La question de la nationalité de l’ancien président de la République Andry Rajoelina revient dans l’actualité. Le procureur général près la Cour d’appel d’Antananarivo, Bienvenue Manjany, fait état de l’ouverture d’une enquête sur la délivrance en 2023 d’un certificat de nationalité à cet ancien chef d’Etat. La procédure fait suite à une plainte déposée par la direction de la législation et du contentieux du Bureau du Premier ministre, indique-t-il dans une vidéo diffusée par le ministère de la Justice jeudi soir.
A en croire le magistrat, la plainte est arrivée au parquet le 18 août 2026. Elle porte notamment sur les conditions de délivrance du certificat de nationalité à l’ancien président qui l’avait utilisé dans son dossier de candidature à l’élection présidentielle de 2023. Dans sa déclaration, Bienvenue Manjany rappelle que l’ancien chef d’Etat l’avait obtenu alors qu’il avait acquis la nationalité française le 19 novembre 2024. La procédure doit ainsi examiner la situation de l’ancien président par rapport aux dispositions du Code de la nationalité qui prévoit que “perd la nationalité malgache le Malgache majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère”, comme le rappelle le procureur général.
La question de la nationalité d’Andry Rajoelina avait déjà fait l’objet de débats lors de sa candidature à la présidentielle de 2023. La Haute Cour constitutionnelle (HCC) avait alors validé sa candidature, relevant notamment qu’aucun décret déclarant ou constatant la perte de la nationalité malgache n’avait été pris à cette date. En octobre 2025, quelques jours après son départ de Madagascar après avoir été renversé du pouvoir, un décret déclarant la perte de la nationalité malgache d’Andry Rajoelina a déjà été signé par le premier Premier ministre de la Refondation, Herintsalama Rajaonarivelo.
L’enquête menée au niveau du parquet devra maintenant si le document établi en 2023 relève d’éventuelles fraudes ou d’irrégularités administratives. La DLC de la Primature, à l’origine de la plainte, doit être entendue en premier lieu. Le parquet procédera ensuite aux auditions des autres personnes concernées par le dossier, en fonction des éléments recueillis au cours de l’enquête. Le procureur général précise que l’éloignement éventuel d’une personne concernée par la procédure ne fait pas obstacle aux poursuites, sous réserve du respect des formalités prévues par la loi.
