Les autorités militaires se souviennent. Le colonel Michaël Randrianirina s’est rendu à Brickaville dimanche pour rendre hommage au caporal Stefano Jacquis Ramananjanahary, le soldat tombé lors des événements du 11 octobre 2025. Il a présidé la cérémonie d’inauguration d’un monument érigé à la mémoire de ce militaire, mort d’une balle devant le Toby Ratsimandrava, à Andrefana’Ambohijanahary, alors que le groupe de militaires conduit par le colonel Michaël Randrianirina avait quitté la caserne du Capsat pour rejoindre les rangs de la population mobilisée dans les rues.
La cérémonie s’est tenue le 11 octobre 2026 à Ambalanakondro, dans la commune de Brickaville, ville natale du caporal. Le chef de l’Etat a déposé une gerbe de fleurs au pied du monument. Il a également annoncé que l’Etat prendra en charge la scolarité de la fille du défunt et a octroyé une aide financière à la famille du soldat décédé. Accompagné de son épouse, il a été entouré, pour l’occasion, de trois Hauts conseillers de la Refondation de la République, du ministre de la Défense nationale, ainsi que de divers responsables militaires et civils. “Nous érigeons ce monument pour nous rappeler que le Caporal n’est pas mort pour rien et que son sang n’a pas été versé en vain. Il est mort pour la Patrie”, souligne le chef de l’Etat durant la cérémonie.
Le Colonel Michaël Randrianirina tient cependant à s’assurer que les acquis de la lutte soient préservés pour que la lutte des martyrs porte réellement des fruits. Et pour lui, cela passe par la lutte contre la pauvreté et contre la corruption. “Aujourd’hui, j’ai encore honte de me dresser ici alors que la corruption reste encore très présente dans notre pays”, regrette-t-il. Il n’en demeure pas moins “confiant” car même si “la lutte s’annonce difficile, nous menons le combat avec détermination pour que le sang versé par nos martyrs n’ait pas été versé pour rien”.
Pour ce qui est du combat pour la liberté, le Colonel Michaël Randrianirina affirme que “la lutte a porté ses fruits”. “Le pays est maintenant libre, la dictature est terminée”, affirme-t-il. A l’entendre, “les persécutions et les emprisonnements en raison de désaccords ou de divergences d’opinions” n’ont plus cours au pays. Pour lui, “si certaines personnes sont arrêtées, c’est parce qu’elles se livrent à des actes de déstabilisation et à des manœuvres visant à entraver cette Refondation”. “Nous n’acceptons absolument pas ces tentatives de déstabilisation, qui existent encore aujourd’hui”, martèle-t-il.
