Le photojournaliste espagnol Luis Tato, 37 ans, a reçu samedi à Perpignan le Visa d’or News, la principale distinction du festival Visa pour l’image. Il est récompensé pour son travail sur le soulèvement de la génération Z à Madagascar en 2025.
Correspondant de l’AFP pour l’Afrique de l’Est et l’océan Indien, Luis Tato a passé une dizaine de jours auprès des manifestants malgaches. Le mouvement, lancé le 25 septembre 2025, dénonçait notamment les défaillances des services publics, la corruption et les difficultés économiques. La répression des manifestations avait précédé le renversement, à la mi-octobre, du président de la République de l’époque Andry Rajoelina par l’armée.
Le photographe dit avoir été marqué par un mouvement qui s’inscrit dans une vague de mobilisations de jeunes de la génération Z observée en 2025 dans plusieurs pays, notamment au Népal, au Bangladesh et en Bulgarie. “Ce mouvement mondial de jeunes qui essaient de redéfinir la démocratie et de faire évoluer leur société constitue une dynamique très intéressante”, a-t-il déclaré à l’AFP.
Après l’annonce de son prix, Luis Tato a également rendu hommage à Jean-François Leroy, fondateur de Visa pour l’image, décédé lundi à 69 ans. Il a rappelé que celui-ci lui avait « donné sa chance » en exposant ses images pour la première fois au festival en 2018. “Personne n’a fait autant pour notre écosystème”, a-t-il salué.
Un photographe déjà primé
Salarié de l’AFP depuis 2023, Luis Tato a remercié les jeunes Malgaches, auxquels il a exprimé son “profond respect” pour avoir compris l’importance de faire raconter leur histoire. À Nairobi, au Kenya, il est chef photographe et coordinateur photo de l’AFP pour l’Afrique de l’Est et l’océan Indien. Lauréat du Prix de la ville de Perpignan Rémi Ochlik en 2018, il a aussi été distingué trois fois par le World Press Photo, en 2021, 2025 et 2026. En 2023, Pictures of the Year International l’a désigné “photographe de l’année”.
D’autres distinctions ont été remises lors de cette 38e édition. Le Visa d’or de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik a récompensé Philémon Barbier pour son travail sur la première année de transition en Syrie après la chute de Bachar al-Assad. Le Visa d’or Magazine est revenu à Jérôme Gence pour son reportage sur les mariages virtuels au Japon.
Le Visa d’or humanitaire du CICR a distingué le photographe palestinien Khames Alrefi pour son travail sur les souffrances des civils à Gaza durant la guerre avec Israël. Une rétrospective consacrée à Raymond Depardon, qui n’avait jamais été exposé par le festival, lui a également valu un Visa d’or d’honneur.
Cette édition a été marquée par la mort de Jean-François Leroy, considéré comme l’âme du festival qu’il avait fondé en 1989. Les expositions, toutes gratuites, restent accessibles à Perpignan jusqu’au 13 septembre.
Avec AFP
