Du riz, parfois quelques légumes, mais trop peu de variétés. À Madagascar, 77 % des enfants de moins de cinq ans sont confrontés à une “pauvreté alimentaire”, alors que le pays dispose d’importantes ressources agricoles et naturelles. Le constat a été évoqué lors de la Foire internationale de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. D’après le ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire, le problème ne se limite pas à la quantité de nourriture disponible. Il concerne la diversité des aliments consommés au quotidien.
En moyenne, l’assiette des jeunes enfants malgaches ne comprend que deux groupes alimentaires. Le riz ou d’autres féculents y occupent une place centrale, tandis que les légumes, les protéines animales et d’autres aliments nutritifs restent moins présents. Les légumes verts, le lait et surtout le poisson figurent parmi les aliments encore peu consommés.
Une situation qui pèse directement sur la qualité de l’alimentation des enfants et leurs besoins nutritionnels. Le paradoxe est frappant. Madagascar dispose de terres agricoles, de ressources halieutiques et d’une importante biodiversité, mais cette richesse ne se retrouve pas forcément dans les assiettes.
Les difficultés d’accès, les habitudes alimentaires et les capacités de production et de consommation des ménages contribuent à limiter cette diversité. Face à ce constat, Madagascar s’est doté d’une feuille de route nationale pour transformer son système alimentaire. Elle prévoit de faire travailler ensemble plusieurs secteurs, dont l’agriculture, l’environnement, l’énergie et le secteur privé.
L’enjeu est de faire évoluer le système alimentaire dans son ensemble, afin de mieux lutter contre la malnutrition, tout en renforçant la résilience face aux changements climatiques. Car produire davantage ne suffit pas, encore faut-il que cette richesse alimentaire profite réellement aux assiettes des enfants.
