour faire joli mais qui sert le récit. Le noir et la nuit prédominent dans l’ensemble, créant cet atmosphère d’insécurité et de doute que l’on retrouve chez Joe et les autres protagonistes emprisonnés par leurs quêtes respectives. Des plans d’Antananarivo au coucher du soleil signés Andry Rakotoarivony valent le détour. Le montage, pour sa part, est très correct.
Autre très gros point fort du film, la musique. Si les productions commerciales malgaches se contentent la plupart du temps de musiques gratuites tirées sur Internet, « Joe » est doté d’une magnifique bande son signé Tessa Ratovonar. Une musique sombre et noble, digne des grosses productions. Une musique presque omniprésente mais qui sait se retirer lorsqu’il le faut. Le son, notamment au niveau de la voix, présente encore quelques lacunes mais cela ne gênera presque pas l’auditoire.
Les acteurs, de leur côté, font dans l’ensemble un bon travail même si les performances restent encore assez hétéroclites. Herizo Rabary, toujours excellent, sort bien évidemment du lot et offre une performance solide dans la peau de Joe. Onylie Vania et Miangaly Ratsimbazafy, dans le rôle des deux autres protagonistes principaux, proposent des performances solides bien que perfectibles. Les personnages secondaires, pour leur part, gagneront à être mieux écrits mais aussi interprétés.
Malgré tout, « Joe » est un « must see », et au cinéma de préférence pour pouvoir en apprécier la qualité. Les 15.000 ariary du ticket ne sont pas volés. Rarement une production commerciale à destination du grand public malgache ne se sera autant rapprochée d’une production étrangère. « Le résultat d’un travail acharné et d’une équipe en or », selon Arija Harijaona, producteur, qui parle d’une production débutée en 2014. Joe est actuellement au cinéma.