NECROLOGIE – Mireille Rabenoro, présidente de la Commission nationale indépendante des droits de l’Homme, rejoint les étoiles

Antananarivo, 17 Juin, 21h10 – La défense des droits de l’Homme, des femmes et des enfants, orpheline. Mireille Rabenoro, présidente de la Commission nationale indépendante pour les droits de l’Homme (CNIDH), n’est plus. Elle s’est éteinte ce jeudi à l’âge de 68 ans des suites d’une maladie. « Son absence laissera un grand vide dans le cœur de chacun », écrit la CNIDH qui lui rend hommage. Celle-ci parle d’une « femme leader battante, pleinement investie dans la protection et la promotion des droits humains ».
Mireille Rabenoro a toujours été une activiste. Durant ses études en France, elle est membre active de l’Association des étudiants d’origine malgache (AEOM). En 1972, elle rentre à Madagascar et participe activement au mouvement de 1972. Elle va même intégrer le parti MFM (Mpitolona ho an’ny fanjakan’ny madinika – Militants pour le pouvoir du prolétariat) qu’elle dit ensuite avoir quitté parce que celui-ci ne se souciait pas beaucoup de la promotion de la femme et de l’égalité des genres.
Sous la deuxième République, elle sera l’une des artisans de la fin du principe du « kitay telo an-dalana » qui ne donnait à la femme que le tiers des biens communs du couple et de la mise en place du « zara mira », partage égal. Au début des années 1990, elle est à la tête de la direction de la condition de la femme et de l’enfance au ministère de la population.
Son engagement va même l’amener à soutenir en 1999 une maîtrise d’histoire sur « les rôles masculins et féminins dans l’éducation des jeunes à la vie familiale à Antananarivo de 1945 à 1966 » alors qu’elle enseigne à l’Ecole normale supérieure d’Antananarivo et qu’elle a déjà obtenu une agrégation d’anglais en 1979.
Membre active du Conseil national des femmes de Madagascar (CNFM) et du Forum des éducatrices africaines (FAWE), Mireille Rabenoro est choisi par la société civile malgache pour la représenter au sein de la CNIDH en 2016. Ses pairs au sein de la CNIDH vont ensuite la porter à la tête de cet organe constitutionnel.
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