Antananarivo, 4 Août, 21h07- La hurdleuse Nicole Ramalalanirina estime être la deuxième Malgache à avoir atteint une finale des Jeux Olympiques (après Jean Louis Ravelomanantsoa) en athlétisme. Elle dit aussi être la première Malgache qui aurait pu remporter une médaille olympique. Et tout cela même si la finale des Jeux Olympiques de 2000 à Sydney, elle l’a atteinte sous les couleurs françaises. “Je me considère toujours comme une Malgache et je n’ai jamais abandonné ma nationalité malgache”, confie-t-elle à www.2424.mg, non loin du Stade de France, samedi.
Après avoir participé à deux Jeux Olympiques, Barcelone 1992 et Atlanta 1996, sous la bannière de Madagascar et remporté plusieurs titres au 100m haies sous les couleurs malgaches Nicole Ramalalanirina décide en 1998 de se faire naturaliser française. A Atlanta, la championne d’Afrique 1993 et championne du monde universitaire en 1995 a pu atteindre les demi-finales du 100m haies à Atlanta. Mais “je sentais que c’était la limite avec Madagascar alors que j’avais le potentiel d’atteindre la finale”, souligne-t-elle, expliquant son choix de courir sous d’autres couleurs à Sydney en 2000 puis à Athènes en 2004.
Pour la hurdleuse, “il est plus facile de viser la finale avec une bonne préparation”. Et c’est ce que Madagascar ne pouvait pas lui offrir, contrairement à la France. Avec l’équipe de France, elle indique “avoir eu de la tranquillité avant de rejoindre les pistes”. “On est concentré sur l’entraînement. Il n’y a pas de soucis financiers, contrairement avec l’équipe de Madagascar où on devait encore régler tant de choses, au lieu de se focaliser sur l’objectif sportif”, regrette-t-elle. Elle raconte qu’“avec l’équipe de France, nous avons eu d’appuis financiers, bénéficié les infrastructures et des avantages de la fédération (d’athlétisme)”. Elle indique également que “les régions et les villes aident”, sans parler de “l’intérêt manifesté par les sponsors et les équipementiers”.
A Sydney, en 2000, Nicole Ramalalanirina se qualifie pour la finale du 100m haies, après avoir remporté sa série en demi-finale. Et elle aurait pu gagner une médaille si sa voisine de couloir ne l’avait frôlée à 20m de la ligne d’arrivée. Ce qui l’avait empêchée d’accélérer en fin de course comme elle avait prévu en entraînement avec son coach.
Vous pouvez suivre l’intégralité de l’interview de cette championne malgache devenue française ce lundi 5 août dans notre série sur les légendes malgaches du sport aux Jeux Olympiques.
Antananarivo, 4 Août, 14h52 – Afrique du Sud. Ouganda. Ethiopie. Tunisie et Egypte. En Afrique, seuls cinq pays ont gagné des médailles depuis l’ouverture des Jeux Olympiques le 26 juillet dernier. A la fin de la huitième journée, samedi, le continent africain compte huit médailles dont deux en or, trois en argent et trois en bronze.
L’Afrique du Sud, premier en Afrique et 26ème au classement général provisoire, totalise quatre médailles dont une en or, une en argent et deux en bronze. Les médailles d’or et d’argent ont été toutes les deux gagnées par la nageuse Tatjana Smith, détentrice des records olympiques l’or en 100m brasse et en 200m brasse. Pour Paris 2024, la nageuse sud-africaine n’a pas battu ses records mais a néanmoins gagné l’or sur 100m brasse (1’05’’28) et l’argent sur 200m brasse (2’19’’60). Les deux médailles de bronze sud-africaines, pour leur part, ont été gagnées par Alan Hatherly en Cross Country hommes et par les Springboks Sevens en rugby à sept.
Deuxième en Afrique, derrière l’Afrique du Sud, se trouve l’Ouganda qui a une médaille d’or dans son escarcelle. Celle-ci a été remportée vendredi au 10 000m par le coureur de fond Joshua Cheptegei qui a terminé la course en 26’43’’14/100, un nouveau record olympique mais à 42 secondes de son record personnel qui est également le record du monde.
C’est sur la même course que l’Ethiopie a remporté sa première médaille à ces Jeux parisiens. Son athlète Berihu Aregawi, arrivé deuxième avec un chrono de 26’43’’44/100, a décroché une médaille d’argent, donnant à l’Afrique sa troisième médaille d’argent à ses Jeux.
La deuxième médaille d’argent africaine, pour sa part, a été attribuée à la Tunisie en sabre individuel masculin en escrime grâce à la performance de Fares Ferjani. C’est aussi en escrime, mais cette fois en épée individuel masculin que l’Egypte a remporté sa médaille de bronze. Celle-ci a été gagnée par Mohamed Elsayed.
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Antananarivo, 4 Août, 11h10 – Peu de changement à la tête du tableau provisoire des médailles. La Chine reste toujours première du classement, avec ses 16 médailles d’or, 12 médailles d’argent et neuf médailles de bronze. Les Etats-Unis qui reviennent à la deuxième place après avoir décroché cinq médailles d’or samedi sont toujours en tête en termes de nombre total de médailles. Avec 14 breloques en or, 24 en argent et 23 en bronze, les Américains totalisent 61 médailles en tout.
En troisième place se trouve la France et ses 12 médailles d’or, 14 médailles d’argent et 15 médailles de bronze. Sur le total des médailles, le pays hôte est deuxième, juste derrière les Etats-Unis et avant la Chine, avec 41 médailles. L’Australie qui a le même nombre de médailles d’or que la France, 12, est quatrième avec huit médailles d’argent et sept médailles de bronze. La Grande Bretagne clôture le Top 5 avec dix médailles d’or, dix médailles d’argent et 13 médailles de bronze.
La Corée du Sud et le Japon sont respectivement sixième et septième du classement provisoire avec neuf breloques en or, sept en argent et cinq en bronze pour la Corée du Sud, et huit médailles d’or, cinq d’argent et neuf de bronze pour le Japon.
Antananarivo, 3 Août, 19h05 – Sentiments mélangés chez Rija Vatomanga Gardiner. Son résultat, 10’’82, l’a “forcément un peu déçu”. “Je valais au moins 10’’60”, glisse le sprinteur. Sa course l’a néanmoins satisfait, et il se dit “fier d’avoir fait le maximum”. “Je me suis donné jusqu’au bout”, raconte-t-il.
Après avoir raté son départ, Rija Gardiner confie avoir “essayé de se rattraper en fin de course” de façon à remonter ses adversaires. Mais “au 100m, on n’a pas le temps de faire des erreurs”, reconnaît celui qui s’est spécialisé dans le 400m et dans le 200m en début de carrière.
Sa participation aux Jeux Olympiques a permis à Rija Gardiner de savoir qu’il est “bon en fin de source”. Il sait aussi désormais qu’il doit améliorer son départ, et pour cela, il sait qu’il devrait travailler sur la musculation, concède-t-il. Il indique d’ailleurs qu’il y travaillerait dès cet été, après qu’il aura passé deux semaines de vacances après les préparations des Jeux Olympiques.
Avec un chrono de 10’’82, Rija Gardiner indique avoir battu son record personnel qui était de 10’’89, du moins le record officiellement reconnu. Au classement du tour préliminaire, le sprinteur malgache qui termine la course sixième de sa série, quitte le le tournoi à la 31ème place sur 45 au tour préliminaire.
Rija Gardiner affirme qu’il avait “espéré porter Madagascar plus loin”. Mais avoir représenté la Grande île aux Jeux Olympiques rend fier ce jeune Malgache expatrié en France et qui rêvait depuis ses sept ans de courir aux Jeux Olympiques. “L’émotion d’entrer dans le stade, sachant que je représente Madagascar, c’est quelque chose”, conclut-il.
Antananarivo, 3 Août, 14h00 – Objectif atteint pour Holy Antsa Rabejaona. La nageuse malgache pulvérise son propre record qui est aussi le record de Madagascar en 50m nage libre. Alignée dans la sixième série, elle boucle la distance en 27’’12 contre 27’’29 lors des derniers championnats d’hiver auxquels elle a participé à Maurice et à l’issue desquels elle a obtenu les points qui lui ont permis de gagner la wildcard.
Terminant 7ème de sa série, la pensionnaire de The Volga Region State University de Kazan en Russie se classe 39ème sur les 79 participantes au général. Celle qui est arrivée première de sa série, la Kirghize Elizaveta Pecherskhik se classe 30ème au général avec son chrono de 26’’26. Les deux dernières nageuses sur les 16 qualifiées pour les demi-finales ont parcouru la distance en 24’’72.
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Dans notre série sur les légendes malgaches des Jeux Olympiques, nous avons rencontré Bako Ratsifandrihamanana, détentrice du record de Madagascar toutes catégories pendant plus de 40 ans. Ayant participé aux Jeux Olympiques de 1980 à Moscou, elle a pu y battre son propre record qui était, à l’époque, le record de Madagascar. Elle a même failli battre le record d’Afrique. Ce qu’elle ne fera que sept ans plus tard aux Jeux Africains de 1987. Ce vieux record de Madagascar, détenu par Bako Ratsifandrihamanana, n’a été battu qu’aux Jeux des îles 2023 par Holy Antsa Rabejaona, aujourd’hui aux JO de Paris. Notre championne évoque d’ailleurs la pression que subissent les nageurs d’aujourd’hui. Des difficultés qui viennent s’ajouter au manque d’infrastructures et à l’insuffisance des compétitions internationales auxquelles les jeunes nageurs malgaches font face. Interview.
Parlez-nous de votre parcours aux Jeux Olympiques?
J’ai eu 16 ans quand j’ai participé aux Jeux Olympiques de Moscou. Cela fait partie des plus jeunes ayant participé ou participant aux Jeux Olympiques. J’avais 16 ans. Mais mon histoire, j’avais 13 ans quand j’ai gagné le record de Madagascar toutes catégories. Depuis mes 13 ans, j’ai été en tête de liste des nageurs. C’est pourquoi, j’ai fait partie des représentants de Madagascar à Moscou à seulement 16 ans.
Pour tous les nageurs, c’est le cycle olympique qui compte. Pendant quatre ans, vous savez que votre objectif ultime, ce sont les Jeux Olympiques. Donc, en quatre ans, vous agissez avec une idée en tête : ce sera vous qui serez qualifié pour les Jeux olympiques. A notre époque, c’était un peu différent parce qu’il y a eu des boycotts des Jeux Olympiques en 1980. En raison des questions entre les Occidentaux et les Gens de l’Est, les Américains ont boycotté les Jeux Olympiques auxquels j’ai participé à Moscou. En fait, après les Jeux Olympiques de Moscou, j’aurais dû me fixer comme objectif d’aller aux Jeux Olympiques suivants qui avaient eu lieu à Los Angeles. Mais je n’ai pas pu y aller parce qu’il y a eu cette histoire de boycott.
Comment êtes-vous arrivée dans la natation?
Pourquoi j’ai nagé ? Nous sommes une famille de nageurs. Ma mère aimait beaucoup nager. Dans notre fratrie, nous sommes huit frères et soeurs, nous sommes tous nageurs. Nous avons tous fait de la natation. J’ai commencé au club de l’Esca quand j’avais 10 ans. Puis je suis allée au club AKA pour suivre mes aînés. Puis j’ai évolué très vite. C’est pourquoi à 13 ans, j’ai battu tous mes aînés.
Mais personne ne s’attendait à ce que je batte le record de Madagascar à 13 ans. Mais depuis, j’ai gardé ce record pendant très longtemps. Il n’a été battu qu’il y a quatre ans par Estella (Fils Rabetsara).
A l’époque, on nageait dans des bassins de 25m. Le rêve à l’époque, c’était de nager dans des bassins de 50m. Mais en natation, nous avons un siècle de retard.
C’est la réalité. Comme les choses qui ne marchent pas, on fait avec. Mais on savait à l’époque qu’on n’irait pas loin. On savait tout cela. Mais nous devions aussi savoir où est notre limite. Quand vous savez où est votre limite, vous allez essayer de l’atteindre et de rattraper les autres. Je peux vous dire comment rattraper les autres. A une époque, j’avais participé aux Universiades. Quand j’y étais, j’étais étonnée que les gens viennent avec leur entraîneur. Cela, c’est quelque chose à laquelle on ne pensait pas forcément. On envoyait juste le nageur sans entraîneur. Donc, ce que j’avais fait, comme j’étais maligne, je m’incrustais là où il y avait un entraîneur. Je leur disais, “je vais m’entraîner avec vous”. Voilà. C’est tout. Mais cela ne se fait pas. Mais c’est ce qu’on avait fait. Et cela a permis d’avoir de l’expérience.
Parlez-nous de votre performance à Moscou…
En fait, beaucoup de gens pensent que les gens qui ont effectué un chrono continueront d’avoir ce chrono à chaque fois.
Et ce n’est pas parce qu’on a battu un record de Madagascar que cela va se faire à l’infini. A l’époque, j’ai eu de la chance d’avoir pu nager sur deux distances. Les nageurs d’aujourd’hui ne peuvent courir que sur une distance imposée par l’international. Comme eux, j’ai participé via une wild-card, et on n’avait pas le choix. On nous imposait une distance et c’est la seule course qu’on faisait. J’ai eu de la chance d’avoir pu en faire deux. Ce sont ceux qui ont atteint le minima qui peuvent courir de nombreuses distances.
Et comme j’ai couru sur deux distances, j’ai battu le record de Madagascar sur une distance, pas sur l’autre. A l’époque, je me suis fixée un principe, et c’est encore une valeur que je respecte: seul le temps compte. Quel est mon temps.
Donc, je me disais, ce temps, ce record de Madagascar, je vais le battre. Moi, je planifie. Et quand j’ai battu le record de Madagascar, j’ai été étonnée : j’ai aussi failli battre le record d’Afrique.
J’avais nagé avec la détentrice du record du monde. Elle était juste à côté moi. Elle, elle avait battu le record du monde, moi j’ai failli battre [le record d’Afrique]. Une personne dans les tribunes a crié parce qu’elle savait que j’ai failli battre le record d’Afrique. Puis après avoir failli battre le record d’Afrique, aux Jeux africains, j’ai vraiment battu le record d’Afrique. Sept ans plus tard. Cela traduit l’importance de la continuité dans la carrière sportive d’un athlète. Il n’y avait pas de Jeux africains quatre ans après [les JO], mais sept ans plus tard. J’ai attendu sept ans. Mais depuis les Jeux Olympiques, je savais qu’il n’y avait plus qu’une dixième de seconde à battre.
Vous avez presque battu le record d’Afrique aux Jeux Olympiques. Comment expliquer que plus de quarante ans plus tard, Madagascar n’ait pas de meilleures performances?
Nous n’avons pas la même manière de mesurer la performance. Pour nous, c’est une question de points. A l’époque, j’avais obtenu 500 points, par rapport au quota actuel. La personne que vous accusez de ne pas avoir de bonnes performances, sur la quotation de la Fina, elle tourne autour de 600 – 700. C’est difficile pour moi de dire qu’ils n’ont pas de bonnes performances. Parce que même moi, j’ai moins de points qu’eux.
Mais aurons-nous un jour la possibilité d’égaler le niveau des autres pays? De gagner des médailles olympiques?
Nous avons le gabarit. Quand je dis gabarit, je parle des gens qui font une taille de 2m, de 1m90 au minimum. Il y en a chez nous. Si vous en connaissez, si vous savez qu’une personne de quatre ans mesurera un jour 1m90, je les invite. Sauf que gens-là ne font pas de la natation. Ils vont jouer au basket. Pourquoi? Parce qu’en basket, on ne mouille pas son corps. C’est une question de culture. Est-ce que j’ai envie de mouiller mon corps ou pas. C’est vraiment une question de culture. Est ce qu’on a des gens qui soient prêts à mouiller son corps matin et soir. Et cela, c’est un obstacle. Puis, quand il se mouille, est-ce qu’il va supporter d’avoir froid? Quelle est la température qu’il va supporter? Quand on ne supporte pas le froid, c’est aussi un obstacle. Troisièmement, la piscine, on le dit toujours, elle a besoin d’être chauffée. Sans piscine chauffée, il est impossible d’atteindre le niveau [international]. Ils vont plus rester au même niveau que nous tant qu’ils s’entraînent dans des bassins de moins de 26°. Donc, pour l’instant, il n’y en a pas.
Ce sont des investissements. De gros investissements. Si dans quatre ans, on veut aller en Amérique, c’est ce qu’il faut. C’est ce qui a fait Léon Marchand. Il est arrivé en France cinq jours avant les compétitions. C’est le prix à payer. Mais on peut le faire. Si on veut gagner des médailles d’or, c’est ce qu’il faut. Il faut commencer à quatre ans. Ne pas attendre d’avoir 15 ans puis d’avoir envie de nager.
Moi, je sais combien de temps on peut tenir dans un bassin de 23°. Mais on ne pas tuer les gens. Parce que c’est vraiment les tuer de les laisser là deux heures. Quand on les voit souffrir, on ne peut pas les forcer à rester là. Des fois, on les maintient dans l’eau pendant 30 minutes pour s’entraîner.
La natation, c’est un moyen de prouver la puissance d’un pays. Si vous avez vu la finale d’hier. Vous auriez vu des Américains, des Français, des Japonais, des Italiens, des Chinois, des Australiens. Qui sont-ils? Ce sont les pays les plus riches en infrastructures.
Quand nous serons prêts à nous mesurer à eux en termes d’infrastructures, nous aurons atteint leur niveau”
Que faudrait-il aujourd’hui, d’après vous, pour avancer en natation?
J’avais 13 ans quand j’ai commencé à nager. Je ne demanderai plus rien. Plus rien. Suffisamment de voix se sont élevées.
Mais je vis ma vie d’olympienne. L’année dernière, j’ai eu la chance de faire partie de 28 olympiennes dans le monde à bénéficier d’un projet post-carrière. Donc, je suis en train de réaliser ce projet post-carrière. Un projet personnel et professionnel.
Chez nous, même la sélection, les compétitions sont insuffisantes. Si on en trouve deux, trois, de compétitions internationales. C’est le maximum. Quand on voit, on se dit, “c’est tout”? Chez nous, seuls Holy Antsa [Rabejaona] et Jonathan [Raharvel] ont peut-être participé à des compétitions internationales leur ayant permis d’atteindre leur performance, les résultats qu’ils ont.
Une partie du public remet en cause la présence de Jonathan Raharvel aux Jeux Olympiques de Paris.
“Si vous êtes là-bas, c’est parce que vous êtes champions. Et le fair-play, c’est le fait que quand on a désigné qui nous représente, il faut être derrière lui, on doit tous le soutenir. Beaucoup disent que ce ne sont pas les meilleurs, qu’ils ont les bras longs. Mais c’est faux. Vous verrez sur le site worldaquatics.com leur nom. Tous les chronos sont inscrits là. Toutes les preuves sont là. C’est là que vous verrez si d’autres ont fait mieux qu’eux. Je vous invite à vous référer à ce site. Dans ce site, vous trouvez le nom d’un Malgache qui a été fortement dénigré, mais son temps est inscrit là. 30 ans plus tard, son nom est toujours là.
Les nageurs d’aujourd’hui ont tous le même niveau. Ils ne peuvent pas se concentrer parce qu’ils ne sont pas sûrs d’aller aux Jeux Olympiques. Parce que la concurrence est très rude. Cette année, ils n’ont su qu’un mois avant l’échéance qui irait aux Jeux Olympiques. C’est une pression qui est très forte. Puis à notre époque, il n’y avait pas de Facebook, ni de réseaux. Rien. Donc, je n’avais rien qui me gênait à l’époque. Personne ne me dénigrait. Aujourd’hui, malheureusement, depuis l’existence de Facebook, on dénigre les nageurs. Je suis triste pour eux vraiment. A mon époque, j’avais une stabilité qu’ils n’ont plus aujourd’hui. Parce que la pression est trop forte.
Ces gens que vous accusez de partir en vadrouille, ce sont des jeunes qui sont habitués à sortir. Partir en vadrouille à l’étranger n’est pas dans leur programme. Ou plutôt, ils savent ce que c’est. La plupart d’entre eux ne résident pas à Madagascar. Ils vont à l’étranger tout le temps.
Si nous ne pouvons pas atteindre le niveau des nageurs des autres pays, pourquoi aller aux Jeux Olympiques?
C’est Antsa qui a battu mon record. Le record que l’on pensait imbattable. Je l’avais obtenu il y a 40 ans. C’est Antsa qui l’a battu durant les Jeux des îles. Elle a mis toutes ses forces pour battre ce record. Mais surtout pour gagner la wild-card de ces Jeux Olympiques. Donc, ce que je lui dis aujourd’hui, c’est de battre son propre record. Le record qui a battu le mien.
Antsa n’a pas obtenu le minima sur la distance de 50m. Son objectif aujourd’hui, c’est d’approcher ce minima, d’atteindre ce minima des Jeux Olympiques. C’est important pour le pays. C’est une grande avancée. Parce que jamais aucun nageur malgache n’a atteint le minima aux Jeux Olympiques.
Sinon, à part cela, nous pensons toujours où en sommes-nous par rapport à l’Afrique.
Antananarivo, 1er Août, 8h15 – “Sans l’engagement de l’Etat, pas seulement pour les déplacements aux Jeux Olympiques, mais dans la préparation, n’espérez pas de médailles”. Siteny Randrianasoloniaiko, sous son costume de président du Comité olympique malgache (COM), interpelle l’Etat sur la question de l’appui aux athlètes.
“Je remercie l’Etat pour son aide, mais c’est insuffisant. Cela ne constitue que 10% [de ce qu’il faut]. Aidons-les à 100%”, martèle-t-il au cours d’une petite cérémonie de remise de “primes” aux athlètes et à leurs coaches au Village olympique à Paris. Son allocution, diffusée en direct sur ses réseaux sociaux, entend sensibiliser les différents acteurs aux conditions des athlètes.
Dans sa déclaration, Siteny Randrianasoloniaiko “supplie l’Etat d’envoyer les athlètes à toutes les compétitions internationales pour leur permettre de glaner des points” et de se qualifier ainsi aux Jeux Olympiques. “La plupart de ces athlètes n’ont pas participé aux compétitions internationales” faute de moyens financiers, rappelle-t-il.
Le président du COM estime que “si les athlètes obtiennent des billets pour participer aux compétitions internationales pendant trois ans, Madagascar peut avoir jusqu’à 30 athlètes qualifiés aux Jeux Olympiques”. “C’est une question de quota. Avec 30 athlètes, nous pouvons aussi bénéficier de l’aide du CIO (Comité international olympique)”, poursuit-il.
Sur les sept athlètes malgaches aux JO de Paris 2024, un seul, Fabio Rakotoarimanana, a obtenu sa qualification directe en participant à un tournoi de qualification au Rwanda en mai 2024. La judokate Laura Rasoanaivo et l’haltérophile Rosina Randafiarison se sont qualifiées sur le quota continental. Laura Rasoanaivo fait partie des 12 judokates les mieux classées en Afrique tandis que Rosina Randafiarison a été la première athlète venant d’un continent différent de ceux des athlètes directement qualifiés dans sa catégorie.
Les quatre derniers athlètes, Sidonie Fiadanantsoa et Rija Vatomanga Gardiner en athlétisme, Holy Antsa Rabejaona et Jonathan Raharvel en natation, ont bénéficié de wildcard pour participer aux Jeux. Si la hurdleuse Sidonie Fiadanantsoa a pu participer à quelques compétitions internationales, dont les derniers championnats d’Afrique, elle n’a pas pu atteindre le minima requis pour se qualifier directement. Mais même pour ce dernier tournoi qualificatif aux Jeux Olympiques, la participation de la championne malgache ne s’est confirmée qu’au dernier moment. Expatrié, Rija Vatomanga Gardiner, lui, doit sa participation à un meilleur classement national dû aux points gagnés grâce à ses performances dans des championnats français.
Les deux nageurs olympiens de 2024, quant à eux, n’ont participé ni aux Jeux Africains ni aux championnats d’Afrique en 2023 malgré les appels lancés en ce sens. Boursière en Russie, Holy Antsa Rabejaona est venue aux championnats de Madagascar avec ses propres moyens. Jonathan Raharvel, lui, après son retour du Centre de haut niveau de la Fédération internationale de natation en Thaïlande, a été livré à lui-même à Madagascar malgré ses trois médailles d’or aux Jeux des îles.
Ces athlètes ont pourtant du potentiel, si l’on en croit Siteny Randrianasoloniaiko qui entend désormais se focaliser sur les prochains jeux de Los Angeles et “laisser le passé au passé”. Pour le président du COM, ils sont suffisamment jeunes pour pouvoir poursuivre leur carrière sportive dans le haut niveau.
Antananarivo, 1er Août, 7h40 – La France repasse deuxième au tableau provisoire des médailles aux Jeux Olympiques de Paris 2024 après cinq jourénes. Avec les deux nouvelles médailles d’or remportées mercredi soir par le nageur français Léon Marchand, et la médaille d’or gagnée par la triathlète Cassandre Beaugrand, la France détient huit médailles d’or, dix médailles d’argent et huit médailles de bronze dans son escarcelle. Ce qui fait un total de 26 médailles.
La Chine prend par ailleurs la première place de ce classement provisoire avec ses neuf breloques en or, sept en argent et trois en bronze. Le Japon est provisoirement troisième avec huit médailles d’or, trois médailles d’argent et quatre médailles de bronze. A la quatrième place se trouve l’Australie avec sept breloques en or, six en argent et trois en bronze. La Grande Bretagne, elle, entre pour la première fois dans le top 5 au détriment de la Corée du Sud avec six médailles d’or, six médailles d’argent et cinq médailles de bronze à la fin de la cinquième journée.
La Corée du Sud, de son côté, quitte donc le top 5. Avec le même nombre de breloques en or que la Grande Bretagne, soit six, elle en a moins en argent – trois -, et en bronze – trois. Les Etats-Unis ont toujours de leur côté le plus grand nombre de médailles – 30 – mais sont septièmes, avec seulement cinq médailles d’or. Ils sont davantage en argent – 13 – et en bronze -12.
Antananarivo, 1er Août, 6h05 – Les joueurs malgaches convoqués pour affronter les Aigles de Carthage tunisiens et les Coelacanthes des Comores devraient être connus dans trois semaines au moins. “La liste des Barea convoqués pour ces deux matchs sera publiée au plus tard le 18 août”, nous confie le sélectionneur national Romuald “Rôrô” Rakotondrabe, mercredi.
Le coach des Barea indique espérer l’arrivée de nouveaux joueurs dans cette liste. “C’est ce qu’on espère mais on ne sait pas encore combien ils seront”, indique-t-il. Il préfère aussi garder secrets les noms des joueurs contactés.
Alors qu’il n’y a plus qu’un mois avant le début des qualifications, le coach Rôrô évoque plusieurs problèmes, parmi lesquels l’éventualité de l’absence de certains joueurs clés qui sont, jusqu’à ce jour, toujours sans club. A cela s’ajoute le problème lié au stade où se déroule le match face aux Comores.
Le technicien malgache espère que les deux matchs se dérouleront en Tunisie au vu de l’étroitesse du calendrier. “La fenêtre Fifa s’ouvre le 2 septembre, les expatriés jouent pourtant encore le 1er septembre et ne pourront rallier la Tunisie que le 3 septembre”, se plaint le Coach. “Nous ne pourrons nous entraîner que le 4 alors que le match est prévu le 5”, explique-t-il. “Si le second match se déroule à Oujda au Maroc le 9 septembre, on quittera la Tunisie le 6 et on ne pourra s’entraîner que le 7 septembre”, ajoute-t-il. “Tout cela est problématique”, poursuit encore le sélectionneur.
Pour ce match contre les Comores, le stade reste encore inconnu pour l’instant. Selon Romuald Rakotondrabe, la fédération malgache attend la réponse de la fédération tunisienne de football concernant l’organisation de ce match en terre tunisienne.
L’éventualité de l’utilisation du Stade Barea qui n’a pas d’homologation de la CAF pour ce match supposé se jouer à domicile semble totalement écarté. Plus tôt cette semaine, une source auprès de la FMF avait indiqué que les chances que le stade soit prêt à temps sont maigres.
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Antananarivo, 31 Juillet, 17h00 – Gagner en maturité. La judokate Laura Rasoanaivo trouve des motifs de satisfaction malgré sa défaite aux Jeux Olympiques face à la Britannique Katie-Jemima Yeats-brown, mardi à l’Arena Champ-de-Mars lors des 16e de finales des moins de 70 Kilos.
« C’était un rêve [devenir une olympienne], devenu réalité. Je suis contente malgré la défaite. J’ai acquis de l’expérience », partage Laura Rasoanaivo après son combat. « On peut dire que je suis dans le très haut niveau », poursuit-elle.
Laura Rasoanaivo évoque une « petite faille » dans la mise en œuvre de sa tactique dans les premiers instants du combat. « On a opté pour une tactique que je n’ai pas réussi à appliquer (…) Elle [Katie-Jemima Yeats-brown] a réussi à imposer son judo », témoigne la judokate malgache. « Je n’ai réussi à le faire qu’après le waza-ari (…) J’ai essayé de me recoller au score et donnant le meilleur de moi-même. Malheureusement je ne suis pas parvenue à le faire », raconte-t-elle.
L’athlète fait part de son intention de faire un break après les années consacrées à préparer la qualification et les Jeux Olympiques. « Je vais prendre du repos pour évacuer la pression et le stress (…) Je suis fatiguée, non physiquement mais plutôt mentalement », avoue-t-elle, tout en éprouvant le besoin de se rapprocher des siens « après les sacrifices consentis » pour préparer la plus prestigieuse des compétitions pour un athlète.
Laura Rasoanaivo ne perd pas pour autant les autres compétitions d’ici la fin de l’année. « [Après la pause] je reviendrai peu à peu pour préparer le championnat d’Afrique et le championnat du monde junior », se projette-t-elle.
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