DÉFENSE – Les Assises des Forces armées appellent à une armée plus autonome, plus professionnelle et mieux dotée

Plus autonome dans son fonctionnement, plus professionnelle dans son organisation et suffisamment équipée pour répondre à un éventail plus large de missions de défense. Les Assises des Forces armées ont clairement tracé l’ambition des Forces armées après plusieurs mois de concertation. Le document remis samedi au président de la Refondation de la République, le Colonel Michaël Randrianirina, dessine les contours d’une réforme qui touche à la fois au positionnement de l’Armée dans l’État, à son organisation, à ses capacités et à ses missions.

Les recommandations et les lignes directrices retenues à l’issue des Assises ne portent donc pas uniquement sur l’organisation de l’armée. Elles proposent aussi de renforcer ses moyens humains, matériels, financiers, technologiques et industriels pour lui permettre d’assurer ses missions, de la défense de la souveraineté à la protection des personnes, des biens, de l’environnement et des ressources stratégiques.

L’autonomie constitue l’un des principaux axes de la réforme proposée. L’une des principales recommandations porte sur l’indépendance des Forces armées, avec plusieurs dimensions. Cela va de la neutralité politique au développement de la diplomatie militaire, en passant par l’autonomie structurelle et institutionnelle, le renforcement de la chaîne de commandement, et la capacité à conduire des opérations militaires sur le territoire national.

Dans l’optique des participants aux Assises, cette autonomie doit s’accompagner d’une définition plus précise des missions de l’armée. Ils recommandent alors de clarifier ses responsabilités et son utilisation, avec un accent sur les missions de défense. Parmi les orientations retenues figurent la protection de la souveraineté nationale, du territoire maritime et des ressources stratégiques, mais aussi la protection de l’environnement, la préparation de la population face aux catastrophes et la participation au développement.

Le constat de départ étant celui d’une armée confrontée à des insuffisances en équipements et en coordination ainsi qu’à un retard technologique, les moyens à mobiliser constituent une part importante des recommandations. Les Assises préconisent ainsi une modernisation des équipements, des infrastructures et de la logistique. Elles proposent également de renforcer les capacités militaires minimales dont le pays doit disposer et de mettre en place une stratégie nationale de défense et de souveraineté.

Sur le plan financier, le document recommande la création d’un fonds stratégique pour la défense, l’amélioration de la gestion financière et l’élaboration d’une loi de programmation militaire. Celle-ci doit permettre d’inscrire les besoins de l’armée dans une programmation pluriannuelle, selon l’orientation retenue par les Assises. L’ambition est également industrielle. Parmi les recommandations figure le développement d’une industrie militaire nationale, tandis que les lignes directrices visent une plus grande autonomie stratégique, financière et industrielle.

Le renforcement des moyens matériels doit, par ailleurs, aller de pair avec celui des ressources humaines, estiment les conclusions des Assises. Les recommandations prévoient une réforme de la gestion des ressources humaines, de l’intégration et de la formation, ainsi qu’une amélioration de l’environnement militaire. Le renforcement de la discipline et de la cohésion fait également partie des orientations retenues, tout comme la modernisation de la formation militaire et le renforcement du professionnalisme des Forces armées sont ainsi prévus. 

Cette professionnalisation doit aussi s’appuyer sur une organisation plus claire. Les Assises recommandent alors une réforme structurelle de l’armée, une clarification de son rôle stratégique et de sa place au sein des institutions, ainsi que la mise en place d’un cadre militaire de conseil et de décision stratégique. L’objectif, comme le résume la présidence de la Refondation, est de mettre en place une armée  “professionnelle, forte et capable de servir le peuple”.

Le président de la Refondation, le Colonel Michaël Randrianirina, insiste notamment sur la nécessité de traduire cette transformation en résultats. “La transformation qui s’entreprend doit produire des résultats concrets pour la Nation et le peuple”. Dans son message, le président appelle à une armée qui puisse “servir réellement la population” et participer activement au développement du pays. 

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