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  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Qui se ressemble, s’assemble

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Qui se ressemble, s’assemble

    Les idées peuvent ne pas suffire. Faute d’une personnalité pour les porter, qui les incarne. Une figure dont la seule présence casse la routine et introduit ce déséquilibre infinitésimal qui fait bouger les lignes. Et remettre du mouvement.

    Une figure charismatique qui, sans être un Messie, devient réellement providentielle. L’apathie d’un enjeu privé d’enjeu devient subitement fourmillement de questions. Ce qui semblait acquis est arraché à sa zone de confort parce que tout redevient possible. Ce je-ne-sais-rien d’incertitude nouvelle qui ranime l’encéphalo des plus blasés d’entre nous.

    Ce sont les premiers paragraphes d’une Chronique de VANF (cf. « La sorcellerie Mourinho», L’Express de Madagascar, 23 novembre 2019) que j’ai ensuite orientée vers un entraîneur de football qui détient l’un des meilleurs palmarès internationaux.

    Je vais appliquer les mêmes paragraphes à la candidature de Naina Andriantsitohaina à la Mairie d’Antananarivo. Mais, avec moult précautions. Car, en comparaison de la «Politique = gestion de la Cité», le football est une science exacte.

    Les idées sont dans l’air depuis les mandats de Guy Razanamasy (1989-1991, 1995-1999) et les vingt-quatre mois de Marc Ravalomanana (2000-2001) : remettre de l’ordre à Antananarivo. Le choix de la démocratie, et surtout l’idée anarchique que l’on s’en fait Place du 13 mai (1972, 1991, 2002, 2009), n’est sans doute pas la meilleure option pour ramener un curseur qui a dérivé loin sur l’échelle du grand-n’importe-quoi. Disons, qu’il reste l’espoir de l’éducation civique, et de l’éducation tout court.

    Si un Messi génial existe au football, je déteste évoquer ailleurs un quelconque Messie, simplement parce qu’il n’existe pas. Remettre de l’ordre dans les rues d’Antananarivo et dans la mentalité des Tananariviens ne se fera pas par magie. Il est impossible de rétablir en quatre ans ce qui a été consciencieusement détricoté en cinquante ans. Du travail, beaucoup de travail, un effort de tous les jours, une persévérance dans l’adversité. Bonne volonté doublée de bonne foi. Il n’y aura pas de miracle : il ne faut pas mentir, il ne faut pas se mentir, il ne faut pas lui mentir.

    À son crédit, je mets déjà d’avoir cassé ma routine et introduit ce déséquilibre infinitésimal qui a fait bouger ma ligne : je suis un abstentionniste par scepticisme absolu depuis novembre 1999 (ni référendum, ni présidentielles, ni municipales, ni législatives) mais voilà que la proximité avec ce gars laisse entrevoir quelque chose. Il y a vingt ans, avec son père Charles Andriantsitohaina, ils étaient encore co-propriétaires de L’Express de Madagascar, et j’avais commis une Chronique où je conjuguais les quatre voyelles de base A, E, I, O de l’alphabet malgache avec les autres lettres F, R, Y : Naina Andriantsitohaina m’avait passé un coup de fil tout en rigolade là où Herizo Razafimahaleo, l’alors PDG, avait craint pour l’honorabilité de son titre.

    Manifestement, je ne suis pas le seul dont le curseur a frémi : je devais rencontrer nombre d’amis à l’annonce de la candidature et à la réunion de lancement de la campagne. Ndriana Razanamasy de l’association «larivo Mandroso» résume sans doute le sentiment général : «Il NOUS ressemble». Et il est celui dans la meilleure posture pour nous rassembler.

    Sentiment aussi vieux que le monde. Qui irait choisir un inconnu contre une figure familière. Dès lors, l’appartenance à une «couleur» devient subsidiaire : orange, vert, jaune, bleu, rouge, arc-en-ciel. Les photos les plus éternelles, intemporelles, ne sont-elles pas en Noir et Blanc.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE – EQPT introuvable sur FB

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE – EQPT introuvable sur FB

    Facebook est accessible pour trois fois rien. L’EQPT, éducation de qualité pour tous, l’est beaucoup moins. Ce qui explique sans aucun doute certaines choses fréquemment rencontrées sur ce réseau de communication sans administrateur intellectuel, ni prescripteur culturel. Le défoulement du plus grand nombre y gagne ce que perd «une certaine idée» : volonté de recul, posture de distance, souci de la mesure, attitude de prudence, scrupule de véracité.

    En début de semaine, s’était tenue au palais d’Andafiavaratra la consultation franco-malgache sur «la question des îles malgaches Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India», selon la terminaison précise de son inscription à l’ordre du jour de la 34ème session de l’Assemblée Générale, le 12 novembre 1979.

    Sujet sérieux, complexe et ardu. Si les «y-a-qu’à» et les «faut-qu’on» avaient été efficaces, la question ne serait pas en suspens depuis quarante ans exactement, et l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies de la Résolution A/RES/34/91 du 12 décembre 1979. Comme si cette difficulté intrinsèque n’était pas suffisante, il semble que certains veuillent encore compléxifier davantage la situation en introduisant des paramètres hors sujet.

    Oui, le professeur Raymond Ranjeva ne figurait pas sur la photo de groupe à l’issue de l’Andafiavaratra Round. La raison était bêtement logistique : il avait un avion à prendre dans l’accomplissement de ses autres missions. Le Président de l’Académie malgache qu’il est également, en avait au préalable informé le Président de la République qui avait donné les instructions nécessaires pour que le juriste en chef de la délégation malgache puisse, sitôt que possible, rallier rapidement Ivato.

    Certaines personnes savent mettre de côté d’éventuels différends quand il s’agit d’une affaire dont on a fait une cause nationale. C’est la ligne directrice du Président de la République Andry Rajoelina depuis sa rencontre avec son homologue français, en mai 2019. De son côté, le professeur Raymond Ranjeva, devenu entre-temps vice-président de la Cour internationale de Justice, était déjà de la partie en 1979 et ses compétences sur la question des «îles malgaches» sont incontestables. À ce titre, il était simplement naturel que le Conseil des Ministres l’intègre à la délégation malgache.

    Parmi les concepts à s’approprier absolument dans le cadre d’une éducation civique d’EQPT, doit figurer le «Ho an’ny Tanindrazana» dont l’Académie militaire, école des officiers, a fait sa devise. Ho an’ny Tanindrazana : Pour la Patrie, Pour la Matrie, Pour Madagascar. Cela devrait permettre de transcender les vétilles et élever le débat. Même sur Facebook.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE – Londres : le prétexte Mourinho

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE – Londres : le prétexte Mourinho

    Le football, décidément, mène à tout. Révision d’histo-géo voire introduction géopolitique (cf. Antranonkala, «Dessine-moi l’Europe-UEFA», 21 novembre 2019, www.2424.mg). Exutoire à tant de passions. Dérivatif salutaire à la violence querelleuse. Exaltation d’exploits par procuration. Le retour de José Mourinho en Premier League, à la tête de Tottenham, crée un délicieux drame qui fait le foot tellement à notre image : appétence de revanche, petites jalousies, grosse hypocrisie, fausse modestie, formidable ego. Le spectacle permanent de la comédie humaine. Mourinho, ce sera Tottenham-West Ham de ce samedi. Et un championnat qui ronronnait dans le mano a mano Klopp-Guardiola, sort de sa léthargie. Les bookmakers s’activent : le miracle «Special One» aura-t-il lieu ?

    Un match de football dure 90 minutes. Mais, plus si affinités. 96ème minute, d’un match de la onzième journée : Watford rate une égalisation miraculeuse, à domicile. Et Chelsea sauve les trois points de la victoire. Sans les multiples sauvetages de son goal Ben Foster, Watford aurait déjà trois buts de retard et le «Money Time» n’aurait été qu’anecdotique. Mais, voilà qu’au bout du bout du temps additionnel, sur le coup-franc de la dernière chance, le dernier rempart devient avant-centre dans la surface adverse. Et l’inimaginable faillit se produire : Ben Foster dévie de la tête, mais son homologue Kepa Arrizabalaga sauve sur sa ligne. Coup de sifflet final. Les deux gardiens de buts qui tombent dans les bras l’un de l’autre restera une image forte de cette fin de match subitement épique.

    Chelsea et Watford sont deux clubs de la même ville, Londres. La capitale anglaise ne compte pas moins d’une dizaine de clubs professionnels, une densité footballistique unique au monde avec des derbys à chaque coin de rue : Chelsea vs. Fulham, Fulham vs. Queens Park Rangers, Tottenham vs. Arsenal, Millwall vs. West Ham, Charlton vs. Crystal Palace.

    Pourtant, si Londres est une ville de football, elle l’est moins de trophées footballistiques. Certes, depuis les années 2000, le «Big Six» est à moitié londonien (avec Chelsea, Arsenal et Tottenham), mais les stades anglais furent longtemps le théâtre de la revanche des villes ouvrières du Nord : près de quarante titres nationaux entre Manchester United (20) et Liverpool (18), voire Nottingham Forest (1), qui avaient déjà gagné dix fois la Ligue des Champions de l’UEFA avant qu’un club londonien, Chelsea, n’y parvienne en 2012.

    Si les supporters de Chelsea, d’Arsenal ou de Tottenham, peuvent parfois se permettre de rêver, ceux de Watford, de tous les Watford, ces clubs qui vivotent dans l’anonymat du ventre mou du championnat ou jouent l’ascenseur entre l’élite et la division inférieure, se désillusionnent chaque week-end de match. Ce qui ne les empêche pas d’être fidèles au rendez-vous et de renouveler leur abonnement au club. De père en fils, ils portent fièrement des couleurs et les armes d’un blason d’eux seuls connu. Miracle footballistique d’un fort communautarisme : appartenance de classe et identification géographique, grégarisme et chauvinisme.

    Crystal Palace doit son nom aux ouvriers qui construisirent le Crystal Palace, un palais d’expositions de la fin du XIXème siècle ; Millwall reste le club historique des dockers londoniens et dans les années 1960s, le coup d’envoi était différé pour leur permettre de rallier le stade après le travail ; West Ham arbore sur son blason deux marteaux croisés, outils des ouvriers qui battaient l’acier à l’époque industrielle ; le surnom «Gunners» d’Arsenal est l’héritage de sa création par les ouvriers des manufactures d’armes et de munitions de Woolwich…

    Quand ces Gunners d’Arsenal, poussés par leurs fans irlandais catholiques, affrontent les Spurs de Tottenham, dont les fans se recrutent dans la communauté juive, c’est le «derby du Nord de Londres». Le «derby d’Angleterre», c’est THE match qui oppose Manchester United (20 titres de champion) à Liverpool (18 titres). Ce derby, entre deux villes du Nord-Ouest de l’Angleterre, distantes de 50 km, est suivi dans 211 pays dans le monde : davantage que le classico Real Madrid-FC Barcelone. Révision d’histoire : à un moment de l’histoire, la Reine d’Angleterre régnait sur un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Dessine-moi l’Europe-UEFA.

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Dessine-moi l’Europe-UEFA.

    L’UEFA fait plus que du football, elle bouleverse notre géographie. Si culturellement, la Russie et l’Arménie ont toujours été considérées comme éminemment européennes, l’Europe de l’UEFA (confédération européenne de football), ne va plus seulement de l’Atlantique à l’Oural puisque parmi ses 55 associations membres, l’UEFA englobe la Turquie, l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan qui semblent a priori géographiquement extra-européens.

    L’UEFA dessine donc une Europe à géométrie variable, quelque part au Sud de la ligne rivière Don-mer d’Azov, entre mer Noire et mer Caspienne, de part et d’autre de la ligne de crête de la chaine du Caucase. C’est ainsi que font UEFA : la Géorgie (Staline était Géorgien), l’Arménie (Charles Aznavour, Garry Kasparov et Tigrane Petrossian, Alain Prost), le Kazakhstan (hub entre Asie et Europe sur la route de la soie, a une part de son territoire à l’Ouest de l’Oural). Mais, l’Azerbaïdjan ? L’UEFA a tranché que la frontière extrême Sud-Est de l’Europe ne s’arrêterait pas au seuil de l’Azerbaïdjan.

    La Turquie, dont l’adhésion à l’Union Européenne est au point mort, fait également UEFA : ayant son appendice territorial byzantin en continuité terrestre avec l’Autriche et la Hongrie ou la Serbie, la présence de la Turquie a un minimum de cohérence : le seul club turc à avoir remporté une compétition européenne, la Coupe UEFA 2000, Galatasaray joue à domicile sur la rive européenne d’Istanbul.

    Si Israël fait également UEFA, c’est pour les mêmes raisons politico-diplomatiques qui vont faire s’éviter la Russie et l’Ukraine au prochain tirage au sort de l’Euro 2020 : la cohabitation d’Israël avec ses voisins palestiniens, jordaniens, syriens, libanais, égyptiens et saoudiens, posant des problèmes que l’ONU n’a toujours pas résolus, l’UEFA met tout le monde d’accord en accueillant les internationaux issus de l’Hapoël ou du Maccabi (les clubs de Tel-Aviv).

    Dans la même veine d’un football acteur géopolitique, un territoire britannique d’outre-mer avait participé aux éliminatoires de l’Euro 2020, dont l’ancêtre se nommait «Coupe d’Europe des Nations». L’UEFA semble donc faire de Gibraltar une nation à part entière, placé dans le groupe D des éliminatoires de l’Euro 2020, avec la Suisse, le Danemark, l’Irlande et la Géorgie.

    Pour la petite histoire, Gibraltar est un territoire de 5 km sur 1,2 km relié à l’Espagne par un isthme long de 1,6 km/ Le roc a hérité son nom de l’arabe «Jabal Tarik», le mont de Tarik, un conquérant arabe du VIIIème siècle. À la suite de querelles intestines, un des princes chrétiens wisigoths qui régnaient sur l’Espagne, demanda l’aide de l’émir musulman de Tanger, sur l’autre rive de la Méditerranée. Le 11 juillet 711, à la bataille de Guadalte, la défaite des soldats du roi chrétien Wisigoth marque le début d’une longue occupation arabo-musulmane de l’Espagne qui s’achèvera avec la fin de la Reconquista en 1492. L’Andalousie, al-andalus en arabe, a hérité de cette occupation maure de nombreux monuments historiques : l’Alhambra de Grenade (patrimoine UNESCO), l’Alcazar de Séville (patrimoine UNESCO), la Mezquita de Cordoue (le centre historique de la ville est classé au patrimoine UNESCO), l’Alcazaba de Malaga (ville natale de Pablo Picasso).

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Bisbilles franco-françaises sur les îles malgaches

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Bisbilles franco-françaises sur les îles malgaches

    Pour les médias français, la consultation franco-malgache sur les îles Glorieuse, Juan de Nova, Bassas da India et Europa, est un non-événement. Il est vrai que, la France revendiquant le deuxième espace maritime au monde, avec tout de même l’appoint de ces «confettis», son opinion publique et ses médias ne vont pas chaque fois s’émouvoir pour un Clipperton ici, un Tromelin là, un Juan de Nova ailleurs. De toutes manières, c’est bien connu, toutes ces îles sont loin, très loin.

    Je doute qu’un seul électeur de ces députés français qui bloquent l’accord-cadre franco-mauricien sur Tromelin, ait jamais entendu parler de cet îlot perdu dans l’Océan Indien : «1761, l’Utile, esclaves oubliés». Pas plus qu’ils sachent c’est quoi et où Glorieuse avant qu’un président de la République ne s’y rende.

    Il faut être vraiment mal intentionné pour, comme le Rassemblement National, se fendre d’un communiqué comminatoire : «Le Rassemblement National s’est toujours fermement opposé à toute tentative de remise en cause de la souveraineté française sur nos territoires ultramarins (…) Toute remise en cause de la souveraineté sur une partie du territoire sous souveraineté française est un manquement aux prérogatives du président de la République (…) Le Rassemblement National s’oppose fermement à toute ouverture de négociations avec Madagascar sur la gestion et la souveraineté des îles éparses».

    On l’aura compris, la petite escapade d’Emmanuel Macron sur une plage des Glorieuses, au mois d’octobre 2019, le fameux «Ici, c’est la France», était à usage interne. Pour calmer le Rassemblement National, par exemple. Mais, pas seulement.

    En 2013, un front «transpartisan» avait réuni UDI, LR et PS pour dénoncer l’accord-cadre signé le 7 juin 2010 entre la France et l’île Maurice, à propos de Tromelin. Et pourtant, le projet de loi qui, deux ans plus tard, allait le faire approuver au Sénat français, présentait cet accord-cadre comme «un régime juridique original en droit international», «une cogestion qui ne préjuge pas de la position respective des deux parties en ce qui concerne leur souveraineté», «une démarche pragmatique et novatrice visant à dépasser le différend territorial en établissant un partenariat actif».

    Déjà à usage interne, franco-français, le ministre d’alors de l’outre-mer dut se rendre sur l’île de Tromelin pour bien marteler sur place que «c’est un accord de cogestion, pas un partage de souveraineté». En vain. Les mêmes parlementaires allaient de nouveau s’opposer à l’examen de l’accord-cadre en 2017. Tout en laissant bien entendre qu’ils craignaient un effet-domino sur les îles éparses revendiquées par Madagascar.

    «Erreur de plume, test diplomatique ou extrapolation à visée interne» : le Rassemblement National s’était inquiété du choix et de la précision des mots après la discussion entre les présidents français et malgache, en mai 2019. Si les lignes devaient bouger, gageons que, dans les médias français, la prochaine consultation ne sera plus un non-événement.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE  : Madagascar vs. Barea

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE  : Madagascar vs. Barea

    J’ai beaucoup appris la géographie grâce aux compétitions de l’UEFA, la confédération européenne de football. Les clubs s’appelaient Ajax d’Amsterdam, Bayern de Munich, Juventus de Turin, Real Madrid, FC Liverpool, Austria Vienne, Spartak Moscou, Étoile Rouge de Belgrade… De vrais noms de villes portés sur une carte de l’Europe du football dans France-Football.

    Si les clubs avaient arboré le nom de leurs sponsors, mes connaissances de la géographie seraient restées nulles : Elgeco ou CNAPS, aujourd’hui ; Fortior ou Corps Enseignant, hier. Ici, c’est nulle part…

    C’est un peu mon sentiment à voir cette affiche à l’entrée du tunnel d’Ambohidahy : «Barea vs. Éthiopie». L’Éthiopie, je sais la situer sur une carte du monde, je connais ses merveilles patrimoniales inscrites au patrimoine de l’Humanité, j’ai appris un peu de son histoire ancienne et plus récente. Bref, Éthiopie, c’est un pays. Un pays réel, sur une carte. Mais, «Barea», c’est où ?

    Madagascar souffre d’un sérieux déficit de notoriété. Je doute que le reste du monde puisse pointer notre Grande île sur une mappemonde si on l’affuble encore d’un surnom.

    La même année 1896, où Madagascar était annexée par la France (6 août), l’Éthiopie ridiculisait l’Italie à la bataille d’Adoua (1er mars). Pourtant, à l’époque de la Conférence de Berlin (15 novembre 1884 – 26 février 1885), l’Éthiopie et Madagascar étaient encore deux pays également indépendants, reconnus par les grandes puissances : pour la petite histoire, le traité germano-malgache du 15 mai 1883 fut signé entre notre Ministre des Affaires étrangères, Ravoninahitriniarivo, et le comte Hatzfeld qui allait devenir le vice-président de la Conférence de Berlin dont l’Acte général ne fait guère allusion à l’île de Madagascar.

    En 1896, nos troupes ayant reculé de Majunga à Antananarivo, devant les généraux français Voyron, Metzinger et Duchesne, tandis que les Éthiopiens faisaient prisonniers des généraux italiens, c’est le Négus Ras Tafari Makonnen qui sera couronné empereur Haïlé Selassié, le 2 novembre 1930, en présence de représentants des grandes puissances de l’époque : Grande-Bretagne, France, États-Unis.

    Voilà comment d’une affiche footballistique «Madagascar vs. Éthiopie» eût pu ouvrir les portes d’une dissertation historique, sur le mode d’éternels regrets.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Ici, c’était le Betsimitatatra

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Ici, c’était le Betsimitatatra

    Antananarivo, 13 novembre 2019, 17 h. Pluies torrentielles sur une Capitale saturée. Saturée d’habitants surnuméraires, saturée des trois quarts du parc automobile malgache, saturée de remblais arrachés aux collines alentour. Saturée d’eau, surtout, en cette fin d’après-midi.

    Il y a une joie cruelle à voir toute cette eau qui stagne rapidement au-lieu dit AnkorondRANO (à la confluence des eaux). Une jouissance perverse à naviguer dans l’eau qui a envahi SoaRANO (à-la-bonne-eau : il devait y avoir une source ici, autrefois). L’eau est partout dans la plaine d’Antananarivo. L’eau est chez elle dans la plaine d’Antananarivo.

    Cette belle avenue, aujourd’hui de l’Indépendance, mais que l’administration coloniale française avait tracée surtout pour imposer dans le paysage une conception de l’espace qui n’est pas la nôtre, s’avère, chaque jour un peu plus, une formidable aberration urbanistique. Sans l’implantation malencontreuse à SoaRANO de cette gare et de son chemin de fer depuis Soanierana, la plaine de l’Ouest serait encore ce que les fondateurs d’Antananarivo en avaient voulu : les rizières du Betsimitatatra.

    Au même moment, je les subodore également les «pieds-dans l’eau», Ampefiloha (là où une digue dut être érigée pour canaliser l’eau), Anosy (l’île-au-milieu-des-eaux), Anosibe, Andavamamba : ici, donc, jadis, s’ébattaient les crocos et autres caïmans. L’eau est partout dans la plaine d’Antananarivo. L’eau est chez elle dans la plaine d’Antananarivo.

    Les inondations de 1959, c’était il y a tout juste 60 ans. Une crue soixantenale apporterait la démonstration du bon sens : les 67 hectares, la Cité Ampefiloha, HJRA, le Tribunal et les ministères flottent sur un polder qui se souvient des ses racines aquatiques. De l’eau à mi-mollet derrière le Hilton et ses pieux qui accrochent la roche, là-bas, à une vingtaine de mètres sous la plaine ; l’eau d’Andriantany qui squatte périodiquement l’arrière-cour du Ministère des Affaires étrangères ; l’eau qui inonde en permanence les caves de la gare de Soarano : l’eau est partout dans la plaine d’Antananarivo. L’eau est chez elle dans la plaine d’Antananarivo. Drainée ici, siphonnée là, l’eau phréatique dort sous le Betsimitatatra et se gorge de chaque orage pour se réveiller en crue.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Dis-moi qui te conseille…

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Dis-moi qui te conseille…

    Le bon Maire, ce n’est pas celui qui promet des miracles. Personne ne peut résoudre d’un seul claquement de doigts des problèmes consolidés depuis dix, vingt, trente, quarante, cinquante ans. Parce que les problèmes d’Antananarivo durent et s’aggravent chaque jour, depuis dix, vingt, trente, quarante, cinquante ans.

    Nous sommes en 2019 : que s’est-il donc commis et récidivé depuis dix, vingt, trente, quarante, cinquante ans ? Combien de mètres carrés remblayés dans la plaine du Betsimitatatra ? Combien de « trano gasy » ou « trano ntaolo », du type « Tranon-dRainimboay » à Ankadifotsy, délaissées, défigurées, écroulées ? Combien de pouces de terrain dans nos têtes abandonnés au laisser-faire et au laisser-aller ? Combien d’affirmations de principe tues ou ajournées au nom du consensus ? Combien de petites renonciations pour la grande abdication suprême ?

    Le bon Maire, c’est celui qui saura le mieux s’entourer : « Dis-moi qui te conseille, et je te dirai quel Maire tu es ». Un entourage capable de passer en revue toutes les dimensions concernées par la gestion d’une Ville. Parce que les conseillers en auraient eu une expérience directe. Parce que les conseillers auraient vécu dans d’autres villes, handicapées par les mêmes contraintes, fortes des mêmes potentialités, mais qui ont réussi autrement avec les mêmes ingrédients. Parce que les conseillers auraient vu, connu, vécu. Parce qu’une certaine éducation leur fait se renseigner, apprendre, savoir.

    Se renseigner, apprendre d’autrui. Du baron Haussmann à Paris, de Lee Kuan Yew à Singapour, de Chris Patten à Hong Kong, de Rudy Giuliani à New York, d’Alain Juppé à Bordeaux. Un Maire de bon sens, cette chose du monde la mieux partagée, et de la curiosité intellectuelle permanente.

  • ALEFA MADAGASIKARA !

    ALEFA MADAGASIKARA !

    Samedi 16 novembre 2019, le rêve des Barea de Madagascar commencera face à l’Éthiopie, à Mahamasina, pour les éliminatoires de la CAN 2021. Objectif de cette version 2.0 : faire au moins aussi bien que lors de la dernière compétition, ou pourquoi pas ramener la coupe à maison !

    Jamais le football malagasy n’aura fait autant vibré la Grande île que cette année 2019. Dorénavant, tous les espoirs sont permis, les objectifs peuvent être ambitieux, toucher les étoiles devient possible. Trêve de discours (pour une fois, car en période de propagande, laissons ça aux politiques) : ALEFA MADAGASIKARA !

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE 14-18 : énième règlement de comptes entre Européens

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE 14-18 : énième règlement de comptes entre Européens

    11 novembre : commémoration de l’armistice de 1918. Cette guerre de 14-18, énième règlement de comptes entre pays européens, devint une «guerre mondiale» par l’enrôlement des supplétifs originaires des colonies africaines, arabes, asiatiques, malgache. Une petite absurdité dans la grande absurdité de cette guerre fut le «suicide des empires», à la bataille de Tannenberg, le 30 août 1914. L’ouverture de ce deuxième front à l’Est devait soulager les Français bousculés par les Allemands à l’Ouest : suprême ironie que des dynasties apparentées, allemande et russe, en soient arrivées à s’annihiler, pour sauver une IIIème République française héritière de la Révolution anti-monarchiste de 1789.

    L’archiduc François-Ferdinand assassiné, l’Autriche-Hongrie déclarant la guerre à la Serbie, la Russie se mobilisant par solidarité slave, l’Allemagne faisant cause pangermaniste avec l’Autriche, la France et l’Angleterre entraînées dans la guerre au nom de la «Triple entente» : ce maelström devait être de la science-fiction pour un Malgache de 1914. Pourtant, des soldats malgaches allaient bel et bien mourir pour une vétille qui ne les concernait en rien et survenue dans une ville totalement inconnue : c’était où, Sarajevo ?

    Une génération tout juste auparavant, le 30 septembre 1895, nos arrière-grands-parents voyaient, avec effroi, les troupes françaises et leurs tirailleurs sénégalais de sinistre mémoire entrer dans Antananarivo. Le devoir de mémoire associe chaque 11 novembre les autorités malgaches et les représentants français autour du monument aux morts du lac Anosy. Mais, un autre devoir de mémoire, à usage malgacho-malgache, doit rappeler dans les manuels d’histo-géo comme dans les discours officiels, combien le mouvement nationaliste des «Menalamba» avait été réprimé de 1896 à 1901. Et comment, en pleine guerre, le 18 février 1916, s’ouvrait au palais d’Andafiavaratra le procès des nationalistes Vy Vato Sakelika (VVS).

    Le pasteur Ravelojaona (1879-1956), acquitté dans le procès VVS, accepta de s’exiler à Marseille et termina la guerre comme adjudant de l’armée française. Ravelojaona, comme l’ensemble des Malgaches envoyés combattre les soldats allemands, ne pouvait pas haïr les dynasties Habsbourg et Hohenzollern qu’il ne connaissait pas. Il ne devait pas non plus aimer particulièrement une IIIème République française qui fit déporter le Premier Ministre Rainilaiarivony, chasser la Reine Ranavalona III, fusiller le prince Ratsimamanga et le ministre Rainandriamampandry, désacraliser la dépouille du Roi Andrianampoinimerina et profaner les «Fitomiandalana» du Rova Antananarivo.

    14-18 devait être la «der des der». Mais le «Diktat de Versailles», en juin 1919, accoucha d’une mauvaise paix dont les rancœurs ne seront vidées que par 39-45. On célèbre trop bruyamment les armistices après avoir trop facilement oublié de vertueuses intransigeances : source d’humiliation et aiguillon de la revanche.