L’Association nationale des tradipraticiens de Madagascar (ANTM) appelle à renforcer les contrôles et à prendre des mesures contre les personnes qui exercent la médecine traditionnelle sans respecter la réglementation. L’association estime que ces pratiques nuisent à l’image de la profession et compliquent sa normalisation. “L’application de la loi reste encore quelque peu défaillante. Nous avons déjà une législation à Madagascar, mais sa mise en œuvre est particulièrement difficile”, déplore Joséphin Andriandrainarivo, président de l’ANTM.
L’association signale notamment la présence de personnes qui proposent des soins à travers des publicités sur les réseaux sociaux et dans les médias, ou qui démarchent directement des clients sur les marchés. Selon l’ANTM, ces pratiques ne sont pas conformes au cadre réglementaire qui encadre l’exercice de la médecine traditionnelle à Madagascar.
Pour renforcer le contrôle du secteur, l’association préconise notamment la réactivation et le renforcement des comités consultatifs communaux dans les différentes communes. Elle recommande également de consolider les mécanismes de contrôle au niveau régional, en collaboration avec les directions régionales de la Santé et les responsables locaux. Ces dispositifs devraient permettre de mieux coordonner les activités et de distinguer les tradipraticiens qui exercent dans le respect de la réglementation des personnes qui proposent des prestations sans se conformer aux règles en vigueur, estime l’ANTM.
L’ANTM souhaite également renforcer le dialogue entre les tradipraticiens et les professionnels de la médecine moderne. L’association estime qu’une meilleure concertation permettrait de préciser les rôles de chacun et de limiter les situations de conflit ou de mauvaise orientation des patients. Elle évoque notamment des cas où des patients pris en charge par des tradipraticiens seraient ensuite découragés ou mal orientés lorsqu’ils souhaitent consulter un médecin. Pour l’association, ces situations peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé des patients, alors que les deux pratiques devraient avoir pour objectif commun la préservation de la santé et de la vie.
L’ANTM demande par ailleurs à être davantage associée à l’élaboration des campagnes de sensibilisation sanitaire. Elle estime que certains messages peuvent donner l’impression que la médecine traditionnelle est systématiquement à l’origine des échecs thérapeutiques ou des décès.
La médecine traditionnelle conserve une place importante dans la société malgache, selon les données citées lors de la célébration nationale de la Journée africaine de la médecine traditionnelle, organisée vendredi à Anosy. À l’échelle africaine, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’environ 80% de la population a recours à la médecine traditionnelle sous différentes formes.
L’ANTM regroupe actuellement 17 associations représentant environ 14 000 tradipraticiens à Madagascar. L’exercice de la médecine traditionnelle est reconnu par le décret n°2007-805 du 21 août 2007. Les articles 10 à 13 de ce texte définissent notamment les règles déontologiques applicables aux praticiens.
