Antananarivo, 4 Juillet, 10h24 – Un fardeau qui s’alourdit. Pour l’exercice clos au 31 décembre 2022, le total des passifs de la Jirama s’élevait à 3 353 milliards d’ariary, s’il se situait encore à 2 945 milliards d’ariary vers la fin de l’année 2021. C’est ce qui est rapporté dans l’extrait des comptes annuels de la compagnie nationale publié par le ministère de l’Energie et des hydrocarbures (MEH). Le document précise cependant qu’il s’agit de situations financières avant audit de la compagnie nationale d’eau et d’électricité.
Ce passif du bilan se décompose en trois parties, à savoir les capitaux propres, son passif non-courant et son passif courant. Les capitaux propres de la Jirama pour l’exercice 2022, symbolisant sa trésorerie toujours disponible, ont été de -2 441 milliards d’ariary, d’après l’extrait de ses comptes annuels. Ils tiennent compte du capital social, des réserves ainsi que du résultat net qui a été négatif de -666 milliards d’ariary.
Les éléments du passif non-courant qui étaient de 3 148 milliards d’ariary l’année dernière sont les emprunts et les provisions que la Jirama n’était pas contrainte de régler dans le cadre de l’exploitation normale, au cours de l’exercice qui suivait. Celui-ci tient par exemple compte d’une subvention d’investissement de 1 094 milliards d’ariary, d’emprunts et de dettes extérieures de 1 597 milliards d’ariary ou encore d’impôts différés de 4,330 milliards d’ariary.
Le passif courant de la Jirama en 2022 qu’elle doit régler durant son exploitation sur l’exercice comptable suivant a été pour sa part de 2 647 milliards d’ariary. La société d’Etat doit entre autres 54,171 milliards d’ariary de dettes à court termes ou encore 2 584 milliards d’ariary pour ses fournisseurs et comptes rattachés.
Pour améliorer sa santé financière, la Jirama a publié un avis de concours de projet sur le recouvrement de ses créances auprès de ses abonnés « grands comptes » et particuliers. Il avait été annoncé la mise en place d’un service spécialement dédié à cette opération, avec un objectif de recouvrer 200 milliards d’ariary que ces abonnés n’avaient pas payés entre 2018 et 2022.
La sélection d’un prestataire qui saura mettre en place un système digitalisé et de logiciels pour contrôler la production, le transport et la distribution de l’électricité de la Jirama avait parallèlement été avancée. Ceci dans l’objectif de réduire ses pertes techniques qui sont évaluées à 150 milliards d’ariary annuellement.
L’Etat, de son côté, a par ailleurs déjà décidé de ne plus subventionner la Jirama et préfère lui prêter désormais de l’argent. Cette nouvelle disposition oblige la société d’Etat à rembourser l’argent public qui lui est prêté. La Jirama aurait d’ailleurs mis ses biens non stratégiques ou hors production comme garantie pour pouvoir bénéficier du prêt octroyé par l’Etat.