Antananarivo, 8 Avril, 6h17 – Il est midi à Mahazoarivo, mais la file d’attente est encore longue devant la propriété qui sert de point de vente au remède traditionnel ED1. Dans les rangs, quelques dizaines de personnes ont un ticket et font partie des 200 personnes qui vont pouvoir rentrer avec le flacon d’ED1. Mais il y a aussi ceux qui n’ont pas pu obtenir le ticket permettant d’acheter le fameux remède le jour même.
Nivoarisoa Malalaniaina n’a pas eu droit au fameux « pass » lui permettant d’acheter le remède mercredi matin. Mais elle espère qu’une deuxième vague de distribution de tickets interviendra dans l’après-midi. Et elle ne compte pas rater son tour cette fois. D’autant qu’elle est arrivée sur place depuis 7h, mercredi matin.
Mais des gens sont venus bien avant Nivoarisoa Malalaniaina. Eux ont donc pu faire partie des 200 « chanceux » de ce mercredi. « Des gens étaient ici depuis 4h du matin », raconte Fanilo, sortant de la « boutique », son flacon à la main. Lui-même confie être venu très tôt. Et il témoigne avoir vu des gens vendre leur place dans la file et leur ticket à 15.000 Ariary.
Pour gérer le nombre important de « clients » venus tenter de se procurer le fameux remède ED1, le revendeur d’ED1 installé à Mahazoarivo a tant bien que mal mis en place une organisation. Il a ainsi distribué 200 tickets aux premiers arrivés qui seront les seuls servis de la journée.
Depuis quelques semaines, les témoignages spontanés sur l’efficacité de l’ED1 affluent sur les réseaux sociaux. La publicité autour du remède était telle que les autorités ont dû rappeler l’interdiction d’effectuer de la publicité sur les remèdes. Elles ont également dû convoquer le fabricant du produit, Edmond Rakotomalala, pour l’inviter à régulariser sa situation dans la mesure où l’ED1 n’a pas encore son autorisation de mise sur le marché.
Selon un de ses revendeurs, Edmond Rakotomalala a dû suspendre pour quelques jours la livraison de ses produits afin de répondre à la convocation du ministère. L’approvisionnement n’a repris que cette semaine, mais le fabricant n’a pu être joint et ses revendeurs n’ont pas souhaité s’exprimer sur la suite qui a été donnée à la convocation du ministère.