Un progrès de cinq points pour la transparence budgétaire, contre une régression de cinq points pour la participation citoyenne aux décisions budgétaires. Ce sont les principaux résultats de l’Enquête sur le budget ouvert (IBO) 2025 pour Madagascar, présentés ce mardi. Il s’agit de la cinquième participation de Madagascar à cette évaluation. Réalisée par MSIS Tatao, sous la coordination de l’International Budget Partnership (IBP), avec l’appui de l’Unicef et de l’Union européenne, l’évaluation porte sur trois dimensions, à savoir la transparence budgétaire, la participation du public et le contrôle budgétaire.
Pour la transparence budgétaire, Madagascar obtient la note de 44/100, contre 39/100 en 2023 et 27/100 en 2021. Cette progression traduit une amélioration de l’accès aux informations sur le budget de l’Etat. Mais des documents importants restent à publier au préalable, notamment le document préalable au budget, le rapport de fin d’année et le rapport d’audit. La principale recommandation concerne ainsi la publication des documents budgétaires en amont et améliorer leur accessibilité.
Si Madagascar enregistre un progrès en matière de transparence budgétaire, la participation citoyenne a toutefois reculé. Le score passe de 9/100 en 2023 à seulement 4/100 en 2025, loin des moyennes de l’Afrique subsaharienne à 16/100 et celles mondiales à 17/100. Selon la technicienne auprès de MSIS Tatao, Manda Razafinjato, les citoyens ont un rôle à jouer dans les différentes étapes du cycle budgétaire, depuis l’élaboration jusqu’au suivi, en passant par l’adoption et l’exécution. Elle insiste sur la nécessité de renforcer le rapprochement entre les citoyens et les institutions. Le troisième indicateur, consacré au contrôle budgétaire, reste quasiment inchangé, à 30/100, contre 31/100 en 2023. Le contrôle parlementaire demeure notamment un point à renforcer. Pour les prochaines années, les priorités restent sur l’accès plus rapide à l’information, la participation accrue de la société civile et des citoyens ainsi que le renforcement du contrôle parlementaire et du suivi de l’exécution budgétaire. En 2026, la reprise des conférences budgétaires régionales et l’ouverture des revues d’exécution aux citoyens constituent des pistes pour inverser la tendance.
