Catégorie : Opinions

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Lionel Messi Ballon d’Or absolu

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Lionel Messi Ballon d’Or absolu

    Lionel Messi, Ballon d’Or pour la sixième fois (2009, 2010, 2011, 2012, 2015, 2019) : il n’y a là aucun scandale à sacrer définitivement le meilleur joueur de sa génération et l’un des trois meilleurs footballeurs de tous les temps.

    Sa conduite de balle est d’une rare élégance, ses dribbles étourdissants, sa précision chirurgicale, son ratio de buts phénoménal, son impact sur le jeu exceptionnel. Buteur prolifique, passeur décisif. Gaucher de génie, ambidextre à l’occasion, Lionel Messi sait également marquer de la tête du haut de son mètre soixante-huit.

    Que Lionel Messi n’ait pas gagné la Ligue des Champions en devient presque accessoire. On ne peut décemment pas laisser le génie à son apogée être devancé par des joueurs, certainement excellents footballeurs mais guère plus.

    Sud-Américain, Africain, Arabe, Asiatique, voire Européen, c’est le meilleur joueur évoluant en Europe que le Ballon d’Or récompense. Premier League anglaise, Liga espagnole, Calcio italien, Bundesliga allemand attirent les meilleurs joueurs venus des quatre coins du monde avec l’espoir de se distinguer dans la compétition phare : la Ligue des Champions de l’UEFA (Confédération européenne de football). Que Lionel Messi surpasse régulièrement, depuis dix ans, cet aréopage n’est pas le moindre de ses exploits.

    Post-scriptum : Oliver Kahn, qui a gagné aux tirs aux buts la Ligue des Champions 2001, mais seulement troisième du Ballon d’Or décerné à un Michael Owen feu de paille du foot anglais ; Gianluigi Buffon, magistral en finale de la Coupe du Monde 2006, mais seulement deuxième du Ballon d’Or derrière Fabio Cannavaro ; Manuel Neuer, champion du monde 2014, mais seulement troisième du Ballon d’Or derrière Cristiano Ronaldo et Lionel Messi : les gardiens de buts peuvent parler d’injustice quand un seul but (parfois) de raccroc fait oublier dix arrêts de classe mondiale. Cette année 2019, on leur a créé un trophée à part qui porte le nom du seul goalkeeper gagnant du Ballon d’Or en 1963, Lev Yachine : et c’est Alisson Becker qui en est le premier récipiendaire. Vainqueur de la Copa America avec le Brésil, vainqueur de la Ligue des Champions avec Liverpool, il était finalement le joueur d’Anfield le plus titré en 2019.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Des élections 3.0 du Troisième Millénaire

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Des élections 3.0 du Troisième Millénaire

    En décembre 2001, c’était déjà le problème. Novembre 2019, c’est encore le problème. En 2050, les élections poseront le même problème tant que les divers financements ne seront pas dédiés au tout-informatique, au tout-numérique, au tout-biométrique. Au tout 3.0 du Troisième Millénaire.

    Écrit, redit, répété, ici et ailleurs, tant et tant de fois, à propos de l’organisation des élections : une liste électorale indigne du 21ème siècle, avec des oubliés et des doublons. De vrais électeurs devenus fantômes. De bel et bien morts, ressuscités. Chaque fois, et à tour de rôle, mais uniquement quand ils se retrouvent dans l’opposition, les acteurs politiques hurlent au scandale tout en oubliant consciencieusement de remédier aux anomalies une fois au pouvoir : le recensement général de la population, la tenue de l’état-civil et l’établissement de la liste électorale à informatiser. La carte électorale et la carte d’identité nationale à biométriser. Le vote à électroniser avec proclamation immédiate des résultats dès la fin du scrutin.

    Il y a vingt ans, quand le numérique et le biométrique pouvaient encore relever de la science-fiction, le Ministère de l’Intérieur, au sein de sa célèbre «Coupole», avait déjà réussi à publier les résultats complets des municipaux tananariviens la nuit même du scrutin. Vingt ans plus tard, qu’on suppose d’avancée technologique plutôt que recul vers la préhistoire des élections, c’est une aberration que les résultats du millier de bureaux de vote de la Capitale ne soient pas, immédiatement et intégralement, disponibles.

    Ce délai, incompréhensible, devient dangereux quand il laisse place aux rumeurs et ouvre la voie aux suspicions. Des résultats partiels abondamment relayés peuvent induire en erreur l’opinion publique. La passion, soigneusement exacerbée, autour desdits résultats partiels peut dégénérer.

    Parmi toutes les anomalies, il y a l’anomalie en chef : la CENI (commission électorale) elle-même qui, en plusieurs scrutins successifs depuis sa création en 2012, n’a jamais donné satisfaction. La CENI, c’est du copier-coller qui voit tous les pays francophones se doter de la même institution. Paresse intellectuelle ou conditionnalités des bailleurs de fonds ? Comme on nous avait imposé le phénomène PAS (programme d’ajustement structurel), il y eut la série «conférence nationale», la nouvelle série «commission de réconciliation», et maintenant la série CENI. Autant d’acronymes ou de fausses institutions budgétivores et sans réelle utilité.

    La souveraineté nationale, ce sont des institutions d’invention locale sans copier-coller d’importation. La souveraineté nationale, ce sont des élections que ne financent pas les dons étrangers. La souveraineté nationale, ce sont des élections que ne supervisent pas des observateurs internationaux, lesquels d’ailleurs n’ont jamais trouvé à redire à des «élections globalement libres, justes et transparentes». La souveraineté nationale, c’est une bête cohérence à trouver.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE  : L’abstention est déjà le message

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE  : L’abstention est déjà le message

    Rien de ce qui est abstention ne m’est étranger. Je viens de l’abstention.

    Pas plus tard que le 3 juillet 2019, dans une Chronique à L’Express de Madagascar («Boycott citoyen»), j’avais envisagé «la situation extrême d’un candidat unique à un scrutin snobé par neuf autres électeurs : taux de participation 10% ; suffrage exprimé 10% des inscrits mais 100% des votants ; et plébiscite 100% par l’addition à elle-même d’une voix unique. Comment décemment accepter que ce candidat unique, doublé d’un électeur solitaire, puisse représenter les neuf autres ?»

    Je suis absolument opposé à toute forme de vote obligatoire. Le choix démocratique commence bien avant le bureau de vote. Avoir le choix, c’est déjà décider d’y aller ou refuser de s’y rendre. Les suffrages exprimés devraient englober les suffrages non exprimés, aussi paradoxal que cela puisse paraître.

    Pourquoi l’administration fiscale sait envoyer des mails au contribuable alors que l’administration électorale néglige de contacter les citoyens ? Si la participation ne vient pas à elle, c’est à l’administration d’aller à l’abstention. Les nombreuses et successives défaillances dans l’organisation des élections (état-civil, recensement, liste électorale) auraient dû être corrigées depuis au moins quinze ans : un ID d’état-civil unique et définitif associé à chaque Malgache, dès sa naissance et jusqu’à sa mort ; une liste électorale en mise à jour permanente qui radierait automatiquement les ID désactivés ; un vote électronique qui évite la querelle moyenâgeuse des CIN (carte d’identité nationale) plus ou moins authentiques et la pratique préhistorique de l’encre honteuse et indélébile.

    Le vote est un droit, il n’est pas obligation. L’obligation, c’est au système et à ses acteurs de retrouver la crédibilité. Une crédibilité suffisante pour «faire bouger les lignes». Une crédibilité qui ne se décrète pas, qui ne se convoque pas, qui ne s’obligatoirise pas. Une crédibilité qui se construit, qui se prouve.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Mahamasina résume Antananarivo

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Mahamasina résume Antananarivo

    Mahamasina, mardi 26 novembre 2019, 17 heures. À quatorze heures de l’ouverture des bureaux de vote, pour l’élection du futur Maire, il n’y a clairement plus de pilote dans l’avion, plus de commandant de bord aux commandes du navire Antananarivo à la dérive.

    Les automobilistes ont pris le pouvoir en court-circuitant massivement le sens interdit qui part de l’entrée du Stade municipal jusqu’à la hauteur de la Pharmacie de Mahamasina. Il faut dire que, débordés de partout, ce sont les agents de la circulation eux-mêmes qui ont instauré, et pour ainsi dire officialisé de facto, ce court-circuit.

    Chaque jour ordinaire d’embouteillages, quatre agents n’arrivent pas canaliser le flot de l’heure de pointe. Les voitures roulent déjà au pas depuis Anosy ou Amparibe. Les marquages au sol deviennent inutiles. Sur un demi-mètre, on accélère d’énervement et on freine de courroux.

    Au pied de l’École de Médecine, sous le regard impassible de la statue du Docteur Antoine-Maurice Fontoynont, il serait intéressant de mesurer le stress quotidien de milliers d’automobilistes et ses conséquences néfastes sur leur santé, leur moral, leur sociabilité. Personne au volant ne peut se permettre un bref répit et se détendre à songer à la carrière malgache de ce médecin vazaha : arrivé à Madagascar à l’époque du général Gallieni, qui lui confia la direction de l’École de Médecine (créée en décembre 1896) ainsi que la présidence de l’Académie malgache (fondée en janvier 1902), Fontoynont décède à Antananarivo en 1948, à l’âge de 79 ans et repose au cimetière d’Anjanahary.

    Retour à la réalité : depuis le Fort-Voyron d’Ambohijanahary, les voitures descendent au ralenti et au forceps par une rue étroite encombrée par des voitures en stationnement. La circulation arrive presque miraculeusement au niveau de l’hôpital Befelatanana pour se retrouver définitivement coincée par quatre files de front qui se poussent dans un goulet d’étranglement à voie unique, le reste de la chaussée étant envahi par les fruits et légumes vendus à même le sol.

    Sur une centaine de mètres, tout y est : inflation du parc automobile, insuffisance de la voirie, transhumance vers la banlieue-dortoir, indiscipline des automobilistes, sans-gêne des marchands de rue. Instantané d’une ville qui prend l’eau : écoper dans les mentalités, colmater la déperdition des investissements, fermer les écoutilles au flot de l’anarchie.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Qui se ressemble, s’assemble

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Qui se ressemble, s’assemble

    Les idées peuvent ne pas suffire. Faute d’une personnalité pour les porter, qui les incarne. Une figure dont la seule présence casse la routine et introduit ce déséquilibre infinitésimal qui fait bouger les lignes. Et remettre du mouvement.

    Une figure charismatique qui, sans être un Messie, devient réellement providentielle. L’apathie d’un enjeu privé d’enjeu devient subitement fourmillement de questions. Ce qui semblait acquis est arraché à sa zone de confort parce que tout redevient possible. Ce je-ne-sais-rien d’incertitude nouvelle qui ranime l’encéphalo des plus blasés d’entre nous.

    Ce sont les premiers paragraphes d’une Chronique de VANF (cf. « La sorcellerie Mourinho», L’Express de Madagascar, 23 novembre 2019) que j’ai ensuite orientée vers un entraîneur de football qui détient l’un des meilleurs palmarès internationaux.

    Je vais appliquer les mêmes paragraphes à la candidature de Naina Andriantsitohaina à la Mairie d’Antananarivo. Mais, avec moult précautions. Car, en comparaison de la «Politique = gestion de la Cité», le football est une science exacte.

    Les idées sont dans l’air depuis les mandats de Guy Razanamasy (1989-1991, 1995-1999) et les vingt-quatre mois de Marc Ravalomanana (2000-2001) : remettre de l’ordre à Antananarivo. Le choix de la démocratie, et surtout l’idée anarchique que l’on s’en fait Place du 13 mai (1972, 1991, 2002, 2009), n’est sans doute pas la meilleure option pour ramener un curseur qui a dérivé loin sur l’échelle du grand-n’importe-quoi. Disons, qu’il reste l’espoir de l’éducation civique, et de l’éducation tout court.

    Si un Messi génial existe au football, je déteste évoquer ailleurs un quelconque Messie, simplement parce qu’il n’existe pas. Remettre de l’ordre dans les rues d’Antananarivo et dans la mentalité des Tananariviens ne se fera pas par magie. Il est impossible de rétablir en quatre ans ce qui a été consciencieusement détricoté en cinquante ans. Du travail, beaucoup de travail, un effort de tous les jours, une persévérance dans l’adversité. Bonne volonté doublée de bonne foi. Il n’y aura pas de miracle : il ne faut pas mentir, il ne faut pas se mentir, il ne faut pas lui mentir.

    À son crédit, je mets déjà d’avoir cassé ma routine et introduit ce déséquilibre infinitésimal qui a fait bouger ma ligne : je suis un abstentionniste par scepticisme absolu depuis novembre 1999 (ni référendum, ni présidentielles, ni municipales, ni législatives) mais voilà que la proximité avec ce gars laisse entrevoir quelque chose. Il y a vingt ans, avec son père Charles Andriantsitohaina, ils étaient encore co-propriétaires de L’Express de Madagascar, et j’avais commis une Chronique où je conjuguais les quatre voyelles de base A, E, I, O de l’alphabet malgache avec les autres lettres F, R, Y : Naina Andriantsitohaina m’avait passé un coup de fil tout en rigolade là où Herizo Razafimahaleo, l’alors PDG, avait craint pour l’honorabilité de son titre.

    Manifestement, je ne suis pas le seul dont le curseur a frémi : je devais rencontrer nombre d’amis à l’annonce de la candidature et à la réunion de lancement de la campagne. Ndriana Razanamasy de l’association «larivo Mandroso» résume sans doute le sentiment général : «Il NOUS ressemble». Et il est celui dans la meilleure posture pour nous rassembler.

    Sentiment aussi vieux que le monde. Qui irait choisir un inconnu contre une figure familière. Dès lors, l’appartenance à une «couleur» devient subsidiaire : orange, vert, jaune, bleu, rouge, arc-en-ciel. Les photos les plus éternelles, intemporelles, ne sont-elles pas en Noir et Blanc.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE – EQPT introuvable sur FB

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE – EQPT introuvable sur FB

    Facebook est accessible pour trois fois rien. L’EQPT, éducation de qualité pour tous, l’est beaucoup moins. Ce qui explique sans aucun doute certaines choses fréquemment rencontrées sur ce réseau de communication sans administrateur intellectuel, ni prescripteur culturel. Le défoulement du plus grand nombre y gagne ce que perd «une certaine idée» : volonté de recul, posture de distance, souci de la mesure, attitude de prudence, scrupule de véracité.

    En début de semaine, s’était tenue au palais d’Andafiavaratra la consultation franco-malgache sur «la question des îles malgaches Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India», selon la terminaison précise de son inscription à l’ordre du jour de la 34ème session de l’Assemblée Générale, le 12 novembre 1979.

    Sujet sérieux, complexe et ardu. Si les «y-a-qu’à» et les «faut-qu’on» avaient été efficaces, la question ne serait pas en suspens depuis quarante ans exactement, et l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies de la Résolution A/RES/34/91 du 12 décembre 1979. Comme si cette difficulté intrinsèque n’était pas suffisante, il semble que certains veuillent encore compléxifier davantage la situation en introduisant des paramètres hors sujet.

    Oui, le professeur Raymond Ranjeva ne figurait pas sur la photo de groupe à l’issue de l’Andafiavaratra Round. La raison était bêtement logistique : il avait un avion à prendre dans l’accomplissement de ses autres missions. Le Président de l’Académie malgache qu’il est également, en avait au préalable informé le Président de la République qui avait donné les instructions nécessaires pour que le juriste en chef de la délégation malgache puisse, sitôt que possible, rallier rapidement Ivato.

    Certaines personnes savent mettre de côté d’éventuels différends quand il s’agit d’une affaire dont on a fait une cause nationale. C’est la ligne directrice du Président de la République Andry Rajoelina depuis sa rencontre avec son homologue français, en mai 2019. De son côté, le professeur Raymond Ranjeva, devenu entre-temps vice-président de la Cour internationale de Justice, était déjà de la partie en 1979 et ses compétences sur la question des «îles malgaches» sont incontestables. À ce titre, il était simplement naturel que le Conseil des Ministres l’intègre à la délégation malgache.

    Parmi les concepts à s’approprier absolument dans le cadre d’une éducation civique d’EQPT, doit figurer le «Ho an’ny Tanindrazana» dont l’Académie militaire, école des officiers, a fait sa devise. Ho an’ny Tanindrazana : Pour la Patrie, Pour la Matrie, Pour Madagascar. Cela devrait permettre de transcender les vétilles et élever le débat. Même sur Facebook.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE – Londres : le prétexte Mourinho

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE – Londres : le prétexte Mourinho

    Le football, décidément, mène à tout. Révision d’histo-géo voire introduction géopolitique (cf. Antranonkala, «Dessine-moi l’Europe-UEFA», 21 novembre 2019, www.2424.mg). Exutoire à tant de passions. Dérivatif salutaire à la violence querelleuse. Exaltation d’exploits par procuration. Le retour de José Mourinho en Premier League, à la tête de Tottenham, crée un délicieux drame qui fait le foot tellement à notre image : appétence de revanche, petites jalousies, grosse hypocrisie, fausse modestie, formidable ego. Le spectacle permanent de la comédie humaine. Mourinho, ce sera Tottenham-West Ham de ce samedi. Et un championnat qui ronronnait dans le mano a mano Klopp-Guardiola, sort de sa léthargie. Les bookmakers s’activent : le miracle «Special One» aura-t-il lieu ?

    Un match de football dure 90 minutes. Mais, plus si affinités. 96ème minute, d’un match de la onzième journée : Watford rate une égalisation miraculeuse, à domicile. Et Chelsea sauve les trois points de la victoire. Sans les multiples sauvetages de son goal Ben Foster, Watford aurait déjà trois buts de retard et le «Money Time» n’aurait été qu’anecdotique. Mais, voilà qu’au bout du bout du temps additionnel, sur le coup-franc de la dernière chance, le dernier rempart devient avant-centre dans la surface adverse. Et l’inimaginable faillit se produire : Ben Foster dévie de la tête, mais son homologue Kepa Arrizabalaga sauve sur sa ligne. Coup de sifflet final. Les deux gardiens de buts qui tombent dans les bras l’un de l’autre restera une image forte de cette fin de match subitement épique.

    Chelsea et Watford sont deux clubs de la même ville, Londres. La capitale anglaise ne compte pas moins d’une dizaine de clubs professionnels, une densité footballistique unique au monde avec des derbys à chaque coin de rue : Chelsea vs. Fulham, Fulham vs. Queens Park Rangers, Tottenham vs. Arsenal, Millwall vs. West Ham, Charlton vs. Crystal Palace.

    Pourtant, si Londres est une ville de football, elle l’est moins de trophées footballistiques. Certes, depuis les années 2000, le «Big Six» est à moitié londonien (avec Chelsea, Arsenal et Tottenham), mais les stades anglais furent longtemps le théâtre de la revanche des villes ouvrières du Nord : près de quarante titres nationaux entre Manchester United (20) et Liverpool (18), voire Nottingham Forest (1), qui avaient déjà gagné dix fois la Ligue des Champions de l’UEFA avant qu’un club londonien, Chelsea, n’y parvienne en 2012.

    Si les supporters de Chelsea, d’Arsenal ou de Tottenham, peuvent parfois se permettre de rêver, ceux de Watford, de tous les Watford, ces clubs qui vivotent dans l’anonymat du ventre mou du championnat ou jouent l’ascenseur entre l’élite et la division inférieure, se désillusionnent chaque week-end de match. Ce qui ne les empêche pas d’être fidèles au rendez-vous et de renouveler leur abonnement au club. De père en fils, ils portent fièrement des couleurs et les armes d’un blason d’eux seuls connu. Miracle footballistique d’un fort communautarisme : appartenance de classe et identification géographique, grégarisme et chauvinisme.

    Crystal Palace doit son nom aux ouvriers qui construisirent le Crystal Palace, un palais d’expositions de la fin du XIXème siècle ; Millwall reste le club historique des dockers londoniens et dans les années 1960s, le coup d’envoi était différé pour leur permettre de rallier le stade après le travail ; West Ham arbore sur son blason deux marteaux croisés, outils des ouvriers qui battaient l’acier à l’époque industrielle ; le surnom «Gunners» d’Arsenal est l’héritage de sa création par les ouvriers des manufactures d’armes et de munitions de Woolwich…

    Quand ces Gunners d’Arsenal, poussés par leurs fans irlandais catholiques, affrontent les Spurs de Tottenham, dont les fans se recrutent dans la communauté juive, c’est le «derby du Nord de Londres». Le «derby d’Angleterre», c’est THE match qui oppose Manchester United (20 titres de champion) à Liverpool (18 titres). Ce derby, entre deux villes du Nord-Ouest de l’Angleterre, distantes de 50 km, est suivi dans 211 pays dans le monde : davantage que le classico Real Madrid-FC Barcelone. Révision d’histoire : à un moment de l’histoire, la Reine d’Angleterre régnait sur un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Dessine-moi l’Europe-UEFA.

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Dessine-moi l’Europe-UEFA.

    L’UEFA fait plus que du football, elle bouleverse notre géographie. Si culturellement, la Russie et l’Arménie ont toujours été considérées comme éminemment européennes, l’Europe de l’UEFA (confédération européenne de football), ne va plus seulement de l’Atlantique à l’Oural puisque parmi ses 55 associations membres, l’UEFA englobe la Turquie, l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan qui semblent a priori géographiquement extra-européens.

    L’UEFA dessine donc une Europe à géométrie variable, quelque part au Sud de la ligne rivière Don-mer d’Azov, entre mer Noire et mer Caspienne, de part et d’autre de la ligne de crête de la chaine du Caucase. C’est ainsi que font UEFA : la Géorgie (Staline était Géorgien), l’Arménie (Charles Aznavour, Garry Kasparov et Tigrane Petrossian, Alain Prost), le Kazakhstan (hub entre Asie et Europe sur la route de la soie, a une part de son territoire à l’Ouest de l’Oural). Mais, l’Azerbaïdjan ? L’UEFA a tranché que la frontière extrême Sud-Est de l’Europe ne s’arrêterait pas au seuil de l’Azerbaïdjan.

    La Turquie, dont l’adhésion à l’Union Européenne est au point mort, fait également UEFA : ayant son appendice territorial byzantin en continuité terrestre avec l’Autriche et la Hongrie ou la Serbie, la présence de la Turquie a un minimum de cohérence : le seul club turc à avoir remporté une compétition européenne, la Coupe UEFA 2000, Galatasaray joue à domicile sur la rive européenne d’Istanbul.

    Si Israël fait également UEFA, c’est pour les mêmes raisons politico-diplomatiques qui vont faire s’éviter la Russie et l’Ukraine au prochain tirage au sort de l’Euro 2020 : la cohabitation d’Israël avec ses voisins palestiniens, jordaniens, syriens, libanais, égyptiens et saoudiens, posant des problèmes que l’ONU n’a toujours pas résolus, l’UEFA met tout le monde d’accord en accueillant les internationaux issus de l’Hapoël ou du Maccabi (les clubs de Tel-Aviv).

    Dans la même veine d’un football acteur géopolitique, un territoire britannique d’outre-mer avait participé aux éliminatoires de l’Euro 2020, dont l’ancêtre se nommait «Coupe d’Europe des Nations». L’UEFA semble donc faire de Gibraltar une nation à part entière, placé dans le groupe D des éliminatoires de l’Euro 2020, avec la Suisse, le Danemark, l’Irlande et la Géorgie.

    Pour la petite histoire, Gibraltar est un territoire de 5 km sur 1,2 km relié à l’Espagne par un isthme long de 1,6 km/ Le roc a hérité son nom de l’arabe «Jabal Tarik», le mont de Tarik, un conquérant arabe du VIIIème siècle. À la suite de querelles intestines, un des princes chrétiens wisigoths qui régnaient sur l’Espagne, demanda l’aide de l’émir musulman de Tanger, sur l’autre rive de la Méditerranée. Le 11 juillet 711, à la bataille de Guadalte, la défaite des soldats du roi chrétien Wisigoth marque le début d’une longue occupation arabo-musulmane de l’Espagne qui s’achèvera avec la fin de la Reconquista en 1492. L’Andalousie, al-andalus en arabe, a hérité de cette occupation maure de nombreux monuments historiques : l’Alhambra de Grenade (patrimoine UNESCO), l’Alcazar de Séville (patrimoine UNESCO), la Mezquita de Cordoue (le centre historique de la ville est classé au patrimoine UNESCO), l’Alcazaba de Malaga (ville natale de Pablo Picasso).

  • ? ICI C’EST MADAGASCAR !

    ? ICI C’EST MADAGASCAR !

    En diplomatie, l’existence d’un « différend » est un terme lourd de sens. Enfin, on se met à rêver que francophonie ne soit plus le synonyme de colonie ! Enfin, un différend avec la France sur le dossier épineux des îles Éparses, ou pardonnez-nous, correction importante, sur le dossier des îles malagasy, car oui, « ici c’est Madagascar ! » et ces territoires, même sans noms malagasy, sont rattachés à la Grande île. Fin du débat. Oui, nous pouvons débattre sur les intérêts communs, qu’ils soient environnementaux, économiques, sécuritaires, ou même sur une co-gestion dont les modalités seraient à définir, mais pas sur l’essentiel.

    Certes, on aurait aimé entendre le premier ministre, Christian Ntsay, dire cette phrase, devant ce lieu fort de l’histoire de Madagascar, qu’est le palais d’Andafiavaratra, en réponse à la propagande franco-française de Macron sur les Glorieuses, avec sa remarque cinglante « ici c’est la France »; mais à regarder de près le communiqué conjoint, sous l’angle de la « décolonisation inachevée », pour une fois, il semblerait que Madagascar tienne tête à l’ancienne puissance coloniale. Cet angle juridique, du droit international, nous ramène à « la restitution de la souveraineté de Madagascar sur ces îles […] une question devant être abordée préalablement à l’examen et à l’adoption d’une solution commune de développement », pouvait-on encore lire. Ouf, Madagascar ne s’est pas agenouillé à la première escarmouche, et grande première, on demande quelque chose à la France (la restitution), sans que cela soit lié à de la mendicité !

    Mais quelle mouche a donc piqué Macron ? En fait, elles seraient plusieurs, sous les noms de « protection de l’intégrité du territoire » et de « défense de la souveraineté de la France », ce en tant président de la République, car c’est aussi pour ces motifs qu’il est l’heureux locataire de l’Élysée. Cependant, si celui-ci souhaite prolonger son bail, il n’a pas d’autres choix que de montrer les muscles, car dans la jungle politique, les hyènes, ces charognards, n’attendent que les signes de faiblesse, pour monter en épingle ces confettis de l’océan Indien. Il n’est cependant pas le seul à devoir montrer de la détermination, car ses obligations sont similaires à celles de Rajoelina…

    1960-2020, 60 ans d’Indépendance inachevée, dans tous les domaines (nullement besoin de rappeler notre situation socio-économique), et pas que pour celui des îles malagasy donc (alias les îles Éparses). Les attentes de la population sont indéniables face à l’ancien colonisateur, mais également face à leurs dirigeants. Le ton est donné, rendez-vous prochainement à Paris, et que les Présidents respectifs affutent leurs armes, car les hyènes sont aux aguets… cherchant la défaillance dans la défense de l’intégrité et de la souveraineté de la Nation.

  • VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Bisbilles franco-françaises sur les îles malgaches

    VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Bisbilles franco-françaises sur les îles malgaches

    Pour les médias français, la consultation franco-malgache sur les îles Glorieuse, Juan de Nova, Bassas da India et Europa, est un non-événement. Il est vrai que, la France revendiquant le deuxième espace maritime au monde, avec tout de même l’appoint de ces «confettis», son opinion publique et ses médias ne vont pas chaque fois s’émouvoir pour un Clipperton ici, un Tromelin là, un Juan de Nova ailleurs. De toutes manières, c’est bien connu, toutes ces îles sont loin, très loin.

    Je doute qu’un seul électeur de ces députés français qui bloquent l’accord-cadre franco-mauricien sur Tromelin, ait jamais entendu parler de cet îlot perdu dans l’Océan Indien : «1761, l’Utile, esclaves oubliés». Pas plus qu’ils sachent c’est quoi et où Glorieuse avant qu’un président de la République ne s’y rende.

    Il faut être vraiment mal intentionné pour, comme le Rassemblement National, se fendre d’un communiqué comminatoire : «Le Rassemblement National s’est toujours fermement opposé à toute tentative de remise en cause de la souveraineté française sur nos territoires ultramarins (…) Toute remise en cause de la souveraineté sur une partie du territoire sous souveraineté française est un manquement aux prérogatives du président de la République (…) Le Rassemblement National s’oppose fermement à toute ouverture de négociations avec Madagascar sur la gestion et la souveraineté des îles éparses».

    On l’aura compris, la petite escapade d’Emmanuel Macron sur une plage des Glorieuses, au mois d’octobre 2019, le fameux «Ici, c’est la France», était à usage interne. Pour calmer le Rassemblement National, par exemple. Mais, pas seulement.

    En 2013, un front «transpartisan» avait réuni UDI, LR et PS pour dénoncer l’accord-cadre signé le 7 juin 2010 entre la France et l’île Maurice, à propos de Tromelin. Et pourtant, le projet de loi qui, deux ans plus tard, allait le faire approuver au Sénat français, présentait cet accord-cadre comme «un régime juridique original en droit international», «une cogestion qui ne préjuge pas de la position respective des deux parties en ce qui concerne leur souveraineté», «une démarche pragmatique et novatrice visant à dépasser le différend territorial en établissant un partenariat actif».

    Déjà à usage interne, franco-français, le ministre d’alors de l’outre-mer dut se rendre sur l’île de Tromelin pour bien marteler sur place que «c’est un accord de cogestion, pas un partage de souveraineté». En vain. Les mêmes parlementaires allaient de nouveau s’opposer à l’examen de l’accord-cadre en 2017. Tout en laissant bien entendre qu’ils craignaient un effet-domino sur les îles éparses revendiquées par Madagascar.

    «Erreur de plume, test diplomatique ou extrapolation à visée interne» : le Rassemblement National s’était inquiété du choix et de la précision des mots après la discussion entre les présidents français et malgache, en mai 2019. Si les lignes devaient bouger, gageons que, dans les médias français, la prochaine consultation ne sera plus un non-événement.