JUSTICE- Le ministère public charge Paul Rafanoharana et Marc-François Philippe et épargne les gendarmes et les militaires dans l’affaire « Apollo 21 »

Le ministère public ne met pas les accusés dans un même panier. Il a eu la main lourde contre Paul Rafanoharana et François Philippe. « Les conditions sont réunies ( …) nous demandons l’application de la loi », soutient l’un des avocats généraux dans son réquisitoire, lors du huitième jour du procès à la Cour criminelle ordinaire, au Palais de justice, à Anosy, ce mercredi.
Le Parquet général estime que « les preuves sont suffisantes » contre les deux personnalités dans l’affaire « Apollo 21 » pour une association de malfaiteurs en vue d’attenter à la vie du chef de l’Etat et de renverser le gouvernement. Pour le ministère public, il existe un plan pour entrer au sein du gouvernement afin de maîtriser le cercle autour du président de la République, d’éliminer des hautes personnalités de l’Etat en cas de refus du contrôle voulu dans les hautes sphères de l’Exécutif. Les avocats généraux pensent que Tsara First est une société-écran pour collecter du fonds pour exécuter le projet Apollo 21.
Le ministère public met également l’ancien Premier ministre Victor Ramahatra et Yvon Randriazanakolona, dit Sareraka, dans la même catégorie que les deux premiers accusés, du moins en partie. Mais il voit des « circonstances atténuantes » en faveur de l’officier général retraité et du chargé de mission à la Présidence de la République. Ainsi, il « ne s’oppose pas à l’atténuation des peines ». Il laisse pourtant « à l’appréciation du juge » ces deux cas « si la requête n’est pas recevable ».
Le Parquet général affiche une certaine clémence envers les éléments des forces armées, hauts gradés ou pas, en activité ou pas. Il laisse à l’appréciation du juge le cas des hommes en treillis, après avoir distillé quelques recommandations aux accusés sur la conduite à tenir, le respect de la discipline et celui du corps d’origine. Certains noms avaient circulé dans une liste à proposer pour occuper des hautes fonctions dans la hiérarchie militaire à leur insu. D’autres ont été cités dans l’affaire pour avoir fait du lobbying en vue d’accéder à un poste à responsabilité ou afin d’envoyer des éléments pour un « service de proximité ».
Dans leur plaidoirie, les avocats de la défense, surtout ceux de Paul Rafanoharana, reviennent à la charge pour réclamer la nullité de la procédure. Ils évoquent des violations des droits de la défense et dénoncent ce qu’ils considèrent comme étant l’absence d’un procès équitable. Ils réfutent les preuves avancées par le ministère public et considèrent comme incomplets les éléments constitutifs des infractions visées. Ils déplorent en même temps la non-convocation d’autres individus cités durant l’audience pour clarifier la situation alors que le ministère public parle de recherche infructueuse.
L’audience a été suspendue en début de soirée alors que Victor Ramahatra a été victime d’un malaise. Le procès devrait se poursuivre ce jeudi.
Quitter la version mobile