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  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Toute une littérature, la carte postale

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Toute une littérature, la carte postale

    Carte postale : qui s’en souvient seulement encore ? Mais, comment connaître quand on n’en a jamais envoyée ni reçue…

    Dans les vieilles affaires de famille, j’en ai retrouvé qui ne portaient pas le timbre dont le cachet faisait foi. Des cartes postales mises sous enveloppe : sans doute, pour mieux les conserver ; à moins que ça n’ait été pour en soustraire le texte à la curiosité des facteurs du petit village qu’est notre société. D’autres encore restées vierges de toute inscription : «souvenirs». Telle cette représentation des «Ambassadeurs» (1533) de Holbein (1497-1543), avec sa fameuse anamorphose, que j’ai achetée pour me la garder.

    Il y a à peine un quart de siècle, on pouvait acheter des cartes postales UNESCO ou UNICEF, histoire de contribuer à la Culture ou de donner à l’enfance tout en souhaitant Bonne Année. Certes, le format carte postale n’autorise pas toute une littérature mais, bien avant le nombre maximal de signes sur Twitter et le statut «public» des posts sur Facebook, la nudité d’une carte postale incitait d’instinct à la pudeur.

    Il y avait la carte postale minimaliste : un texte au format timbre poste encore plus court que l’adresse sur la colonne en vis-à-vis. C’était l’ancêtre des SMS obligatoires, figures imposées, par principe et pour la forme : «Je quitte», «Bien arrivé». Heureusement, il y avait également des cartes postales plus disertes dont la bienveillance se devine dès le choix de l’image : même à fort tirage, elles n’étaient jamais anonymes. Il y avait aussi des cartes postales très inspirées dont le texte a vite fait de remplir l’espace dédié pour se continuer dans la marge, verticalement, en petits caractères, bien serrés.

    Mon texte n’aurait pas pu tenir dans le format A6 de la carte postale standard. Ah, la carte postale, toute une littérature !

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Dessine-moi le changement de mentalités

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Dessine-moi le changement de mentalités

    Le choc des photos, le poids des mots, la liberté du dessin. Street Art, dessine-moi les droits des enfants. Street Art, dessine-moi la dignité de la femme. Des dessins, suffisamment haut en couleurs pour ne pas passer inaperçus, décorent depuis quelques semaines la rue d’Ankadilalana, qui descend ou qui monte selon que l’on parte de Tsimbazaza ou qu’on l’emprunte depuis Mahamasina.

    Dessine-moi l’instruction. Sortir de la dépendance économique passe par l’instruction : elle permettra à la femme de prendre conscience de ses capacités, d’accéder ensuite à un marché toujours plus qualifié du travail, et d’éduquer dans le même sens «moderne» ses enfants, filles ou garçons : un futur mari violent, c’est un jeune garçon qu’une femme, sa mère, aura oublié de sensibiliser à la dignité de la femme.

    Davantage d’instruction fera également prendre conscience de la perversité de certains adages a priori sympathiques comme «miteraha fito lahy fito vavy» (ayez sept garçons et sept filles) alors qu’il expose dangereusement notre société du tiers-monde à une explosion démographique en même temps qu’il enferme la femme dans un rôle de «reine des abeilles» ou de poule pondeuse, juste bonne pour les grossesses multiples.

    Dessine-moi l’éducation. S’il peut sembler trop tard d’instruire pareillement les «Raiamandreny» de la génération précédente, le temps leur est compté avant que ne s’installent dans les mentalités de nouveaux paradigmes contre nombre de pesanteurs sociales : la victime est comme prise en étau entre, d’une part, la honte que pourraient ressentir ses parents si elle s’avisait de faire «misintaka» et, d’autre part, la possible hostilité de ses propres enfants si elle portait plainte contre le père mais époux violent.

    Ces dessins sur les murs de la Ville portent dans la rue des thématiques trop souvent occultées. À Mahamasina-Est, au pied de la colline qui porte le Rova, un bureau contre les «VSBG» (violences sexuelles et basées sur le genre) a ouvert. Les femmes policières avaient reçu une formation ad hoc. Ici, les lieux sont sécurisés par une présence militaire. Fichtre.

    Dessine-moi le changement des mentalités. Là, en face, du bureau. À deux pas du «Bazar du Quartier». Que la prévention ne soit plus policière ou militaire, mais dans les têtes.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Image et réalité d’Antananarivo

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Image et réalité d’Antananarivo

    Il était différent ce jeudi 26 d’après Noël. Jour du marché hebdomadaire de Mahamasina, mais une légèreté imperceptible dans la circulation du côté de l’église Saint-Joseph et de Sainte-Famille.

    Une fluidité dont on avait presque oublié qu’elle put exister entre 6 heures et 7 heures du matin. C’est tellement bon cette ambiance sans la pétarade des scooters, sans les klaxons énervés contre les taxibe, sans le boucan des boutiques qui pensent attirer le chaland à force de haut-parleurs, véritables répulsifs à mes oreilles sensibles.

    Cette image d’Antananarivo avait pu être sa réalité. Un 26 décembre, entre 6 et 7 heures du matin. Une maigre foule loin des caricatures d’une mégapole obèse d’un double exode rural et provincial, une ville-pays étouffée et étouffante.

    Cette image d’Antananarivo avait pu être sa réalité. Un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. À ce carrefour de Soarano, aujourd’hui tellement encombré de voitures coincées dans les embouteillages et de marchandises qui envahissent tous les trottoirs, il existait un paisible square où mon grand-père paternel rejoignait d’autres seniors jouer au Fanorona. On a biffé ce havre de paix pour le remplacer par cet hideux immeuble de la Mairie du Premier arrondissement.

    À Mahamasina, les vendeurs achèvent de monter lits et meubles. Un stand s’époumone à vanter ses babioles importées d’Égypte. Un bouchon s’installe doucement. Ici, il y a quarante ans, noces d’or de mes grands-parents maternels, l’église de «chez» le Père Razafindrasendra affichait sa belle façade originelle de 1864, pas encore abâtardie par ces guérites commerciales ni ces agrandissements qu’un permis d’esthétique aurait dû interdire. Cette image d’Antananarivo avait pu être sa réalité.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Parlez-vous malgache ?

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Parlez-vous malgache ?

    La «génération sacrifiée» serait celle de la malgachisation. Le «Ny Fanagasiana» de E.D. Andriamalala, le livre totem de la malgachisation que tout le monde croit avoir lu après avoir vu le titre faussement explicite, est paru en 1974. Mais, le programme était consubstantiel de la révolte de 1972 contre le néocolonialisme dans l’enseignement.

    Le SNHFAP (service national hors forces armées), défini dès 1971, réorganisé en 1973, fixé en 1976, n’a donc pas seulement commencé avec le port de l’uniforme caractéristique (à partir de 1979 ?) dont ceux qui l’ont vécu ont maintenant une vague nostalgie (sur le mode «que sommes-nous devenus», ceux de 1987, formés au RTS, au CAPSAT, au R3A ?). Abandonné en 1990, le SNHFAP n’a jamais fait l’objet d’un bilan-évaluation dans son rôle «éducatif» auprès des lointaines écoles rurales de l’Éducation de base (voire de l’Enseignement secondaire) alors que les milliers de «SN» (ils étaient 4.379 en 1977) étaient au cœur du système malgachisation-démocratisation.

    Les enfants de ceux qui ont fait le «SN», s’ils n’ont pas été tôt inscrits en «école d’expression française», ont renoué avec un bilinguisme plutôt francophone, le français demeurant la langue d’enseignement à l’Université publique et dans les écoles privées supérieures.

    D’expression française en AEFE jusqu’au bac français, le dernier tiers des Millennials (nés entre 1993 et 1999) et la génération Z («zanaky ny taona roa arivo», enfants de l’an 2000, comme aurait dit une certaine phraséologie révolutionnaire) parlent mal le malgache qui fut le nôtre, dont on retrouve la double familiarité phonétique et orthographique dès l’époque de nos arrière-grands-parents. C’est-à-dire tout de même le dernier quintième du XIXème siècle.

    Que les monuments littéraires et musicaux de ce siècle (1885 : année du traité franco-malgache du 17 décembre – 1995 : année de l’incendie du Rova, 6 novembre) vont devenir, confiés à cette postérité qui en a perdu le son, malgache parlé et malgache chanté ?

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Cure de jouvence

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Cure de jouvence

    Vingt-cinq ans sur le métier. Mais, ça, c’était avant. Le premier Antranonkala (27 mai 2019) faisait allusion à une écriture 2.0 : douze ans d’atermoiement avant de rejoindre Facebook. Et finalement, on peut très bien y être sans dévoiler sa vie, en être sans participer au voyeurisme, être sans dire n’importe quoi.

    Facebook avait commissionné une étude, «IPSOS Digital Affluents», consacrée aux CSP+ et qui venait «battre en brèche de nombreuses idées reçues».

    En 2014, et en France, Facebook était le média à toucher le plus de CSP+ : sur les 7 millions de personnes aisées en France, 3.3 millions se rendaient sur Facebook tous les mois, soit 47%, pour un total de 28 millions de Français de tous les horizons.

    La fréquentation CSP+ de Facebook était 1,2 plus que Youtube ; 1,4 plus que Canal+ ; 1,6 que Le Monde ; 2,1 plus que Le Figaro ; 5,4 plus que Le Figaro Madame.

    Les CSP+ sur Facebook avaient des comportements d’achat plus premium que les autres CSP+ : 24% plus susceptibles de voir la publicité sur Facebok ; 40% plus susceptibles d’acheter un produit ou un service après avoir vu une publicité sur Facebook ; 75% plus susceptibles de passer à l’achat après la publication ou le commentaire d’un «ami».

    Comparativement plus jeune, plus urbaine et plus féminine que la population aisée moyenne, la population CSP+ utilise Facebook tout au long de la journée, partout, sur tous les appareils mais surtout depuis des appareils mobiles : smartphones ou tablettes.

    Dans notre Madagascar francophone, on peut se demander si les CSP+ ne croient pas, à tort ou à raison, que Facebook, c’est surtout «Facebobaka» comme cherche à le vendre pour une poignée d’ariary un opérateur téléphonique : du tout-venant. Les CSP+ malgaches, que font-ils de leur smartphone et de leur tablette : Youtube ? Podcast ? Netflix ? TV Replay ? Livre MP3 ? Presse internationale ? Recherche Google ?

    Ce sont là des questionnements pour se réinventer. La remise en cause permanente enseignée chez les Jésuites retrouve toute son actualité. Je viens d’une plate-forme papier 1.0, dont l’ancêtre lointain, le Times de Londres, naquit en 1785 (quoique : le Lloyd’s List, quotidien économique, a été imprimé sans discontinuer de 1734 à 2013 inclus), et l’écriture 2.0 m’est cure de jouvence.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Tout le sérieux des futilités footballistiques

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Tout le sérieux des futilités footballistiques

    Il était 22 heures à Madagascar. Coup d’envoi du 169ème Classico du championnat d’Espagne («Plus que du football, c’est la Liga), entre Barcelone («Mès que un club») et le Real Madrid. Cinq cents millions de téléspectateurs étaient devant leur télé pour assister à un triste zéro-à-zéro.

    Et pendant ce temps, dans les arrêts de jeu, à Doha au Qatar, les Anglais de Liverpool remportaient la demi-finale de la «Coupe du monde des clubs» : 2-1 contre les Mexicains de Monterrey. La logique étant également respectée dans l’autre demi-finale, ce sont donc les vainqueurs de l’UEFA Champions League (Liverpool) et de la Copa Libertadores (Flamengo) qui disputeront la finale.

    Cette «Coupe du monde» réunit les champions de chaque Confédération : UEFA (Liverpool, Angleterre), CONMEBOL (Flamengo, Brésil), CONCACAF (Monterrey, Mexique), CAF (Espérance Tunis, Tunisie), OFC/Océanie (Hienghène Sports, Nouvelle-Calédonie), AFC (Al-Hilal, Arabie saoudite). Déjà d’un niveau sportif discutable, la «Coupe du monde des clubs» devenait encore plus exotique avec la présence obligatoire d’un club du pays organisateur, le Qatar.

    Sept équipes et huit matches : une formule plus sérieuse de championnat aurait voulu que chaque équipe s’affronte au moins une fois, ce qui aurait été impossible dans les dix jours impartis (11 au 21 décembre 2019). Que Liverpool, champion d’Europe, et Flamengo, champion d’Amérique du Sud, se retrouvent directement en finale après juste un match ne fait pas très «coupe du monde». C’est peut-être la raison qui a poussé la FIFA à élargir sa Coupe du monde des clubs à 24 équipes, pour son édition 2021 en Chine. Avec un objectif clair : atteindre 50 milliards de revenus commerciaux.

    Huit équipes européennes sont appelées à y participer et le calendrier hyperbooké des sociétaires de la Liga (Espagne), de la Premier League (Angleterre), du Calcio (Italie), de la Bundesliga (Allemagne), s’en trouvera encore plus surchargé, ce que Jurgen Klopp, l’entraîneur de Liverpool, a déjà sévèrement critiqué. Déjà, pour venir à cette «coupe du monde des clubs», Liverpool a sacrifié délibérément une compétition nationale, la Coupe de la Ligue. Pour son quart de finale face à Aston Villa, Liverpool avait aligné une équipe B, la plus jeune de son histoire avec 19 ans et 183 jours de moyenne d’âge, confiée au coach des U23 et qui s’est fait logiquement étriller 5 buts à 0. L’affiche des demi-finales aurait pourtant eu fière allure avec Manchester City, Manchester United, Leicester et…Liverpool.

    Calendrier national vs. échéances UEFA vs. agenda FIFA. Le mercato européen s’apparente déjà à une foire aux esclaves : pour un Neymar à 222 millions euros, combien d’anonymes prêtés à leur insu ou vendus sans mot à dire ? La multiplication des matches rend les joueurs professionnels corvéables à merci : les marchands du temple leur voudraient clairement un organisme de robot.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Le football, nouvel opium des peuples

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Le football, nouvel opium des peuples

    «Mais, il y a donc un match tous les jours» ?» : il y a même plusieurs matches par jour. Le football est une affaire très sérieuse (cf. «Le foot, c’est du sérieux», Antranonkala 113. À titre indicatif, la présente parution est la numéro 122), qui mobilise plus de la moitié du genre humain.

    Non seulement, il y des matches tous les jours, mais même un banal tirage au sort devient une cérémonie, avec son rituel, dont les télévisions se disputent les droits de retransmission : dans chaque pays, les chaînes surenchérissent au plus offrant auprès de l’UEFA, la confédération européenne de football, qui est devenue une formidable machine capitalistique. Sur son site, l’UEFA détaille comment fonctionne la machine à sous : «pour chacun des 32 clubs de la phase de groupes de l’UEFA Champions League 2017/18 un paiement fixe minimum garanti de 12,7 millions euros (M€) qui sera abondé de 1,5 M€ par victoire et 500.000 € par match nul en phase de groupes. Les qualifiés en huitièmes verront leur revenu augmenter de 6 M€, les qualifiés des quarts de finale de 6,5 millions € et les demi-finalistes de 7,5 millions € pour chaque club. Le vainqueur de l’UEFA Champions League pourrait toucher en plus 15,5 M€ et le finaliste 11M€. Un club pourrait donc gagner jusqu’à 57,2 M€, sans compter les paiements en fonction du marché télévisuel».

    M€ : des chiffres qui parlent et qui en imposent. Un business savamment orchestré par les héritiers de ceux qui ont inventé les banques. Alors, pas sérieux, le football ?

    Un mathématicien, Julien Guyon, professeur associé aux universités de Columbia et de New York, a très scientifiquement prouvé, par des calculs fondés sur 100.000 simulations du tirage, comment la «TV Pairings» avait fait augmenter la probabilité que le Real Madrid et le Paris Saint-Germain se retrouvent dans la même poule au premier tour de la Ligue des Champions. L’auteur voulait démontrer comment «des règles qui semblent à première vue anodines et déconnectées des aspects sportifs ont en fait un impact, certes mesuré mais néanmoins non négligeable, sur la compétition et distordent les probabilités et l’équité sportive» (cf. Le Monde 30 août 2019 et le compte Twitter de l’auteur : @julienguyon1977).

    Cette règle du «TV Pairings» a été édictée par l’UEFA pour maximiser les audiences télévisuelles. Par exemple, elle garantit que le Real Madrid et Barcelone, deux clubs espagnols qui génèrent un maximum d’audience planétaire, ne jouent pas le même jour. Cette règle reprend le principe de la rotation entre la Coupe du Monde de football et les Jeux Olympiques : la Coupe du Monde avait été créée en 1930, deux ans après le succès des Jeux Olympiques de 1928 à Amsterdam, mais si les deux compétitions reviennent tous les quatre ans, jamais elles ne se concurrencent au calendrier. L’ISL (International Sport and Leisure) fut l’agence la plus influente du marketing sportif des années 1980-1990, détenteurs des droits de retransmissions de la Coupe du Monde de football, des Jeux Olympiques et des Mondiaux d’athlétisme. Elle sera déclarée en faillite le 21 mai 2001, laissant une dette de 300 millions de dollars.

    Ce sont là des chiffres très sérieux et qui parlent : même aux profanes, aux indifférents, aux allergiques. Peuples de tous les pays, dont le football est le nouvel opium.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Le royaume désuni de Grande-Bretagne

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Le royaume désuni de Grande-Bretagne

    Le mur d’Hadrien, construit en l’an 122 au temps de l’empire romain et long de 117 kilomètres, redevenait une frontière de facto entre l’Angleterre et le Pays de Galles qui avaient voté pour le Brexit tandis que l’Irlande du Nord et l’Écosse avaient refusé de quitter l’Union Européenne. Juin 2016 – décembre 2019 : trois ans de tergiversations. Ou comment, avec toutes les apparences de la démocratie, spolier le OUI au Brexit de sa victoire au référendum.

    Ce référendum sur le Brexti peut en cacher un autre : celui que l’Écosse réclame pour gagner son indépendance. Ils étaient 62% en Écosse contre le Brexit en 2016. Ce 12 décembre 2019, les Écossais ont plébiscité le Scottish National Party en lui accordant 48 des 59 sièges en Écosse : la Première Ministre écossaise Nicola Sturgeon, également cheffe du parti national écossais indépendantiste, revendique pour les Écossais le droit à un référendum d’autodétermination. En septembre 2014, un précédent référendum avait décidé, par 55,3% contre 44,7%, de rester dans le cadre de l’acte d’union de 1701. Un premier référendum, dit de dévolution et qui devait créer le Parlement écossais, avait échoué le 1er mars 1979. C’est le second référendum du 11 septembre 1997 qui permit à l’Écosse d’avoir une large autonomie avec son propre gouvernement et son Parlement.

    Ils étaient 56% en Irlande du Nord contre le Brexit. Ce 12 septembre 2019, les nationalistes favorables à la réunification de l’Irlande ont gagné la majorité des sièges, 9 contre 8 au parti unioniste qui défend le rattachement au Royaume-Uni. La frontière est aussi religieuse, la majorité protestante étant pour l’union avec la Grande-Bretagne tandis que les catholiques désirent le rattachement à la République d’Irlande, proclamée en 1948 et qui a succédé à l’État libre d’Irlande créé en 1922.

    La logique particulariste derrière le Brexit, si elle devait être épuisée, devrait autoriser l’expression des particularismes intérieurs : écossais, irlandais, gallois. Voire gibraltarien. Le territoire de Gibraltar, dont l’Espagne revendique la rétrocession depuis 1960, et qui figure sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU, a également voté massivement pour rester dans l’Europe : on se demande quel serait le choix d’un autre référendum d’auto-détermination après celui du 10 septembre 1967 par lequel les habitants de Gibraltar avaient voté pour rester sous souveraineté britannique. Le Royaume-Uni porte de moins en moins bien son nom.

     

  • VANF ANTRANONKALA_ONLINE : Internet, c’était déjà demain

    VANF ANTRANONKALA_ONLINE : Internet, c’était déjà demain

    1969,1989, 1991 : les petits pas d’Internet, un grand pas pour l’Humanité. Pour le meilleur du partage des connaissances illimitées. Pour le pire de tant de stupidités trop présentes sur les réseaux sociaux.

    L’ancêtre d’Internet est né le 2 septembre 1969 avec l’échange de fichiers, via un câble, entre deux calculateurs de l’UCLA (Los Angeles), et qui donnera naissance au concept d’Arpanet. C’est en mars 1989, que le CERN (centre européen de recherche nucléaire) mit en ligne la première page web. Et en 1991, le chercheur britannique Tim Berners-Lee créa le World Wide Web.

    Que toutes ces dates aient été si soigneusement consignées fait penser à ces capitaines de navires partis à la conquête des océans et qui ont bâti la légende des «grandes découvertes» avec la listing de leurs petites dates : tel jour, telle île inhabitée, baptisée arbitrairement du nom d’un roi qui n’y mettra jamais les pieds…

    Internet aurait vingt-cinq à Madagascar. La seule chose dont je me souvienne, c’est qu’en juin-juillet 1996, je pouvais envoyer par mail mes Chroniques depuis les États-Unis. Mais, qu’il me fallait parfois me rendre à la poste d’Antaninarenina pour faxer vers Ankorondrano un article rédigé sous Word 5.1 sur un Mac Classic 512 ko.

    Internet, sans les ordinateurs appropriés, ce fut longtemps un fil à la patte inacceptable pour nous autres nomades dans l’âme. Combien de fois, au bord de la mer, j’avais arpenté la plage, une clé reliée à mon PowerBook, à la poursuite des barres de connexion. C’était la préhistoire. Comme d’essayer d’apparier les GSM de l’époque avec un ordinateur portable alors que bluetooth relevait encore de la science-fiction : c’est en mai 2000, qu’Ericsson, Nokia et Toshiba (que sont ces marques hélas devenues : l’Ericsson T28 avec la possibilité d’un modem greffé à sa base, le beau Nokia 6600 sous Symbian…) se rejoignaient sur la plate-forme Bluetooth SIG (Special Interest Group).

    L’époque où je pouvais hésiter entre un Psion Series 5 et un Mac PowerBook G3 et que le Nokia 9110 Communicator de mon cousin réunissait le meilleur des deux mondes. On raisonnait encore en infrarouge. IrDA faisait très moderne. L’autre acronyme USB était inconnu de mon Wallstreet de la fin des années 1990. Ce n’est pas si loin. Et pourtant, je parle déjà d’un temps, et cétéra…

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : 70 ans : le bel âge de la retraite

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : 70 ans : le bel âge de la retraite

    Avoir soixante-dix ans aujourd’hui, c’est être de 1949. Pas assez tôt pour avoir connu le 29 mars 1947, mais depuis suffisamment longtemps pour peut-être avoir vu de Gaulle à Mahamasina, promettant le retour de l’indépendance en s’adressant au palais de Manjakamiadana (22 août 1958) ; regarder les représentants des assemblées provinciales danser après avoir voté pour la République (14 octobre 1958) ; assister au 13 mai 1972 ; voter OUI au référendum-plébiscite du 21 décembre 1975…

    1949 : c’était la victoire d’Israël sur les armées arabes (7 janvier), le point IV de Harry Truman sur l’assistance américaine aux pays en voie de développement (20 janvier) la naissance du pacte atlantique (4 avril), l’admission d’Israël aux Nations-Unies (11 mai), la naissance de la République fédérale d’Allemagne (23 mai), la proclamation de la République populaire de Chine (1er octobre), l’indépendance de l’Indonésie (2 novembre), l’indépendance du Cambodge (8 novembre), la visite de Mao Tsé-toung à Moscou : d’ailleurs à l’occasion du 70ème anniversaire de Staline.

    Staline qui ne mourra que quatre ans plus tard, laissant à la postérité un adjectif, «stalinien», de sinistre réputation. Si le nazisme avait été jugé et condamné en 1945, on attend toujours le Nuremberg du communisme. Justement, le procès de Nuremberg se clôt en 1949 (14 octobre).

    En 1945, George Orwell, qui n’était pas encore l’auteur de «1984», avait publié une satire du stalinisme. Dans «La ferme des animaux», qui ont pris le pouvoir, c’est bientôt la dictature des cochons : une perversion des idées généreuses de «Sage l’Ancien», le cochon-philosophe utopiste.

    Quand, à 50 ans, on a su rafler la mise, mais qu’à 60 ans, on se fait botter le cul, que faut-il faire pour ses 70 ans ? Accepter peut-être que l’avenir est derrière soi. S’interroger si on a appris de ses échecs. Philosopher que si on avait pu être providentiel, on ne sera jamais le Messie. Ne pas passer la main au vide, à la condition d’avoir su préparer une relève. Mais, surtout ne pas se croire irremplaçable. À soixante-dix ans, on peut se permettre d’être l’Ancien, un Sage.

    Comment déjà on dit dans les romans : toute ressemblance sera fortuite.