Antananarivo, 2 Août, 15h45 – Spéculation sur les stocks. Augmentation du nombre des collecteurs. Hausse du coût des transports. Les explications possibles avancées par l’Observatoire du riz au coût élevé du riz local en Juin 2021 sont multiples. Bien que le mois de Juin soit la période où les prix du riz sont censés être à leur plus bas niveau compte tenu du pic de la récolte, les prix cette année « sont restés à un niveau plus élevé que les années précédentes dans la plupart des marchés », indique le bulletin mensuel de l’ODR en date de Juin.
Outre les causes liées au marché, le numéro Un du bulletin parle également d’une baisse de la production dans certaines régions productrices pour cause de retard de pluies et de la sécheresse. Il évoque également la réorientation des priorités des agriculteurs familiaux suite à la crise sanitaire liée à la Covid-19. « Les ventes sont désormais réalisées en fonction des besoins essentiels des ménages, ce qui diminue les quantités disponibles mises volontairement sur le marché », souligne le bulletin.
Dans de nombreuses régions, notamment les zones qui ne sont pas productrices de riz, le prix moyen du riz blanc local dépassait les 2.000 ariary en Juin auprès des détaillants. Il était même de 2.785 ariary dans l’Androy et de 2.425 ariary dans l’Anosy. Dans l’Alaotra où la production a baissé pour cause de retard des pluies et de sécheresse, le prix moyen auprès des détaillants était de 1.959 ariary en Juin. Un prix élevé si l’on compare au prix affiché dans le Betsiboka (1.362 ariary) ou dans le Sofia (1.787 ariary). « Peu de producteurs vendent leurs produits et préfèrent les stocker », souligne l’Observatoire.
Afin de maîtriser le prix du riz, le ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche (Maep) ainsi que le ministère de l’Industrie, du commerce et de l’agriculture (Mica) lancent des actions conjointes afin de constituer des stocks stratégiques. Ceux-ci seront mis sur le marché dès que les prix commencent à augmenter.
Pour cette première saison, ces stocks stratégiques seront notamment constitués du riz hybride avec les producteurs duquel le Maep a travaillé lors de la dernière saison culturale. Les autorités prévoient ainsi commercialiser « une production de plus de 50.000 tonnes additionnelles en riz hybride de qualité supérieure à partir de cette année ».