CROISSANCE – Madagascar doit mobiliser 7,27 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour financer son développement, selon la BAD

7,27 milliards de dollars par an. C’est le montant que Madagascar devrait mobiliser d’ici à 2030 pour financer son développement dans le scénario des Objectifs de développement durable (ODD), selon le Rapport pays 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Le besoin est largement supérieur aux ressources actuellement disponibles, le déficit de financement étant estimé à 7,18 milliards de dollars par an. Dans ce scénario, le déficit le plus important concerne l’industrie et les infrastructures, avec 4,1 milliards de dollars, suivi de l’éducation, avec 1,7 milliard de dollars.

La situation des recettes fiscales illustre l’ampleur du défi que la Grande île doit relever. Elles représentaient environ 10,5 % du PIB en 2025, un niveau inférieur à la référence sous-régionale de 15 %. La BAD relève notamment le poids du secteur informel et la faible efficacité de la collecte de la TVA. Le rapport identifie également des ressources encore peu exploitées : partenariats public-privé, investisseurs institutionnels, épargne retraite, diaspora, capital naturel et investissements privés internationaux. Leur mobilisation nécessiterait toutefois de renforcer les institutions et les mécanismes de partage des risques.

Pour réduire cet écart, la BAD estime que Madagascar devra diversifier ses sources de financement au-delà des ressources publiques traditionnelles. Adam Amoumoun, responsable du bureau pays du Groupe de la Banque africaine de développement à Madagascar, indique que “pour atteindre ses ambitions de développement, Madagascar devra mobiliser des ressources à grande échelle, tant intérieures qu’extérieures”. Il encourage “l’accélération des réformes visant à diversifier les sources de financement, à renforcer la capacité de mobilisation des ressources ainsi que la capacité de mise en œuvre des programmes d’investissements productifs”.

Pour la BAD, l’enjeu est donc de parvenir à mobiliser les financements nécessaires tout en améliorant la capacité du pays à générer ses propres ressources. À court terme, elle recommande notamment de renforcer le civisme fiscal, de rationaliser les exonérations, de développer les systèmes numériques de collecte des recettes et de mieux contrôler les dépenses publiques. À moyen terme, elle préconise notamment la formalisation progressive de l’économie, l’approfondissement des marchés de capitaux et la mise en place d’instruments permettant de mobiliser davantage les capitaux de la diaspora et les financements liés au climat.

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