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  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Mahaleo éternel

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Mahaleo éternel

    La mort de Fafah, chanteur du groupe Mahaleo, est l’occasion d’insister sur la valeur ajoutée de ce groupe mythique. «Ailleurs, ils seraient des stars : ici, ils sont sociologues, médecins, acteurs du développement paysan».

    La notoriété de Mahaleo n’est plus à démontrer depuis le premier concert en 1972 jusqu’à l’ultime représentation en date de ce mois d’octobre 2019, en passant par les séries des «cinq heures fois trois jours d’affilée» d’il y a une petite trentaine d’années. Trois générations différentes se retrouvent autour des mêmes mélodies, que tout le monde connaît par cœur.

    Leurs fans ont grandi avec les membres du groupe : c’est ce qui permet cette symbiose presque familiale. Raoul était de 1951, Nônô de 1952, Fafah de 1954. Parmi les survivants du groupe, Bekoto (1953) fait désormais office de doyen, mais guère plus vieux que Charles, Dama et Dadah (tous de 1954). Ceux de leur génération, jeunes sexagénaires, ont maintenant l’âge d’être grands-parents. Ceux qui, comme nous, les ont découverts à l’adolescence, ont grandi avec leurs chansons pour plus tard les transmettre, presque sans faire exprès : je me surprends à émouvoir ma fille en lui annonçant la mort de Fafah, dont elle fredonne les duos avec Dadah…

    On peut tout faire avec le répertoire des Mahaleo : se laisser aller à la mélancolie en solitaire, faire la fête avec des amis, feu-de-camper en famille, draguer à l’insu de tout le monde, se languir de Madagascar à un rassemblement de la diaspora malgache, et plus rarement jouer les exégèses de leurs textes.

    La «variété» malgache de ces années 1970s parle un malgache tellement simple mais tellement pur à la fois. Un jour, on ira chercher des mots oubliés et des expressions qui sembleront doucement désuètes dans les chansons des Mahaleo, Lôlô sy ny Tariny, Erick Manana. Des mots pourtant de tous les jours, mais consacrés parce qu’ils ont gardé quelque chose, un vieux fonds, d’aucuns diraient la quintessence.

    Rien qu’à ce titre, Mahaleo rejoint à mon panthéon païen, Air Madagascar et la THB.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : En Diagonale, les fous !

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : En Diagonale, les fous !

    La Réunion, code postal 974, Département français de l’Océan Indien, mais un «brand pays» réussi quand sa «Diagonale des Fous», 66 heures de course avec 9576 mètres de dénivelé positif, élue par L’Équipe «ultra trail le plus mythique au monde», constitue la 10ème et dernière étape de l’Ultra-Trail World Tour depuis ses 25 ans en 2017.

    Le départ de la 27ème édition a été donné, dans la soirée du jeudi 17 octobre, avec une arrivée dès vendredi pour les ténors de la discipline, tandis que les amateurs (dont certains sont septuagénaires) auront jusqu’à dimanche, dans la course-phare ou dans les trois autres variantes : Trail de Bourbon, Mascareignes, ou la course en équipe Zembrocal Trail.

    L’infographie, de type Tour de France, présente un profil qui mérite son surnom de «fou» : partant du niveau de la mer à Saint-Pierre, «Ville d’Art et d’Histoire» depuis l’an 2000, les concurrents auront déjà grimpé à 1900 mètres d’altitude au 30ème kilomètre. Après l’alpinisme d’un mur bien vertical, le coureur est précipité dans un ravin abrupt depuis un sommet vertigineux (le 60ème kilomètre revendique ses 2000 mètres d’altitude). Et on recommence, à monter et à redescendre jusqu’à concurrence des 165 km jusqu’à Saint-Denis, au niveau de la mer.

    Comme si les paysages d’un pays montagnard en pays tropical ne suffisaient pas à envoûter les participants, ceux qui s’en donnent le loisir peuvent, depuis les hauteurs du «Colorado» (1 km à vol d’oiseau, mais à 700 mètres d’altitude), admirer les arrivées au stade de La Redoute nimbé des lumières nocturnes de Saint-Denis : vues d’avion, celles-ci donnent l’illusion d’une coulée de lave qui dévale vers la mer.

    La Réunion, ce sont des sentiers balisés que les organisateurs tiennent à laisser propres en incluant dans le kit d’inscription un «sac propreté». Sont justement accessibles à pied, les cirques, dans les hauts de l’île, qui ont longtemps servi de refuge inexpugnable aux esclaves, dont bon nombre furent originaires de Madagascar aux XVIIème et XVIIIème siècles.

    «Salazie» est un ensemble naturel inscrit au Patrimoine de l’UNESCO : le «piton d’Anchaing» (1352 m), les cases créoles colorées de Hell-Bourg (930 mètres d’altitude) labellisé «plus beau village de France» depuis 1998, la cascade «Pisse-en-l’air» sous laquelle il faut passer entre les gouttes… Le mot «salazie» dérive vraisemblablement du mot malgache «salaza» (les pierres du foyer, cf. Richardson 1885) auxquelles avaient pu songer les esclaves marrons (en fuite) au spectacle des trois rochers dressés entre Cilaos et Mafate.

    «Mafate», c’est un mot malgache aisément reconnaissable : «mahafaty» et son rapport à la mort. Le cirque du même nom est uniquement accessible à pied ou par hélico. Quant à «Cilaos» (1200 m d’altitude), qui abrite l’unique station thermale de l’île, pourquoi pas une étymologie depuis le malgache «tsy ilaozana», que-ne-quitte-pas la neige éternelle bonnet phrygien du «Piton des Neiges» qui, avec ses 3.071 mètres, est le plus haut sommet de l’Océan Indien.

    La «Diagonale des Fous», dont le nom officiel est «Grand Raid», constitue le principal événement sur l’île de La Réunion et qui lui assure une visibilité internationale, avec 6400 inscrits originaires d’une cinquantaine de pays.

    Le très sérieux «Île de La Réunion Tourisme» (IRT) leur vante même «l’achards (d’où lasary) de légumes», sans jamais oublier les incontournables : rhum arrangé (rhum agricole, sirop d’orgeat, jus d’ananas Victoria, gousse de vanille), punch au coco, punch aux letchis…La Réunion, île intense : l’essentiel n’était pas que de participer.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Messi répond à CR700

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Messi répond à CR700

    Cela s’appelle un «papier de suivi». Incontournable surtout après avoir parlé du 700ème but de Cristiano Ronaldo et que se déroule, dès le lendemain, la remise du sixième «Soulier d’Or» de Lionel Messi.

    Dans ce chassé-croisé entre les deux footballeurs les plus superlatifs de leur génération, des mots choisis pour l’un seront étendus à l’autre pour ne pas briser l’ex-aequo presque parfait : cinq «Ballon d’Or» chacun (Messi : 2015, 2012, 2011, 2010, 2009 ; Ronaldo : 2017, 2016, 2014, 2013, 2008) ; six «Soulier d’Or» à Lionel Messi, dont trois consécutifs : 2010 (34 buts), 2012 (50 buts), 2013 (46 buts), 2017 (37 buts), 2018 (34 buts), 2019 (36 buts) ; quatre «Soulier d’Or» à Cristiano Ronaldo : 2008 (31 buts), 2011 (40 buts), 2014 (31 buts), 2015 (48 buts).

    Si Cristiano Ronaldo, qui a joué (et gagné) dans trois des cinq championnats européens majeurs (Angleterre, Espagne, Italie), lui a reproché de ne pas avoir osé prendre les mêmes risques, Lionel Messi a répondu qu’il ne voit pas la nécessité de quitter le meilleur club du monde. «La Pulga» est en effet resté fidèle à un seul et unique maillot : celui du FC Barcelone, ce depuis le centre de formation. Mais, à l’instar de son illustre rival, il aura également régulièrement affronté les meilleurs défenseurs et les plus grands gardiens du monde en Ligue des Champions qu’il aura remportée à quatre reprises (5 victoires à Ronaldo) et dont il est quintuple meilleur buteur (Ronaldo septuple meilleur goleador).

    Parce que, définitivement, le baromètre le plus sérieux des meilleurs joueurs du monde est la Ligue des Champions de l’UEFA. On ne peut pas comparer ces deux joueurs, et leurs performances stratosphériques en milieu de compétition exacerbée, avec d’autres évoluant dans des pays et dans des clubs qui n’offrent pas le sérieux des compétitions de l’UEFA. L’appartenance au cercle très fermé des Real Madrid, FC Barcelone, Juventus Turin, Manchester United, Bayern de Munich, Milan, récompense le plus grand professionnalisme : dans l’organisation du club, dans l’organisation des compétitions, dans le recrutement des effectifs, dans le respect de l’histoire du club, dans la culture d’une notoriété planétaire avec des clubs de fans dans le monde entier.

    Messi 32 ans, Ronaldo 35 ans : la carrière des deux stars, qui ont longtemps duopolisé toutes les distinctions individuelles, ne durera pas indéfiniment. Malgré les annonces spectaculaires de nouvelles éclosions, chaque fois mortes-nées, on ne voit toujours pas qui comblera le double vide à leur départ.

    Un autre «géant», le Suédois Zlatan Ibrahimovic, au talent indéniable mais pas toujours aussi décisif malgré quelques buts d’anthologie, s’est consolé en décrétant qu’il y a deux types de joueurs : ceux qui ont un palmarès, et ceux qui ont marqué l’histoire. Malheureusement pour «Ibra», Messi et Ronaldo ont à la fois étoffé leur palmarès et marqué l’histoire. Le plus extraordinaire, c’est que, à l’instar de Roger Federer (38 ans, 20 Grands Chelems) et Rafael Nadal (33 ans, 19 Grands Chelems) au tennis, Messi et Ronaldo appartiennent à la même génération. Saine émulation : Excellence, Respect, même si pas toujours Amitié.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Ne fais pas le con !

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Ne fais pas le con !

    «Don’t be a tough guy. Don’t be a fool !» : Donald Trump avait donc écrit à Recep Erdogan le jour même de l’offensive turque en Syrie, le 9 octobre.

    Dans tous les commentaires, médiatiques et politiques, le président américain avait passé, au mieux pour un imbécile laissant la voie libre aux Turcs, au pire pour un criminel abandonnant ses anciens alliés Kurdes. La tonalité de cette missive adressée au président turc laisse penser à une possible autre réalité.

    Ce «Ne fais pas le con» restera dans les annales. Bien entendu, le mot même de «diplomatie» y perd un peu beaucoup de son sens, mais il faut croire que la manière de faire de Trump «parle» à ses interlocuteurs les plus «tough». Avec le Russe Vladimir Poutine, la complicité affichée ressemble à un pacte de non-agression. Le Nord-Coréen Kim Jong-un est venu à sa rencontre sur la ligne de démarcation du 38ème parallèle ce que ni Kissinger, ni Brzezinski, ni aucun Nobel de la paix, n’avait jamais réussi à négocier. Là, Trump parle virilement à un Erdogan que les Européens n’ont ni la force ni la volonté de contrarier, même quand il envoie des milliers de ses sympathisants défiler dans les rues d’Allemagne pendant qu’il expurge tranquillement la Turquie de ses opposants, ou qu’il donne consigne aux footballeurs turcs de faire le salut militaire à l’issue d’un match contre la France.

    Comment la lettre a fuité dans la presse, c’est une autre affaire. Mais, la tonalité est déjà plus sérieuse que des tweets à l’emporte-pièce : «Vous ne voulez pas être responsable du massacre de milliers de gens, je ne souhaite pas non plus être responsable de la destruction de l’économie turque».

    On souhaite pouvoir lire d’autres lettres de Donald Trump, de la même veine : au Brésilien Jair Bolsonaro à propos de l’Amazonie qui n’est pas patrimoine de l’Humanité ; à l’Israélien Benyamin Netanyahou pour son entêtement à se succéder à lui-même sans espoir de paix avec les Palestiniens ; au Saoudien Mohammed ben Salman qui a avoué le meurtre et le dépeçage du journaliste Jamal Khashoggi ; au Chinois Xi Ping sur la réelle signification du «un pays, deux systèmes» à Hong-Kong ; au Britannique Boris Johnson de ce qu’il faudrait penser des députés de Westminster en flagrant déni de démocratie parce qu’ils n’entérinent pas purement et simplement le référendum en faveur du «Brexit»…

    Ne faites pas les cons…

     

  • VANF ANTRANONKALA – ONLINE : CR700

    VANF ANTRANONKALA – ONLINE : CR700

    Le 700ème but de Cristiano Ronaldo, qui s’était choisi le diminutif de CR7, était attendu. Le quintuple Ballon d’Or (2008, 2013, 2014, 2016, 2017) fut au rendez-vous, ce 14 octobre 2019, malgré la défaite du Portugal contre l’Ukraine.

    Cristiano Ronaldo, bientôt 35 ans, a désormais son palmarès plutôt derrière que devant lui. Et sans doute n’atteindra-t-il jamais le cap des 1000 buts qu’on prête au «roi» Pelé.

    Les mille buts de Pelé sont une légende. Plus en hommage au talent du champion du monde 1958 et 1970 que la réalité d’une époque à la traçabilité aléatoire. Personne n’est capable de dire où et quand exactement Edson Arantes do Nascimento avait marqué son 100ème but ou le 500ème, ni si le 1000ème était vraiment le 1000ème.

    Je ne peux non plus croire à la réalité du record qu’on attribue à l’Austro-Tchèque Josef Bican, né en 1913, justement quand l’Autriche-Hongrie existait encore ! La traçabilité devait être encore plus fantaisiste qu’à l’époque de Pelé qui avait pris sa retraite en 1977.

    À notre époque, les calendriers sont rigoureusement à jour, les feuilles de match disponibles, les statistiques décortiquées. Et les statistiques modernes sont hallucinantes de détails : nombre de buts de la tête, nombre de buts du pied droit, nombre de buts du pied gauche, nombre du buts sur pénalty, nombre de buts sur coup franc direct, nombre de buts sur corner, nombre de buts dans et en dehors de la surface de réparation, moyenne de but par match…

    Ce CR700 était également son 95ème but avec le Portugal, depuis sa toute première sélection le 20 août 2003. La littérature officielle prétend qu’à ce classement, CR7 est devancé par un attaquant iranien, Ali Daei, qui avait évolué cinq ans en Allemagne, dont une piètre performance au Bayern de Munich : 6 buts en 31 matches.

    Comment peut-on comparer les statistiques d’un CR7, en concurrence avec l’autre phénomène de notre époque qu’est l’Argentin Lionel Messi, avec celles d’un joueur quasiment inconnu (existe-t-il un maillot floqué du nom Ali Daei ?) et évoluant dans d’obscures compétitions exotiques. Cristiano Ronaldo a joué dans trois des cinq championnats européens majeurs (Angleterre, Espagne, Italie) et affronté les meilleurs défenseurs et les plus grands gardiens du monde en Ligue des Champions.

    Car, le baromètre le plus sérieux des meilleurs joueurs du monde est bien la Ligue des Champions de l’UEFA dont CR7 est quintuple vainqueur (2008, 2014, 2016, 2017, 2018) et sept fois meilleur buteur (2008, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018). C’est en jouant pour des clubs mondialement adulés comme Manchester United ou le Real Madrid qu’il fut quatre fois Soulier d’Or européen (2008, 2011, 2014, 2015), meilleur buteur de Premier League (2008), et trois fois meilleur buteur de la Liga (2011, 2014, 2015),

    Quand Cristiano Ronaldo empile les buts, on obtient des pourcentages que seul Lionel Messi approche : 39 buts pour 45 matches (Manchester United, 2008), 56 buts pour 48 matches (Real Madrid, 2012), 58 buts pour 47 matches (Real Madrid 2015). Depuis 2010-2011, sur une moyenne d’une petite cinquantaine de matches par saison, CR7 aura régulièrement marqué plus d’un but par match, en sept saisons, dont six consécutives. S’il est «Galactique», CR7 n’est pas une étoile filante.

  • VANF ANTRANONKALA – ONLINE : C’est l’Imerina qu’on assassine

    VANF ANTRANONKALA – ONLINE : C’est l’Imerina qu’on assassine

    Maxime universelle : on ne fait pas une omelette sans casser des œufs. Démonstration par l’absurde bien malgache : on ne remblaie pas le Betsimitatatra sans araser les collines. Et, à force d’aplanir les collines, que va-t-il rester des emblématiques « Tendrombohitra Roambinifolo » , les douze collines qui font l’Imerina ?

    Quand ce ne sont pas les engins qu’on envoie, très officiellement, terrasser les montagnes, ce sont les petites mains qui s’attaquent sans relâche aux pierres des collines : Ambatomaro, aux-pierres-innombrables, disparaîtra purement et simplement à raison de ces camions emplis de moellons à pleine charge par essieu, mais que personne ne songe à contrôler ; sur la route d’Anjeva, comme aux abords d’Ambatofotsy, et partout ailleurs dont on ne peut dresser ici la liste exhaustive, c’est le même spectacle de ces familles qui réduisent les vatolampy en gravillons.

    Les « Douze collines », qui ne sont pas que douze, dessinent un paysage qu’ont célébré, tant et tant de fois, les poètes : « Ankaratra et Andringitra voulaient venir l’une vers l’autre, dit la légende, mais Ambohimanoa s’est intercalée ».

    L’Imerina, en son étymologie, c’est ce pays des hauteurs sur lesquelles les Anciens établirent leur habitat, laissant la plaine, à l’eau, au riz, aux cultures. L’Imerina, sans ses collines de toujours, sera un « plat pays ». Un plat pays qui sera un peu moins le nôtre : ces remblais incessants détruisent une part d’histoire et dépersonnalisent tout un peuple auquel on vole son paysage identitaire.

    Les collines qu’on noie dans la plaine, c’est l’Imerina qu’on assassine.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : La «génération scooter»

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : La «génération scooter»

    La violence du choc entre un scooter et une voiture à 50 kmh montrée à des ados : opération de sensibilisation plus que nécessaire, alors que les parkings des collèges se remplissent dangereusement de ces engins ou que le génie précoce débarque à l’Université des scootéristes pas toujours en âge d’avoir passé l’examen du Code de la route avant de subir les épreuves du baccalauréat.

    Comprenant une formation théorique obligatoire et préalable à la formation pratique, le «brevet de sécurité routière», correspondant à la «catégorie AM du permis de conduire», autorise à conduire un scooter de 50cm3 qui ne doit pas dépasser 45 kmh.

    Non, ce n’est pas sur la route digue d’Ampitatafika-Fenoarivo, ni sur la longue ligne droite de Faravohitra-Lazaina. Mais, il faudra bien y venir. Un scooter n’est pas un jouet. La réglementation malgache doit évoluer aussi vite que les scooters filent à toute vitesse. Rodéo au retour d’un week-end. Mais, dépassement imprudent, queue-de-poisson stupide ou circulation en sens interdit au quotidien.

    On connaît les opérations «Pâques sans accident». Elles seraient plus immédiatement utiles si les gendarmes, au lieu d’attendre au tournant, arraisonnaient tout ce beau-monde vers un terrain dégagé pour une formation accélérée : au Code de la route et à la sensibilisation aux risques. Risques pour eux-mêmes. Mais, il ne faut pas non plus ignorer les risques qu’ils font courir aux autres usagers de la route.

    Comme d’être déféré au Parquet pour un «homicide involontaire», tel que le qualifie encore une législation désuète. Si l’automobiliste n’a ni refusé la priorité, ni conduit en état second, ni commis aucune faute : pourquoi serait-il déféré au parquet pour le suicide par imprudence d’autrui ?

    Les autorités avaient cherché à alléger la circulation automobile de la traction humaine ou animale des pousse-pousse et charrettes. Il leur faudra anticiper le prochain boum des «tuk-tuk» qui vont-et-viennent déjà à Ambohidratrimo. Il ne leur faudra pas une génération pour combler les dix-huit kilomètres jusqu’à Antananarivo.

    La «génération taxibe», on sait ce qu’elle est devenue, avec l’anarchie dans chaque acte du quotidien depuis 25 ans. On peut déjà craindre pour ce qui va advenir de la «génération scooter».

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : C’est la forêt qu’on génocide

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : C’est la forêt qu’on génocide

    Des cadavres d’arbres qui jonchent les flancs d’une colline. Des milliers d’arbres coupés en attendant de devenir du charbon combustible. Des camions, seuls véhicules qui arpentent des pistes défoncées, chargés de madriers équarris. Nous sommes sur la piste d’Ambongamarina, vingt kilomètres de cahots au Nord d’Anjozorobe. À une centaine de kilomètres d’Antananarivo, dans le Nord-Est de l’Imerina.
    Je ne pense pas qu’un Président de la République ait jamais mis les pieds ici. L’actuel Ministre de l’agriculture avait fait la route quand il n’était pas encore au Gouvernement. Il devrait y avoir un voyage organisé du ministère des forêts pour constater de visu et prendre des mesures avant qu’il ne soit trop tard. Avant l’irréparable, comme à Ankarafantsika.

    Bois de chauffe, charbon, bois ronds : les gens se contentent de prélever sans que jamais on ne les voit « planter cinq arbres pour un arbre coupé ». Les forêts peuvent être exploitées, mais avec intelligence, avec responsabilité, avec un souci environnemental. Mais, si des aires protégées sont décrétées, il faut se donner les moyens de les, justement, protéger. Plutôt que de quémander l’assistance internationale, comme l’avait fait la Ministre de l’Enseignement supérieur quand elle avait représenté le Président de la République à la journée de l’unité allemande.

    La misère du sous-développement et la pression démographique sont une nouvelle fois en cause. Le prix du gaz devrait être subventionné si c’est la rançon pour sauver ce qui reste des forêts, dont le corridor forestier de l’Est tout proche, entre Région Analamanga et Région Alaotra-Mangoro. Des gardes forestiers à cheval iraient plus vite que n’importe quelle voiture : pour la protection des lémuriens, pour la sauvegarde des forêts et des orchidées endémiques. Des patrouilles montées, et armées.

    Contre les coupes illégales, contre les feux de brousse, contre le braconnage, il faut également durcir l’arsenal pénal. La peine de mort ne serait pas un trop grand mot. Parce que nous assistons à un véritable génocide environnemental.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Égalité, Fraternité, Incompréhension

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Égalité, Fraternité, Incompréhension

    La France des droits de l’homme, une nouvelle fois frappée par un fanatique jihadiste, mais cette fois au cœur même du dispositif de traque contre le terrorisme.

    Si cet assassin avait été pris vivant, «après les sommations requises», la «République», mot qu’on doit prononcer avec l’emphase de circonstance, lui aurait commis d’office un avocat et convoqué à son chevet les divers codes des droits de l’homme dont lui-même n’avait cure.

    «Stupeur et incompréhension», a dit le président français. Mais, qué stupeur ! Qué incompréhension ! Quand Paris, capitale de la France, avait déjà été attaquée dans ce qu’elle a de si emblématique, sa joie de vivre à la table des cafés ou son esprit caustique dans les colonnes d’un journal satirique, comment oser encore parler de stupeur ? Quand on rapatrie en Europe des familles de jihadistes partis combattre volontairement au Moyen-Orient, qui va croire qu’un sas de décontamination idéologique suffira à éviter une résurgence de radicalisation ? Quand on continue de qualifier d’extrémistes les seuls partis qui ont depuis toujours posé le bon diagnostic, elle est là l’incompréhension.

    «Opposons à la haine, l’intransigeance républicaine» : à entendre ces bien grands mots, incantés plus qu’opérationnels, trop pompeux pour être efficaces, ce serait aux familles éplorées de crier à l’incompréhension. Incompréhension contre cet excès de zèle dans la magnanimité. Incompréhension à voir l’Europe et la France continuer de prêcher au reste du monde – à l’image des parlementaires malgaches convertis à l’abolition de la peine de mort ou la tendance très tendance à ouvrir toujours plus grand les frontières – le langage simplement surréaliste de la joue tendue quand l’ennemi décapite les gens à tour de bras et éradique méthodiquement un mode de vie qu’ici, aux antipodes, on a fait également nôtre.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Le message du baccalauréat

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Le message du baccalauréat

    «Sujet de garde» : l’opinion publique découvre une expression supplémentaire après la fuite de sujet au baccalauréat.

    Début retardé des épreuves, fin des épreuves à la lueur des bougies… Si une épreuve était ajournée dans un centre tandis qu’elle se déroule dans d’autres, comment conserver le même sujet à traiter puisqu’il serait déjà dévoilé ? Sinon, où serait l’égalité des candidats si un autre sujet, peut-être plus facile, peut-être plus complexe, était proposé à la même session ?

    Corruption généralisée et de plus en plus précoce : concours faussé ou faux diplômes. Des élèves qui achètent des sujets du baccalauréat, marchanderont également des sujets aux concours d’entrée dans l’armée, dans la gendarmerie, dans la police, dans l’administration, dans la magistrature. À moins qu’ils n’achètent directement de faux diplômes parfois en vente libre sur Facebook.

    À moins de les exclure à jamais de tout examen et concours officiel, Madagascar se préparerait une génération supplémentaire de tricheurs qui viendraient étoffer l’arborescence de la dynastie de faussaires déjà en place et organisés en réseaux mafieux. Et, de fil en aiguille, on aurait partout en poste des imposteurs : médecins, enseignants, magistrats, généraux, ministres…

    Et, aux autres élèves qui ont passé, honnêtement mais dans des conditions désastreuses, un examen pourtant sacralisé en rite de passage, quel message les adultes passeraient si aucun responsable ne rendait des comptes ?

    Que, maintenant comme dans vingt-cinq ans, on peut cafouiller impunément un examen national. Qu’on peut négliger sans crainte l’équipement minimal d’une école publique. Qu’on peut manquer de respect aux douze années de sacrifices personnels et parentaux de familles souvent défavorisées, mais ne jamais présenter la moindre excuse.