Des quotas dans les fonctions électives et nominatives, des listes de candidatures alternant femmes et hommes, une baisse des cautions électorales et un mécanisme indépendant de suivi de la parité. Les femmes et les jeunes femmes malgaches demandent l’adoption de mesures légales et constitutionnelles pour faciliter leur accès aux responsabilités politiques et aux postes de décision. Ces propositions figurent dans un document de plaidoyer présenté vendredi lors d’une réunion de restitution, en présence notamment de la Première dame Elisa Randrianirina et de l’ambassadeur du Japon, Tojima Hitoshi.
Le document appelle ainsi à faire évoluer le cadre institutionnel et électoral afin de permettre une participation plus importante des femmes et des jeunes femmes à la vie publique et aux processus de décision dans le cadre de la refondation du pays. Il rassemble les recommandations issues du Forum national des femmes et jeunes femmes leaders malgaches, organisé les 4 et 5 juin à Antananarivo. Soutenu par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), à travers son projet Élections, avec l’appui du gouvernement japonais et d’autres partenaires, le plaidoyer comporte 17 propositions réparties autour de trois axes de réforme.
Le premier concerne les réformes constitutionnelles et légales. Les participantes proposent notamment de consacrer l’égalité entre les femmes et les hommes parmi les principes fondamentaux de la République et d’instaurer un seuil d’au moins 40 % de femmes dans les fonctions électives et nominatives. Le document recommande également de renforcer les dispositifs de protection contre les violences basées sur le genre, notamment durant les périodes électorales.
Le deuxième axe porte sur l’accessibilité et l’équité du processus électoral. Les femmes et jeunes femmes proposent l’instauration de listes de candidatures dites “zébrées”, avec une alternance entre candidates et candidats. Elles demandent également qu’au moins 30 % des places soient réservées aux jeunes, dont la moitié aux jeunes femmes.
La question du coût de la participation électorale est également soulevée. Le document préconise notamment l’allègement des cautions exigées pour les candidatures, considérées comme un obstacle à l’engagement politique des femmes et des jeunes. Lors de la restitution, une jeune femme leader a notamment cité l’élection présidentielle de 2023, au cours de laquelle aucune femme n’avait été candidate, en évoquant parmi les facteurs avancés le montant de la caution, fixé à 200 millions d’ariary.
Le troisième axe vise à rendre les institutions plus représentatives et plus inclusives. Le plaidoyer demande notamment la généralisation de la parité dans les nominations aux postes de la haute fonction publique. Il propose également une budgétisation sensible au genre et la création d’un mécanisme national indépendant chargé de suivre l’application de la parité dans les institutions publiques.
L’objectif affiché est de passer d’une participation essentiellement consultative à une présence effective des femmes et des jeunes femmes dans les espaces où sont prises les décisions concernant l’avenir du pays. Pour la ministre de la Population et de la Solidarité, Cathia Voahanginirina Rakotoniaina, l’enjeu dépasse la seule égalité des droits et touche à “une implication profonde dans les fondements mêmes de la refondation”.
Le conseiller technique principal du PNUD, François Butedi, présente le document comme “une sorte de baromètre” et un référentiel destiné à accompagner le suivi, le dialogue et la mobilisation autour de ces engagements. “La participation des femmes n’est pas un privilège, mais une question d’utilité et de droit”, souligne-t-il.
La Première dame Elisa Randrianirina appelle pour sa part à traduire les recommandations en mesures concrètes. “Ce document doit nourrir les futures concertations nationales et inspirer la rédaction de nouveaux textes de loi”, déclare-t-elle. Elle plaide également pour un suivi de la mise en œuvre des recommandations et pour une reddition de comptes auprès des citoyens.











