Antananarivo, 15 Octobre, 7h53 – L’émission d’une cryptomonnaie, dénommée e-ariary, en réflexion au niveau de la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM). Celle-ci est en train de rechercher un consultant pour concevoir son projet de monnaie virtuelle, mettre en place une phase d’expérimentation, et, sur la base des résultats de l’expérimentation, accompagner le démarrage de la mise en œuvre du projet. L’appel à manifestation d’intérêt en vue de la sélection de la société qui l’assistera dans la maîtrise d’ouvrage du projet a été lancé lundi.
Face au développement de la cryptomonnaie, des portefeuilles virtuels privés et des nouvelles solutions de paiement qui échappent à son contrôle, la Banque centrale envisage d’intégrer le secteur des Fintech et de lancer donc la cryptomonnaie nationale, l’e-ariary. Elle indique que son projet « s’inscrit dans une perspective visant, notamment, à affirmer la souveraineté de la monnaie nationale (…) et à renforcer l’efficacité, l’efficience, la sécurité et la robustesse du système national de paiement ». Lors d’une rencontre récente avec les sociétés Fintech les plus visibles au pays, elle n’a pas caché « la multiplicité des risques potentiels inhérents » aux produits proposés par ces dernières.
Pour l’instant, faute de législation, les cryptomonnaies n’ont pas encore cours légal à Madagascar même si leur utilisation n’est pas interdite. Leurs promoteurs, par ailleurs, échappent à la supervision de la BFM. Aucun chiffre officiel ne permet par ailleurs de mesurer l’ampleur de leur utilisation sur la Grande île. Mais selon la Banque centrale, « les innovations dans le secteur financiers ne cessent de s’intensifier pour accompagner les tendances de consommation actuelle ».
Consciente qu’en « cette ère de transformation digitale, l’innovation est devenue une priorité stratégique essentielle », elle choisit elle aussi d’innover. Avec l’e-ariary, son idée est de « mettre à la disposition du public, en complément des billets de banque, un moyen de paiement sécurisé, facile d’application, accessible, ayant cours légal sur le territoire national, et présentant les avantages offerts par les solutions de paiement privées, tout en bénéficiant de la régulation et du contrôle de l’Autorité monétaire ».
La création de l’ariary digital se fait parallèlement à la démarche de consultation des promoteurs des sociétés Fintech engagée par la Banque centrale. Dans un communiqué, celle-ci évoque son souhait, d’« accompagner le développement des sociétés Fintech dans un cadre plus sécurisé, plus transparent et conforme aux politiques monétaires et objectifs de stabilité financière ».