Catégorie : Reportages
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ERNEST ZAFIVANONA LAINKANA, DIRECTEUR GENERAL DES DOUANES – “Les objectifs fixés par le gouvernement américain pour Madagascar lors de la mise en place de l’Agoa ont été atteints”
Le directeur général des douanes, Ernest Zafivanona Lainkana estime que Madagascar avait largement atteint les objectifs qui avaient été fixés par les Etats-Unis quand ceux-ci avaient instauré la Loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique. Sauf que cette performance nous pénalise aujourd’hui, regrette-t-il, sans pour autant aller jusqu’à reprocher aux Etats-Unis la décision d’augmenter jusqu’à 47% les droits et taxes à l’importation sur les produits malgaches. -

HASINA RANAIVO, EXPERTE EN “ADAPTIVE LEADERSHIP” DE HARVARD KENNEDY SCHOOL – “Soyons prêts à perdre quelque chose si nous choisissons de nous adapter au modèle de Trump”
Hasina Ranaivo, livre son analyse sur la stratégie du Président américain Donald Trump ayant amené au bouleversement actuel du système commercial mondial. Elle s’exprime en tant qu’experte certifiée en “Adaptive leadership” de Harvard Kennedy School mais également en tant qu’Executive coach de Henka Suru Madagascar. Pour elle, si on veut sortir de cette domination imposée par Donald Trump, il faut être prêt à perdre des choses. Interview. -

ART CULINAIRE – Le matcha dans une cérémonie du thé avec Vao Suzette
La cérémonie du thé est une pratique japonaise, mais c’est avec Vao Suzette que l’on découvre ce rituel, durant la Biennale de Nahampoana, le 22 et le 23 février, à Tolagnaro. Au centre de ce rituel se trouve le matcha, un thé pas comme les autres. Reportage. -

BEATRICE CHAN CHING YIU : “Des clients prévoient de rediriger leurs commandes vers d’autres fournisseurs soumis à 10%”
Des commandes annulées ou reportées, des activités relocalisées. Les impacts de l’annonce sur l’imposition d’un droit de douane de 47% sur les exportations de Madagascar vers les Etats-Unis se sont déjà durement fait sentir du côté des entreprises franches malgaches opérant sur le marché américain. Une situation qui non seulement handicape leurs activités mais qui menace également les emplois qu’elles s’efforcent actuellement de maintenir malgré une situation critique.
Quand on dit droit de douane aux Etats-Unis, on pense tout de suite entreprises franches. Ces entreprises subissent déjà les impacts de la décision de Donald Trump.
Jusqu’à la semaine dernière, leurs produits entraient encore sans droit de douane aux USA. Depuis le samedi 5 avril, leur exportation est taxée de 10%.
Et à partir du mercredi 9 avril, les droits et taxes s’élèveront à 47%. Bien que des contrats aient été conclus bien avant la décision de l’administration américaine,
Leurs clients américains vont devoir supporter la nouvelle tarification. Des impacts sont déjà signalés à Madagascar : Des commandes suspendues, des emplois qui pourraient être perdus. Le Groupement des entreprises franches et partenaires estime à 60 000 le nombre d’emplois touchés.« Certains clients réagissent immédiatement en nous disant : « Arrêtez tout. Suspendez les commandes. » D’autres nous informent qu’ils redirigeront les commandes déjà passées vers d’autres fournisseurs. Ils nous demandent de ne surtout pas utiliser les matières premières non entamées. Ils envisagent de les récupérer pour les acheminer ailleurs. Parce qu’ils ne peuvent tout simplement pas absorber une taxe de 47 % sur les produits en provenance de Madagascar. Ils se tournent donc vers des pays où les droits de douane ne s’élèvent qu’à 10 %. Ce choix est plus rentable pour eux.Les autres activités subiront également les conséquences. Lorsque les recettes d’exportation de Madagascar diminueront, cela affectera inévitablement l’ensemble de l’économie nationale. En ce qui concerne l’emploi, notre priorité reste le maintien des postes. Nous avons d’ailleurs une réunion prévue demain avec la ministre en charge du Travail. Nous ferons le point sur la situation et déciderons des mesures à prendre. Nous avons déjà connu des temps difficiles, notamment pendant la période du Covid. On pourrait penser que l’histoire se répète, mais les circonstances sont tout autres. La pandémie était une chose. Ce que nous vivons actuellement en est une autre. Ce sont deux crises distinctes. Demain, nous devrons donc réfléchir à des solutions concrètes. Des mesures telles que le chômage technique ou des licenciements pourraient s’avérer inévitables. Quant aux recrutements, ils seront évidemment gelés », déclare Béatrice Chan Ching Yiu, présidente du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP).
Pour Rindra Andriamahefa, directeur exécutif du Groupement des entreprises franches et partenaires, “nous estimons à 60 000 les emplois touchés par cette mesure d’augmenter les tarifs à 47%. Le secteur textile au sein du GEFP compte entre 85 000 à 90 000 emplois directs”.
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PORTRAIT – Science, passion et persévérance avec Dr Tsiriandrimanana Rakotondraibe
Quand la terre tremble à Madagascar, Dr Tsiriandrimanana Rakotondraibe est parmi les premières personnes à le savoir. Cette sismologue travaille à l’Institut et observatoire de géophysique d’Antananarivo (IOGA). Son travail est d’étudier les séismes, les tremblements de terre et les secousses qu’ils produisent. Une passion que cette amoureuse de la science a transformée en métier à force de persévérance. Une passion qu’elle transmet aujourd’hui aux jeunes filles et aux femmes avec l’association Ikala Stem qu’elle préside depuis 2023. -

DAVID RALAMBOFIRINGA : “Faire avancer Base Toliara contribuera à consolider nos relations avec les Etats-Unis”
Il n’y a pas que le commerce entre Madagascar et les Etats-Unis qui avait été considéré dans la fixation du droit de douane imposé pour les exportations malgaches vers le marché américain. Le climat des affaires à Madagascar ainsi que les intérêts des entreprises américaines qui s’établissent au pays avaient également été pris en compte, d’après le ministre de l’Industrialisation et du commerce, David Ralambofiringa.
Les mines seront évidemment sur la table quand Madagascar négociera avec les Etats-Unis. Le Conseil des ministres l’avait annoncé avant la décision américaine d’augmenter les tarifs douaniers. Les minerais critiques sont considérés par la Grande île comme des atouts à mettre en exergue. D’autant que ce sont des matières que n’ont pas les Etats Unis mais dont ils ont besoin. Mais les conditions dans lesquelles l’exploitation minière se fait est tout aussi importante. Base Toliara étant un investissement américain, son blocage serait mauvais pour l’image de Madagascar. Mais si le projet avance, les relations bilatérales en seront consolidées, estime David Ralambofiringa.
David Ralambofiringa, Ministre de l’Industrialisation et du commerce : « Au sein de notre département, nous avons en charge les volets industriel et commercial. Notre mission consiste à encadrer l’industrialisation, la transformation ainsi que le développement des entreprises. C’est un suivi que nous assurons quotidiennement. Pour ce qui est du climat des affaires, quand les États-Unis ont élaboré cette mesure de réciprocité évoquée actuellement, nous devons savoir que cela s’inscrit dans une logique d’équilibre de la balance commerciale. Mais les autorités américaines ont également pris en compte les conditions du climat des affaires, ainsi que les intérêts des entreprises américaines dans chaque pays partenaire. Il est évident que tout blocage dans l’ouverture du projet Base Toliara aura un impact sur les investissements américains à Madagascar. C’est précisément ce type d’indicateur que la Maison-Blanche et l’administration américaine actuelle examinent pour évaluer la qualité de notre climat des affaires, ainsi que les perspectives de négociation et de partenariat avec Madagascar. Si nous poursuivons ce projet et parvenons à le faire avancer, cela contribuera clairement à la relance et à la consolidation des relations bilatérales entre nos deux pays. »
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VALERY RAMONJAVELO : “Madagascar Airlines commence à retrouver la confiance de ses partenaires”
Madagascar Airlines reprend de la hauteur. Le ministre des Transports et de la météorologie, Valery Ramonjavelo, se félicite des progrès accomplis par la compagnie aérienne nationale pour son redressement. Il a fait part de son optimisme quant à l’avenir de celle-ci, lors de la reception de son nouvel ATR à l’aéroport d’Ivato, la semaine prochaine.
Sur cinq avions dans la flotte de Madagascar Airlines, quatre sont en location. Et le ministre des Transports et de la météorologie, Valéry Ramonjavelo s’en réjouit parce que pour lui, cela signifie que les loueurs font à nouveau confiance à la compagnie malgache.
https://youtube.com/shorts/Kht_92szXtk
« Voilà on était parti avec un programme de cinq avions pour cette année. On espère en avoir encore plus parce qu’il y a également la confiance des loueurs qui est très importante. Si hier encore, plusieurs personnes ne voulaient plus nous parler, ne voulaient plus rien entendre de Madagascar Airlines, aujourd’hui on est une entité qui commence à réacquérir sa légitimité, la confiance de ses partenaires. Pour preuve, les partenaires maintenant se font payer de plus en plus à temps, et les fournisseurs.
Et tout ça aussi, ce sont des marques qu’on peut palper, qu’on peut vraiment évaluer pour ce qu’on est. Et puis tout ce qu’on souhaite [et tout le mal qu’on souhaite] à Madagascar Airlines et à l’ensemble du personnel c’est de réussir, c’est d’aller plus haut et c’est de porter très haut les couleurs de Madagascar et de faire de Madagascar un pays prospère. Parce que si le tourisme va, si l’aviation va, Madagascar va», a déclaré Valéry Ramonjavelo, ministre des Transports et de la météorologie. -

SANTÉ – Les stands des soins en ORL et dentaires pris d’assaut lors de la célébration de la journée mondiale de la santé
Le 07 avril, c’est la journée mondiale de la santé. Pour l’occasion, le ministère de la santé publique et ses partenaires techniques et financiers ont donné des soins gratuits au CEG AMBOHIMANGAKELY. Et la population est venue en masse. Les stands des soins en ORL et des soins dentaires ont été particulièrement pris d’assaut. Reportage -

DAVID RALAMBOFIRINGA : “Des tarifs à 47% auront aussi des impacts sur le marché américain”
L’instauration de droits de douane à hauteur de 47 % sur les produits en provenance de Madagascar vers les États-Unis ne constitue pas uniquement un handicap pour les entreprises exportatrices malgaches. Cette mesure devrait également avoir des répercussions sur les activités des partenaires économiques américains de Madagascar. Le ministre de l’Industrialisation et du commerce, David Ralambofiringa, répond aux questions de www.2424.mg sur cette problématique. Il fait le point sur l’entrée en vigueur de cette décision, tout en présentant les dispositions envisagées pour faire face à l’urgence. Entretien.
Qu’en est-il de l’entrée en vigueur de l’imposition de droits de douane à hauteur de 47 % sur les produits malgaches à destination des États-Unis ?
“Dans les faits, un taux de 10 % a été appliqué dès samedi dernier. Le taux de 47 %, quant à lui, devrait entrer en vigueur à compter du 9 avril, soit cette semaine. Durant cet intervalle, nous avons engagé des échanges avec l’administration américaine – notamment avec le Sénat, le Congrès, ainsi qu’avec l’USTR (United States Trade Representative), nos interlocuteurs privilégiés depuis l’administration Trump. L’objectif est de manifester notre volonté d’ouvrir un dialogue bilatéral avec les États-Unis, afin de leur exposer les atouts que Madagascar peut faire valoir dans le cadre de la mise en œuvre du principe de réciprocité qu’ils souhaitent instaurer. »
Madagascar est-elle la seule à subir les effets de cette décision ?
« La position adoptée par le gouvernement américain relève de sa politique intérieure, que nous respectons. Il nous revient de défendre la nôtre. Cependant, il est évident que cette mesure aura également des incidences sur les acteurs économiques américains. Des droits et des taxes à l’importation de 47 % impliquent inévitablement une hausse des prix sur le marché intérieur américain, phénomène déjà perceptible sur place, à en croire les premières réactions.
Parmi les leviers que nous envisageons d’actionner figure la mobilisation de nos clients installés aux États-Unis. Nous comptons sur eux pour relayer notre message, en soulignant que l’application effective de ce tarif douanier aura des conséquences sur l’emploi aux États-Unis eux-mêmes. En effet, beaucoup de produits exportés par Madagascar subissent des transformations supplémentaires sur le sol américain, ce qui contribue à la création d’emplois et à la disponibilité de produits à moindre coût aux Etats-Unis. La hausse même de 10 % sur les droits de douane a déjà pour effet de renchérir le coût de la vie aux États-Unis. »Quelles sont les dispositions que vous envisagez face à l’urgence de la situation ?
« Nous avons pris l’initiative de solliciter une réunion entre l’ensemble du secteur privé et l’ambassadrice des États-Unis à Madagascar. Cette rencontre vise à favoriser un échange direct, permettant aux opérateurs économiques de poser leurs questions et de s’informer de manière transparente.
L’objectif est double : d’une part, assurer une circulation fluide de l’information ; d’autre part, élaborer une stratégie nationale concertée. Nous devons adopter une approche collective, unie et solidaire, sans chercher à désigner un quelconque responsable de la situation. L’urgence commande que nous identifiions ensemble des solutions durables afin de préserver les emplois menacés par l’éventuelle application de ces droits de douane, notamment dans les entreprises directement concernées par cette mesure pour lesquelles il faut trouver des solutions.La réduction du déficit commercial, avancée comme justification dans le communiqué de l’ambassade des États-Unis, est-elle réaliste dans la pratique ?
Il est vrai que l’actuelle balance commerciale présente un déséquilibre, Madagascar exportant davantage vers les États-Unis qu’elle n’importe. Cela étant dit, cette situation pourrait évoluer avec la mise en œuvre de différentes stratégies, notamment dans le secteur minier – je pense en particulier au projet Base Toliara. De plus, les réformes économiques envisagées dans le cadre du deuxième pilier de la politique générale de l’État, axées sur la transformation économique et la transformation agricole, ouvriront de nouvelles perspectives de négociation avec les États-Unis. Néanmoins, la question de la compétitivité demeure centrale : il serait prématuré d’envisager une augmentation significative de nos importations en provenance des États-Unis sans une stratégie claire, partagée avec les opérateurs économiques malgaches. Les coûts liés à l’importation, notamment les frais de transport, varient fortement, que cela vienne des Etats-Unis ou d’ailleurs. Il est indispensable de procéder à une analyse approfondie. Dans la situation actuelle, nous ne pouvons pas dire du jour au lendemain que nous allons importer davantage.
Quelle est la position de Madagascar concernant le principe de « réciprocité » souhaité par les États-Unis ?
« Dans la perspective d’une réciprocité commerciale, il convient de s’interroger sur la réelle portée d’une baisse des droits et taxes à l’importation de produits en provenance des États-Unis : cette mesure permettrait-elle véritablement d’accroître le volume de nos importations ? Il faut rappeler que ce que nous importons essentiellement des États-Unis sont des équipements, des véhicules, des marchandises à très forte valeur ajoutée.
Une diminution des tarifs (par Madagascar) pourrait certes favoriser une hausse des volumes, mais son impact global resterait limité. Ce n’est pas l’instauration d’un tarif douanier à 0 % qui, à elle seule, inverserait la tendance. Il faut aussi prendre en compte la distance, les coûts logistiques…
Par ailleurs, nous devons veiller à rester en conformité avec nos engagements au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), notamment sur les règles régissant les membres de l’OMC. Nous devons être vigilants car l’octroi de tarifs préférentiels ne peut se faire à la légère, car cela impliquerait de les étendre à l’ensemble des membres de l’OMC. La prudence s’impose donc. »Qu’en est-il de l’avenir de l’Agoa?
« L’AGOA est toujours en vigueur à ce jour. Il faudra attendre le mois de septembre pour connaître la décision relative à son éventuel renouvellement. Il est vrai que l’application des droits de 47 %, du Système généralisé de préférences (SGP), ainsi que du régime de l’AGOA se superposent en ce moment, et nous travaillons avec le Congrès américain afin de déterminer lequel prévaudra.
Pour l’heure, l’AGOA continue de s’appliquer tant qu’aucune décision de non-renouvellement n’a été prise. »
Espérez-vous un renouvellement ?« Nous ne saurions ignorer un mécanisme qui a largement contribué à notre développement. Les discussions sont toujours en cours, elles ne sont pas closes. Nos efforts portent à la fois sur la reconduction de l’Agoa, mais également sur l’ensemble des dispositifs douaniers qui nous concernent. »
Ne serait-il pas temps pour Madagascar de diversifier ses marchés afin d’éviter de telles tensions commerciales ?
« Vous avez raison, et c’est une démarche que nous avons déjà amorcée depuis un certain temps. Il est impératif de ne pas dépendre d’un seul marché ou d’un seul produit.
Cela dit, la priorité actuelle demeure la gestion de la crise immédiate. Dans les prochaines semaines, nos efforts se concentreront sur les mesures urgentes à mettre en place. Cela ne nous empêche nullement de poursuivre activement notre ouverture vers d’autres marchés. »
