La sécurité maritime et les besoins concrets des populations figurent parmi les principaux champs d’application de la coopération militaire entre Madagascar et la France. Formation des militaires, appui du génie aux infrastructures, soutien dans le domaine de la santé et surveillance du canal du Mozambique font partie des pistes évoquées lors de la visite à Madagascar de la ministre française des Armées et des anciens combattants, Catherine Vautrin. “Nous allons davantage nous pencher sur la manière dont la population peut bénéficier de tout ce qui contribue au développement, et surtout de ce dont elle a besoin dans son quotidien”, résume le ministre malgache des Forces armées.
“Comme voisine, il est très important pour la France que nous puissions échanger dans le respect de la souveraineté de chacun de nos pays sur les menaces qui existent et sur la protection de nos territoires”, souligne, de son côté, la ministre française, à l’issue de sa rencontre avec le président de la Refondation à Iavoloha. Mais il s’agit aussi, “d’échanger pour le pays, pour les habitants”, ajoute-t-elle. Sur les volets de coopération “au service de la population”, il était notamment question de la participation de l’Armée française à des “travaux de réfection de routes et de ponts avec le génie militaire malgache”, rapporte la ministre française.
Le ministre malgache des Forces armées, le Général Ely Razafitombo, évoque également les collaborations dans le domaine sanitaire, notamment les appuis français aux hôpitaux militaires. Il met également en avant les actions civilo-militaires, tels que les appuis dans le cadre des réponses aux urgences et aux catastrophes, ainsi que le soutien au corps de protection civile dans le cadre des actions de préparation aux risques.
La formation des militaires malgaches reste également l’un des principaux volets de la coopération, aussi bien pour permettre aux Forces armées malgaches de mieux répondre aux besoins de la population que pour assurer l’interopérabilité des armées. “Quand il y a formation, quand il y a connaissance, quand il y a respect des souverainetés, il y a aussi interopérabilité entre nos armées”, souligne Catherine Vautrin. Une capacité à agir de manière coordonnée qui devrait aussi se mettre en oeuvre dans la surveillance des territoires et des espaces maritimes, notamment dans l’océan Indien et le canal du Mozambique, où les deux pays sont riverains.
Le Général Ely Razafitombo insiste sur l’importance croissante de la surveillance de cet espace maritime où la circulation des navires tend à croître dans le contexte des perturbations observées autour du détroit d’Ormuz. “L’objectif est de prévenir et d’empêcher les activités malintentionnées dans le canal de Mozambique où les trafics illicites se multiplient”, explique-t-il. Il s’agit donc de “protéger nos frontières”, poursuit-il, rappelant que la France est présente dans cet espace “via Mayotte et d’autres territoires”. A l’entendre, la modernisation et la réhabilitation du port d’Antsiranana entre dans le cadre de cette coopération, afin de disposer d’infrastructures adaptées aux besoins liés à la surveillance et à la sécurité maritime.
