IKONGO – Une dizaine de personnes tuées et 40 autres blessées après que la gendarmerie a ouvert le feu sur des manifestants réclamant la vindicte populaire sur des présumés assassins et kidnappeurs.

Antananarivo, 29 Aout, 15h30 – Drame à Ikongo. Des éléments de la gendarmerie de la brigade d’Ikongo ont ouvert le feu sur des manifestants qui ont réclamé qu’on leur livre des présumés assassins et kidnappeurs, ce lundi matin. Bilan, 8 à 10 morts selon Brunelle Razafitsiandraofa, député d’Ikongo, neuf morts selon le commandant de la brigade d’Ikongo. Une quarantaine d’autres personnes ont été blessées suite au drame dont dix sont dans un état critique, affirme encore Brunelle Razafitsiandraofa. Ces personnes nécessitent « des opérations [chirurgicales] d’urgence car leurs thorax ont été perforés » indique le parlementaire.
Malgré le bilan catastrophique, les circonstances entourant le drame restent confuses. Selon le député d’Ikongo, la population avait appris que des personnes suspectées d’avoir kidnappé un enfant albinos et d’avoir découpé sa mère étaient détenues au poste de la gendarmerie d’Ikongo. La population s’est alors ruée vers ce poste pour réclamer qu’on lui livre ces personnes afin de procéder à une vindicte populaire, mais les gendarmes auraient refusé d’accéder à leur revendication.
La brigade d’Ikongo confirme les faits. La famille de la victime est venue réclamer la vindicte populaire sur les quatre présumés assassins et kidnappeurs détenus à la brigade, rapporte son commandant. Face au refus des gendarmes la population a tenté d’entrer de force dans le camp, raconte-t-il. « Pour protéger la vie des gendarmes et de leurs familles et préserver leurs biens, les militaires ont dû utiliser les armes » indique le commandant. La situation a retrouvé en partie le calme, pour le moment, conclut-il.
Photo : Jean Brunelle Razafintsiandraofa
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