DEVELOPPEMENT DURABLE — Les organisations de la société civile interpellent les autorités sur l’impunité face aux crimes environnementaux

La société civile environnementale tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à la prolifération des exploitations minières illégales, ou encore des feux de forêt et des trafics d’espèces protégées. Plus de 60 organisations de la société civile environnementale et climatique (OSCEC) interpellent les autorités sur la persistance des crimes environnementaux et l’ineffectivité de la loi. Une lettre ouverte a été adressée au président de la Refondation de la République de Madagascar et aux institutions concernées. La missive pointe met en avant le sentiment d’impunité qui entoure certains dossiers.

A en croire Ndranto Razakamanarina, de l’Alliance Voahary Gasy (AVG), ces infractions environnementales ont tendance à augmenter, et elles ne sont pas toujours réprimées. Il cite le cas de l’aire protégée de Makira où des individus ont été poursuivis pour des actes de dégradation dans cette aire protégée, ainsi que pour l’incendie d’un village et de bureaux de structures communautaires. Le responsable de l’AVG pointe du doigt leur mise en liberté au mois d’août dernier par le Tribunal de première instance de Maroantsetra.

D’autres zones, comme Andasibe-Mantadia et Ankeniheny-Zahamena, sont également confrontées à des pressions liées à l’exploitation aurifère. Pour les OSC signataires de la lettre, ce type de situation révèle les failles de la chaîne de répression des crimes environnementaux. Le problème ne serait donc pas uniquement l’existence des infractions, mais également la capacité des autorités à faire appliquer effectivement la loi, de l’arrestation jusqu’à la sanction.

La société civile dénonce parallèlement les moyens limités consacrés à la protection des ressources naturelles. Selon les chiffres avancés par les organisations, les allocations budgétaires représentent seulement 1,2 % pour l’Environnement et les forêts, 0,3 % pour la Pêche et 0,1 % pour les Mines. Pour eux, ces moyens ne sont pas à la hauteur des enjeux auxquels Madagascar est confronté.

Face à ce constat, la société civile formule plusieurs recommandations. Elle invite notamment le ministère de l’Économie et des finances à revoir à la hausse le budget du ministère de l’Environnement et du développement durable, afin de renforcer la lutte contre les feux de brousse et les infractions forestières. Sans mesures d’urgence, Madagascar risquerait de perdre 93 % de sa couverture forestière de 1950 à l’horizon 2050, s’inquiète-t-elle.

Afin de peser dans les décisions, les 60 organisations ont mis en place la Confédération des organisations de la société civile environnementale de Madagascar. Ce regroupement a pour objectif de porter une feuille de route commune, de préciser les priorités de plaidoyer et de collaborer avec les autorités en faveur du développement du pays, du bien-être des citoyens et de la valorisation de la biodiversité.

 

Quitter la version mobile